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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 18:53

L’énervement de notre époque se traduit par la primauté des intentions sur l’action. Des gens sont jugés parce qu’ils auraient eu l’intention de commettre tel ou tel méfait, d’autre sont soumis à l’opprobre parce qu’ils ne manifestent pas de remords après une condamnation, certains sont traduits devant les tribunaux, ou lynchés médiatiquement,  pour avoir exprimé des opinions  non conformes à des lois. A l’inverse, l’affichage de la compassion, de l’empathie pour les malheureux touchés par une quelconque catastrophe, les victimes de n’importe quel fait divers vaut certificat de bonne conduite ; le remords, les regrets , exprimés en faveur de la victime d’un de ses forfait est quasiment une circonstance atténuante ; quant à la repentance pour les crimes commis par d’autres supposés être des coreligionnaires, des compatriotes, voire des ancêtres, elle devient paraît-il indispensable pour les consciences du repenti et du bénéficiaire.

Dans notre société, tout à la fois du spectacle et de l’instantané,  la parole devient primordiale par rapport à l’action : le verbe est immédiat, émotif, brillant, avec des effets immédiats ; tandis que l’action pue l’effort, la sueur, l’efficacité dans un avenir imprévisible. Le vernis vaut plus que les pigments, le gant que la main, le présent fugace par essence à  un futur  imprécis ou à un passé à oublier.

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