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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 09:37

Il était content. La suffisance s'étalait sur sa bonne bouille : tout ce qu'il avait fait en six mois était bien fait, prémédité, et entrepris avec une vue claire de l'avenir; tout ce qu'avait fait son prédecesseur avait été marqué du sceau de l'impréparation, de l'erreur et de l'injustice. Lou ravi nous aasénait sa bonne humeur de célébrer le sixième mois de son joyeux avènement au milieu des dorures et des pourpres style second empire, des mines ébaubies de ses fidèles ministres, et des journalistes empêtrés dans ce rituel suranné.

 

Qu'on l'expédie ad Patras. Qu'il comprenne ce que c'est la crise et le malheur.

 

Il a menti avec son application coutumière : 10 milliards d'économies sur les dépenses de l'état en 2013 (faux, il suffit de consulter le site du minestère du budget), renégociation du pacte de stabilité  et de croissance entre partenaires européens (faux, il n'a pas été modifié d'une virgule), application du rapport Gallois (faux, pas de choc industriel avec la mesure symbolique d'autoriser l'exploitation du gas de schiste, pas de choc compétitif en omettant d'augmenter la TVA qui renchérirait les produits importés tandis que les entrepriss françaises pourraient baisser leurs prix grâce aux allégements de charges). Pourquoi tant de respect de l'auditoire face à ces certitudes prudhommesques ?

 

Qu'on l'expédie chez les Grecs, ad Patras. Qu'il sache qu'on ne se laissera pas abuser par les mensonges des Achéens.

 

Il a promis monts et merveilles à venir de son action à venir, comme s'il avait à enthousiasmer un parterre de militants socialistes dans un meeting corrézien  : la courbe du chômage qui va s'inverser (sans dire quel secteur va se décider à embaucher, et pourquoi il se déciderait), 50 milliards de réductions de dépenses de l'état (sans toucher au nombre ou au salaire des fonctionnaires), le taux des prélèvements obligatoires ne va plus augmenter (sans annoncer une quelconque réforme sructurelle de l'Etat, des collectiviés territoriales ou de la protection sociale).

 

Qu'on l'expédie ad Patras. Comme le disait un naufragé dans un album d'Astérix : "timeo Danaos et dona ferentes".

 

Il a esquivé l'essentiel. Pourquoi demander un effort à 20% de la population lorsque l'on veut prôner un effort national : idée bizarre de mener une guerre en décourageant les régiments d'élite. Pourquoi attiser des querelles intestines à notre pays (mariage pour tous imposé, vote des étrangers à peine repoussé) alors qu'il serait de mobiliser tout le monde derrière le gouvernement. Comment ne pas mettre sur la table le décalage entre notre économie (marquée par la crise de notre balance commerciale) et notre surprotetion sociale (qui arrive en plus à laisser quand même des gens au bord de la route). Calculs politiciens d'un jésuite provincial, manoeuvres subtiles d'un apparatchik de parti.

 

Qu'on l'expédie ad Patras. Qu'il aille se faire voir chez les Grecs.

 

Le cabot nous a joué le rôle du chef qui détient tous les pouvoirs pendant cinq ans. Que l'on est loin de la conception gaullienne de la cinquième république, où le pouvoir fort du président était tempéré par des consultations référendaires régulières pour s'assurer que le peuple était bien en ligne avec les décisions du président. Il se coule voluptueusement dans le régime batard que lui ont légué des prédecesseurs inconséquents où les pouvoirs renforcés du chef ne  sont plus tempérés par rien pendant cinq interminables années. On me jugera aux résultats fanfaronne-t-il. Mais qui va vouloir attendre une éternité (cinq ans est une éternité dans un monde aussi bouleversant que le nôtre), après des débuts aussi calamiteux

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Qu'on l'expédie ad Patras. Qu'il aille méditer sur le concept de démocratie

 

 

 

 

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