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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 15:11

Trop d'évènements qui paraissent incompréhensibles du fait de la partialité du scénario, dont deux majeurs : pourquoi ce succès du FLN dans les campagnes, pourquoi cette panique des pied-noir à l'heure de l'indépendance ?  Dans les deux cas l'esprit partisan l' emporté sur le souci de clarification. Si l'origine du soulèvement est correctement analysée (immobilisme du statut, massacre de Sétif, mépris des populations musulmanes sensible particulièrement vis-à-vis des anciens combattants), son succès au fil des années ne paraît dans le film que soutenu par un désir d'indépendance et de liberté qui fait fi des efforts de l'Armée avec  ses sections administratives spécialisées, ou de l'accession au statut plein de citoyen de l'ensemble de la population  décidé in extremis par de Gaulle. C'est trop court, et dans un récit soit-disant équilibré il est fautif d'avoir passé sous silence la terreur qu'a fait régner le FLN tant dans les campagnes, que chez les immigrés en France (seul un massacre d'un douar est évoqué). De la même façon comment expliquer l'exode massif, quasi-total, des pied-noir, en se limitant à la seule propagande de l'OAS, prônant la terre brûlée, et oubliant les massacres perpétrés par l'ALN après le référendum sur l'indépendance, tel que lui d'Oran avec ses centaines de tués, disparus, torturés.

Une approche déplaisante qui range les harkis parmi les traitres, et les porteurs de valise parmi  des héros.  Les fameux porteurs de valise, comme Francis Jeanson,  Henri Maillot,  Fernand Iveton, n'ont rien fait d'autre que fournir des armes à ceux-là  même qui tuaient leurs compatriotes : si  le mot traitre a une signification, il les qualifie parfaitement. Les harkis,  quant à eux, ont choisi le mauvais camp, celui des vaincus, sous l'influence, la sollicitation des autorités françaises; certes, ils ont trahi la cause algérienne; mais n'est-il pas abusif de faire porter la responsabilité de leur massacre sur la France qui ne les a pas accueilli et non pas sur l'état algérien qui les a fait massacrer en masse, dans des rafinements de cruauté.

Un ton général nauséabond, qui insiste lourdement sur la présence de Maurice Papon, comme préfet en Algérie, puis à Paris, comme préfet de police, lors de la manifestation des musulmans du 17 octobre 1961, puis lors du drame de Charonne : un ancien collabo pour diriger la répression c'est le choc des photos, le choc des mots.  Par contre les dissensions entre l'armée de libération intérieure et l'armée dite des frontières installée en Tunisie et au Maroc, ne sont pas évoquées : silence pesant sur les querelles  de clan et le lachage des combattants de l'intérieur  par les futurs dignitaires installés dans des pays étrangers.

C'est un mauvais film. D'autant plus mauvais qu'il se targue d'être objectif. Il ne dit pas de mensonges, il travestit la vérité, en choisissant, en censurant. 

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Published by olivier seutet - dans medias
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