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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 16:16

Sympathique arrivée hier à Roissy d'avions venant de Delhi, Bangkok, et autres lieux du sud-est asiatique : des touristes français de retour, des touristes japonais, indiens, ou autres venant découvrir notre beau pays. Là-bas il fait 25° à 35°. Nous avons tous prévus quelques lainages en bagage de cabine, mais sans plus pensant arriver aux prémisses du printemps.

Première bonne nouvelle : les bagages en soute ne se seront pas livrés; la surprise ne fut annoncée qu'après trois bonnes heures d'attente dans une zone dépourvue du moindre confort, de la moindre boutique; elle fut annoncée après un black-out total de la communication des services de l'aéroport (de toute façon il n'y avait sur place avant l'annonce fatidique que des douaniers et un employé de la sécurité qui n'en pouvaient mais).

Après avoir consciencieusement remplis un vague formulaire (ou lorsqu'il n'y eut plus de formulaire un bout de papier tiré de leur sac), la joyeuse cohorte apprit qu'il n'y avait aucun taxi et qu'il suffisait de prendre le RER. La horde disparate (peu d'hommes d'affaires, des couples de vacanciers, certains  avec enfants exaspérés de fatigue, et des flopées de visiteurs étrangers, un aveugle et son accompagnatrice aussi, des bébés qui avaient hurlés pendant tout le voyage aussi) se débrouilla pour prendre ses tickets et s'engouffrer dans les rames vieillies, pensant enfin atteindre le centre de Paris.

Beaucoup crevaient de froid (j'avais quant à moi mes pieds nus dans mes chaussures). Le train (vétuste ? sorti d'un entrepôt très poussiéreux) avança à une allure de colimaçon. Une annonce du conducteur nous révéla qu'il avait besoin d'une assistance électrique (personne ne savait au juste ce que ça signifiait, sinon que le tortillard n'en finirait pas de tortiller).  Enfin en vue de la station de la gare du Nord, le convoi déclara forfait. Et hop tout le monde de descendre sur le ballast avec l'aide des agents et de rejoindre le quai quelques centaines de mètres plus loin. Là mon sort se sépara de celui de mes congénères, et je sortis pour cheminer dans la neige jusqu'à mon sweet home heureusement situé à environ un quart d'heure de marche. A minuit enfin chez soi, sans bagage, le corps et surtout les pieds glacés. Je n'arrivais pas à imaginer les familles devant rejoindre une banlieue inaccessible, sans équipement, des touristes hagards pour trouver l'hôtel de charme qu'ils avaient réservés, d'autres tentant de trouver du secours chez un ami ou une connaissance.

Une toute petite histoire. Sans drame visible. Mais elle donne une drôle d'idée de ce pays, premier lieu de destination touristique du monde. Elle laisse perplexe sur la gestion d'un des plus grands aéroports du monde. Elle laisse pantois sur l'absence de communication entre Roissy et le centre de Paris. Cerise sur le gâteau : le lendemain les ministres et maires se sont répandu sur les ondes pour dire qu'ils ont su gérer la situation, et qu'ils avaient tout prévu.

Mauvaise volonté (pour être poli) des bagagistes d'Orly, paresse de l'encadrement des services d'accueil de l'aéroport, incapacité de je ne sais qui pour prévoir le salage de l'autoroute du nord, sous-investissement manifeste de la liaison ferroviaire. Si nos ministres sont contents de cet état de fait, les voyageurs d'hier soir n'étaient pas au diapason.

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Published by olivier seutet - dans social
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