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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 12:23

Christian Eckert est né , pour moi, à l'occasion de sa défense du traité européen à l'Assemblée Nationale, et de son interrogatoire dans les Echos du 9 octobre. Ses propos m'ont laissé perplexe, et j'ai tenté de le découvrir à travers trois de ses prises de position.

 

 I. Admirable enthousiasme de Christian Eckert  (rapporteur du budget à l'Assemblée Nationale) pour faire ratifier le traité préparé par le précédent président avec Madame Merkel.  Etonnante hypocrisie qui  lui fait omettre le nom des auteurs dans son discours de soutien : Sarkozy n'en est ni l'inspirateur, ni le partisan, Merkel disparaît dans les brumes de la rhétorique. Que ne fait-il référence à ce qu'il exprimait  le 21/2/2012 sur son blog :

" François Hollande a clairement dit que la renégociation de ce futur traité sera pour lui une priorité, et que la légitimité issue de son élection en serait un levier important."

"le futur traité ... représente un vrai danger de perte de souveraineté"

Si l'on suit son raisonnement, puisque François Hollande a échoué dans sa tentative de renégociation, et que pas un seul mot a été changé, serait-il en train de souscrire à une probable perte de souveraineté de notre pays, remet-il en cause la légitimité de l'élection de François Hollande qui se rallie aux propositions de son prédécesseur ?


II. L'esprit confus de Christian Eckert se révèle aussi à l'occasion de la taxation sur les plus-values de cession des entreprises ; il veut absolument confondre quatre notions, la rémunération du capital d'investisseurs, la rémunération d'un créateur d'entreprise, celle de son développeur, la rémunération d'un salarié lambda. Il est évident que chacun peu assumer à la fois les quatre rôles et percevoir une rémunération adaptée à chacun  :

- être employé et percevoir un salaire, voire un intéressement aux résultats, et parfois une participation aux bénéfices;

- être dirigeant et du fait de sa contribution forte à l'accroissement de la richesse de l'entreprise percevoir des primes exceptionnelles;

- être créateur d'entreprise par son apport intellectuel et/ou physique et en recevoir la rétribution une fois la réussite acquise;

- être le financier qui permet le développement de l'entreprise en fournissant des capitaux et en acceptant l'idée de pouvoir les perdre et percevoir la légitime rémunération de sa prise de risque.

Dans son discours populiste, Eckert veut nous faire croire que la contribution du salarié lambda est de même nature que celle des autres acteurs : "Il y a des accidents du travail tous les jours, et quand des plus-values sont réalisées, les salariés y ont aussi contribué. Je ne vois pas pourquoi les investisseurs paieraient moins d'impôts qu'eux.". La recherche intellectuelle, la suractivité, la capacité à diriger, la prise de risque sont des notions qui sont étrangères au professeur Eckert.

 

III. La fringale fiscale du maître (il fut prof de math jadis) s'exprime aussi dans son désir de taxer les oeuvres d'art à l'ISF. Il avoue lui-même que "le rendement budgétaire n'en serait d'ailleurs pas considérable".  Ce serait précise-t-il "une mesure d'équité". Il brandit un grand mot dont on ne voit pas bien ce qu'il recouvre : quelle justice il y aurait-il à taxer des objets qui en règle très générale ont coûté beaucoup  acquérir, coûtent parfois à  protéger et ne rapportent rien financièrement. Si l'on suit le raisonnement de l'éminent socialiste, l'idée serait de taxer le plaisir : si vous avez une passion que d'autre n'ont pas (ou ne peuvent avoir, ou ne veulent avoir), il serait juste de mesurer votre degré d'assouvissement de cette passion et la taxer proportionnellement; faute de pouvoir mesurer le degré de plaisir, on se contentera de faire une évaluation (au prix de marché j'imagine) des objets que vous détenez. Devant la richesse d'un tel concept, je ne vois pas que l'on s'arrête à l'identification de simples objets : pourquoi ne pas taxer le plaisir que vous apportent vos animaux de compagnie, votre temps d'écoute d'une bonne musique, le conjoint que vous aimez, les enfants que vous adorez; le plaisir ne peut s'arrêter à la détention d'objets d'art matériels, il faut élargir cette notion ; pourquoi ne pas essayer de trouver une note de bonheur individuel, et de taxer d'autant plus les gens les plus heureux, pour apporter au moins cette maigre consolation aux plus malheureux.


J'en termine avec cet élu sinistre (de gauche étymologiquement) qui unit dans sa riche personnalité la schizophrénie (je soutiens ce que j'ai voué aux gémonies), les troubles maniaco-dépressifs (je stigmatise plutôt qu'analyse), et la paranoïa (je délire sur la taxation du plaisir).

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Published by olivier seutet - dans portrait
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