Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 17:18

Bernard Guetta s'insurge, s'afflige, s'indigne, enrage, que personne ne manifeste contre le régime syrien, qu'aucun parti n'appelle à ... on ne sait trop quoi. Il imagine, un temps, que l'on livre des armes aux insurgés, avant d'avouer que c'est inutile ! Il aurait pu préciser que c'est déjà fait par les pays suniites tels que le Qatar et l'Arabie Séoudite, celà n'aurait nui en rien à son devoir d'information.

L'action selon le sachant de France-Inter, ce serait de manifester. C'est court, vieil homme. Les pleurnicheries ne servent à rien, lorsque l'on sait l'impossibilité pour les occidentaux d'envisager une opération militaire contre la Syrie, faute de moyens techniques, faute de moyens financiers pour soutenir une lutte longue, faute de solidité morale des opinions publiques. Mais à tout prendre les larmes ne font de mal à personne et satisfont la bonne conscience de celui qui les verse.

Le véritable problème de Bernard Guetta est son absence d'analyse. Pourtant d'autres ont mis à sa disposition des outils de réflexion (par exemple les dialogues de Gérard Chaliand et Vincent Desproges sur France-Culture, les articles de journaux du Moyen-Orient, et en particulier turcs). Mais le pauvre homme ne vit qu'avec ses quelques obsessions parisiennes, répandre la démocratie (comme en Irak par exemple), admirer les révolutions (comme celle de Lybie au passage),  être aux côtés des conquérants de la liberté (comme les frères musulmans en Egypte).

Son seul propos est que nous proclamions tous notre haine de Bachar El Assad. Oui, certes, personne ne va défendre un tortionnaire, assassin d'enfants. Tout appel en ce sens est parfaitement oiseux, sauf à considérer que nous sommes des psychopathes qu'il est urgent de guérir. Les seuls propos qui seraient intéressants serait de savoir pourquoi cette guerre civile a éclaté en Syrie, quelles sont les motivations des différentes communautés religieuses (les 65% de sunnites, les 15% d'alaouites, les 10% de chrétiens, et les 15% de druzes et autres), des différentes communautés  culturelles (celle de la côte, celle de Damas, celle d'Alep, celle d'outre-Euphrate) qui ont connu des histoires différenciées qui se mesurent en milliers d'années; quelles sont les inquiétudes des grandes puissances régionales (Turquie, Iran, Arabie Saoudite, Israël); quels sont les scénarios possibles (création d'un sanctuaire alaouite/chrétien, intervention militaire turque, terrorisme chiite).

Non, tout ceci n'intéresse pas notre penseur diplomatique du service public de France-Inter. Il fuit faut proclamer depuis sa chaire médiatique le langage convenu qui plaira dans les couloirs de sa maison, chez ses vieux amis, dans les cercles qui l'encensent dans la capitale. 

Par olivier seutet - Publié dans : portrait
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Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 10:58

Pourquoi les riches doivent-ils être ostracisés ? Car il s'agit bien d'ostracisme à les forcer à prendre la route de l'exil, vers la riante cité de Tournai, les bords tordants du lac Léman, ou tout autre destination tellement plus hilarante que notre bonne France. Ont-ils gagné leur argent illégalement ? A priori non. N'ont-ils pas payé leurs impôts ? Le fisc fait normalement son boulot, que l'on sache. Ne dépensent-ils pas ce bon argent dans leur pays ? Généralement si. Ont-ils travaillé, ont-ils pris des risques, ont-ils créé des emplois, ont-ils généré de l'activité, ont-ils enchanté des spectateurs ? Peut-être pas tout  la fois, mais surement une partie du tout. Alors pourquoi faut-il déclarer indésirables sur notre sol, sportifs de renom, hommes de spectacle à succès, créateurs d'entreprises qui les ont vendu, héritiers de fortunes familiales, patrons enrichis du CAC 40 ?

Pourquoi une portion de la population est-elle rangée dans une catégorie que l'on affuble de tous les adjectifs les plus avilissants : hautaine et méprisante, bling-bling ou opaque, vivant sur le dos des pauvres, exploitante de la misère des autres, incapable de fraternité. Vous imaginez la révolte d'une quelconque autre communauté qui serait traitée d'une façon aussi indigne. Où est de plus la définition de ces immondes riches ? Des très riches ostracisés, elle glisse de plus pernicieusement à tous ceux qui ont plus que les autres, et que l'envie du médiocre, de l'insatisfait, de l'envieux, du raté, ne supporte pas. Toujours cette même rengaine mal camouflée du "chacun à chacun selon ses besoins" , éternelle tentative de restaurer un âge d'or qui n'a jamais existé, refrain des révolutionnaires, des indignés, des affligés qui  veulent faire le bonheur des autres malgré eux. 

Par olivier seutet - Publié dans : social
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Dimanche 19 février 2012 7 19 /02 /Fév /2012 10:41

Elle a donc trouvé son gigolo trop cher, pour aller lui faire un procès en extorsion de fonds ? Pendant des années, elle a pondu livres et films  relatant avec complaisance sa recherche du plaisir, de la jouissance : elle en trouve, elle en en crie et ne veut pas payer. Elle nous a assommé de ses états d'âmes, en prétextant que c'était de la littérature ou du cinéma, et maintenant elle nous accable des détails sordides de sa vie dans les prétoires, en croyant que c'est recherche de justice, alors qu'il s'agit au mieux du hurlement d'un Harpagon femelle déplorant la perte de sa cassette, ou de la vengeance d'une amoureuse déçue de la froideur de son sigisbée.

Plus que de la femme déçue, c'est la procédure de l'intellectuelle dont la vanité a été éraflée . La manipulatrice manipulée. La penseuse bafouée par un médiocre. La scribouillarde de romans et de scénarios, flouée par un inventeur d'intrigues véritables. Car Rocancourt n'a peut-être guère de talent de plume ou de réflexion, mais il est un authentique aventurier, autrement vivant que les vedettes sexuelles qui grenouillent dans l'imaginaire de la dame. Et la dame, furibarde, non seulement l'envoie en prison, mais tente à tout prix de détruire les quelques souvenirs, vrais ou faux, qu'a tenté de se construire le pauvre Rocancourt.

Misérable ? c'est peut-être le condamné, c'est surtout la pimbêche qui se sert de ses faiblesses pour mieux accabler son ennemi.

Par olivier seutet - Publié dans : portrait
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Jeudi 16 février 2012 4 16 /02 /Fév /2012 11:05

Les Grecs ne veulent pas payer d'impôts pour plein de bonne raisons :

- l'église orthodoxe parce qu'elle prétend avoir besoin de ses ressources pour faire la charité,

- commerçants et clients qui évitent de payer la TVA puisque c'est plus de profits pour les uns (économie au noir) et moins de dépenses pour les autres,

- les armateurs parce qu'ils ont placé leur fortune hors des frontières,

- tous les propriétaires fonciers parce qu'ils refusent l'établissement d'un cadastre,

Les Grecs ne veulent pas trancher dans leurs défenses :

- leur armée est toujours aussi disproportionnée par rapport à la taille de leur pays, avec des missions incompréhensibles : veulent ils annexer Chypre, se défendre contre une attaque turque sur trois ilots de la mer Egée ?

- leur fonction publique est toujours aussi pléthorique, incompétente, inefficace malgré des plans de réduction d'effectifs, toujours votés,  jamais appliqués,

Les Grecs prétendent toujours vouloir appartenir à l'Europe, en promettant et votant n'importe quoi :

- pour continuer de toucher des subventions,

- pour que certains abandonnent leur dettes, afin qu'ils puissent continuer d'emprunter à d'autres.

 

Au nom de quel principe l'Europe continue-t-elle d'aider de pareils jean-foutres, si ce n'est par peur, d'une contagion de la méfiance des marchés financiers, d'une fragilisation de nos établissements financiers si les banques grecques s'écroulent, de la propagation de l'idée que la sortie de l'euro est pensable pour d'autres pays. La peur est mauvaise conseillère dans les trois cas :

- les marchés financiers ne sont pas tétanisés par une faillite de la Grèce probablement inéluctable, mais par l'incapacité des gouvernants européens à trancher dans le vif,

- nos établissements financiers peuvent supporter la perte de leurs actifs grecs, et la Banque Centrale Européenne a déjà mis en pace un outil de maintien illimité de leur liquidité,

- la sortie de l'euro en catastrophe n'est une tentation pour personne; la réforme complète de l'euro est un impératif.

 

Alors à quoi bon tergiverser et charger la barque de pays déjà surendetté pour sauver un pays qui ne veut rien.

Par olivier seutet - Publié dans : monde
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Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 13:21

La question qui se pose au gouvernement n'est pas de sauver la raffinerie de Petit-Couronne, désuète, mal située, mal entretenue, mais de fortifier les raffineries encore existantes sur le sol français, sur la Seine (Gonfreville et Gravenchon), sur la Loire (Donges), à Marseille (Lavera, Berre, La Mède, Fos), sur le Rhône (Feyzin) et en Région parisienne (Grandpuits). L'arrêt de Port-Jérôme (et des autres raffineries de Petroplus à Creyssier, Ingolstadt, Anvers, Coryton) a eu pour immédiate conséquence un redressement salutaire des marges de raffinage. La surcapacité globale de raffinage en Europe a été partiellement gommée. Le but n'est pas de remettre en route des outils trop anciens au risque de fragiliser d'autres outils tangents comme le sont les raffineries françaises. Le véritable courage est de fermer Port-Jérôme, de ne pas la laisser agoniser entre les mains de groupes spéculatifs avides de faire un coup (lequel, je ne saisis pas trop bien, peut-être de récolter des subventions ?). Le dialogue est à mener avec les groupes encore actifs en France (Total d'abord, bien sur, mais aussi Esso, Ineos, Lyondell-Basell) pour qu'ils remettent à niveau leurs outils et d'éviter que ces derniers soient les prochains à fermer. Total, s'est enfin aperçu du retard qu'elle avait pris dans la modernisation de ses unités et a lancé un premier programme en particulier sur Gonfreville. Il est essentiel qu'un dialogue constructif s'instaure entre l'Etat et ces grands groupes pour décider d'un plan moyen-terme de sauvetage de toutes les raffineries qui nous restent, au prix probablement d'investissements lourds permettant d'adapter la production aux demandes du marché, de retrouver une flexibilité dans l'utilisation d'une large gamme de pétroles bruts, de disposer d'outils concurrentiels capables de résister aux concurrents et particulièrement à ceux des Pays-Bas et de Belgique.

Le problème urgent n'est pas d'imposer les pétroliers, de les assommer de réglementations, mais tout au contraire de conclure un partenariat avec eux pour éviter des délocalisations.

Par olivier seutet - Publié dans : industrie
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