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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 11:47

Quelle est la réalité du scrutin ? C’est un premier tour, le tour où l'on exprime ses opinions et non son souci de déléguer ses pouvoirs à un représentant. Il me paraît donc indispensable d’analyser les résultats en proportionnelle intégrale, c’est-à-dire en rapportant le nombre de votants pour une liste par rapport au nombre d’électeurs inscrits.

1° Résultats

Les socialistes font un score de 13,7% entre un minimum de 7.9% en Alsace et un maximum de 20.4% en Midi-Pyrénées. On peut remarquer l’excellent score de Royale en Poitou avec  18.8%, et le médiocre score de la liste supportée par Martine Aubry dans le Nord avec 12.5%.

L’UMP fait un score de 11.6% entre un minimum de 8.1% dans le Nord et un maximum de 15.1% en pays de Loire. On peut remarquer que le moins mauvais des scores est dans la région ou Fillon fut président de région, et le désastre des résultats dans le Nord, la Lorraine et le Languedoc-Roussillon où les listes UMP sont inférieures à 10%.

Les écologistes affichés comme tels font un score de 6% entre un minimum de 0.9% en Corse (très atypique, sinon le minimum est de 4.3% en Picardie) et un maximum de 7.7% en Ile de France. On peut remarquer que les trois grand pôles verts sont Paris, Lyon et l’Alsace.

Les partis parlementaires (qui ne refusent pas des participations dans les exécutifs) n’ont recueilli que 37.3% des votes des inscrits.

Les partis non-parlementaires (FN, NPA, LO, extrême-droite) font un score de 7.3% entre un minimum de 4.8% en Bretagne et un maximum de 11.5% en Limousin. D’autre forts pôles de ces mouvements sont les régions PACA (10.3%), Franche-Comté  (9.8%) et Nord (9.8%).

 

2° Brèves analyses

Le grand vainqueur de ces élections est l’antiparlementarisme qui s’exprime plus ou moins fort de plusieurs façons :

-          Par indifférence (c’est l’abstention pure et simple)

-          Par incompréhension de l’enjeu de ces régionales, du rôle de ces présidents de régions (c’est encore l’abstention pure et simple)

-          Par mépris de ces organismes régionaux et de leurs pouvoir très limités (c’est toujours l’abstention pure et simple)

-          Par insatisfaction devant les candidatures proposées (c’est le vote blanc)

-          Par choix de listes protestataires, qui affichent clairement leur mépris des jeux parlementaires (c’est le vote Front National et autres listes d’extrême droite, c’est le vote pour les listes d’extrême-gauche)

Ils ont représenté en France métropolitaine 62,7% des électeurs inscrits (18,9 millions d’abstentionnistes, 0,7 million de votes blancs, 3,1 millions de votes protestataires).

 

Le grand perdant est le parti du  Président qui n’a réussi à mobiliser que 11.7% des électeurs inscrits.  Bérézina !  A force de promettre des réformes que l’on ne fait pas ou à peine esquissées, de démobiliser ses militants avec un racolage de demi-sels de la gauche,  de se moquer des opinions de ses électeurs avec les simagrées du Grenelle de l’Environnement, des hausses d’impôts furtives, des propos abracadabrantesques sur l’industrie, l’agriculture, la finance … la récolte est là.

Les faux gagnants sont les socialistes, qui en affichant un degré d’attractivité de 13.7% auprès des électeurs, se font des illusions sur leur véritable force électorale. Les réussites électorales d’un Frêche, d’une Royale, d’un Le Drian, d’un Malvy, d’un Rousset, portés par leur dynamisme local ne peuvent cacher le misérabilisme des scores des candidats de la rue de Solférino.

Quant aux verts, leurs discours triomphalistes sont indécents pour des gens qui rassemblent péniblement (en additionnant les listes Europe Ecologie et Alliance Ecologie) 6% des électeurs inscrits. Au nom de quelle légitimité veulent-ils nous imposer leurs solutions ? Au nom de quel aveuglement sont-ils courtisés le soir même de ce premier tour tant par les socialistes que par l’UMP ? Une fois de plus leur succès à Paris intra-muros cache leur difficile survie en dehors de la capitale.

3° Encore plus brève conclusion 

Il faut arrêter de mentir, il faut arrêter de se voiler la face. Ce qu’ont voulu dire les électeurs est leur ras le bol des discours qui leur promettent monts et merveilles . Ils savent pertinemment que les emplois ne doivent pas être protégés mais créés. Que la Sécurité Sociale ne doit pas être préservée mais sauvée.  Que les écoles, les collèges, les lycées, les universités sont au bord de l’asphyxie non par manque de moyens mais du fait de l’effondrement des autorités des parents et l’insolence des étudiants qui croient avoir des droits alors qu’ils n’ont que des devoirs. Les autres sujets s’ils les passionnent ne leur paraît pas être primordiaux.

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Published by olivier seutet - dans politique
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