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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 11:13

Le couple franco-allemand : lubie d'européiste qui a contre lui les leçons de l'histoire. Le général de Gaulle en avait fait les frais lorsqu'il a tenté un rapprochement stratégique entre la France et l'Allemagne dont le traité de l'Elysée signé en 1963 n'était que le moteur de démarrage ; l' adjonction d'un préambule par le parlement allemand, la mauvaise volonté du chancelier Erhard a rendu l'idée inopérante : "je suis resté vierge" avait conclu le Général. Mitterrand en avait fait les frais lorsqu'il s'est rallié du bout des lèvres à l'irrépressible réunification des deux parties de l'Allemagne, et a payé au prix fort pour l'économie française le prix de la remise à niveau de l'économie en lambeaux de l'Allemagne de l'Est. Le traité de Maastricht  fut un marché de dupes dont nous payons aujourd'hui les inconséquences : les pays qui l'ont appliqué ont cru se mettre à l'abri des secousses monétaires tout en bridant les velléités d'attirance vers l'Est de l'Allemagne  : ils ont aujourd'hui devant eux une Allemagne arrogante, imposant ses volontés et une crise qui les submerge.

 

Pour qu'il y ait un couple, il faut deux volontés pour surmonter les difficultés, les accrocs, les tentations d'éloignement. Cette volté est inexistante à Berlin : depuis 2007 l'égoïsme allemand prédomine, en refusant la moindre évolution des missions de la BCE, en refusant de payer pour les autres alors que les autres ont payé pour eux  pendant la réunification, en s'érigeant comme des parangons de vertu alors que le vice fondamental de l'Euroland s'étale en plein jour : une zone mark où l'Allemagne peut engranger des excédents économiques afin de financer ses déficits avec les pays émergents et ses fournisseurs d'énergie.

 

L'amitié franco-allemande est un leurre sur la compatibilité des politiques étrangères (qui pourrait imaginer la valeur d'une armée commune incapable d'intervenir sur un quelconque théâtre ?); un abus de langage sur le rapprochement des modèles sociaux (quel point commun entre ce pays vieillissant, qui regarde les enfants avec méfiance et le tonus démographique de notre pays ?), une absurdité sur la communauté de destin (comment rapprocher un pays au fort tropisme vers l'est, et le notre à cheval entre sa vocation méditerranéenne et sa vocation atlantique ?).

 

Quand donc reviendrons-nous à un mode de relation équilibré qui n'oublie pas aux portes des conciliabules des pays qui nous tiennent autant à coeur que l'Italie ou l'Espagne, avec qui nous avons tissé des liens séculaires d'entente comme la Grande Bretagne.  Quand donc nos politiques laisseront-ils tomber ce mythe de couple franco-allemand pour revenir sur terre et discuter avec cette superpuissance européenne, non comme des serviteurs dévoués, mais comme le héraut de tous les autres européens  atteints par un profond désamour contre cette Germanie aux abois. 

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Published by olivier seutet - dans monde
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