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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 17:48

Fillon dans sa dernière émission télévisée a été deux fois efficace : en concentrant ses objectifs sur les maux économiques essentiels qui tuent la compétitivité de notre pays, en montrant que convaincre sur ses idées était plus important que d'afficher une hargne à conquérir une place.

Les objectifs économiques qu'il fixe ne sont pas originaux, mais quel est l'homme politique qui a osé ces dernières années les proclamer : allongement de la durée hebdomadaire du travail sans augmentation corrélative des salaires (fusiller le tabou des 35 heures), retraite repoussée progressivement jusqu'à 65 ans avec harmonisation entre public et prive (fin organisée des privilèges des fonctionnaires, et enterrement définitif de la retraite à 60 ans), réduction des dépenses publiques en reprenant  et en la durcissant la déflation des effectifs de l'ensemble des fonctions publiques (tuer l'idéologie de caste qui lie service public et effectifs), convergence entre les politiques fiscales européennes et particulièrement allemandes qui est le seul moyen de sauver l'euro et donc nos capacités d'emprunts (dans ce tsunami, l'impôt le plus bête du monde, 'ISF passe à la trappe). Rien de révolutionnaire, mais de la cohérence pour faire retrouver à notre pays de la compétitivité et donc des emplois. Pas de cadeaux à une caste au détriments d'autres catégories, mais l'unique volonté de sauver l'essentiel des conditions économiques qui fondent notre pacte social : les retraites, la sécurité sociale.

Plus important à mes yeux est le message qu'il a envoyé : homme d'expérience, il n'a rien à prouver en terme d'analyse des situations, et de capacité à diriger. S'il veut tenter de devenir président, c'est pour mettre ses talents au service du pays et non pas au nom d'une rage de vaincre, d'une envie de gagner. Imbécilité de Franz-Olivier Gisbert (et d'autres) qui insistent sur l'idée que l'essentiel est de vouloir gagner; ce n'est pas un match de tennis (il ne s'agit pas de terrasser l'adversaire), ce n'est pas une épreuve de sport (il ne s'agit pas de triompher sur le chronomètre). Bien entendu il s'agit d'un devoir envers le pays, une obligation pour soi-même, un impératif de chasser les incapables.  Ce devoir, Fillon l'a fait paraître comme une évidence face à des journalistes qui ne voulaient traquer qu'une soif de pouvoir : pas de déclaration fanfaronne, pas de moralisation de son action à venir, mais la simple conviction qu'il est des moments où il est judicieux de mettre ses talents au service des autres.

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Published by olivier seutet - dans portrait
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