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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 10:59

Derrière l’expression administrative « les gens du voyage » se cache un peuple ; peu importe que juridiquement ils soient français ou roumain ; on a l’air d’attribuer à des « papiers  d’identité» un pouvoir de  transmutation qu’ils n’ont jamais eu. La réalité de l‘existence d’un peuple tsigane (ou gitan, ou rom, ou manouche) ne fait pas l’ombre d’un doute : leur histoire existe, leur langue originelle existe.  Leur originalité est forte : elle résiste à l’intégration dans les différents pays où ils sont passés.  Ils ont peu être trouvé dans le nomadisme un moyen de lutte contre les cultures qui tentent de les noyauter, de préserver leur identité.

Comme tous les nomades, ils ne sont pas aimés par les sédentaires. Vérité incontournable depuis le néolithique. Pour les uns les attaches à un territoire ne sont que des symboles de subordination, pour les autres l’errance ne s’explique que par une propension à la rapine, au vol. Leur nomadisme est-il compatible avec notre pays ? Une fois évacués les mythes romantiques sur la beauté du voyage accessibles de fait qu’à des célibataires épris d’aventures, comment concrètement faire vivre une famille dans un pays de notre temps sans point d’attache fixe ? Comment éduque-t-on les enfants ? Comment distribue-t-on des prestations sociales, et réciproquement comment prélève-t-on des impôts ? La réponse passe par une sédentarisation, ou temporaire, ou plus probablement pour tenir compte d’activités non fixes, d’une installation sur un centre de résidence principal avec une nomadisation à partir de ce point fixe. Je ne vois pas que nos populations tolèrent de nouvelles entrées  sans que soit négocié un pacte sur un style de vie compatible avec nos exigences. Cette idée n’est pas nécessairement iconoclaste lorsque l’on entend un Rom interrogé déclarer que s’il ne veut pas retourner en Roumanie c’est faute de terre pour y vivre !

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Published by olivier seutet - dans identité
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