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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 10:20

Trébeurden, un des plus beaux paysages de Bretagne, la côte de granit rose, les landes de bruyères ; un site de prédilection des hommes depuis au moins la civilisation des mégalithes…

Mais Trébeurden aussi, le récit d’un long massacre perpétré depuis soixante ans par une bande d’habitants soucieux d’augmenter le prix des  terrains dont ils ont hérités et le chiffre d’affaires de quelques misérables commerces. La chronique emblématique de tant de ces stations balnéaires créees de l’extérieur par des amoureux de leur emplacement, de leur charme, de leur bon air, puis surexploitées par quelques locaux trop pressés de plumer la volaille au plus vite, au prix de tous les enlaidissements imaginables.

Trêve de généralités et admirons le massacre perpétré à Trébeurden :

-          sans remonter à une époque trop lointaine, le premier signe d’un laisser aller monstrueux a été marqué par l’inscription saugrenue dans notre paysage d’un immeuble construit par un épigone local de Le Corbusier, appelé Le Flanchec : toute la petite cité est dominée par un bâtiment inspiré de la cité radieuse, incongru, inévitable où que l’on soit, servile dans son imitation des solutions proposées par le grand architecte, esclave dans ses conceptions ouvriéristes qui n’avaient de sens que dans un faubourg de Marseille, si mal réalisé qu’il a fallu le modifier pour que ses façades résistent aux grands vents d’ouest, si mal commode que dix ans n’ont pas suffi pour qu’il soit rempli d’occupants ; un bâtiment très quatrième république qu’il faudrait dynamiter d’urgence et qui ne le sera jamais.

-          Par contre un des plus précieux témoignage du passé, un charmant petit castel rural, baptisé « le manoir de Madame de Sévigné » (pour des raisons que j’ignore, la bonne marquise n’ étant jamais passée par ici), a été lui laissé à l’abandon, massacré en partie par un architecte sans talent, et transformé en ruine pour son bâtiment principal, toit écroulé, murs lézardés, arbres poussant en plein milieu du rez-de-chaussée ; difficile, sinon impossible à sauver désormais.

-          Un port créé sur la plage de Trozoul, difficile d’accès, mal protégé des tempêtes, qui en son temps fit l’objet d’une foultitude de procès et permit d’envoyer un maire en prison ; construit là où il ne devait pas l’être, bubon inguérissable dans ce superbe paysage, il faut maintenant le supporter.

-          Un front de mer orné d’étonnants témoignages de l’incurie municipale, comme l’ex-hôtel de la Potinière, en ruine depuis des années, qui domine le site des Roches Blanches : un hideux squelette de béton, de fenêtres sans vitres, de toit éventré, face à l’amas surprenant façonné par les siècles d’énormes rochers de granit rose ; une vision de tristesse.

-          Un front de mer marqué aussi par la présence de l’immeuble du comité d’entreprise d’EDF : espèce de mélange de bunker socialiste, de cages à lapins pour employés en vacances : un bâtiment symbole tout à la fois de la prétention ostentatoire des services sociaux  de l’époque de l’électricien et de l’aveuglement du conseil municipal qui a pu autoriser la construction d’ une horreur pareille ; à dynamiter aussi si cela était possible.

 

Et puis tous ces détails qui oeuvrent à l’enlaidissement : la macadémisation à outrance des trottoirs (il faut faire ville, alors que l’on vient ici pour sortir de la ville), les parcelles trop petites ou s’entassent des « Sam Suffit » et autres « Ker Rosen », les décorations florales aux couleurs criardes, les pissotières installées le long du chœur de l’église, les ronds-points construits à profusion comme on peut en voir n’importe où.

Et encore tous ces détails qui contribuent à l’inconfort de l’estivant : les fils électriques qui ne sont pas enterrés, la route de dégagement du port prévue et jamais construite, les services publics (poste, mairie, salle des fêtes, tennis couverts etc…)  installés au bourg c’est-à-dire le plus loin possible du centre de la station balnéaire.

 

Nous aimons beaucoup Trébeurden pour continuer d’y venir malgré la sourde guerre menée par les édiles. Mais qu’il est difficile de supporter d’être le cochon de payeur (des taxes foncières, des taxes d’habitation, des taxes de séjour), et de n’avoir aucune voix au chapitre. La démocratie locale y gagnerait à ce que puissent s’exprimer aussi les résidents temporaires, et que les décisions ne soient pas confisquées par une minorité d'habitants permanents.

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commentaires

coulon 12/11/2013 12:19

C'est fait, nous vous donnons la parole.
Facebook: fernand.coulon (trebeurden demain)