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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 13:41

Il a raison et il a tort. Bernard Guetta dans son analyse, vendredi dernier  de la situation en Côte d’Ivoire tente de retrouver les raisons qui amènent ce pays, une fois encore, sur le bord de la guerre civile. Il remonte, il y a plus d’un demi-siècle, pour dénoncer le double méfait des puissances coloniales que seraient le pillage de ces pays et l’ exacerbation des rivalités ethniques .

Jugement trop hâtif, trop généralisant et donc faux. Dans le cas de la France, Jacques Marseille, en son temps, avait démontré que notre pays en Afrique avait plus investi que tiré de dividendes ; et c’est vrai de la plupart des relations entre colonisateurs et colonisés dans la plupart des pays africains, à l’exception peut-être de l’Afrique du Sud et du Congo Belge. Le problème de l’exploitation coloniale s’est surtout posé en Asie (Indonésie, Indochine). L’utilisation des rivalités ethniques a surement  été un levier utilisé par les administrateurs coloniaux : mais elles étaient bien plus puissantes que la simple volonté de quelques occidentaux ; et leur exacerbation doit beaucoup plus aux choix religieux des populations entre islam et christianisme ; choix commandé par une très vieille opposition entre les nomadisants du Sahel , musulmans, et les peuples qu’ils opprimaient réfugiés dans des sanctuaires (forêt, massifs montagneux), chrétiens.

Il est dommage de réécrire l’histoire, en gommant toute sa richesse, toute sa complexité , afin de satisfaire un simple prurit d’anticolonialisme. Le problème n’aurait guère d’importance si, Monsieur Guetta, en s’appuyant sur des analyses tronquées, absolvaient les dirigeants actuels de toute les erreurs de cinquante ans de gestion plus ou moins calamiteuse. Les sujets majeurs des pays africains sont bien la fuite des cerveaux hors de leur pays, la non-adéquation de la démocratie au gouvernement de ces pays neufs.

Pourquoi ne pas le dire plus fort ? Pourquoi ne pas dénoncer le rôle de l'ONU et sa fringale d'élections libres ? Quel sens a une majorité dans des pays aux oppositions internes trop fortes ?

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 18:49

Non la christianophobie n’existe pas en France :  ce serait stigmatiser un groupe du fait de sa religion, et celà est complètement illégal. La réalité est une onde de mépris qui s’exprime surtout à l’égard des pratiquants : des attardés qui se complaisent encore à des fadaises hors d’âge. Etre croyant est toléré, à condition que vous ne l’exprimiez pas trop fort ; il est encore mieux accueilli que vous témoigniez d’une vague appétence pour un être suprême sans trop de complications théologiques. Ce mépris qui s’exprime avec une force singulière sur les ondes des radios nationales, se limite curieusement aux tenants de la religion chrétienne. Que vous soyez musulman, boudhiste, adepte du vaudou  et aussitôt la voix du présentateur se fait chaude, admirative : et le courage des haïtiens qui sont portés par leur foi dans les épreuves qu’ils subissent, et l’extraordinaire Dalaï-Lama dont on oublie qu’il est issu d’un régime féodal jamais renié, et l’Islam et sa civilisation éblouissante ; pourquoi pas ? Mais l’ennui est dès que l’on parle de catholique, il ne s’agit plus que de rappeler  avec sévérité l’Inquisition, le préservatif ou l’attitude de Pie XII ; là ça devient un peu court.

La christianophobie n’existe peut-être pas, mais pourquoi nier qu’elle est sans conteste une tentation à laquelle résistent mal les médias, et plus particulièrement les radios dites de service public.

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 12:54

Le problème de la raffinerie de Reichstett est passionnant. Voilà un outil industriel vieilli (sous-investissement de Shell pendant des années), qui n’ a plus du coup les capacités de sortie des produits adaptés au marché (s’il fallait investir il faudrait probablement mettre plus d’un milliard d’euros) . Très logiquement Shell s’en est débarrassée à bon compte en  arbitrant en faveur de sa raffinerie géante de Rotterdam. Petroplus l’a achetée , en son temps, sur un postulat court-terme de bons profits sur quelques années, sans investissement majeur, et avec une fermeture à moyen ou long-terme ; la crise a déjoué ses pronostics.

Vous dites qu’il faut sauver Reichstett. Trop tard, il fallait s’en préoccuper avant. Il ne fallait pas laisser l’outil péricliter, il fallait construire les pipes nécessaires pour élargir la zone de chalandise., il fallait protéger toutes les industries chimiques aux alentours qui en étaient également clientes. Je crois qu’il est urgent, maintenant, dans cette région de protéger le futur de Chalempé (Rhodia), ou Carling (Arkema).

Je vous suggère plutôt de vous pencher sur le sort de la raffinerie de Dunkerque. Là le sujet est un choix par Total entre cette raffinerie et celle de Flessingue (aux Pays-Bas).   De toute évidence le groupe a préféré nouer une alliance avec le groupe russe Lukoil sur ce dernier établissement. Certainement pour des bonnes raisons liées à la flexibilité de production de l’une par rapport à l’autre mais aussi pour des raisons d’insuffisance d’infrastructures : pas d’accès rapide au Rhin, pipes insuffisants, dépérissement de la chimie sur la zone de Dunkerque. L’Etat a failli en plusieurs reprises, d’abord avec son projet de canal Seine-Nord qui aboutit à laisser Dunkerque sur le bord de la route au profit d’Anvers, avec son incapacité à négocier avec les belges l’élargissement des canaux qui auraient permis de désenclaver le port de Dunkerque, l’incroyable incurie qui a laissé passer les opportunités de construction de pipes (système de transport économique et sur), l’acharnement réglementaire sur les unités chimiques de Harnes (Exxon, fermée), Wingles (BP) et j’en oublie beaucoup. Mais Dunkerque est un si beau port, si bien placé sur les routes maritimes, qu’il y a peut-être une chance de sauver la raffinerie si l’Etat se décide a faire son devoir : liaison fluviale Dunkerque-Rhin, création d’une zone industrielle extraterritoriale dans laquelle un certain nombre de lois françaises seraient amendées pour attirer les investisseurs étrangers et français.

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 12:52

Au fur et à mesure que les évènements démentent  les prédictions de nos gouvernants (français ou européens), les langues se délient et de vraies questions sont soulevées.

Elie Cohen annonce dès le 10 mars 2010 que « les 110 milliards d’euros du plan de soutien accordé à la Grèce n’offriront qu’une bouffée de 18 mois, ensuite les soucis structurels repartiront de plus belle ». Il a répété ensuite, à diverses occasions que la Grèce ne peut s’en sortir qu’en restructurant sa dette (en clair admette une banqueroute partielle).

Il le disait, et bien d’autres avec lui, parce qu’il existe deux phénomènes qu’il importe de distinguer: une crise de liquidités  qui peut se résoudre sans trop de difficultés pour passer une période de difficulté temporaire, pour torpiller des manœuvres spéculatives  (c’est ce qui a été fait par les pays de la zone euro pour la Grèce, et une crise solvabilité. Là le problème est beaucoup plus difficile, puisqu’il s’agit de trouver le curseur qui permette de trouver les fonds nécessaires pour rembourser des dettes devenues trop écrasantes sans appauvrir structurellement le pays par des baisses brutales de pouvoir d’achat et des hausses insupportables des impôts.  L’incapacité des gouvernants a avouer qu’ils ont laissé filer les déficits sans créer en contrepartie des activités génératrices de profit sur le long-terme  se conjugue avec une absence totale d’imagination pour retrouver les chemins de la croissance, unique possibilité de tenter un rétablissement.

Les trois principaux leviers sont là :

-          La dévaluation (par une sortie , ou une mise en congé de la zone euro) ; bien entendu elle renchérit les dettes, donc le poids des remboursements et surtout le poids des intérêts) ;

-          La restructuration des dettes (par une banqueroute partielle) qui ramène le niveau des dettes à un niveau admissible avec les capacités contributives du pays en cause ;

-          L’augmentation des impôts, corrélée à une réduction des dépenses publiques qui permette de dégager les marges budgétaires nécessaires pour assurer le remboursement des dettes excessives.

Tout le monde admet que chacune de ces solutions est admissible pour guérir un petit bobo, et devient d’un maniement extraordinairement difficile dans son dosage lorsque le mal est profond, avec le risque évident d’aggraver la santé du malade à moyen ou à long-terme. Une action simultanée sur les trois leviers devient de plus en plus envisageable lorsque le défaut de solvabilité devient évident pour la Grèce ou l’Irlande.

Mais ce ne sont que des leviers financiers qui ne règlent aucun des problèmes de fond qui sont abordés par les commentateurs :

-          L’absence de dynamisme économique (et tout particulièrement industriel) des pays de l’Union Européenne,

-          Une idéologie qui tente de faire accroire que le salut de nos pays se  trouvera dans l’innovation ; elle est indispensable certes, mais au nom de quelle arrogance peut-on laisser croire que la recherche médicale et informatique ne va pas faire des bonds de géant en Inde, que la recherche en physique et chimie appliquée ne va pas très vite rattraper son retard en

Chine ;

-          Une idéologie qui nous a longtemps endormi avec le dogme de la spécialisation dans les services ; ils sont créateurs de richesses, c’est indubitable, mais comment imaginer qu’ils ne puissent être délocalisés : l’exemple de l’Inde en matière d’ingénierie, de conseil juridique est là pour déjà nous le rappeler ;

-          Une pratique de la concurrence entre qui s’est complètement focalisée sur la protection du consommateur ; là aussi tout est affaire de mesure, mais des excès ont été commis abrutissant les sociétés sous un déluge de prescription qui aboutissent concrètement à augmenter leur désir de fuir ces sols inhospitaliers ;

-          Une surprotection sociale de certaines des populations européennes qui ont abouti à laisser coexister des laissés pour compte qui ne connaissent même plus leurs droits, qui sont exclus du marché normal du travail, et une masse de petits privilégiés accrochés à leurs droits acquis  qui plombent les désirs d’expansion des entrepreneurs.

Il n’y a pas un de ces sujets qui ne soit abordé dans des commentaires, des opinions, des points de vue. Il n’a pas un de ces sujets qui soit évoqué par un gouvernement. Mais qu’attendent-ils ?

 

 

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 10:23

Ils ont tous échoués, les Mitterand, les Chirac, les Jospin, les Sarkozy : le poids économique de la France s’est écroulé depuis 1981 par rapport à ses plus grands concurrents, et faute de moyens disponibles, le bien-être social  va vers sa diminution. Il faut écouter Philippe Seguin, relayé par Dupont-Aignan : « la logique du processus de l’engrenage économique et politique mis au point à Maastricht est celle d’un fédéralisme au rabais fondamentalement antidémocratique, faussement libéral et résolument technocratique ». La voie à suivre est en filigrane : moins de fédéralisme, plus de démocratie, plus de libéralisme, moins de technocratie. L’objectif unique rappelé par Dupont-Aignan est de recréer des emplois dans l’industrie et l’agriculture.

 

Parmi tous les outils nécessaires comment ne pas applaudir à la TVA sociale, la séparation des banques commerciales et des banques d’investissement l’incitation au réinvestissement des bénéfices.

Sortir de l’Euro est une voie difficile, scabreuse, mais nécessaire ; mais attention aux moyens : il ne faut pas substituer aux  emprunts une création de monnaie ; son discours m’a moins convaincu sur ce point.

 

S’il fallait une critique au discours de Dupont-Aignan,  je la ferai sur une omission : il faut plus de libéralisme dans la gestion interne de notre société ; il me paraît nécessaire pour celà d’abroger le principe de précaution inscrit dans notre constitution ; ce serait un double signal, celui de l’abandon d’un état d’esprit malthusien qui prend peur alors même que le danger n’est pas réellement identifié, celui de l’avènement d’un véritable esprit de liberté d’entreprendre sans les entraves mises par administrations, associations, au nom de motifs respectables avec des conséquences calamiteuses.

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 15:16

Ivan Levai, ce matin, nous a régalé de trois blagounettes sur la papauté pour nous faire admirer son sens de l’humour (une référence à Coluche), sa culture (une blagounette  tirée des Lettres persanes),  et son adéquation avec l’esprit libertin de notre époque (la mise à l’index du préservatif !).  Sa Suffisance, une fois étalée son anti-catholicisme viscéral , a bien voulu nous faire part des échos recueillis dans la presse sur les nouveaux  écrits de Benoit XVI concernant l’usage du préservatif ; il a fort naturellement choisis ceux qui prétendaient y voir un revirement, une sorte d’apostasie par rapport aux propos antérieurs : le préservatif est maintenant encouragé alors que naguère ne valaient que l’abstinence ou la fidélité. Sa Tartufferie n’a évidemment pas compris qu’une évolution sur ce sujet ne traduisait pas un reniement des valeurs défendues par la morale universelle, catholique en particulier. Pour conclure sur ce sujet il n’a pu s’empêcher d’évoquer le rôle de Pie XII pendant la guerre, pour laisser entendre que la présentation qu’en fait Benoit XVI d’un « juste » est sujette à caution.

Ce petit résumé explicite  tout le système du sandwich utilisé par ce journaliste : des insultes gratuites (car ses blagounettes sortent de l’anticléricalisme le plus élémentaire et ne sont  nullement tirées de la presse qu’il est censé avoir lue),  une tranche d’extraits de presse, et  une attaque fielleuse, mielleuse, contournée, laissant imaginer qu’un antisémitisme a toujours été latent au Vatican.

Une fois de plus, cet Ivan Levai , sur ce sujet là, comme sur tant d’autres, laisse transparaître sa méchanceté, son intolérance, à travers la componction de ses mots. Comment un tel faux-cul peut être idolâtré par les autres journalistes ?  Par quel mystère peuvent servir de modèle ces rapprochements hasardeux, ces approximations insidieuses , ces citations  mettant dans la bouche d’autres ce qu’il n’ose pas dire lui-même.

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 15:40

Déjà les médecins ont des prétentions à régir votre vie ; lorsque de plus ils sont membres du parlement ils s’engouffrent dans la délicieuse tentation de la proposition de loi. C’est ce que fait avec une constance, indigne d’admiration, Edwige Antier. Après sa célèbre proposition de loi contre la fessée  enterrée sous les lazzis, la bonne femme récidive en aggravant son cas : non seulement la fessée devient illégale mais également les « violences psychologiques » des parents envers leurs enfants.

L’inapplicabilité d’une tel texte est patente … sauf à imaginer une réseau de délateurs et de délatrices chargés de recueillir la précieuse « vérité » qui sort de la bouche des enfants  afin de faire un sort aux parents désobéissants ; imaginons des chefs d’ilots qui viendraient faire leur rapport à une autorité supérieure sur les mots sortis de la bouche de telle mère énervée ou de tel père hors de ses gonds, recueillant les témoignages des bambins et des voisins, afin de donner une leçon de civisme, de citoyenneté, de morale, d’éthique aux parents indignes ; voire de leur dresser un procès-verbal de carence en éducation . Eternel attrait du « meilleur des mondes ».

La pertinence d’un tel texte est pour le moins discutable : ce n’est pas parce que l’on est médecin que l’on dispose de qualités d’éducateur, ce n’est pas parce que l’on est pédiatre que l’on sait ce que sont des enfants au jour le jour. Le postulat de base est de faire croire que munie de quelques diplômes, ayant reçu en consultation des enfants malades, elle a une compétence sur ce qu’est un enfant supérieure à ceux qui les ont mis au monde et commencé leur éducation. Eternelle vision psychotique (diagnostic d’idées délirantes, s’exprimant sous forme de logorrhée) de gourous qui se croient investi d’une mission et refusent aux autres la moindre capacité de raisonnement et de compréhension.

Le véritable combat n’est pas à mener contre des parents qui font ce qu’ils pensent devoir être fait, avec leur expérience, leur amour, leur tendresse, mais contre ces représentants d’une dictature des comportements qui ne font confiance à personne d’autre qu’à eux-mêmes.

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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 10:40

Interrogé par un journaliste de la télévision, Axel Kahn a laissé tomber de ses lèvres dédaigneuses un jugement sans appel sur la nocivité de la notation dans les écoles primaires. Il semble qu’il soit un des signataires d’un appel qui milite pour cette suppression. A la base revient l’idée qui parcourt toute notre monde occidental, et plus particulièrement la France : il ne faut pas stigmatiser ; générosité qui aboutit de fait à la proposition « il ne faut pas juger » ; instauration d’un relativisme qui veut nous faire croire que les bons et les mauvais se valent presque, que la différence doit être camouflée ; la logique de ce raisonnement aboutit aux propos d’un Patrick Gontier , secrétaire général de l’UNSA Education : « L’école reste profondément élitiste, vouée au classement et à la sélection des meilleurs ». Le propos est touchant de naïveté, son locuteur n’imaginant même pas que l’on puisse trouver intéressant que la formation et la progression d’une élite puisse être un objectif ; dans sa rage d’égalitarisme, il assume sans complexe une universelle médiocrité ; l’insulte à l’intelligence devient un acquis. Pire encore dans le cheminement intellectuel, tombe alors, toujours sur ce même sujet la phrase de Philippe Merieu : «L’éducation en France a toujours insisté sur le développement de la raison –donc la mise sous le boisseau de la subjectivité-  en visant une sorte d’idéal unique de culture. » ; phrase qui dans son contexte n’est pas une simple constatation d’un état de fait mais une attaque contre la logique, une apologie de l’irrationnel. La boucle est bouclée, il ne suffit plus de demander l’effacement d’un classement entre les mauvais, les moyens et les bons sur les vieux sujets du calcul, de l’orthographe, de la rédaction, il faut faire mieux en introduisant dans cet espace la subjectivité afin de définitivement brouiller les pistes entre ceux qui raisonnent et apprennent et ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas. Au passage il serait amusant de savoir ce qu’est cette subjectivité : une once de magie, une pelletée d’impulsivité, un tombereau d’informel.

Et tout ce chambardement (dénigrement des élites, abaissement de la raison) pour un objectif « introduire le bonheur dans les écoles françaises ». Mais comme nous le dirait Philippe Murray : de quel droit veulent-ils imposer le bonheur à nos bambins ? qui les mandate pour nous fourguer cette promesse de vie paisible et moutonnière dans les classes ? A bas ce bonheur désincarné, sans chair, sans nerf, sans lutte, sans effort.

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 10:38

Des mauvais ont été virés : Estrosi, Devedjian, Amara, Yade, Kouchner.  Ils n’ont peut-être été tels que du fait de l’incertitude de la mission qui leur était assignée : quel était le rôle de Kouchner par rapport à Levitte à l’Elysée, une doublure ? quel était l’importance de Yade dans un secteur qui de toute évidence ne l’intéressait pas, un poids plume ? quelle pouvait être l’action d’Amara dans un secrétariat d’état sans consistance face à Bercy, une manifestante devant des caméras ?que dire d’une relance limitée à recycler éternellement  les mêmes grands travaux ? que connaissait à l’industrie le triste Estrosi sinon rien ?

Ils ont été mauvais, parce qu’ils ont accepté de remplir des missions qui n’en étaient pas, ou dont il n’avait les capacités, ou auxquelles les moyens nécessaires n’avait pas été donnés. Ils ont été mauvais par absence d’honnêteté intellectuelle, refusant d’admettre l’inadéquation de leur personne et de leur partition. Ils sont chassés parce qu’ils ne sont pas partis avant.

La seule question intéressante est de deviner pourquoi ces gens-là ont choisi de s’accrocher, de s’abreuver d’humiliations, de se complaire en écoutant les ricanements de leurs collègues ou des médias. Autant il est noble de s’accrocher pour accomplir une mission dont on estime qu’elle a des objectifs qui dépassent sa propre personne et qu’il est donc admissible d’accepter des bassesses pour faire triompher une action que l’on estime nécessaire ou fructueuse,  autant il est méprisable de vouloir faire croire que l’on existe alors que ses initiatives sont inexistantes.

Les réponses sont diverses : Estrosi , devine-t-on, se place dans l’éternelle position du courtisan qui pense que son amitié pour le chef de l’état transcende toutes les flatteries et âneries ; Devedjian est le mercenaire usé qui a perdu ses illusions et s’abime dans son désespoir dans une garnison oubliée oublieux de l’indignité de sa situation ; Amara  est l’innocente, balancée pour un coup de pub, sur une scène inconnue, et qui en fin de scénario s’aperçoit à peine qu’il n’était  pas écrit pour elle ; Yade est la roublarde, manipulatrice de tous les médias (qui savent qu’ils sont manipulés) sous prétexte de fraicheur et de beauté ; Kouchner fait partie des arrogants qui vous resservent sans fin leur éternelle recette qui fit florès un temps jadis, et ne comprennent pas que cette cuisine hors d’âge était surfaite et refusent de l’admettre.

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 11:15

Le corps médical s’est arrogé un droit suprême celui de sauver la vie. Ce n’est pas le geste altruiste de celui qui vient au secours d’un noyé, quelque fois au péril de sa propre existence. Ce n’est pas le discours de ceux qui aiment qui tentent de protéger un adolescent, ou un dépressif  d’un emballement subit pour sa propre annihilation. Non, ils ne sauvent ni par amour, ni par instinct mais au nom de principes qu’ils ont choisi de respecter et qu’ils baptisent code d’éthique. Que chaque profession ait un corpus de règles déontologiques, quoi de plus normal, de plus respectable. Le problème est que les règles médicales empiètent à la fois sur le libre-arbitre des individus et sur leur dignité d’être humain.  L’exemple le plus patent est l’inversion du raisonnement qu’ils tentent de propager : il est obligatoire pour un patient de se laisser soigner  et l’interruption d’un traitement est une euthanasie. La première réalité est qu’un médecin n’est qu’un technicien du corps que chaque patient consulte ; le terme est clair : le médecin propose, le patient dispose. La deuxième est que la vie n’est pas une conséquence de médications, d’opérations et d’appareillages. Lorsqu’un soignant refuse de débrancher un malade (l’exemple le plus célèbre aujourd’hui est celui d’Ariel Sharon), il ne sauve pas une vie, il laisse croire tout à la fois qu’il ne fait qu’exécuter des volontés implicites et que la technique peut triompher de la mort. Deux mensonges. Si personne n’a le droit de donner la mort à un autre être humain, sauf pour se défendre, personne ne peut s’arroger le droit de faire vivre à l’encontre d’une volonté lucide, et en l’absence de clairvoyance, au moyen de dispositifs techniques quels qu’ils soient. La prise en otage de nos existences par une science arrogante est à combattre.

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