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15 octobre 2018 1 15 /10 /octobre /2018 09:47

A mi-chemin entre les chanceliers Bismarck et von Papen. De l’un elle a hérité les décisions abruptes, l’art de faire courber l‘échine à tous les peuples qui l’entourent au nom de l’efficacité allemande. De l’autre elle a l’inconscience de ceux qui à force de privilégier la tactique en oublient complètement la stratégie.

Son côté germanique façon « chancelier de fer » s’est bien exprimé  quand elle a renoncé au nucléaire pour son pays sans consulter les pays aux alentours, en particulier la France, pour lui fournir de l’électricité quand son pays en aurait besoin ; un autre exemple fut sa déclaration d’accueillir un million de migrants sans mot dire aux pays européens avec qui elle a signé  nombre de traités. Coups de force qui, à l’encontre de ceux de son illustre prédécesseur,  n’avaient aucune profondeur stratégique : le charbon polluant a suppléé à l’énergie nucléaire manquante ; le rejet des migrants par la population n’a fait que croître.

Ce côté amateur, qui avait profondément marqué le court passage de son déplorable prédécesseur, von Papen,  est la marque de cette maoeuvrière qui consacre toute son énergie, moins à réfléchir aux conséquences de ses décisions, moins à consulter ses partenaires au sein de l’Europe, qu’à trouver les moyens de perdurer dans son pouvoir au sein des partis de sa chère Germanie.

 

A la fois édredon asphyxiant avec ses compatriotes et pilote aveugle et autoritaire d’une Europe à ses basques, Angela Merkel est le symbole d’une germanité triomphante et sans avenir. La curieuse propension des homes d’état français à lui renouveler leur confiance après toutes les déconvenues qu’ils ont encaissées est ahurissante. Ils veulent, à tout prix, sauver ce couple qui n’en a jamais été un. Qui ne se souvient de la déconvenue de De Gaulle lorsqu’il dut restreindre ses ambitions franco-allemandes à un traité de l’Elysée complètement insignifiant. Qui n’a en tête l’inquiétude de Mitterand quand il lui fallut accepter la réunification allemande exécutée à la hussarde, la désintégration de la Yougoslavie manigancée depuis Berlin. Angela Merkel s’est mise dans les souliers des dirigeants qui l’ont immédiatement précédé : un égoïsme national profond, un autisme caractérisé vis à vis des pays dits « latins ». Le départ annoncé de la Grande Bretagne, l’isolement volontaire de l’Italie, nous fait perdre des alliés que nous n’avons jamais considérés face à l’ogresse germanique. Ne serait-il pas temps que notre politique étrangère s’arrache enfin aux virtualités d’un couple irréaliste et tente, vaille que vaille, de lancer des haussières vers la Grande-Bretagne pour la ramener d’un grand large dans lequel elle risque de se noyer,  et vers l’Italie pour la sortir d’une absurde comédie qui risque de la faire sortir de la zone euro.

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