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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 12:23

Je sors attristé d'une discussion de café avec un haut fonctionnaire : impossible de le faire bouger de l'opinion que la finance est cause de tous nos malheurs, difficulté de lui faire dire du bout des lèvres que l'état y a une petite partie. C'est toujours la même histoire d'excuser les fautes commises par ceux qui nous gouvernent : un tête de turc est plus gratifiante; jadis on reportait la faute sur les manieurs d'argent (juifs, lombards, traitants) que l'on emprisonnait et que l'on dépouillait, maintenant on crie haro sur les prédateurs financiers internationaux sur lesquels on tente de se venger à coup de fiscalité confiscatoire (en se trompant de cible d'ailleurs, les véritables prédateurs étant hors d'atteinte).

Le deuxième sentiment est celle d'un conservatisme total  : puisque les fautes sont commises par des forces inaccessibles, à quoi bon réformer un état englué dans ses corporatismes. Certes avoue-t-il il est des domaines qu'il faut améliorer (l'éducation, la police, la justice) , mais le fond de l'histoire, notre absence de compétitivité, nos échanges commerciaux dramatiquement déficitaires,  le manque de créations d'emplois industriels, sont des domaines qu'il lui semble impossible d'aborder franchement : les sujets sont trop compliqués, les solutions quasi impossibles,  les changements radicaux relèvent d'esprits utopistes qui ne comprennent pas le mode de fonctionnement d'un état.  Un état d'esprit de croire que la crise économique finira par se calmer d'elle-même et qu'il suffit entre temps de peaufiner notre protection sociale.

Terrifiant de constater que toute pensée iconoclaste est par avance condamnée au prétexte de la continuité de l'état tel qu'il fut refondé voilà plus de soixante ans.  Les trente piteuses (1974-2012) sont omises, la surconsommation qui a gangrené tous les états occidentaux n'est que progrès social, l'exception française devient un leitmotiv de fierté au lieu d'être le signal  de notre incapacité à réagir. En résumé la fonction publique est fière de ce qu'elle a accompli, et refuse d'admettre que sa compromission avec les politiques  mène le pays dans un déclin douillet. 

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Published by olivier seutet
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