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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 12:18

Il faut lire le rapport public annuel 2012 de la Cour des Comptes, et surtout son chapitre 1 sur la situation d'ensemble. Je ne citerai que le dernier paragraphe de ce chapitre : "  Alors que les plans annoncés jusque là font porter l’ajustement

surtout sur des hausses des prélèvements, un ralentissement plus marqué des dépenses publiques est désormais indispensable. De nouvelles hausses des prélèvements obligatoires seront néanmoins nécessaires. Pour renforcer le potentiel de croissance à moyen terme, les impôts et cotisations sociales devront aussi être redéployés pour améliorer la compétitivité des entreprises. C’est en effet à un double déficit, des comptes publics et de la balance des paiements courants, que la France est confrontée. Dès lors, ces deux déficits doivent diminuer de pair pour permettre à notre pays de retrouver durablement le chemin de la croissance.  "

Sous des mots policés la critique de la timidité de l'action actuelle du gouvernement (effort de ralentissement de la croissance des dépenses insuffisant, hypothèses économiques pour les années à venir exagérément optimistes) est implacable; quant aux délires du programme économique des socialistes ils sont en filigrane considérés comme tout bonnement absurdes puisqu'ils oublient la réduction des dépenses et n'envisagent qu'une augmentation des recettes.

Au fil des paragraphes, la Cour demande une réduction du déficit structurel qui passe par la réduction des allocations de l'Etat aux collectivités locales, le rétablissement de l'équilibre des comptes sociaux qui implique une désindexation des prestations (allocations familiales, retraites), l'amplification de l'effort de réduction des dépenses publiques  (nombre des fonctionnaires, aides à l'efficacité économique non prouvées). Rien de tout cela ne figure dans un programme politique quelconque. La seule suggestion de la Cour retenue est l'amoindrissement drastique des niches fiscales.

 

Cette cure d'austérité n'est  jugée nécessaire que du fait de la constatation de trois phénomènes bien connus :

- un déficit de la balance des paiements qui traduit l'insuffisante compétitivité de l'industrie française, et qui s'aggrave année après année,

- un endettement qui va continuer de monter mécaniquement tant qu'il existera un déficit des comptes publics avant paiement des intérêts sur la dette,

- une dette placée à 68% chez des non-résidents (c'est le taux le plus fort de la zone euro, qu'il faut comparer avec les 46% de l'Espagne les 43% de l'Italie, les 50% de l'Allemagne).

La conjonction de ces trois phénomènes explique notre dépendance fondamentale envers les pays étrangers, et donc de leur jugement sur la pertinence de notre politique économique. Le scénario d'une perte de confiance envers notre politique économique conduirait irrémédiablement au renchérissement des taux d'intérêts donc à la faillite de l'état incapable de les payer, et à une chute des investissements des investisseurs privés incapables d'emprunter.

 

Le monde politique serait bien inspiré de respecter ces contraintes évidentes, de les intégrer dans ses perspectives, et de concentrer son originalité sur toutes les actions de relance qui n'impliquent pas de dépenses supplémentaires (il en existe beaucoup), et  une revue d'ambitions qui ne sont plus à l'ordre du jour (politique d'intervention militaire, aide la Grèce, ...).

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Published by olivier seutet - dans economie
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