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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 17:11

Les élections cantonales sont un intéressant sondage sur les opinions des gens âgés et des fonctionnaires. Ils restent les seuls à se précipiter aux urnes pour dire les uns leur angoisse face à l’immigration et les autres leur attachement à une organisation administrative surannée. Les urnes deviennent un musée de votes frileux qui conduisent  à l’irrationnel . La peur des immigrés entraine des gens inquiets vers les solutions sans nuances, sans réalisme, du Front National aux questions légitimes qu’ils se posent. La crispation corporative sur leurs privilèges de la fonction publique, entraîne la masse des employés de l’Etat vers la sanctuarisation des postes de l’administration prônée par le PS.

Hormis cette confirmation, cette élection cantonale nous apporte l’intéressant éclairage de l’échec des Ecologistes, qui malgré le ramdam qu’ils ont tenté de faire sur le désastre nucléaire japonais, n’ont pas réussi à ameuter les foules sur leurs propres peurs.

Dernière leçon à  tirer de ce scrutin, une majorité d’électeurs vient d’indiquer son désintérêt pour la notion de département, et donc  pour les conseillers généraux qui sont élus. Deux conclusions pourraient en être tirées :

-          Suivre l’opinion exprimée par une majorité d’électeurs , dissoudre immédiatement les départements et conseils généraux, pour redistribuer leurs pouvoirs et leurs caisses entre autres administrations moins dédaignées (régionales ? municipales ?)

-          Instaurer un quorum pour valider une élection ; il n’est pas admissible que lorsqu’une majorité a montré son dédain pour des candidats, ceux-ci puissent se considérer comme légitimes représentants de qui que ce soit et continuent de parler du mandat qui leur a été confié pour changer telle ou telle politique.

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 16:23

Il faut écouter le commentaire mis sur internet par la mairie de Paris à propos de l’exposition sur l’anniversaire de la Commune de Paris de 1871.

D’une guerre civile, courte mais violente, engageant des gens sans foi, ni loi de chaque côté, nous est brossé le tableau irénique d’une révolte populaire (par le vrai peuple des quartiers de l’est parisien, contre les majorités bourgeoises et rurales du reste du pays) , brandissant l’étendard de la liberté , au nom du droit des pauvres d’égorger les riches (au moins leurs représentants supposés, le clergé par exemple),  au nom de la défense de la patrie (sous l’œil ironique des soldats prussiens cantonnés autour de la ville), au nom d’une culture révolutionnaire (brulons les archives de la ville, incendions les témoignages d’un passé qui gêne).

Propos indécents, offensants, stigmatisant une majorité , pour porter au pinacle quelques idéalistes enrégimentés par des exaltés dangereux. Que dire du sinistre Clusel, qui s’autoproclame général, se révèle d’une incapacité effarante et terminera sa vie dans des combats antisémites contre le capitaine Dreyfus. Que penser  de Théophile Ferré qui a donné son aval à l’exécution de l’archevêque de paris retenu comme otage.  Et la vierge rouge, l’inoubliable Louise Michel, tout autant antisémite que ses inspirateurs. Quelle morale pouvait attendre de gens qui ne connaissent que les amalgames, les raisonnements simplificateurs, les exécutions comme mode de gouvernement.

Eh bien notre bon maire patronne la célébration de ces caricatures de héros. A force d’avoir peur de montrer la moindre inclination pour les Versaillais (représentants démocratiquement élus d’une majorité de français), ou pour Thiers (le fondateur de la troisième république), il en arrive à cautionner des criminels.

Les massacres de septembre 1792 (exécution de suspects de quoi ?), la libération de l’Odéon en mai 1968 (occupé par quelle force de répression ?),  les trahisons devant l’ennemi (les insoumis de 1917, les porteurs de valises de la guerre d’Algérie), étaient des sujets trop limités pour une commémoration, la Commune de Paris de 1871 offre une magnifique synthèse  à la bien-pensance de notre équipe municipale.

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 10:17

Erudit et plein de son expérience, Jean Clair livre un constat désabusé de l’état de l’art visuel, de l’art plastique. Plus précisément de l’art contemporain qui est montré dans les musées, les galeries et autres endroits assimilés.

La perte de repères, la perte d’histoire, transforme l’artiste en idole qui s’autoproclame jusqu’à vénérer ses excréments, ou ses actes morbides, voire criminels. Les Musées qui l’abritent, le protègent, incertains de leur vocation, se réduisent au rang de décharge accueillant l’excès de production d’ordures du monde culturel . Ce résumé abusif, tendancieux dans sa brièveté,  pourrait laisser croire qu’il s’agit d’un pamphlet : c’est une longue plainte, sur le devenir des musées et de ceux qui sont charge de leur évolution, et de leurs rapports avec un type d’art qui s’est baptisé l’Art Contemporain ; gémissement nourri par une kyrielle d’historiettes issues de son exceptionnelle proximité avec les milieux concernés, des éclairages diversifiés nourris par une expérience murie; c’est aussi une réflexion, encore en devenir, non encore conclue, sur le rapport entre culte et culture, entre œuvre d’art, œuvre de piété et objet ethnographique.

Dans ce parcours, il me laisse sur ma faim, soucieux probablement, non pas de conclure abruptement, mais de laisser le lecteur arriver à l’une des conclusions possibles.  Extrémiste peut-être dans mon interprétation, j’en arrive à l’idée que les musées ont perdu leur sens : ou ils abritent des objets de notre histoire qui ont perdu leur identité, ou ils abritent des objets de notre temps qui semblent n’en être que les déchets.  J’aimerais que ces lieux de mémoire redeviennent des lieux de vie. Non pas des objectifs de promenades dominicales, d’excursions de groupes, d’animation culturelle,  mais des lieux d’études de ce qu’on proposé de grands ancêtres ou de jeunes créateurs, de copies de ce qu’ils ont fait ou de ce qu’ils font (la copie est le premier pas de l’artiste avant qu’il puisse acquérir son autonomie, la copie est le premier geste de l’amateur qui veut comprendre le pourquoi d’une œuvre et de son rendu). Mais pour être un tel endroit de concentration, de recueillement, il n’a pas besoin de recueillir à tire-larigot un bric à brac de tout et n’importe quoi : il faut trier les œuvres. Et, encore plus difficile, voire impossible, apprendre au public que le musée n’est pas un lieu de passage.

Il faudrait parler encore de pleins de sujets à propos de ce livre, effleurés, apparaissant au coin d’une page  : qu’est devenue la beauté, l’admiration de la belle ouvrage ? comment se fait la transmission entre génération du sentiment de la beauté, des mythes qui nous ont construits et s’incarnent dans les œuvres d’art ?

Ni « réac », ni « conservatrice », ni « décliniste », une tentative d’analyse qui n’essaie pas de nous convaincre mais d’attirer de notre part un regard intelligent sur la relation entre culture et « Art Contemporain ».

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 10:53

L’insubmersible Martin Malvy demande l’arrêt de permis de recherche sur les hydrocarbures de schiste au nom du principe de précaution.

La surfeuse sur les vagues du populisme, Nathalie Kosciusko-Morizet, impose un moratoire sur les recherches pour que les industriels approfondissent le dialogue avec les élus et la population en amont de leurs travaux.

Quant à Europe-écologie les verts, toujours acharnés à faire couler le navire, ils proclament avec leur sens des nuances usuel : l’exploitation des gaz de schiste est polluante du berceau à la tombe et représente une fuite en avant irresponsable tout comme il est irresponsable de continuer à prospecter des fossiles.

Admirable concert de toutes les nuances politiques (socialistes, écologistes, droite) pour tenter d’assassiner, la recherche d’hydrocarbures de schistes qui se développe partout dans le monde ; ressource qui devient potentiellement majeure aux Etats-Unis, et en Chine. Les ressources sont sans doute plus limitées en Europe, et particulièrement en France. La découverte et l’exploitation de gaz de schistes serait pourtant un atout pour notre pays, lui permettant, à la fois de diversifier ses ressources en énergie et de consolider sa chimie en lui apportant une matière première de qualité. En très bref,  une opportunité pour préserver un bas coût de l’énergie et pour dynamiser une industrie.

Mais les préoccupations industrielles sont éloignées de l’esprit de nos responsables politiques. A la défense de secteurs de notre économie, à la recherche volontariste de nouvelles possibilités d’activités et donc d’emplois, ils préfèrent, comme sur tant d’autres domaines (les OGM, les cellules souches, les nouvelles technologies nucléaires ), l’invocation de la peur des lendemains, la flatterie des défenseurs du terroir, la procrastination qui renvoie systématiquement l’action devant des comités Théodule. La recherche et l’exploitation de gaz de schistes ne sera peut-être pas une révolution énergétique comme elle va l’être chez nos grands concurrents, elle est surtout, aujourd’hui, le symbole d’une classe politique qui se déconsidère en se soumettant aux dictats de quelques uns, aux modes propagées, au détriment de ce qui devrait être deux des axes essentiels d’une économie moderne : un bas coût de l’énergie avec une sécurisation de ses approvisionnements. Une fois de plus la tactique prime sur la stratégie.

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 17:16

En 2004 Alain Juppé est condamné à 18 mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité pour avoir couvert l’embauche de permanent du RPR par la mairie de Paris ; d’autres membres du RPR sont condamnés dont la trésorière qui écope de 10 mois de prison avec sursis.

En 2005 Michel Roussin est condamné à 4 ans de prison avec sursis, 50 000 euros d’amende, et cinq ans de privation des droits civiques dans l’affaire des marchés publics de l’Ile de France.

En 2006 Georges Pérol  est condamné à deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende dans l’affaire des HLM de Paris.

En 2009 Jean Tibéri est condamné à 10 mois de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende et trois ans d’inégibilité dans l’affaire des faux électeurs du 5ème arrondissement.

En 2003 classement sans suite par le juge Courroye de l’affaire des frais de bouche de la ville de Paris (fausses factures, et détournements de fonds, l’affaire la plus juteuse).

Jacques Chirac est passé au travers des gouttes, ses amis ont écopé.  La Mairie de Paris, a été un centre actif de corruption, ont jugé néanmoins les tribunaux. Son maire fut intouchable. Ce gros travailleur, ce dévoreur de dossiers, a toujours tout ignoré.

Et maintenant, dans un chœur touchant, ses ennemis de naguère, Delanoë comme Cohn-Bendit, ses critiques journaleux, prétextent de l’ancienneté des faits, de l’âge du capitaine, de la santé du susdit capitaine, voire de sa popularité pour demander qu’un voile pudique soit jeté. Ce serait dommage bien entendu pour la justice qui n’a que faire de ces raisons pour établir un délit. Ce serait surtout dommage pour l’équité : une récompense de la lâcheté.

Chirac a toujours dit qu’il se moquait du jugement de l’histoire : il n’a pas tort, elle, sera sans pitié, à la hauteur de la médiocrité des politiques menées par ce personnage. Son abandon de tous ses fidèles, au fur et à mesure du développement des affaires, son culot monstre pour dénier toute responsabilité, montrent qu'il se moquait aussi de tous ses contemporains : derrière le cynique se cache un misanthrope.

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 16:03

L’idée de lancer un débat sur un sujet flou, démontre que nos gouvernants sont atteints de procrastination, et tentent de le camoufler en mélangeant plusieurs niveaux de langage :

-          L’un est politique, donc avec la mission d’ assurer  la cohabitation de foules de gens qui ne s’aiment pas obligatoirement, ne s’apprécient pas nécessairement ; le langage est axé sur les nécessités de règles, les contraintes liées à l’observation de ces règles ; une intransigeance vis-à-vis du désordre et une tolérance à l’égard de l’expression de tous les groupes ;

-          L’autre est partisan, avec le plaisir d’exprimer la logique de raisonnements  imprégnés de convictions fortes, structurées par l’histoire, la géographie, la spiritualité, les groupes auxquels on appartient ; des propos légitimes tant qu’ils ne se transforment pas en une doctrine de prise du pouvoir ;

-          Un dernier est personnel, celui de l’émotion, de la compassion, de l’oubli des contraintes sociales et des voix d’une communauté, au profit de l’expression de ses doutes, de ses inquiétudes, de ses colères ; des mots indispensables à chacun pour supporter le carcan d’un état ou la pesanteur des communautés dont nous faisons partie.

Un homme d’état ne devrait pas tout embrouiller : il n’a pas à organiser de débats sur ce qui transgresse les us, la libre circulation, du fait de manifestations religieuses intempestives ; aux inquiétudes sourdes de chacun, il ne doit répondre que par des actes qui préservent la solidarité, sans s’abriter derrière la sacralisation de lois  (celle de 1905), la mise en avant de doctrines (l’anticléricalisme qui se survit dans le concept de laïcité républicaine), la compassion (mélange de repentance anticoloniale, et de populisme). Mais d’hommes d’état, il en existe peu ; courent les estrades, les micros, une kyrielle d’hommes politiques qui croient nous rassurer en déclamant qu’ils défendent des idées, et qu'ils sont proches des sentiments de leurs électeurs. C’est justement ce qui est ideux fois indésirable. Une idée, c’est une opinion partisane. Que des associations, des communautés, des groupes, des individus défendent leurs idées, sur la laïcité, l’Islam, la religion, la place des uns, l’acceptabilité des autres, voilà qui peut être fructueux; être proche de certains, est être loin d'autres, le sentimentalisme n'est pas une vertu.  Que les hommes d’état se taisent et écoutent, qu’ils agissent avec promptitude en fonction de ce qu’ils ont entendu, qu’ils rendent compte devant le peuple, voilà leur unique mission.

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 16:38

Laurent Fabius le rappelait hier sur Antenne2 : que faisons-nous en Afghanistan ?

La question prend une importance capitale lorsque la rue arabe s’insurge contre des régimes autoritaires et corrompus en Tunisie,  en Egypte, en Lybie et que cette révolte est portée par un désir soudain de liberté et de démocratie et que le rôle des mouvements islamistes dans leur déclenchement a été insignifiant. Beaucoup d’observateurs ont été surpris de l’absence des références de naguère à l’Islam dans les manifestations qui ont enflammé le monde arabe de l’Atlantique à l’Océan Indien ; ces peuples que l’on pensait hostiles à tout ce que représentait l’Occident, s’assemblaient et se rebellaient tout d’un coup au nom de valeurs qui nous sont chères. Mais l’instabilité actuelle qui règne en Tunisie, en Lybie, en Egypte, la puissance des organisations religieuses ou des partis qui leur sont affiliés  n’interdit pas d’imaginer parmi les scénarios un retour de flamme de l’intégrisme musulman.

Notre participation à la guerre en Afghanistan d’incompréhensible devient nuisible.

Nous étions là-bas comme supplétifs des Etats-Unis ; pour gagner quelle reconnaissance, pour négocier quel avantage nul ne l’a entraperçu.

Nous sommes là-bas comme alliés d’un pouvoir corrompu sous influence de narcotrafiquants notoires ; la position n’était guère originale lorsque nos autres amis étaient Khadafi, Ben Ali ou Moubarak ; elle privilégiait l’idée qu’il valait mieux traiter avec qui l’on connaissait plutôt qu’avec des inconnus que l’on ne saurait maîtriser.

La raison majeure de notre intervention était notre croisade contre le terrorisme, incarné par les talibans qui essaient de détrôner le président afghan et sa camarilla. Le problème jusqu’à présent était que cette assimilation conduisait une grande partie du peuple afghan (ou plutôt la quasi totalité des tribus patchounes)  à s’inféoder à Al Qaida ; notre participation à une guerre civile intertribale faisait de fait basculer dans le camp des terroristes tous les opposants (et ils sont nombreux) au régime actuel de Kaboul.

Et enfin, venait la touche stratégique de géopolitique : si l’Afghanistan se délite, le domino suivant pourrait être le Pakistan, autrement plus dangereux du fait de sa maîtrise de l’arme nucléaire. Là encore, nous avons toujours privilégié une alliance avec un pays militarisé, au gouvernement manipulé par ses services secrets, au lieu de regarder avec l’autre puissance régionale qu’est l’Inde.

Cette intervention difficilement défendable, devient maintenant incongrue face à l’évolution du monde arabe : il n’est pas possible de proclamer (à juste titre) la non-intervention pour soutenir la cause des révoltés, en Lybie en particulier, voire ailleurs dans les semaines et mois à venir, et d’assumer la répression contre les populations afghanes rebelles. Il est incohérent de se réjouir de la chute des régimes des ploutocrates (kleptocrates ?) tunisiens, lybiens, égyptiens, et de s’afficher aux côtés de bandits sans scrupules au pouvoir en Afghanistan. 

La real politik commande que nous laissions les Afghans libres de choisir leur régime.

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 12:17

Qu’il soit nécessaire de redonner une voix à la diplomatie française ne fait de doute pour quasiment personne. Que cette voix puisse être incarnée par un homme d’expérience comme Alain Juppé ne peut que suscite l’approbation. Mais le problème n’est pas seulement un choix de personnes. Face aux bouleversements successifs que subit le monde personne ne comprend quelle est la position de la France sur les grands sujets :

-          Attitude face au terrorisme qui oscille dans l’incohérence : engagement en Afghanistan, abstention au Caucase, attentisme au Sahel ;

-          Attitude face aux pays émergents : incapacité à définir une ligne cohérente de relations avec la Chine entre mercantilisme et droit de l’homisme ;

-          Attitude en Méditerranée : échecs d’une politique ambitieuse dont on tarde à tirer les conclusions pour la réorienter et la relancer ;

-          Attitude face à la nécessité d’une défense européenne : un jour entrée dans l’organisation militaire de l’Otan, un jour partage de coûts avec la Grande Bretagne, un jour unités communes avec l’Allemagne ;

-          Attitude face aux défis économiques mondiaux : politique soumise à des lobbies environnementaux (protocole de Kyoto, conférences de Copenhague ou de Cancun), absence cruelle de compétences économiques pour tenter de faire progresser des propositions innovantes ;

La voix cassée d’Alliot-Marie n’a au fond que traduit officiellement le manque de doctrine de nos gouvernants. Lorsque l’échec a été patent, il ne faut pas seulement couper le sifflet à la moins audible, mais remanier en profondeur un cabinet élyséen qui est à la manœuvre depuis des années. L’arrivée d’un homme de poids au Quai est l’occasion rêvée pour faire revenir dans les clous des conseillers qui n’ont pas su faire leur boulot.

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 11:55

Les réactions indignées de Messieurs Guaino, Thréard, Copé,  à la tribune d’un groupe de diplomates dans le Monde sont à côté de la plaque. 

-          Le rôle privilégié du président de la République dans la conduite de la politique étrangère n’est pas remis en cause, est par contre stigmatisée la dépossession du Quai d’Orsay au profit d’une cellule diplomatique de l’Elysée partagée entre deux personnalités aux opinions antagonistes, Messieurs Levitte et Guaino.

-          La critique des résultats présents de notre action à l’étranger n’est pas un signe supplémentaire de déprime nationale. Le désastre est patent sur toute la ligne, et de vouloir le nier parce qu’il est sobrement exprimé n’est pas une réponse. Une tribune, par nécessité synthétique, a pour objectif de sortir du déni, non pas de proposer des pistes.

-          La violence des termes utilisés, impulsivité, amateurisme, incohérence, obsession médiatique n’est pas la signature de quelques ambitieux, ou de quelques aigris, mais la profonde désillusion d’un grand corps, méprisé, bafoué, qui exprime sa colère.

Au lieu de clamer leur indignation, n’auraient-ils pas mieux fait de réfléchir sur la frustration traduite.

-          Personnalisation abusive des relations entre chefs d’état qui renforce les pouvoirs des éminences grises et courtisans qui manoeuvrent à l’Elysée au détriment des ambassadeurs en poste, des directeurs, du ministre des affaires étrangères ; Personnalisation qui nécessairement se retrouve soumise aux feux des médias ; Personnalisation qui accroît le caractère impulsif et amateur d’une diplomatie qui par essence est une discipline de long-terme.

-          Privilège de l’immédiat, au détriment de l’action en profondeur : un jour il faut obéïr aux sommations d’une association des droits de l’homme, le suivant il faut sauver des compatriotes égarés dans je ne sais quelle aventure, le troisième il faut marquer d’un mot symbolique, d’un geste fort notre attachement à la dernière lubie imposée par les médias français. Tout ceci n’est pas de la politique, mais de l’agitation.

-          Multiplication de diplomates improvisés qui virevoltent pour apporter des messages personnels du président : et c’est Mr Balkany en Afrique, Mr Raffarin en Chine, Mr Wauquiez (ministre chargé des affaires européennes) en Tunisie, Mr Ollier en Lybie, etc… etc… Là est le véritable scandale de cette gestion : la préférence accordée aux « amis du président » sur les professionnels. Erreurs de choix de ministres paravents :  de Kouchner à Alliot-Marie, Charybde ou Scylla.

A la réflexion, la seule critique que l’on puisse réellement faire à cette tribune est sa mesure.

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 11:58

Sous prétexte que la fonction publique représente plus de 25% des emplois en France , sous prétexte que la fonction publique truste les postes gouvernementaux, et les postes électifs, il n’est pas de bon ton de la stigmatiser. La pesante bâche qui s’est alourdie sur notre pays trouve pourtant son origine dans cette dilatation pathologique du nombre de personnes qui se disent du « service public ». Ils propagent, grâce à leur effet de troupeau un certain nombre d’idées qui polluent nos mentalités :

-          Ils représentent le « bien public » ; ceux qui n’ont pas l’honneur d’en être sont au service d’intérêts privés (les leurs ou ceux de leurs patrons), et donc soupçonnés d’absence de compassion pour les autres, de manque d’intérêts pour les faibles et les démunis, de court-termisme inspiré par la passion du profit immédiat ;

-          Ils sont porteurs des valeurs de la République, incarnées dans la laïcité, le jacobinisme, la démocratie ; les autres prêtent le flanc aux accusations de communautarisme ;

-          Ils sont intouchables, de par leur statut, qui les protège des pressions des lobbies politiques, privés ;

Mais les idées généreuses qui ont présidé à la naissance de notre fonction publique se sont dissoutes dans un triste marécage :

-          L’arrogance a remplacé le souci des autres ; il n’est que de voir la qualité des relations entre un membre d’un quelconque corps d’inspection et des administrés : l’un ne jure que par menaces de contraventions, de pénalisation, l’autre est tétanisé par les conséquences de ce qu’il a fait ; une chape de peur s’est instaurée ;

-          La paresse a pris la place de l’implication dans la réussite de ses tâches ; qui n’ a subi les méandres des dossiers incomplets pour obtenir une quelconque autorisation, un quelconque bout de papier : le fonctionnaire est arc-bouté sur ses lois, ses décrets, ses circulaires, pensant que toujours que le formalisme est la clé de ses missions ; la paresse intellectuelle a remplacé l’idée du succès, et les administrés s’exaspèrent ;

-          Le népotisme, le favoritisme a envahi certains domaines comme celui de la fonction publique territoriale ; dans ces petits royaumes régionaux, que d’histoires d’incapables casés pour « faire plaisir » à tel homme politique, et qui empuantissent l’atmosphère et l’efficacité de leurs services ;

La fonction publique est malade. Elle ne pourra être réformée tant que ses représentants sont au pouvoir. Triste constat.  Il ne s’agit pas seulement de réduire le nombre des fonctionnaires (quoique …), il faut aussi revenir à des taux d’absentéisme acceptable, il serait essentiel  de couper le cordon ombilical entre monde politique et fonction publique (un élu, un ministre devrait démissionner de la fonction publique), il serait normal d’alourdir les sanctions contre les incompétents, les bons à rien, les nocifs (il devrait y avoir chaque année un nombre non symbolique de fonctionnaires virés pour faute).

Dans une démocratie, il n’est jamais bon qu’il y ait des exploiteurs d’avantages indus et les autres. Un jour ou l’autre, la vérité se fait jour.

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