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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 15:05

La Chine exporte ses produits à bas prix aux pays occidentaux, au détriment de travailleurs  surexploités, et en accumulant de façon stérile des montagnes de dollars.  Toute l’idée stratégique est de localiser en Chine une puissance industrielle dominante, nourrie initialement par des marchés extérieurs ;  le marché intérieur sera amené à se développer ensuite pour prendre le relai des consommateurs occidentaux appauvris par le recul industriel ; les montagnes de dollar servent à la fois de menace contre les Etats-Unis afin d’éviter une revalorisation du yuan par rapport au dollar et d’outil d’implantation dans les pays producteurs des matières premières nécessaires à l’expansion chinoise.

Les pays occidentaux dans leur fringale de consommation importent des biens chinois (importations peu enrichissantes puisqu’il s’agit d’articles de consommation courante que lesdits pays pourraient parfaitement produire eux-mêmes s’il n’y avait pas de dumping social chinois) ; pour équilibrer leur échanges les pays européens fournissent les outils que les chinois ne peuvent encore produire, et les techniques qu’ils n’ont pas encore maitrisées.

La cohérence de ce système est bonne pour la Chine, si arrive à maîtriser ses problèmes sociaux (et la condition sine qua non est la survie d’un régime autoritaire) et si elle ne s’embourbe pas dans un problème démographique menaçant . 

L’incohérence de ce système est totale pour les pays occidentaux. Ils importent des biens qui ne les enrichissent pas et exportent ce qui les appauvrira dans le futur. Les Etats-Unis aggravent le problème en payant avec une monnaie de singe (le dollar).

Ce petit résumé ne fait que reprendre des évidences. Le drame des démocraties occidentales est  qu’elles se révèlent incapables de faire prendre conscience de l’enjeu l’ensemble de leurs électeurs. Elles vivent toujours sur un libre-échangisme angélique qui consiste à croire que tout commerce est bon. Il me semble au contraire qu’il faudrait faire le tri entre les marchandises qui nous apportent de la valeur et qu’il nous faut nécessairement importer (les matières premières, bien entendu en premier lieu), et celles qu’il est absurde de ne pas produire sur notre sol. Il ne s’agit pas d’être protectionniste par principe, il faut restaurer l’idée de base du libre-échangisme : tout échange doit être créateur de richesse pour chacun des protagonistes. Et l’on revient toujours à la mise en place d’un tarif extérieur commun aux frontières de l’Europe (que l’on peut baptiser taxe carbone aux frontières, si c’est plus vendeur), voire de contingentements (que l’on peut baptiser normes de production, d’utilisation etc…).

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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 11:18

En ce temps de Noël deux scandales assombrissent la fête : les sans-papiers, les sans domicile.

Comme l’écrit Sophie de Menthon dans les Echos : pourquoi ne pas donner l’opportunité aux employeurs de faire régulariser les sans papiers qui travaillent pour eux,  pendant une période trois mois et moyennant un CDI en bonne et due forme ? La solution est humaine, logique et autorise, une fois le délai de grâce passé à se montrer intransigeant envers tous les patrons fautifs.

Quant aux sans domicile, la vue est poignante : que penser d’une société de consommation qui tolère, au pied des vitrines illuminés, des pauvres agglutinés sur une bouche de chaleur, avec parfois près d’eux un sapin récupéré, symbole dérisoire des cadeaux qu’on ne leur a pas fait. Je ne sais pas ce qu’il faut faire. Certainement pas des promesses comme celles prodiguées par un candidat à la présidence. Certainement pas des mesures démagogiques qui aboutissent à stériliser le marché de la location sous le prétexte de protéger le locataire. C’est un devoir de l’Etat (central ou collectivités locales) d'aider les plus faibles. Je ne comprends pas qu’il soit si difficile de construire quelques hospices (très beau mot que l’on vilipende alors qu’il exprime la chaleur d’un accueil) pour abriter les blessés de la vie. Ce serait un devoir de l’Etat de privilégier cette action par rapport à des campagnes dispendieuses contre des pandémies bénignes.

Souhaitons pour ces deux catégories qui ne votent pas une meilleure année 2010, avec des choix budgétaires plus adaptés ou des procédures administratives mieux ciblées.

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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 21:24

Extraordinaire. Nous sommes la veille de Noël. Je regarde un des grands journaux télévisé. Noël est relégué entre un commentaire sur la burka et une diatribe contre les cathédrales : il est uniquement traité  comme une sorte de sympathique occasion de faire travailler le commerce, une fête pour les enfants à qui l’on va acheter les beaux jouets en plastique fabriqués en chine, ou un « réveillon » au cours duquel  les bonnes gens pourront se bâfrer et se pinter.

Inadmissible pour les chrétiens qui demain soir vont fêter la naissance du Christ, donc l’évènement extraordinaire (pour les croyants bien entendu) de l’intrusion de Dieu dans le Monde. Inadmissible cette omerta sur ce qui concerne une forte minorité en France. Et les présentateurs nous fatiguent avec  des sapins de Noël (qui ne représentent rien dans la tradition chrétienne), des pères Noël (adaptation d’un bon vieux Saint Nicolas hollandais métamorphosé par les américains). Ils n’ont qu’une crainte, apparaître comme inféodés à la religion.

La fatigante obsession de la laïcité, a été inventée par la Révolution Française, réinventée par les radicaux-socialistes de la troisième République. La liberté de pensée, la liberté de confession, n’ont rien à voir avec cette haine du religieux baptisée laïcité ; la caricature a remplacé le modèle ; la grimace le sourire. 

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 15:42

Noël ! Noël ! La conférence de Copenhague a accouché d’un ridicule petit communiqué. Pourquoi en être satisfait ? Pour une kyrielle de raisons, mais la seule qui vaille vraiment est qu’il est toujours bon qu’une imposture se dissolve.

-          Imposture de la soit disant représentation  de l’opinion mondiale à travers des gouvernements oscillant entre le despotisme peu éclairé, la franche dictature, ou l’obscurantisme théocratique ;

-          Imposture des défenseurs auto-proclamés de la planète se répartissant entre des associations aux origines douteuses (Green Peace vieil enfant des protestants luthériens de la RDA), des hommes d’affaires affichés (Al Gore, Nicolas Hulot ou encore Yann Artus-Bertrand en train de vendre qui ses conférences, qui ses reportages, qui ses photos), des scientifiques aux accents imprécateurs (le GIEC est la Science, toute autre parole n’est pas recevable) ;

-          Imposture des analyses qui mélangent tous les problèmes, les simplifient abusivement pour en arriver à une cause unique : les émissions de carbone ; la simplification est l’outil des prophètes (tout le mal vient d’un seul péché), des Cassandre (sacrifiez Iphigénie et tout ira bien) ;

-          Imposture des solutions évoquées : la décroissance de certains exaltés au mépris de toute pensée sociale, les énergies « douces » qui ne peuvent répondre aux besoins de populations voulant se développer, le fixisme consistant à sacraliser un état actuel au détriment de l’innovation et de la réactivité.

Mieux vaut un échec d’une conférence de gens aussi peu représentatifs sur des solutions aussi fantaisistes. Mieux vaut laisser réémerger les véritables problèmes que sont le sous-développement de l’Afrique, la rareté de l’eau utilisable, le caractère fini de toutes les matières premières (et du pétrole en premier lieu), la marée des déchets. Mieux vaut peaufiner l’idée d’une contribution mondiale (du style de la taxe Tobin) pour résoudre des problèmes mondiaux. Mieux vaut ne pas abandonner ces sujets à des groupes de pression, les sortir d’un marchandage moralisateur (pays industriels contribuez parce que vous avez pollué), les faire traiter par les quelques pays qui comptent, par des ambassadeurs clairement mandatés.

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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 11:18

La géographie a fait de la France un carrefour maritime de l’Europe. Présente sur l’Atlantique, la Mer du Nord et la Méditerranée. Et pourtant nos efforts pour développer cet atout ont été intermittents. Les constats aujourd’hui sont accablants : ports sous-développés (Marseille, Le Havre, Dunkerque ne sont que des ports régionaux lorsqu’on les compare à Rotterdam, Anvers, voire Hambourg ou Barcelone), voies navigables sous-exploitées faute d’investissements (pas de liaison Méditerranée-Mer du Nord, pas de liaison Méditerranée-Atlantique alors que la liaison Rhin-Danube est opérationnelle ), économie de la pêche et de l’aquaculture embryonnaire (la Norvège a des décennies d’avance), utilisation des possibilités énergétiques du monde maritime inexplorée (et pourtant en Europe nous devons avoir une des plus grande longueur de côtes).

 Nicolas Sarkozy a eu raison de sortir du placard l’idée d’une stratégie maritime dans son discours du Havre d’il y a quelques mois.  Comme d’habitude, après des phrases excellentes, l’action se fait attendre. Ou plutôt balbutie : la réforme des ports a eu surtout pour effet de chasser les utilisateurs des conseils d’administration des « Grands Ports Maritimes » au profit d’un renforcement des technostructures politico-administratives, les Régions se sont emparées du contrôle des ports d’intérêts régionaux sans avoir la moindre idée ni de leur fonctionnement ni de leurs objectifs. Le lancement du canal Seine-Nord est  symbolique de l’inadéquation des décisions : au lieu de promouvoir un Grand Port de Paris on accroit la compétitivité du port d’Anvers qui  va améliorer son positionnement  vis-à-vis du Havre et de Rouen ; pourquoi ce choix étrange ? La peur des écologistes qui défendent les berges de la Seine ? L’idée de désenclaver Dunkerque (Mais il fallait construire un canal reliant ce port au réseau de l’Escault et du Rhin malgré les oppositions de nos amis belges) ? Pourquoi ne pas avoir mis les bouchées doubles sur cette liaison nord-sud (Canal Rhin-Rhône, ou Moselle-Rhône) qui aurait enfin permis de relancer le port de Fos, magnifique plate-forme qui devrait jouer en Méditerranée le rôle de Rotterdam en mer du Nord.

Tous ces projets ont fait l’objet de rapports, d’études, de calculs. Mais quand on en avait les moyens, rien  a été fait. Et maintenant que les moyens sont réduits on les oublie dans les priorités du grand emprunt. Dommage.

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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 12:35

La décroissance des gaspillages est un impératif :

- face à des ressources finies, il est temps d’économiser le pétrole et autres matières premières ; donc en priorité économiser l’énergie ; et aussi recycler ce qui est récupérable ;

- face à des frénésies de consommation de produits fabriqués à bas prix dans des pays émergents, il est temps de restreindre ces importations ; donc arrêter d’exploiter la misère de pays sous-développés ;

- face à

Ces sujets sont prioritaires à deux titres : parce qu’aucune communauté ne peut rester homogène sur un principe d’abus immédiat ; parce que sa survie à long-terme peut en être affectée.

 

Le sommet de Copenhague traite ces sujets par un petit bout de la lorgnette : il s’est focalisé sur le  problème discuté et discutable de la trace carbone laissée par l’humanité. Ce tropisme alimenté par des experts autoproclamés, aurait du être vigoureusement combattu par les politiques qui représentent l’ensemble des citoyens. Combattu parce que la vérité scientifique est toujours discutable, surtout dans des disciplines encore immatures : par exemple qui est encore adepte de Lamarck, fondateur de la biologie en tant que science, de sa théorie du transformisme et de son rejet de la chimie organique ? Combattu parce que les citoyens attendent de l’homme politique une hauteur de vue qui dépasse de loin des conclusions (même avérées) sur un seul secteur : par exemple ce qui est bien en théorie de vacciner toute une population pour prévenir une pandémie peut se révéler contreproductif lorsque cette campagne de santé publique se polarise sur une grippe pas plus mortelle que les autres, entraînant fausses angoisses des populations, désorganisation des hôpitaux au détriment  de maladies plus inquiétantes.

 

Ce n’est pas un sommet du climat qu’il fallait organiser. Mais un sommet de la lutte contre le gaspillage qui aurait examiné les moyens rationnels de le limiter : quelles sources d’énergie faut-il privilégier (sans se focaliser sur celles dites propres, mais aussi en intégrant le futur de l’énergie nucléaire), comment traiter les déchets (sans se polariser sur les industries), comment juguler la course démentielle des pays sous-développés vers l’industrialisation et la création corrélative de prolétariats honteusement exploités (l’aide aux pays émergents est une obligation mais pas nécessairement pour les conduire à notre société de gaspillage), comment imaginer une redistribution des richesses au niveau mondial qui ne soit pas le développement des pays émergents au détriment des pays occidentaux (une sorte de caisse sociale de compensation mondiale alimentée par une taxe Tobin). Que de sujets qui tels qu’ils sont traités par les écologistes qui se sont emparés de ce forum mondial vont conduire à des tentations absurdes : abandon en Occident de l’industrie chimique, de l’industrie automobile,  prolifération de sources d’énergie couteuses (dites douces pour camoufler leur  intérêt local), projets de séquestration du CO2 dans des cavernes qui seront au mieux des gouffres budgétaires. Toutes  tentations relèvent de l’hédonisme de quelques uns, alimentées par des supputations d’experts. Le devoir d’un homme politique est de ne pas se soumettre aux experts d’une discipline, mais de savoir mettre en musique ce que lui disent les voix diverses venant d’horizons très différents.

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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 15:17

L'idée bizarre de créer une monnaie commune, sans budget commun, sans politique économique commune est en train d'apparaître comme non viable. Cet épisode inventé en 1992 dans le traité de Maastricht  et activé en 2002 au sein de la zone euro a été concomittant avec le déclin acccéléré de la puissance industrielle de l'Europe; je crois que l'existence de l'euro y a eu sa part du fait de choix  des fameux critères de Maastricht (les 3% d'inflation en particulier); critères qui ont volé en éclats dès l'arrivée de la crise.
On a dit que la zone euro avait protégé ses membres en 2008. La Grande-Bretagne a certes été beaucoup plus touchée que d'autres (elle paie surtout le fait d'avoir été une des principales places financières de la planète), mais le Dannemark ? la Suède ?
On dit que l'euro nous a protégé des dévaluations. Certes à l'intérieur de la zone euro. Mais le combat n'est plus là : il est avec le dollar et sa monnaie liée, le yuan. La conséquence extraordinaire de cet euro "fort" a été en particulier d'affaiblir nos exportations vers les US, la Chine et quasi tous les autres pays hors zone euro et quelque part d'être en grande partie responsable de la montée des prix du pétrole (exprimé en dollar, mais vendu en grande partie en Europe).
L'euro était une illusion, elle se dissipe. Tant mieux.

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 09:40

Sur Copenhague, le GIEC, Il est urgent d' écouter Vincent Courtillot (invité ce lundi matin dans le 7/10 de France Inter). J'en arrive à mieux formuler ce que je pensais déjà. Un constat d'abord.
Le réchauffement climatique constaté depuis environ 1860 n'est peut-être pas du aux émissions de gaz carbonique générées par l'activité humaine; une autre cause tout aussi vraisembable est l'activité solaire.
Le réchauffement climatique n'est pas en cours d'accélération; les dix dernières années ne corroborent pas cette idée.
Les travaux du GIEC ne possèdent pas la rigueur scientifique indispensable tant dans les mesures effectuées que dans les conclusions dites sures à 90%.

Le plus intéressant, au-delà des discussions scientifiques sont les implications immédiates.

L'anxiété colportée par tous les médias sur la catastrophe climatique en cours est un poison. Une évidence qu'il est bon de rappeler : prédire la fin du monde est un vieux filon utilisé depuis des millénaires et qui n'a jamais servi que les intérêts des faux prophètes. La prise de parole des climatologues du GIEC a dérivé de l'analyse vers le refus de l'interdisciplinarité (les dires des astrophysiciens, des géophysiciens sont au mieux ignorés voire moqués), vers la transformation d'un rapport (par définition criticable lorsque l'on commence à jogler avec des statistiques, des incertitudes de mesure, des probabilités) en une sorte de bible qu'il est déraisonnable de mettre en doute sous peine d'être taxé d'obscurantiste, d'assassin de la planète ... L'impératif hypothétique est de réduire les émissions de carbone.

La polarisation sur un sujet non-démontré (le réchauffement dû à l'action de l'homme) ralentit toutes les autres actions écologiques nécessaires. A vouloir résoudre des faux-problèmes, les politiques vont au mieux négliger les vrais, voire causer des catastrophes. Les autres problématiques écologiques sont souvent citées, mais ne semblent pas, aux yeux d'une opinion manipulée, susciter la même mobilisation : l'eau (son accès, sa qualité), les déchets (leur prolifération, leur récupération, leur traitement), la gestion des ressources finies (l'eau en est une une, mais aussi toutes les matières premières dont le pétrole, le charbon, le lithium ...).

La sauce autour du sommet de Copenhague reprend les inévitables lieux communs de la repentance : nous, occidentaux, avons pollué la planète et devons payer la réparation; raisonnement étrange qui permet aux chinois d'augmenter leurs émissions, tandis que nous nous imposerions la contrainte de réduire; la variable temps (ce qui a été fait depuis 1860) est privilégiée par rapport à la variable espace; les nouvelles émissions de carbone sont acceptables ailleurs au nom du péché que nos ancêtres ont commis. Cette intrusion d'une religiosité mal assumée disqualifie les fondements même des discussions du sommet de Copenhague.

Oui, il faut agir. Mais sur des analyses discutées, confrontées, et non sur des diktats. Oui, il ne faut pas avoir peur, même si les conlusions sont in fine d'un réchauffement inéluctable du climat; un changement n'est pas nécessairement un désastre, mais un espoir, le moteur de nouveaux développements.




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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 16:07

Les interdits se multiplient. Un dernier exemple sur le grand journal de Canal+. Alain Duhamel a eu bien du mal, face à Thomas Legrand et Joseph Macé-Scarron,  à défendre l'idée qu'il était possible de discuter de l'identité nationale ou française, ou de l'immigration, ou encore de l'Islam; le tout était de le faire au moment opportun et avec les mots qu'il fallait.
Une saine réaction face à la bordée d'injures envers tous ceux qui abordent le sujet, citons au hasard : fasciste, nazi, colonialiste, islamophobe, débateurs à la con etc ...
Quand même étrange dans une société qui se targue d'être en pointe sur la défense de la liberté, d'entendre ce concert sur quasi toutes les ondes, dans presque tous les éditoriaux,  que la seule vérité est l'Universalisme, que toute autre opinion relève de l'étroitesse d'esprit voire d'un esprit de haine de l'"étranger"; l'autre vérité intangible, à les entendre, est le relativisme, que toute autre opinion relève du commutarisme. Tout celà est enrobé d'un respect idolâtre des "Lumières", de la Révolution, et de la laïcité.

On a envie de redire que les vérités sont multiples (sauf bien entendu dans les théocraties).  Que la discussion est le seul moteur possible pour trouver des solutions (sauf pour les despotes éclairés ou non). Que la confrontation des idées, est bien entendu dangereuse (on peut être converti par son adversaire, on peut être submergé par des réactions populistes), mais ce danger doit être non seulement affronté mais désiré. Même dans les religions la vérité révélée est soumise au doute permanent.





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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 18:25

Très amusant de lire Me Geoffrin en défenseur des religions. Juste un petit problème : l'Islam n'est pas seulement une religion, c'est aussi une culture et un système politique. La seule expérience récente d'un Islam réduit à une simple religion a été menée par Ataturk; c'est donc possible; mais il faut quand même garder en tête qu'Ataturk a imposé sa volonté avec beaucoup de détermination, sinon de brutalité; et les résultats en Turquie ne sont pas encore complètement acquis. La voie est donc étroite pour nos pays occidentaux : il leur faut trouver le moyen de laisser les musulmans pratiquer leur religion à titre privé sans qu'ils empiètent sur la sphère publique. Les signes extèrieurs de la religion islamique doivent chaque fois être analysés pour savoir s'ils sont ou ne sont pas
des manifestations d'un impérialisme culturel, voire politique. C'est vrai pour le ramadan, les nourritures dans les cantines scolaires, la pratique de la polygamie, le port de la burka, et même pour le minaret (qui n'a pour fonction que de lancer l'appel du muezzin). Pour reprendre l'exemple d'Ataturk, afin de restreindre l'Islam au statut de religion privée, il n'a pas hésité à transformer l'ancienne Sainte-Sophie de Mosquée en musée, à abolir le califat, à interdire le port du voile dans les administrations et les écoles, à transférer du vendredi au dimanche le jour chomé hebdomadaire. Pleins de gestes symboliques. Il serait peut-être nécessaire aux pays occidentaux de marquer cette volonté d'accepter la religion, tout en refusant son envahissement culturel.

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