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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 09:05

Une diplomatie se définit par la clarté des objectifs, la crédibilité des intentions et par dessus tout le choix de l'axe principal de l'effort. C'es en respectant l'ensemble de ces paramètres qu'une action diplomatique peut efficacement oeuvrer.

C'et donc à juste titre que le chef de l'état a mis en exergue l'instabilité du monde d'aujourd'hui née de l'effacement de la superpuissance américaine et de l'absence de pouvoirs régionaux influents et responsables; la menace terroriste et surtout la dissémination nucléaire deviennent des enjeux majeurs; l'Iran se retrouve légitimement en première ligne de ses préoccupations : il développe le nucléaire, probablement à des fins militaires; il menace ses voisins (péninsule arabique, Irak, Israël).  Parmi les nouveaux moyens d'actions contre l'Iran, tenter d'agir sur son allié, la Syrie, qui est devenu un maillon faible du fait des barbaries de son régime est légitime. L'intention reste crédible, lorsque elle se limite à la mise en place de contraintes que je qualifierais d'hors-sol : zones d'exclusion aériennes plus ou moins élargissables, zones d'exclusion terrestres elles aussi modelables en fonction des circonstances, dont la mise en place peut se faire à partir de notre allié turc, et avec l'appui des bases américaines du secteur. L'objectif  est symbolisé à outrance  Bachar El Assad doit partir; mais c'est en celà qu'il devient un outil opérationnel simple; le plus complexe, les conditions de son départ, les conditions de son remplacement restent entièrement floutées afin de laisser les mains libres à toutes les négociations possibles avec les oppositions, les transfuges, et l'acteur incontournable et stratégique qu'est la Russie en cette partie du monde.

Il est dommage que le président ne se soit pas livré au même exercice  sur le plan de la diplomatie économique.  La faiblesse de son discours sur l'Europe témoigne de l'insuffisance de l'analyse : à quoi sert l'Europe ? Une zone de culture commune, un futur pays, un contrepoids aux pays émergents; quelles leçons faut-il tirer des décennies passées d'existence de l'Euroland  ? Fut-ce un boulet, un frein, une étape. Faute de ces réflexions, l'objectif  reste flou; certes c'est pour ne froisser personne, mais on ne voit pas comment une équipe peut aller quelque part sans s'être fixé le choix des étapes. L'intégration budgétaire que l'on comprend en filigrane est absurdement prise comment un but alors qu'elle serait tout au plus un moyen.

La même confusion, du coup, s'installe quant à l'axe d'effort choisi : les petits pas et le pragmatisme deviennent des choix alors qu'ils ne sont au mieux qu'une méthode.

L'ensemble de cette diplomatie européenne devient de ce fait non crédible : qu'en pensent les cofondateurs de l'Europe (Allemagne, Italie), qu'en pensent les adhérents instables (Grande Bretagne, Espagne, voire Pays-Bas). L'impression laissée est que le poids des dettes est devenu le moteur de notre action diplomatique : le problème 'est plus de savoir où l'on va, mais d'éviter les coups de pieds au cul de la finance internationale. Une telle absence d'ambition nous laissera comme un bateau sans pilote, errer  au gré des vents, et des courants, sous l'influence des diktats allemands, des frousses des grands contributeurs mondiaux, et des petitesses bruxelloises.

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Published by olivier seutet - dans monde
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