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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 14:02

A plat ventrisme : il fleurit à toutes les époques pour flatter les mérites d’un étranger idolâtré ; souvenez-vous de la ferveur des compagnons de route du parti communiste envers le petit père des peuples, de la stupéfaction des maoïstes devant le petit livre rouge et son inspirateur. Aujourd’hui, faute de mythes internationalistes qui se sont abîmés dans le sang, les zélateurs de la soumission devant ce qui n’est pas de chez nous se complaisent dans une indulgence coupable envers l’Islam. Toujours le même mécanisme à l’œuvre :

- distinguer entre le fond enthousiasmant (la poésie du Coran) et des zélateurs maladroits voire criminels (salafistes et autres djihadistes),

- ne pas s’abuser d’un présent encore imparfait (application de la chariah) et des lendemains qui nécessairement chanteront (l’Islam de France humaniste et démocratique),

- et surtout ne pas oublier l’abjection de la conduite de ceux qui s’opposent aux musulmans : dans l’histoire ancienne (ne pas oublier l’Inquisition ou les croisades), récente (le colonialisme et des repentances très insuffisantes), voire contemporaine (le manque de tolérance).

Dans les zélateurs de l’à plat ventrisme bien entendu se retrouvent les partisans de l’entrisme (genre imam dit modéré parce que ne proférant pas d’horreurs sur la femme, l’incroyant), les vieillards libertaires (soixante huitard gatouillant qui ne sait plus comment exprimer sa haine des lodens et autres versaillais), les exaltés de l’esprit-saint (spécialistes des autres qui dans leur piétisme détaché des contingences matérielles rêvent d’une religion monothéiste unique).

Je me sens loin de ces gens-là qui à force d’humilité, de concessions, de compréhension, en arrivent comme Florence Aubenas, face à Finkielkraut, à déclarer : « il faudra bien, un jour ou l’autre, rendre obligatoire l’enseignement de l’arabe en France ». Certes, il sera alors possible de mieux comprendre un Coran par définition intraduisible. Faut-il abdiquer à ce point ?

J’ai peur de ces gens-là : ils me font penser à ce tableau de Peter Brueghel, « la parabole des aveugles », (une des œuvres retenues, comme c’est curieux, dans l’exposition du Louvre sur une brève histoire de l’avenir) ; cohorte de ceux qui refusent de regarder la réalité d’un chemin difficile et vont s’abîmer dans le fossé.

Je rêve de cet anonyme de la place de Tian’anmen qui tente d’arrêter une colonne de chars par sa seule présence ; il sait probablement qu’il court à l’échec, mais il manifeste son incompréhension de la barbarie d’un régime ; et je crois que le principe de réalité est de son côté, car il a raison, et non du côté de ceux qui se précipitent pour le ceinturer et l’emmener hors du champ de la caméra, et qui ne sont que raisonnables.

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Published by olivier seutet
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