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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 15:54

Un désastre ! Non pour l'auteur qui rédige avec talent son carnet de bord de ministre entre 2010 et 2012. Mais pour tous ceux qu'il croise.

Nicolas Sarkozy y apparait comme terrifiant d'une vulgarité instinctive. La vision politique y et du niveau du caniveau, le langage le reflet de ces pensées primaires, les relations avec le grands de ce monde marquées par l'arrogance d'un soi-disant bon sens. Fillon est un premier ministre inexistant : le ministre de l'agriculture ne le consulte jamais, ne travaille aucun dossier avec lui. Tant d'effacement est encore plus incroyable que ce que l'on pouvait supposer. NKM une arriviste qui tire dans le dos de ses collègues. Baroin un ambitieux qui ne comprend pas qu'il n'a pas l'étoffe d'un ministre des finances. Jean-François Copé est tel qu'on l'imagine :  incapable de penser à autre chose qu'à la prochaine élection. Christine Lagarde est une absente.

On est atterré, également, par l'emploi du temps du ministre : parmi ses missions principales, il doit rédiger un projet de programme pour la future élection présidentielle (projet qui sera complètement dénaturé pour le rendre parfaitement insipide), il passe un temps effrayant à négocier pour le G20 un accord dont on n'arrive à comprendre ni le caractère pratique, ni l'importance (le seul sujet est que le président du G20, en l'espèce Sarkozy, puisse se targuer d'un succès diplomatique), il accompagne le président dans d'innombrables fermes dans le seul but de se rallier le vote paysan, il arrache à nos partenaires européens après une lutte héroïque la poursuite d'un financement européen de l'aide alimentaire (sujet de deuxième ordre malgré son importance pratique pour les associations concernées). On se demande quel temps lui reste pour traiter avec sérénité des problèmes éternels des paysans et pêcheurs : les aléas climatiques, la volatilité des prix,  la poursuite de la Pac, la réorganisation des filières.

L'impression générale que donne ce livre instructif est d'une activité frénétique dans la pagaïe, sans idée directrice, sous les ordres d'un chef au verbe haut et ne réagissant qu'à l'instinct.  Une des leçons, que la défaite de la droite en 2012 était inévitable et méritée, avec un candidat pareil.

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Published by olivier seutet - dans portrait
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