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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 17:15

J’entendais Paul Ariès sur je ne sais plus quelle radio hier. Un promoteur de la décroissance. Un promoteur de la gratuité généralisée. Pourquoi pas ?  Le problème avec ce genre de pourfendeurs est leur incapacité à ne pas trainer dans la boue leurs adversaires qui sont un ramassis de riches et de parvenus abusant des pauvres gens ; Paul Ariès se montre remarquable sur ce plan en assimilant nazisme et révolution conservatrice, en fustigeant  ses adversaires qui pensent mal. Leur deuxième défaut  est de parsemer leurs discours de mots symboliques dont nous n’avons aucune définition : « les valeurs républicaine », « humanisme socialiste », « la production de lien humain » ; c’est beau, mais c’est inopérant de se réfugier derrière des expressions aussi imprécises. Un peu dommage que ses réflexions soient noyées dans ce pathos.

Tout  n’est pas faux dans ce qu’il nous dit sur les méfaits de la publicité qui propage des désirs de consommation chez les plus faibles, les moins intégrés ; sur les méfaits d’une surconsommation qui s’apparente plus à du gaspillage qu’à une satisfaction de besoins ; sur le détricotage de l’identité de la France provoquée par la mondialisation. Au demeurant, ainsi énoncés, ce sont des constats plutôt basiques qui emporteraient l’adhésion s’ils n’étaient accompagnés d’une série de propositions qui elles renvoient à une socialisation à outrance : revenu mondial inconditionnel de subsistance (sorte de RMI mondialisé, qui ne va pas aboutir à beaucoup motiver les gens pour le travail, mais c’est justement son idée), gratuité extensive  accordé à tout bon usage et taxation des mauvais usages (sorte d’emprisonnement généralisé, avec surveillance de votre conduite par des comités de quartier, et distribution de tickets de rationnement appelés droits de tirage),  mise en priorité de la notion d’égalité devant celle de fraternité (qui devient inutile puisque la règle d’à chacun selon ses besoins pourra s’appliquer), et devant celle de liberté (qui devient  extrêmement théorique, puisque la nécessité de partager un gâteau qui s’amenuise implique une vigilance de tous les instants des comportements hétérodoxes).

Que tout cela fait peur. Surtout énoncé, avec autant d’aplomb, par quelqu’un d’aussi  brillant.

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 11:30

Une des qualités supposées d’Eva Joly est d’être scandinave. Dans la mythologie des médias français, ce qui vient de là-haut est paré de toutes les vertus : et les fermes d’éoliennes du Danemark, le système éducatif de Finlande, le taux d’alcoolémie voisin de zéro des conducteurs suédois, la probité politique des norvégiens. On nous parle moins du sous-investissement en infrastructures de la Norvège, de l’ahurissante manque de politique de prévention contre les accidents majeurs en Suède, des croisières de soulographes dans les eaux non territoriales de la Baltique ;

Une des qualités supposées d’Eva Joly est d’avoir utilisé, à l’envi, la prison préventive, le port des menottes, ce qu’elle avait sous la main comme moyens de pression pour faire passer aux aveux les méchants. Dans la grande tradition de l’Inquisition, il n’est pas de moyen qui ne soit justifié pour assurer le triomphe de Dieu et de son Eglise (maintenant les thuriféraires de l'éthique) ;

Une des qualités supposées d’Eva Joly est de représenter l’inflexible douceur des grand-mères dans notre monde de brutes. Mais sa politique « pure comme l’eau pure des glaciers », « exigeante comme l’acier de ses yeux bleus »  se satisfait de toutes les contorsions d’une politicienne chevronnée : flirt poussé avec Bayrou jusqu’au moment où elle s’aperçoit que ledit Bayrou est sans avenir, conversion à l’écologie sans barguiner, utilisation de Cohen-Bendit comme faire-valoir avec volte-face pour rejoindre les Duflot et autres Placé dans la pure tradition du parlementarisme troisième république ;

Ah, la belle candidate pour symboliser la tartuferie, l’imposture et la soif du pouvoir pour le pouvoir.

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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 20:21

Mikhaïl Rudy nous a donné hier un concert que je veux garder en mémoire. Je l’avais écouté lorsqu’il avait remporté le concourt Thibaud-Long ; il était de ces lauréats dont on se souvient ; et pourtant je n’avais plus eu l’occasion de le réentendre. A Perros-Guirec, dans une salle ouverte sur le grand large, il m’a laissé entendre une interprétation des Tableaux d’une exposition de Moussorgski, vigoureuse, sonnante mais sans écraser son instrument. J’ai beaucoup apprécié également la théâtralité de sa marche funèbre de la sonate pour piano n°2 de Chopin, et un de ces bis de Prokofiev.

Quel plaisir que cette rencontre entre un lieu de rêve où depuis sa place on découvre la baie de Trestraou, les sept iles plantées dans la mer calme du soir, un pianiste d’exception qui joue ses notes, sans partition, car il sait ses partitions par cœur,  en oubliant toute mièvrerie,  et une grande musique classique que l’on aime retrouver.

Merci à ceux qui savnt susciter ces moments d'exception.

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16 août 2010 1 16 /08 /août /2010 17:48

Les affaires municipales ne doivent pas être menées par des élus des seuls inscrits sur les listes électorales. C’est particulièrement flagrant dans au moins deux cas : les villes à forte immigration, et les cités touristiques avec de nombreux résidents secondaires. Chaque fois, une nombreuse population paie ses taxes, utilise des services, contribue à l’activité économique sans que ses souhaits soient examinés, sans que ses priorités soient pris en compte. Chaque fois ce sont des populations qui ont le droit de payer et l’obligation de se taire. Un déni de démocratie. La réponse facile est de dire que s’ils sont intéressés par la vie de leur commune, ils n’ont qu’à s’inscrire sur les listes électorales ad hoc ; argument de gens enracinés dans un seul endroit et qui oublie tous ceux qui témoignent d’un attachement plus diversifié ; argument qui ne prend pas en compte ceux qui ne sont pas de la communauté européenne.

Certains vont s’étrangler en signalant que des personnes pourraient plusieurs fois (une fois au domicile principal, d’autres fois aux domiciles secondaires) ; ne serait-ce pas le retour au vote censitaire ? Un privilège accordé aux plus riches qui ont plus de résidences ? Un avantage incongru à des étrangers hors de la Communauté européennes ? Peut-être, mais le vote dans les affaires municipales, n’entraine aucun choix de société ; c’est un vote de proximité. Et à ce vote doivent participer tous ceux qui contribuent. Je ne comprends même pas qu’il puisse y avoir d’autres principes qui s’y opposent. Les biais ont été trouvés pour remédier à cette anomalie ne sont pas adéquats : les associations créees pour représenter ceux qui ne sont pas inscrits sont, en général, non représentatives, sous la coupe de coteries, et donc au final inefficaces pour les plus nombreux.

Certains partis, certains hommes politiques, pronent la possibilité de droit de vote pour les étraners. Ce n'est qu'un aspect du problème. Il serait absurde d'imaginer qu'un étranger puisse voter dans son pays pour un scrutin national ou local et en France pour un scrutin municipal, alors qu'un français ne pourrait voter qu'en fonction d'un choix administratif de son lieu de résidence. La seule réforme admissible, démocratique, indispensable est le droit de vote aux non-résidents quelle que soit la nationalité.

 

 

 

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 10:45

J’ai apprécié Bruno Cremer. Pourquoi d’ailleurs ce passé composé, si lui n’existe plus, j’en conserve toujours un souvenir vivant. Je le connus dans la composition, qu’il finit, je crois, par regretter d’avoir faite, de l’adjudant de la 317ème section. Il la regretta parce que son interprétation fut si forte qu’il eut peur que l’image effaçât l’acteur. Il avait tort, l’acteur fut présent bien d’autres fois, au détour d’un film, sur les scènes des théâtre, toujours pour le plaisir des spectateurs, au moins du mien. Sur la fin de sa carrière, il s’imposa comme un commissaire Maigret tel qu’aurait pu l’imaginer Simenon : une tranquillité de surface, une violence souterraine qui s’imposait par éclats soudains, une présence physique imperturbable. Il était de ces artistes que l’on admire, sans les idolâtrer, que l’on aime sans les vénérer : proche, faisant passer des sentiments avec aisance, n’écrasant pas de son jeu, de sa stature, mais laissant filtrer le nécessaire. Un grand artiste, fort peu récompensé je m’en aperçois de ces hochets (césars, molières et autres bidules)  que se donnent mutuellement ses confrères : ne serait-ce pas le signe qu’en plus de son talent, il manquait cruellement de vanité ?

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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 10:20

Trébeurden, un des plus beaux paysages de Bretagne, la côte de granit rose, les landes de bruyères ; un site de prédilection des hommes depuis au moins la civilisation des mégalithes…

Mais Trébeurden aussi, le récit d’un long massacre perpétré depuis soixante ans par une bande d’habitants soucieux d’augmenter le prix des  terrains dont ils ont hérités et le chiffre d’affaires de quelques misérables commerces. La chronique emblématique de tant de ces stations balnéaires créees de l’extérieur par des amoureux de leur emplacement, de leur charme, de leur bon air, puis surexploitées par quelques locaux trop pressés de plumer la volaille au plus vite, au prix de tous les enlaidissements imaginables.

Trêve de généralités et admirons le massacre perpétré à Trébeurden :

-          sans remonter à une époque trop lointaine, le premier signe d’un laisser aller monstrueux a été marqué par l’inscription saugrenue dans notre paysage d’un immeuble construit par un épigone local de Le Corbusier, appelé Le Flanchec : toute la petite cité est dominée par un bâtiment inspiré de la cité radieuse, incongru, inévitable où que l’on soit, servile dans son imitation des solutions proposées par le grand architecte, esclave dans ses conceptions ouvriéristes qui n’avaient de sens que dans un faubourg de Marseille, si mal réalisé qu’il a fallu le modifier pour que ses façades résistent aux grands vents d’ouest, si mal commode que dix ans n’ont pas suffi pour qu’il soit rempli d’occupants ; un bâtiment très quatrième république qu’il faudrait dynamiter d’urgence et qui ne le sera jamais.

-          Par contre un des plus précieux témoignage du passé, un charmant petit castel rural, baptisé « le manoir de Madame de Sévigné » (pour des raisons que j’ignore, la bonne marquise n’ étant jamais passée par ici), a été lui laissé à l’abandon, massacré en partie par un architecte sans talent, et transformé en ruine pour son bâtiment principal, toit écroulé, murs lézardés, arbres poussant en plein milieu du rez-de-chaussée ; difficile, sinon impossible à sauver désormais.

-          Un port créé sur la plage de Trozoul, difficile d’accès, mal protégé des tempêtes, qui en son temps fit l’objet d’une foultitude de procès et permit d’envoyer un maire en prison ; construit là où il ne devait pas l’être, bubon inguérissable dans ce superbe paysage, il faut maintenant le supporter.

-          Un front de mer orné d’étonnants témoignages de l’incurie municipale, comme l’ex-hôtel de la Potinière, en ruine depuis des années, qui domine le site des Roches Blanches : un hideux squelette de béton, de fenêtres sans vitres, de toit éventré, face à l’amas surprenant façonné par les siècles d’énormes rochers de granit rose ; une vision de tristesse.

-          Un front de mer marqué aussi par la présence de l’immeuble du comité d’entreprise d’EDF : espèce de mélange de bunker socialiste, de cages à lapins pour employés en vacances : un bâtiment symbole tout à la fois de la prétention ostentatoire des services sociaux  de l’époque de l’électricien et de l’aveuglement du conseil municipal qui a pu autoriser la construction d’ une horreur pareille ; à dynamiter aussi si cela était possible.

 

Et puis tous ces détails qui oeuvrent à l’enlaidissement : la macadémisation à outrance des trottoirs (il faut faire ville, alors que l’on vient ici pour sortir de la ville), les parcelles trop petites ou s’entassent des « Sam Suffit » et autres « Ker Rosen », les décorations florales aux couleurs criardes, les pissotières installées le long du chœur de l’église, les ronds-points construits à profusion comme on peut en voir n’importe où.

Et encore tous ces détails qui contribuent à l’inconfort de l’estivant : les fils électriques qui ne sont pas enterrés, la route de dégagement du port prévue et jamais construite, les services publics (poste, mairie, salle des fêtes, tennis couverts etc…)  installés au bourg c’est-à-dire le plus loin possible du centre de la station balnéaire.

 

Nous aimons beaucoup Trébeurden pour continuer d’y venir malgré la sourde guerre menée par les édiles. Mais qu’il est difficile de supporter d’être le cochon de payeur (des taxes foncières, des taxes d’habitation, des taxes de séjour), et de n’avoir aucune voix au chapitre. La démocratie locale y gagnerait à ce que puissent s’exprimer aussi les résidents temporaires, et que les décisions ne soient pas confisquées par une minorité d'habitants permanents.

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 12:13

Lannion, une de ces villes sinistrées que l’on rencontre au hasard d’un déplacement estival.

Ses parterres de fleurs symboles d’une absence de goût : mélange de couleurs qui offensent la vue, profusion de massifs distribués comme au hasard ; hideux.

Ses ronds-points, joyaux des édiles modernes, qui apparaissent pour n’importe quel croisement de route au détriment de tout bon sens ; le summum est atteint lorsque le centre du rond-point s’orne d’une « œuvre d’art » triste exemple le plus souvent d’un goût dépravé pour le n’importe quoi.

Ses placards publicitaires plantés drus le long de toutes les routes sur le pourtour de la ville : sollicitations incessantes pour le dépenser plus ; moche et abject.

Ses zones pavillonnaires qui s’étalent chaque année un peu plus : non-sens d’une ville qui refuse d’en être une, aberration d’une cité qui s’étale au détriment de la campagne sans fournir de moyens de transport et en dépensant un maximum pour leur fournir l’eau et l’électricité ; sinistre.

Ses innombrables grandes et moyennes surfaces, entourées de leurs immenses aires bétonnées pour parquer les voitures ; entrepôts, à peine habillés, offre commerciale stéréotypée, ambiance sans convivialité ; triste à pleurer.

Dites, Monsieur le maire, d’aujourd’hui et d’hier, qu’avez-vous fait de cette charmante ville ? La high tech en rade, la ville est sinistrée économiquement, le chômage y atteint des records dans le département. Tout va très bien, madame la marquise, il s’agit d’un tout petit rien.

Dites Messieurs les édiles, pourquoi avez-vous oublié les autres industries moins paillettes que les nouvelles technologies ? Pourquoi avez-vous oublié la vocation maritime de la ville, en laissant construire un port de plaisance là où il ne fallait pas, dans la commune d’à côté ? Pour quoi n’y a-t-il plus de pêcheurs, de conserveries, de transformation des matières premières agricoles ?

 

Lannion, est l’archétype de ces actifs centres économiques du passé qui se sont vautrés dans une monoculture industrielle, qui ont privilégié une expansion désordonnée et inesthétique. Résultat d’années de gestion communale sans imagination, sans compétence : l’histoire d’une faillite des élus locaux.

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 12:02

Il semble maintenant qu’il soit interdit d’énoncer une critique contre un groupe de gens sans être immédiatement soumis à une contre-offensive : vous stigmatisez !  Le mot est très fort puisqu’il implique une notion d’exclusion permanente (marquer au fer rouge les esclaves fugitifs).  On pourrait aller jusqu’à dire, en suivant le même raisonnement,  que ceux qui dénoncent certains comme stigmatiseurs sont eux-mêmes des stigmatiseurs.

Comment faire pour dénoncer un comportement d’une communauté, des coutumes d’un groupe, des mœurs d’un sous-groupe, des voies et moyens d’un collectif ? Une première réponse est qu’il ne faut pas dénoncer publiquement, et que la critique doit rester privée ; certes, mais la liberté d’expression ne peut s’arrêter, comme dans les pays totalitaires, aux murs de sa maison.  Une deuxième réponse est que la liberté de comportement  doit être entière (tant qu’elle ne contrevient pas aux lois existantes) et n’admet pas de critiques tant qu’une nouvelle loi n’interdit pas ce type de comportement ; facile, mais peu réaliste car on ne voit plus comment  il pourrait être discuté de nouvelles règles qui, par définition, vont entraver certains modes de vie ou d’expression.  La troisième, très tendance, est de réserver la critique aux « sachant », en l’espèce des sociologues qui seuls auraient la capacité d’analyse et de synthèse nécessaire ; retour éternel de l’utopie d’un gouvernement des sages ; prélude, oh combien constaté de notre temps, à un despotisme de moins en moins éclairé.

Entre la haine de la parole, et la parole haineuse, depuis longtemps l’honnête homme a tenté de trouver la voie pour exprimer ses opinions.  Voie qui devient étroite lorsque le moindre de ses propos peut être taxé  comme entaché de sous-entendus, de relents,  de tristes réminiscences. Une allusion à une coutume détestable (à l’aune de celui qui s’exprime) d’une communauté et les menaces de procès sont agitées illico. Drôle de démocratie où la tolérance est limitée aux opinions majoritaires de quelques élites.

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 12:04

La seule rigueur qui compte est celle du raisonnement.  Elle devrait être permanente. Il est abracadabrantesque que nos gouvernants (ou postulants) en refusent la notion. Nouveaux sophistes, ils privilégient le discours, ils craignent les mots qui tuent, et torturent la logique. En matière économique la rigueur se décline en une seule question : la pertinence des investissements. Ils sont de quantité de natures :

-          humains (les recrutements)

-          physiques (les machines)

-          organisationnels  (les circuits de commandements, les circuits de fabrication, les circuits de livraison)

-          de recherche (recherche de marchés, de produits, de concepts, d’idées)

Un investissement, c’est comme du poker, on paie maintenant pour voir demain. Prospectif, donc lié au jugement humain sur la pertinence de tel ou tel investissement. Mais quand même n’importe qui comprend que les efforts d’aujourd’hui (nos dépenses) se valorisent sur un temps plus ou moins long : ils peuvent apporter une satisfaction immédiate ou à l’inverse n’être porteur de fruits qu’après notre mort, avec toutes les gradations possibles.

Lorsqu’en temps de crise l’effort doit être augmenté, une double évidence s’impose, la satisfaction éphémère et le projet à trop long-terme n’ont plus la priorité. La rigueur du raisonnement impose une austérité dans la consommation, une prudence dans le choix des « grands projets », des initiatives dans tous les projets qui promettent un retour rapide, ou au moins perceptible à moyen-terme. Mais les hommes politiques (qui ne sont pas d’état) sont tenaillé pas une autre notion qui est la prise de pouvoir ou la perpétuation de leur pouvoir ; les échéances ne sont pas les mêmes : il faut éviter les remous immédiats, et investir sur des projets très court-terme qui donneront des dividendes avant la prochaine échéance électorale.

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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 11:44

L’indépendance du Kosovo  est une aberration : un pays enclavé, sans autonomie économique possible, qui  n’a pour vocation que d’être absorbé par son voisin albanais. 

Qu’un tribunal, émanation de l’ONU, ne voie pas d’illégalité à la proclamation d’indépendance de ce confetti est proprement hallucinant.  La Serbie est née d’une violation du droit international le plus élémentaire qu’a été la dissolution par les Etats-Unis, appuyés par les Européens (les Allemands en pointe) de la république fédérale de Yougoslavie. Ce forfait accompli (car mettre fin à une guerre civile n’impliquait pas de faire disparaître un état), les alliés se sont acharnés sur le vaincu (la Serbie) pour appuyer tous les mouvements irrédentistes. Comme justice ce n’est que la loi du vainqueur.

Où sont les attendus qui peuvent justifier qu’un pays n’a plus le droit d’exister ? Même en Afghanistan, personne n’a imaginé de créer un  Patchounistan, un   Daristan . Même après l’écrasement de l’Allemagne en 1945, et la révélation de ses crimes, il n’ a pas été procédé  (quoique certains y aient pensé) à la suppression de ce pays ; et de fait il s’est reconstitué.

Où sont les attendus qui peuvent justifier que certaines ethnies aient le droit de se déclarer indépendantes et pas d’autres ? Quels sont les critères ? Pourquoi pas la Catalogne, la Flandre, la Lombardie qui ont des arguments autrement sérieux,  enracinés dans l’histoire ,  justifiables économiquement, identifiables par une langue. Les critères sont ceux du plus fort.

 

Tout ceci indique que les plus forts imposent leur loi.  Mais pourquoi donc ?

Les Etats-Unis sont à la manœuvre.  Ils agissent sous le double héritage qu’avait analysé Kissinger , de la diplomatie wilsonienne (les Etats-Unis propagateurs d’un idéalisme de liberté et de vertu, adversaires de tout impérialisme), et des réalités des responsabilités d’une super-puissance (les Etas-Unis, gendarmes du Monde). L’idée ancestrale qu’ils ont appliquée avec obstination de libérer les peuples qu’ils estiment colonisés, de répandre, depuis Wilson, dans les Balkans  l’autonomie de toutes les nations, a été mise en œuvre avec le bras armé de l’OTAN pour faire éclater la Yougoslavie, puis la Serbie. Mais aussi, en tant que dépositaires suprêmes de la sécurité du monde (qui, in fine est celle des Etats-Unis) ils pratiquent une « realpolitik »  qui consiste à tenter de ménager de grands équilibres entre différents pôles de puissance ; et là se trouve en jeu trois blocs que sont la Russie, l’Europe et le monde turc ; entre les trois le cœur des Etats-Unis ne balance guère : la Turquie est le bloc à favoriser parce qu’elle est plus faible que les deux autres, parce qu’elle peut représenter un pont avec le monde du Moyen-Orient ; la Russie représente peut-être un danger à terme et ne doit pas être ménagée en tant que support de la Serbie ; quant à l’Europe, tout le jeu est de maintenir sa subordination au sein de l’Otan, et le théâtre des Balkans est un des domaines où cette subordination humiliante  peut se manifester.

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