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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 12:17

Renaud Girard pose d’excellentes questions dans un article du Figaro :

Ne s'est-on pas un peu précipité en reconnaissant le CNT comme seule institution représentant le peuple libyen ?

La réponse sous-entendue est qu’il n’y avait pas lieu de reconnaître comme représentatif une poignée de leaders issus de tribus de la Cyrénaïque, qui ne pouvaient parler qu’au nom d’une petite fraction de la Lybie.

 Était-ce bien raisonnable, pour la France, de livrer des armes à des rebelles qu'elle connaissait mal, combattants indisciplinés aux loyautés changeantes ?

La conclusion est que c’était une faute de vouloir attiser une guerre civile en armant des gens inconnus dont la seule motivation est de vouloir flinguer les autres tribus.

Savait-on vraiment où l'on mettait les pieds ?

Bien entendu non. Il fallut attendre des analyses éclairantes d’observateurs pour comprendre que le problème n’était pas uniquement une affaire de démocratisation, de liberté d’expression, mais aussi (et surtout ?) d’équilibre entre diverses factions, dont entre autres celles issue de l’ancienne confrérie des Sénoussis.

Les leçons des désastres afghan et irakien n'auraient-elles pas dû être tirées ?

Les situations, les contextes sont extrèmement différents. Mais quand même dans chacun des cas , on a voulu appliquer des notions d’états occidentaux (centralisés, acquis à la notion d’égalité des droits) à des pays qui ont été construits sur des bases radicalement différentes qui se rapprochent beaucoup plus de nos états d’ancien régime qui s’analysent plus comme des coalitions d’intérêts maintenus ensemble par une idéologie (la royauté de droit divin, la théocratie, la tyrannie). En Afghanistan, en Irak l’intrusion des étrangers a provoqué la destruction de l’état en favorisant un ou plusieurs clans au détriment d’autres, et d’une mission de destruction d’une idéologie malfaisante les occidentaux se sont trouvés entraînés dans une course poursuite pour calmer une guerre civile née de la création d’un vide.

 

Les leçons de ces échecs répétés sont diverses : en Lybie, de toute évidence, la précipitation (en intervenant, en reconnaissant le CNT, en larguant des armes) a été mauvaise conseillère puisque les résultats ne sont pas au rendez-vous. Les limites de ce jeu sont atteintes, et la seule tâche de Juppé et de Longuet est maintenant de trouver la porte de sortie honorable qui est de sortir en ayant négocié un certain affaiblissement du pouvoir des Khadafi et leurs alliés.

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Published by olivier seutet - dans monde
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