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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 10:47

Vision caricaturale des Etats-Unis de Bernard Guetta. D'un côté le "conservatisme réactionnaire" représenté par Mike Romney , qui dans l'esprit de ce chroniqueur impartial se résume à un retour aux conditions économiques ayant permis l'éclosion de la crise financière; c'est "le sabre, la finance et le goupillon, la loi de la jungle et de l'ordre moral" parce qu'il refuse la réduction des budgets de la défense, et la libéralisation de l'avortement. De l'autre Barak Obama est le représentant de "l'amérique généreuse face à celle de l'égoïsme social", de la "défense des plus pauvres".

Dans ce langage outrancier, le chroniqueur ne décrit rien de la réalité des Etats-Unis d'aujourd'hui : lz coupure entre zones riches (la Californie des starts-ups du web, le mid-west du shale gaz, le Texas et sa croissance économique soutenue), et zones appauvries  (les downtowns de Detroit,  la Nouvelle Orléans, Pittsburgh etc...), le chômage des ghettos noirs (pour lesquels Obama n'a pas fait grand chose), la faillite financière qui s'est aggravée pendant les quatre dernières années avec la fuite en avant dans la dépense, le déficit. Ce que Bernard Guetta décrit, a travers les marionettes qu'il tente de faire bouger sur son théâtre d'ombres, est son univers intellectuel français : la croyance que la démocratie s'exprime dans un état omniprésent, la conviction que la tyrannie est légitime lorsque une majorité la soutient, la lutte manichéenne entre d'un côté l'argent, l'égoïsme, le libéralisme économique, incarné par des riches, et de l'autre la générosité, la répartition des richesses, la défense des droits de l'homme et de l'environnement..

La panorama que nous propose Guetta de la lutte des prétendants à la présidence des  Etats-Unis, n'est que le reflet  d'une vision empreinte de religiosité issue des tréfonds des siècles : le dualisme, la lutte du Bien et du Mal, Ahura Mazda contre Ahriman, Dieu contre Lucifer. Le malheur est que notre pauvre chroniqueur veut inscrire ce propos dans un cadre laïque, et que l'on ne voit pas très bien pourquoi une moitié de la population se complait à continuer de pêcher en vénérant des idoles du mal alors que le péché n'existerait pas; à moins que l'on considère qu'il s'agisse de péchés que de maugréer contre la prévalence des théories environnementales, lutter contre l'autoritarisme de l'état centralisé, combattre les errements des politiques d'assistance sociale.  Mais alors, il n'est plus question de démocratie et de liberté de pensée, mais de dictature et de formatage des esprits.

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Published by olivier seutet - dans medias
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