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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 15:57

Oui, il faut s’émouvoir de la relaxe demandée par le parquet dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. 

Celà s’appelle faire perdre à la justice sa cohérence : faut-il demander à la Mairie de Paris de rembourser à l’UMP et à Monsieur Chirac les sommes qu’elle reçut naguère ? Faut-il demander qu’Alain Juppé soit rejugé afin qu’il soit absous ? Les procureurs existent-ils pour sauver la mise d’un ancien président  de la République ?

Oui, il faut s’émouvoir de constater que sur des médias télévisuels se présentent des gens qui affirment l’un qu’il a été le transporteur de l’argent de la corruption, l’autre qu’elle a failli être violée, tout en précisant chacun qu’ils n’ont pas d’autres preuves que leur parole et d’autres motivations que leur désir de moralisation. Les journalistes existent-ils pour propager des rumeurs ?

Jacques Chirac , Robert Bourgui et Tristane Banon sont les derniers emblèmes de ces torsions que subissent la vérité pour des raisons qui ne sont pas d’état. Les pratiques chiraquiennes ont été tellement étalées qu’une condamnation ne changerait guère l’opinion que l’on peut avoir de ce triste sire, alors à quoi bon tenter de le disculper. L’accès de sincérité qui prend à la gorge l’avocat  Bourgui au mieux intrigue, au pire relève d’une manipulation à l’encontre de quelques personnes choisies, alors pourquoi l’aider dans sa manœuvre nauséabonde. L’attaque de Banon contre un homme à terre rappelle la sinistre mémoire des tricoteuses de la Révolution, faut-il donc hurler avec la louve.

L'énigme n'est pas que le mensonge existe, mais qu'il fascine les politiques et les médias.

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 10:37

Parmi les six personnages en quête de suffrages pour les porter à la présidence, vus hier sur Antenne2, la distinction s’est faite entre quatre zombies qui jouent un personnage :

-          Hollande le presque désigné, professoral et apte au compromis

-          Aubry la teigneuse, qui se rebelle contre le maître

-          Royal sur son petit nuage d’ancienne candidate à la présidence et de reine du chabichou

-          Baylet l’humaniste partisan de l’euthanasie et de la légalisation des drogues douces ;

Et deux qui seuls ont tenté d’exprimer une régénération de ce que pourrait être la gauche du futur.

-          Valls, imperturbable dans son soutien aux propositions jadis exprimées par Strauss-Kahn, véritable représentant d’un corpus d’idées cohérentes alliant la rigueur financière, la rigueur régalienne (sur l’immigration, sur les drogues), avec les nécessaires utopies portées par la gauche ;

-          Montebourg, malheureusement handicapé par un format d’émission qui ne lui permettait pas de mettre en valeur toute la richesse des opinion non-conformistes qu’il porte sur le futur de l’Europe, de l’Euro, des termes de l’échange, les délocalisations.

Il faut dire que les questions des journalistes n’encourageaient pas de réponses originales :

-          Le déficit commercial actuel de la France (qui est plus au centre du débat peut-être que le déficit des finances publiques) n’a pas été l’objet d’une seule question, et n’ a été abordé que par raccroc par, je crois me souvenir, Montebourg;

-          Le pouvoir d’achat dans les différents scénarios envisageables de notre futur économique non plus;

-          La résorption du chômage ne fut citée qu’à l’occasion de mesures circonstancielles du style emplois aidés.

Je trouve que les commentaires sur cette prestation de la bande des quatre ne sont pas assez acerbes. Pourvu qu’un deuxième tour des primaires nous permette de voir s’affronter Valls et Montebourg.

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 15:01

Comme dans toute grande crise, les gouvernants qui n’ont su ni l’anticiper, ni savoir comment réagir, ni proposer une sortie à long terme seront mis au placard. Ce sont ou des nouveaux venus, ou des marginaux des anciennes  majorités qui seront installés au pouvoir. Les erreurs de jugement  de Nicolas Sarkozy depuis 2008 et l’éclosion de la crise, sa stupeur actuelle, son incapacité à sortir un projet qui ne se limite pas à la recherche de consensus mous, me font penser à l’itinéraire d’un Neville Chamberlain, ou d’un Guy Mollet ; Le mutisme des socialistes sur le tsunami de l’endettement public (qui est la conséquence du tremblement de terre provoqué par la crise de 2008) convainc tous les commentateurs ou qu’ils n’ont pas pris la mesure des évènements ou qu’ils sont scotchés sur leur course au pouvoir ; ils seront, si la détestation du pouvoir actuel se prolonge les Paul Reynaud ou les Pflimlin de l’année à venir.

L’espoir est que se lève dans les rangs des partis démocratiques, ce marginal qui aura assez de charisme pour proposer des idées et oser les mettre en application.  Mais on ne distingue pas encore la silhouette de celui qui surgira. Qu'il se dépêche.

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 15:28

Rosanvallon nous livre des analyses pertinentes pour conclure sur un truisme : il faut plus de solidarité sociale.  Je trouve de mauvaise foi de faire de cette conclusion un apanage des idées des Lumières et de la Révolution de 1789. Tout régime qui se respecte a le souci d’assurer une certaine cohérence sociale ; certains y portent plus d’attention que d’autres ; certains la négligent trop et se trouvent en proie à des mouvements révolutionnaires.

Et quand il faut trouver des solutions pour mieux assurer une solidarité entre citoyens, de toute évidence mise à mal, ce que peu contestent, il nous ressert le plat de l’état bienfaisant qui construit des routes, entretient des écoles, paie des maîtres. Je trouve particulièrement étrange de la part d’un historien d’être aussi aveugle aux leçons du XXème siècle :  l’étatisme triomphant s’est fourvoyé au moins trois fois :

-          avec le bolchevisme pour travestir une idée généreuse en un asservissement au profit d’une nomenklatura,

-          avec les fascisme, sans qu’il soit nécessaire de commenter,

-          avec l’état providence qui à partir d’un corpus d’idées et de propositions équilibrées forgées par les expériences passées et au sortir de la plus abominable des guerres s’est fourvoyé dans la protection exacerbée de certains au détriment des plus pauvres (les chômeurs sans droits, les handicapés, les immigrés)

L’état providence, aux abois, vivant à crédit, ruiné, est si  souffreteux qu’il risque de contaminer l’existence  et l’idée même de démocratie. Et c’est à ce grand malade que Rosanvallon voudrait confier notre sauvetage. Il conviendrait d’abord de soigner l’Etat, lui redonner les frontières qu’il n’aurait jamais dû dépasser, redéfinir et restaurer ses fonctions régaliennes, l’empêcher de vouloir tout régenter sur le plan des moeurs, des libertés, lui faire abandonner sa culture des avantages acquis au profit de l’esprit d’entraide des véritables malheureux, désenchantés de la vie, abandonnés de la culture, victimes non pas des puissants mais de l’indifférence de leurs voisins.

Oui, je m’indigne de retrouver encore de ces  vieux discours de savoir s’il faut être libéral ou étatiste, s’il faut être des Lumières et des forces du Progrès, ou bien représentant du conservatisme et de la réaction. Je m’indigne de ces éternelles références à des passés qui n’ont rien de glorieux.  S’il faut chercher ne serait-ce pas, au vu des analyses de Rosanvallon, de trouver ce fragile équilibre qui fait que l’état est fort et que les citoyens sont responsables ; que l’état est efficace et que les citoyens aient du travail ; que les gouvernants soient représentatifs, non pas d’une diversité (hommes/femmes, petits/gros, blonds/bruns) qui se complaît dans des signes physiques, mais dans la variété des statuts sociaux.  

Je m’indigne, Pierre Rosanvallon, que vous ayez si mal travaillé vos conclusions.

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 10:58

Les impérialismes du conformisme ont toujours existé. Celui de notre temps est de classer toute opinion, tout jugement en deux catégories : les conservateurs (traditionalistes, réactionnaires, populistes), et les progressistes (humanistes , républicains, démocrates).  Ce distinguo peu subtil s’est appliqué à ce que l’on pouvait penser de l’introduction des « gender studies » dans des cours à vocation scientifique : combattre cette nouveauté relève de l’intolérance, voire de l’homophobie. Dans la fureur de rencontrer une opposition à la propagation de cette théorie, ses tenants oublient de préciser que leurs opposants ne s’opposent pas à son enseignement (dans un cours de philosophie) mais à sa présentation comme une matière scientifique. Dans la terreur d’apparaître comme des rétrogrades qui ne s’autorisent pas une pratique entièrement libérée de la sexualité, ils cataloguent tous ceux qui pensent autrement dans les deux catégories (pourtant inconciliables), des « peine à jouir » (ceux qui croient en la vertu de l’ascèse ou du contrôle de ses pulsions), ou des machistes hétérosexuels qui refusent d’admettre d’autres pratiques que la leur.

L’intolérance n’est pas de contester une théorie, ou alors le doute socratique n’est plus d’actualité.  L’intolérance est de refuser le combat. Car, il y combat, que je crois fondamental, entre ceux qui veulent instiller leur théorie à des enfants à l’esprit malléable en prétendant les éduquer au nom du scientisme, et ceux qui pensent que la tolérance passe par la critique permanente, acharnée de toutes les idées, et plus particulièrement de celles qui ont germé loin de nos esprits : « la théorie du queer », comme celle du créationnisme ; deux approches forgées aux Etats-Unis dans les milieux  religieux fondamentalistes ou New Age ou dans les cercles Tea Party ou féministes.

Toujours cette hâte de propulser au firmament des nouvelles convictions, le dernier produit importé au détriment de toute analyse pondérée. Décidément je maintiens qu’il n’existe d’autres lieux que des cours scientifiques pour adolescents pour discuter, critiquer, contredire les « gender studies ».

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 11:25

Avec les aides successives et inopérantes pour colmater le gouffre de la dette grecque, la double peine est acquise : vos impôts augmentent et votre capital (pas nécessairement gros) s’est amoindri. Et l’on peut déjà anticiper une aggravation des sanctions. Les consensus gouvernementaux nous incitent  à  partager les fautes des autres, au nom de la solidarité et/ou pour nous sauver nous-mêmes.

Le problème est que la solidarité a pour, principe d’aider les accablés du destin ou les pêcheurs repentis. Or, pour l’instant, l’impression nous est donnée que les grecs après avoir vécu dans l’insouciance (ce qui n’est pas un crime, mais ne relève pas de la force du Destin), tentent de laisser le poids des efforts aux plus pauvres (les ilotes ?) ou à l’Euroland (les barbares ?) ; il serait temps qu’ils s’appliquent  le précepte socratique « connais toi toi-même » pour en arriver à la conclusion aides toi toi-même.

Quant à nous sauver nous-mêmes, la question a déjà reçu une réponse : il serait plus simple et moins couteux de recapitaliser les banques détenant des obligations  de l’état grec. Mais nos gouvernants sont terrorisés par les dettes d’autres pays qui n’ont ni la même origine, ni la même ampleur, ni le même risque de non-remboursement. Au nom de quelle précaution faut-il abandonner tout esprit d’analyse ? Au nom de quelle absence d’imagination faut-il laisser croire que les problèmes du Portugal, de l’Espagne, de l’Italie, de la France sont assimilables aux difficultés de la Grèce ; chacun a vécu au-dessus de ses moyens c’est le seul point commun ; aucun n’ a de structure économique comparable ; aucun n’a la même démographie. Il serait avisé que chaque pays retrouve en lui les forces nécessaires pour corriger les erreurs du passé et refuse de se laisser entraîner par le chant du joueur de flutte de la petit ville allemande d’Hamelin.

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 10:30

Je ne savais pas qu’il était ignoble de dire de quelqu’un qu’il était coréen parce que né en Corée.  J’ignore s’il est atroce de dire que quelqu’un est allemand parce que son père est allemand. Je ne devine pas s’il est injurieux de dire que quelqu’un est norvégien parce qu’il a aussi la nationalité norvégienne. J’aime à me dire moi-même fassi (né à Fez), et ce n’est pas par le goût de l’autoflagellation.

Il est étrange de croire qu’un adjectif puisse être offensant parce qu’il retrace une réalité. Pourquoi vouloir gommer à tout prix une origine, un statut, une expérience, une tranche de vie. A quoi rime cette tendance forcenée à croire qu’être français est binaire (on est ou on n’est pas en fonction d’un petit bout de papier produit par une administration). Certains sont plus français que d’autres parce qu’ils ont vécu plus d’expériences en France que d’autres : pour ma part, je me sens plus méditerranéen que d’autres pour avoir vécu une enfance sous des cieux maintenant étrangers ; je trouve moins de racines dans un terroir hexagonal que certains qui y sont nés, y ont fait leurs études, y ont gardé une maison, y retrouvent leurs camarades ; c’est un sentiment qui inspire parfois de la mélancolie de ne jamais se sentir complètement chez soi, mais qui est source aussi de fierté pour avoir connu des pays et des cultures autres.

La réaction de Vincent Placé est absurde. Elle traduit une absence d’ouverture d’esprit étonnante de penser qu’il est porteur de stigmates pour être né en Corée et avoir été adopté. Elle traduit un besoin politicien de tenter d’introduire des idées de racisme à tous les échelons de la discussion pour faire du buzz autour d’un propos qui est au plus inapproprié (on ne voit pas en effet ce que la Corée vient faire dans la définition d’un programme politique). La censure se définit comme une technique d’interdiction de propos qui contreviennent à une doxa. Nous y sommes en plein : la rationalité a perdu ses droits au profit de l’impression.

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 17:26

Tout le monde se focalise sur le déficit budgétaire en s’alarmant sur le niveau des dettes publiques calculé en % du PIB. D’abord, le PIB est un instrument approximatif qui ne représente la réalité que de très loin en survalorisant toute sous-traitance, et en sous-évaluant toute autoconsommation. Il est de plus exprimé dans la monnaie du pays concerné et donc pas nécessairement dans la monnaie des emprunts. De plus on ne comprendrait pas de laisser de côté la dette privée. Il serait étrange de bâtir une règle d’or à partir d’un instrument aussi contestable.

Les inquiétudes des créanciers ont trouvé leur origine dans la mauvaise gestion économique des pays emprunteurs constatée par le creusement de leurs déficits commerciaux. Ceux-ci sont la mesure brutale non pas seulement du dérèglement financier, mais beaucoup plus concrètement de la désindustrialisation, et de la délocalisation des services. L’origine de ces pertes de substance est  certainement à trouver pour partie dans des dumpings de quelques pays (social, environnemental, monétaire), mais aussi dans l’inefficacité de la gouvernance publique des pays occidentaux. La source de nos maux n’est pas que le fait de pays cyniques qui abusent des règles de libre-échangisme commercial et financier. Elle provient aussi de l’hypertrophie d’états qui ont brouté la laine sur le dos des producteurs. S’il faut pourfendre l’ultra-libéralisme qui a ouvert nos frontières à des produits et services bas de gamme, et à des capitaux errants, il faut également s’attaquer à l’ultra-étatisme qui  sous couvert de « principe de précaution », de « sécurisation » conduit à une mise en tutelle de tous les citoyens, la prolifération de l’esprit de rente (pour ceux qui en bénéficient et qui s’y accrochent) au détriment du développement de l’esprit d’entreprise et d’audace.

In fine, les problèmes à résoudre paraissent bien étrangers à nos gouvernants. Ils ne paraissent intéressés que par la fuite en avant : plus d’impôts pour colmater les déficits, plus de règles budgétaires européennes pour continuer d’emprunter, plus de sauvetage de pays au prix de récessions insupportables à moyen-terme, plus d’ententes et de compromis avec les pays les plus cyniques (avec l’Allemagne pour l’euro, avec la Chine pour l’OMC , avec les Etats-Unis pour les mouvements de capitaux, etc…). Le problème de la fuite en avant à toujours été soit que l’on s’essouffle, soit que l’on trébuche. Il vaudrait mieux faire face maintenant et parler d’une part taux de change, contrôle des mouvements de capitaux, d’autre part dégraissage du mammouth (pas seulement celui de l’Education Nationale).

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 11:49

Déjà montent les dithyrambes vers Nicolas Sarkozy pour avoir gagné la guerre contre la Lybie . Mais une guerre est chose trop sérieuse pour être le fait d’un homme ; nous ne vivons pas dans une légende épique dans laquelle sont racontés avec complaisance les exploits du héros ; une guerre est le fait d’un peuple (qui n’a pas été consulté, qui n’a manifesté aucun intérêt), mandatant son représentant pour protéger sa sécurité (qui était moins mise en danger récemment par Khadafi, qu’elle ne le fut il y a quelques années) ; nous ne vivons pas dans un empire orgueilleux de faire prévaloir ses intérêts par la force dans les pays aux alentours (quels intérêts d’ailleurs ?  des contrats pétroliers ?). La guerre de Nicolas Sarkozy est motivée officiellement par la volonté de propager une idéologie sympathique (celle des droits de l’homme et de la démocratie), profondément enracinée dans nos pays mais dont il n’a jamais été démontré qu’elle suscitait l’intérêt des masses libyennes.  Vieux péché de l’Occident de vouloir couvrir ses actions du manteau d’une idéologie de bonté : ce fut l’Empire Romain qui conquit tout l’espace méditerranéen pour protéger la paix, car il était interdit par la religion et la tradition romaine de faire des guerres d’aggression ; ce fut l’épisode des Croisades, pendant lesquelles la charité du Christ servit de prétexte à la suracitivité de jeunes avides de gloire ; et encore la conquête des Amériques où la chasse aux métaux précieux fut couverte du voile de la conversion des autochtones. Et, naguère l’épopée coloniale voulant porter les lumières et notre technicité à l’ensemble de la planète.

A vouloir lancer une guerre idéologique, si je comprends tactiquement gagnée, au nom de nos valeurs, de nos déclarations, de nos coutumes, nous avons certes anéanti un dictateur, mais dans quelle stratégie : l’abrogation de toutes les dictatures sur la terre, l’imposition de la démocratie à l’occidentale dans un pays arabe, la liberté de parole mais aussi de croyance, de mode de vie dans un pays musulman ? A poser ces questions, on se rend compte que la stratégie n’est pas au rendez-vous, et qu’il ne sera jamais question, qu’il n’a jamais été question de « libérer » les peuples musulmans de Libye. La victoire va sans doute se transformer en un simple putsch réusssi grâce à la main de l’étranger ; nous ne sommes ni en Tunisie avec un long passé d’acclimatation avec nos moeurs et qui peut évoluer vers une convergence avec nos systèmes politiques, ni en Egypte qui peut se targuer d’avoir quelques ilôts de population accessibles à nos idées. Nous sommes entrés dans un pays tribal, comme en Afghanistan, encore plus qu’en Irak, et la victoire d’un clan sur un autre ne peut être un but de guerre.

Après les rêves, provisoirement aboutis, inévitablement va venir le temps des déceptions : reprise en main de la situation par les pays arabes au travers de la Ligue Arabe, reprise des contacts par les mouvements islamiques déjà annoncée par le message amical des dirigeants iraniens au rebelles lybiens. Après la gloire née de la résurrection de l’OTAN, va venir l’analyse de l’impuissance européenne qui s’est retrouvée dépendante de l’organisation américaine pour mener cette petite action militaire, qui a constaté l’exiguité de ses forces tant en moyens de communication et d’appui qu’en quantité de munitions. Il est apparu clairement au monde que La France et la Grande-Bretagne n’étaient pas capables de mener une action d’envergure sans l’appui implicite des Etats-Unis (la leçon avait été donnée jadis lors de ‘expédition de Suez, et depuis la situation de ces deux puissances s’est encore détériorée). Après les cris et les rires d’une diplomatie humanitaire aux objectifs court-terme (jugeons la tribu Khadafi) va venir les pleurs et les grincements de dents de l’impuissance long-terme à transformer un pays de rentier maintenu dans l’obscurantisme.

La mondialisation de la diplomatie, appliquée par notre gouvernement (il faut intervenir partout où nous le pouvons, après avoir reçu une approbation onusienne ou américaine) porte les germes de désastres futurs faute de moyens, faute d’objectifs explicites, et pour se fier uniquement à l’intuition : cefut, jadis, la triste histoire de Napoléon III et de ses actions en faveur de l’unité de Italie, et de la libération du Mexique, une litanie d’erreurs commises au nom des bonnes intentions et des bons sentiments.

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 09:59

Où s’est enfuie cette chienne de canicule ? Les températures du mois de juillet ont été en-dessous des normales saisonnières de la période de référence 1971-2000 (et ça continue au mois d’août). C’est comme le chien de Jean de Nivelle : plus on en parle moins on la voit.

Qu’est devenue l’omniprésente sécheresse ? Il a rarement autant plu qu’en ce mois de juillet (et la tendance est stable pour le mois d’août). A croire qu’à force de l’annoncer  elle a pris la poudre d’escampette.

Il est aisé de se moquer des prévisions, surtout lorsque le temps a pu permettre de constater leur inanité. Mais on aimerait quand même que les météréologues alarmistes, ministres prophétiques, et experts inexperts viennent un jour nous faire part piteusement de leur absence d’intuition ; qu’ils s’avancent sur le devant de la scène pour faire leur acte de contrition : « Oui, nous avons péché contre la vérité, nous avons dit des sornettes pendant tout le printemps en annonçant des records de canicule pour l’été, nous avons cédé à la facilité de croire que l’avenir n’est que la poursuite des tendances de l’instant, nous avons été orgueilleux de prétendre maîtriser le futur alors que nous sommes incapables d’analyser le présent ».

Et il serait bon que les Cassandre de tout poil viennent proclamer leur acte de repentance , non seulement pour la météorologie, mais aussi pour leurs prévisions de croissance économique, pour leurs anticipations sur le taux de chomage, pour leurs évaluations du déficit budgétaire, etc… etc…. Que revive l’humilité chez tous ceux qui veulent nous guider.

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