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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 16:11
« Le peuple se distribuera tous les deniers publics ; et, comme il aura joint à sa paresse la gestion des affaires, il voudra joindre à sa pauvreté les amusements du luxe. Mais avec sa paresse et son luxe, il n’aura que le trésor public qui puisse être un objet pour lui. » [Montesquieu, L’esprit des lois, VIII,2)] Intéressant édito de Montesquieu qui met le doigt sur ce qui menace une démocratie qui se corrompt. Le processus de corruption est engagé depuis longtemps avec la confiscation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) par les fonctionnaires ou assimilés ; il s’est accompagné du refus de la remise en cause de leurs statuts qui cumule les absurdités : absence de sanctions (il suffit de voir le nombre de révoqués de la fonction publique chaque année), paresse affichée de beaucoup trop de petits cadres et d’employés (les taux d’absentéisme sont parlant quand ils sortent occasionnellement de l’ombre), méfiance du mérite (le système de notation des enseignants est une caricature absolue) ; il s’est accompagné de la mise en place de tout un système de protection sociale, nécessaire et intelligent dans ses principes, vicieux dans ses applications qui favorisent les abus, les petites escroqueries, les tricheries au fil de l’eau, et aboutissent à la récompense de la paresse et de l’astuce au détriment de l’effort et de la droiture. Sous le poids extravagant d’une fonction publique obèse, et d’un système social pillé par des foules le Trésor Public a vécu au-dessus de ses moyens, colmatant les brèches en empruntant à tour de bras (ce qui n’est à tout prendre qu’une hypothèque sur les générations futures pour satisfaire les besoins des deux Leviathans que sont l’Etat et les abuseurs de la Protection Sociale). Le processus de corruption s’est accéléré avec les décisions prises le triste sire en place et son clan de députés. La dette de l’Etat ayant atteint des sommets qui risquent de tarir ses sources, les deux Léviathans s’en sont pris à tout ce qui était encore en vie autour d’eux : entreprises, entrepreneurs, cadres du privé, artisans, commerçants, agriculteurs, en ne lâchant que quelques miettes des privilèges des fonctionnaires ou des droits acquis des abonnés de la protection sociale. Le triste sire est en train de noyer les restes de la démocratie française dans les aigreurs des ronds de cuir, et le fiel des petits profiteurs.

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Published by olivier seutet - dans politique
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