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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 10:45

L’aventure libyenne est  un abrégé de la politique extérieure de la France.

Lancée sur un coup de tête, entre Nicolas Sarkozy et Bernard Henri-Levy, sans approbation explicite du ministre des affaires étrangères Alain Juppé, sans consultation de représentants du parlement.

Lancée sans analyse de la situation : cent jours après la rébellion en est exactement au même point, sans progression sur le terrain, sans organisation sérieuse.

Lancée pour des motifs qui ne sont pas évidents : pourquoi faut-il protéger les populations de Benghazi, et oublier celles déjà révoltées du Yémen, de Bahrein ? Pourquoi faut-il oublier les massacres répétés perpétrés par le régime syrien ?

Le rêve d’une action humanitaire, teintée d’une avidité économique certaine (le pétrole lybien), et d’un opportunisme électoral évident (la stature internationale du chef lancé dans une guerre juste), s’est heurté rapidement aux principes de réalité :

-          Un appui des autres nations arabes donné du bout des lèvres ; heureusement qu’il reste encore le Qatar pour apporter un soutien militaire à la coalition et éviter de donner l’image désastreuse d’une lutte entre l’Occident et le monde arabe ; mais cette contribution reste bien symbolique et peut flancher du jour au lendemain.

-          Une coalition franco-anglaise dont on s’est aperçu qu’elle était incapable de mener une action d’envergure sans l’appui de l’OTAN ; au lieu d’être une démonstration de la force de nos armées elle en pointe l’impuissance.

-          Une action militaire qui est vouée à l’échec tant qu’elle restera une action de pure attaque aérienne ; l’anéantissement des chars et des avions de l’armée régulière libyenne n’a pas empêché celle-ci de trouver la parade en lançant ses véhicules légers tout terrain dans des rezzous permanents ; la disproportion des moyens exorbitants mis en œuvre pour maintenant toucher de temps à autre un de ces véhicules légers tourne à la farce.  

L’aventure entre dans une impasse si Khadafi n’est pas assassiné par un de ses sbires.

L’impulsivité, l’absence d’écoute, le manque de prévision vont conduire, et ce serait normal, sauf coup de chance, à l’enlisement.

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Published by olivier seutet - dans monde
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