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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 10:51

 

Macron (Quintus Naevius Cordius Sutorus Macro) : assassin présumé de l’empereur Tibère, son forfait ne fut pas récompensé par son successeur Caligula qui lui enjoignit de se suicider avec sa femme Ennia.

Macron (Makron) : peintre de vase grecs (céramique attique à figure rouge : rotfigurigen plutôt que rotschild)

Makrolon : plaque de polycarbonate idéale pour les panneaux publicitaires

Macronium : pokémon ressemblant à un animal préhistorique habillé de vert

Macroule : poule d’eau très commune en France

Macreuse : pièce de viande maigre et gélatineuse

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 10:02

Les rats envahissent Paris. Ils galopent dans tous les squares, entre les bancs du Guignol, les balançoires, et les chaises. Les touristes ébaubis n’arrivent pas à croire qu’ils sont en plein centre de la ville-lumière. Les parisiens fatalistes naviguent entre trottoirs merdiques, S.D.F. crapoteux et ces échappés des égouts. Mais les fonctionnaires ratiers sont en grève : ils vitupèrent contre Hi-Hi Cra-Cra qui les a surchargés de boulot. Elle trône imperturbable en sa place de Grève. Il serait judicieux que l’on revienne à la vieille tradition qui faisait de cette place un lieu patibulaire en particulier pour les empoisonneuses.

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 09:47

Des codes d’éthique pour camoufler tant bien que mal l’abaissement de la moralité. Des comités d’éthique pour confisquer au profit d’experts autoproclamés ce qui devrait relever de la conscience personnelle. Des déontologues qui agitent leurs règles d’éthique pour blanchir des sociétés toujours plus rapaces. Des Hautes Autorités, dites indépendantes, en proie à des délires éthiques pour instaurer des transparences de plus en plus indécentes.

Ah ! Vive le retour du décalogue, de la morale, de l’examen de conscience.

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 09:24

Quel soulagement de voir écarté le plus médiocre d’entre nous. Dans son sinistre discours de Bordeaux, le mauvais perdant a exprimé toute son aigreur vis-à-vis de celui qui l’avait écrasé pendant les primaires, sa rancœur envers les « radicalisés » ( ?!) qui ont soutenu Fillon au Trocadéro. Cet increvable héritier de la chiraquie a cru pouvoir par de basses manœuvres écarter un Fillon en perdition. Comme d’habitude, il n’avait pas compris, avant un tardif éclair de lucidité lundi dernier, que si Fillon n’était plus en mesure de faire campagne, il fallait du neuf, et que lui n’était que du recuit. Je persiste à regretter que Fillon n’ait pas désigné quelqu’un comme Larcher pour continuer de représenter son programme ; je suis ravi qu’il ait renvoyé à sa retraite ce vieux crocodile édenté de Juppé.

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 09:50

Deux fois, ça suffit. La première François Fillon se fait voler une victoire immanquable à la tête du premier parti de la droite par Copé. La deuxième il est incapable de réagir en futur chef d’état à des accusations abracadabrantesques. Qu’est-ce que ce général qui ne sait pas attaquer ses adversaires : cinq ans à Matignon et il n’a pas de dossiers sur Macron ? sur Hollande ? Il nous invoque les mânes du général et il n’a pas de Foccart à ses côtés ? Il croit que la politique se fait en gants blancs ? Il croit que les Pasqua, les Roland Dumas, et autres sicaires ne sont pas nécessaires ? Qu’est ce que ce général qui se laisse enfermer par une troupe de juges dans une citadelle indéfendable ? Les Bazaine jadis on les fusillait. Au lieu de traiter par le mépris ces Dandin du parquet national financier, invoquer son immunité parlementaire et parler fort au nom de la séparation des pouvoirs, seul fondement de la démocratie, il geint, joue les victimes, biaise sur le fond. Au diable, ce paltoquet qui ne sait être ni César, ni de Gaulle. 

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 09:19

De telle ministre de justice : moche comme un pou. Délit de faciès, le pou est peut-être laid (à voir, je n’en ai jamais examiné de près), mais il a probablement de hautes qualités morales que n’a pas nécessairement la ministre impliquée.

D’un secrétaire d’état à l’Europe : paresseux comme une loche. Injure très grave, ce n’est pas parce que cette pauvre limace est handicapée (elle n’a ni jambes, ni bras) qu’il faille se moquer de son inaptitude à se mouvoir. D’ailleurs toute l’Europe et le gouvernement sont ravis que le secrétaire d’état n’en foute pas une rame.

D’un ancien ministre des finances : un bouc en rut. Le rut est un comportement tout à fait sain chez le bouc, et saurait-il à qui on le compare il rétorquerait que les brebis sont très satisfaites de ses moeurs, ce qui n’est peut-être pas le cas des soubrettes et autres putains mises en contact avec le ministre.

D’un président de notre République : fourbe comme un renard, rigolard comme une hyène, courageux comme un chacal. Là encore, tous ces animaux remplissent une fonction très utile dans les écosystèmes en dévorant les cadavres ou les bêtes trop faibles pour survivre. L’utilité sociale du président en question n’est pas avérée.

D’une maire : bête à manger du foin. Tout à fait insupportable de moquer des êtres vivants qui ont choisi une nourriture végétarienne, voire végane. L’absence de méninges de l’impétrante qui s’extériorise dans les choix calamiteux de politique de circulation routière, de politique urbaine, et d’absence de politique culturelle, ne doit sous aucun prétexte nous conduire à stigmatiser des comportements même ridicules.

D’un porte-parole du gouvernement, de plus ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt : triple buse (en toute logique quadruple buse, mais ne chipotons pas). C’est le pompon ! La buse a l’œil acéré, sait décider avec rapidité pour coordonner son attaque,

Heureusement, tous ces exemples ne doivent pas cacher que parfois nos amis les animaux sont avantageusement comparés à des minables de notre espèce : qui ‘a pas compris que tel maire de Pau n’était pas un aigle, ou tant de bateleurs politiques n’avaient pas le courage du lion. Non ! La zoophobie n’est pas générale ; elle doit être combattue avec vigueur comme n’importe Quelle autre stigmatisation. 

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 10:25

Comme le rappelait Alain Finkielkraut, curieuse histoire de France que celle de Patrick Boucheron où sont ignorés Rabelais et Racine, La Fontaine et Proust ; et je dirais aussi Richelieu et Saint-Simon, Chateaubriand et Céline. Plus grave encore c’est une histoire sans chair humaine : les paysans sont au abonnés absents sauf pour parler de la Politique Agricole Commune de 1956 (extravagant pour un pays à la tradition rurale aussi forte) ; les commerçants ne sont cités que pour la traite négrière, les artisans passent à la trappe, et quant aux industriels ils n’existent que comme figurants d’une politique colbertiste. Il pense être novateur en en ne traitant que des rapports d’une entité dite France et des étrangers, d’une histoire de la frontière entre ce qui serait la France et ce qui serait l’étranger. Le sujet est pensable, mais il n’a pas été traité. Il transforme cette histoire d’une limite, d’une zone floue de fécondation ou de conflit en une histoire du pays. Ce livre est une imposture. Aimé Césaire et Franz Fanon sont de mauvais poètes, de plus anti-français, il est abusif de les présenter comme des symboles de notre histoire. La révolte kanake de 1917 ou la première idée d’un code noir en 1688 sont des phénomènes essentiels pour une histoire de la Nouvelle Calédonie ou des Antilles, et accessoires par rapport aux mutineries de 1917 sur le front, ou de l’échec des flottes de Louis XIV sur les mers. Il est hors-sujet de les inclure dans une histoire de la France même mondiale. Pour tenter d’expliquer l’irritation profonde qu’a suscitée en moi la lecture de ce pensum, j’ai choisi quelques exemples dans tout ce fatras, que j’ai classé sous différents motifs.

 

Les tics :

  • Répétition inlassable de « l’homme de couleur » à la place de nègre, d’amérindien, d’indien ou de jaune ; « l’homme de couleur » s’oppose curieusement au blanc qui est par définition de toutes les couleurs par opposition au noir qui est l’absence de couleur ;

  • Ressassement du terme d’indigène, souvent mis entre parenthèses afin de suggérer toute une connotation de mépris du colonisateur pour le colonisé ; quoique, à la réflexion, un colonisateur né dans le pays que ses aïeux ont colonisé est techniquement un indigène ;

  • La mise entre guillemets de mots ou d’expressions de toutes les expressions que les auteurs ne peuvent citer ou écrire qu’avec des pincettes ou en se bouchant le nez : « nègre », « mission civilisatrice », « les Autres », « les indigènes », et j’en passe ; comme si ces mots n’étaient plus français.

  • Orthographe féministe comme cette superbe « Français.es »

Le charabia :

Livre écrit dans un style terriblement prétentieux qui tombe parfois dans un charabia parfaitement incompréhensible. Yann Potin, entre autres auteurs est le brillant auteur d’une des phrases les plus incroyables :

  • « Il y use ainsi d’une étroite dépendance à valeur mythographique, quasi religieuse quoique pleinement schizophrénique, entre la nécessité de la défaite et la certitude de l’identité. »

Mais Pascale Barthélémy n’est pas en reste avec une phrase presque compréhensible à propos de l’exposition coloniale de 1931 : « Une nation en crise dont l’identité fragile trouverait quelque réassurance à exposer les Autres ».

Ou encore cette petite merveille : « L’institution du secret, de la franc-maçonnerie aux manœuvres diplomatiques est le revers solidaire d’une illumination des corps et des esprits. Si la lumière a changé de source, c’est qu’elle propose de mettre en accord la raison et la sensibilité ».

Mais toutes ces petites mains ne font que travailler dans la ligne du maître, Patrick Boucheron, qui nous assaisonne de ses clichés sur la « crispation identitaire », ses fulgurances à prétention poétiques comme « les passions tristes du moment », ses trouvailles de pédant avec « l’étrécissement identitaire », et le plus ridicule sa prétention à vouloir appeler l’introduction ou la préface qu’il a rédigée : « Ouverture ».

 

Les approximations :

Elles sont innombrables. Je ne cite que celle concernant un des épisodes les plus douloureux de notre histoire puisqu’elle concerne la Grande Guerre.

Les troupes venant des colonies ont subi pendant la guerre 1914-1918 « des pertes équivalentes à celles des armées métropolitaines ». Bruno Cabanes a oublié de préciser en proportion des troupes engagées.

Toujours pendant la guerre de 1914-1918, le même Bruno Cabanes écrit : « Les colonies fournissent au marché européen des céréales, du bois et de la viande ». Comme il le dit lui-même la phrase suivante, il ne s’agit pas à proprement dire de colonies françaises mais de l’Argentine, le Canada, les Etats-Unis.

 

L’idéologie :

  • Il n’y a plus d’invasions barbares qui mettent fin à l’empire romain mais des migrations ; admirons l’euphémisme qui cache la profonde marque que les germains et autres tribus eurasiennes ont infligé : villes abandonnées, construction de remparts pour toutes celles qui ont survécu, baisse démographique, rupture dans quasi toutes les listes épiscopales. De la même façon plus de normands pour nous envahir et ravager bords de mers et de fleuves, mais une « diaspora viking ». Insupportable manière de plaquer sur le passé les débats d’aujourd’hui sur l’immigration.

  • Pour l’émeute du 13 mai Alger en 1958, Sylvie Thenault met sur le même plan la condamnation à mort par un tribunal et l’exécution du terroriste Aberrhamane Taleb, concepteur des bombes qui ont ensanglanté la ville d’Alger et l’exécution sommaire de trois soldats français faits prisonniers par des insurgés algériens. Déplorable manifestation d’une détestation de la colonisation française en Algérie et d’une glorification de la lutte du FLN.

  • Sur la bataille de Poitiers en 734, on frise le négationnisme. D’abord la date n’est pas choisie, mais une autre fictive, 719, qui serait celle d’un partage de butin d’une troupe musulmane près de Perpignan. Ensuite dans le texte il est précisé que la bataille de Poitiers n’est qu’une escarmouche, livrée on se sait où exactement entre des francs ridicules (« des barons assis sur d’énormes baudets ») et des musulmans au bout d’une épopée glorieuse. La méthode est classique : nier un fait difficile à cerner, pour ne pas parler de l’évidence qui est que l’invasion musulmane a bien arrêtée par quelqu’un au VIIIème siècle dans ce qui était l’Aquitaine et la Provence. Toujours cette même rétroprojection dans l’histoire de débats actuels sur la place de l’Islam en France.

 

Tous ces exemples pour dire que l’Histoire mondiale de la France de Patrick Boucheron et consorts n’est pas un outil de connaissance de l’histoire mais une enquête ethnologique sur les idées et les a priori de ceux qui ont rédigé ce livre. Une petite partie de la population, fonctionnaires, professeurs, qui s’abrite sous l’autorité d’un membre du Collège de France. Une minorité représentative surtout d’elle-même, mais qui malheureusement bénéficie d’une aura incompréhensible dans les médias. Alors cette histoire falsifiée de la France est présentée par les Léa Salamé et autres porte-paroles du même acabit comme un monument de la lutte contre le racisme, le colonialisme, le récit national, alors qu’il n’est que le triste constat de la médiocrité de ses concepteurs.  

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Published by olivier seutet - dans identité
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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 09:31

Ce que ne peut pas dire Fillon : qu’il ne peut y avoir d’abus de biens sociaux dans une Revue des Deux Mondes qui en est dépourvue et qui ne survit que par la munificence de Monsieur Ladreit de Lacharrière ; mais ceci n’est qu’anecdote ... plus grave : l’incroyable confusion entre pouvoir législatif et pouvoir judiciaire ; comme le rappelaient un Julien Dray et un Bernard Debré, les députés n’ont pas à être contrôlés sur ce qu’ils font de l’argent qui leur est alloué par le parlement pour rémunérer des assistants parlementaires ; que certains en profitent pour rémunérer leur famille, ou leur maîtresse, voire leur giton, est parfaitement immoral mais est la rançon de l’indépendance respective des pouvoirs.
Que la justice pense qu’il est de sa mission de faire régner une moralité qui serait au-dessus des lois est un dérèglement qui montrera tôt ou tard toute sa nocivité. Laissons au Canard Enchainé et autres Médiapart le soin de pourchasser ceux qui mériteraient l’opprobre de leurs concitoyens. Laissons l’Assemblée Nationale le soin de vérifier l’utilisation des sommes qu’elle alloue, et peut-être, enfin, se résigner à rémunérer convenablement ses députés à la hauteur des responsabilités qu’ils assument et non pas chichement comme elle le fait actuellement sous la pression des populistes.
Que ces remugles d' égouts diffusés avec complaisance et jouissance servent au moins à réfléchir sur l'indépendance de nos députés et leur autonomie financière.

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 21:41

La tête à claque s'est pris une gifle au premier tour de la primaire socialiste. Encore une taloche pour le second tour et le paysage politique français sera débarrassé d'un trublion qui a passé ce quinquennat à insulter les opposants à ses lois que ce soient les marcheurs de la Manif  pour tous ou les frondeurs socialistes, qui a trahit et le président qui l'avait sorti de la médiocrité et les Montebourg et Hamon qui l'avaient poussé vers le poste de premier ministre, qui a cru qu'un menton pointé vers l'avant et une voix coupante pouvaient avantageusement combler la vacuité de ses propositions de loi.

Adieu au virevolteur. Qu'il quitte au plus vite une piste de danse beaucoup trop vaste pour lui.

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 09:39

Comment se fier à l’Allemagne ! Tout le monde a eu et a encore sous les yeux l’exemple de l’extraordinaire égoïsme germanique : à la suite de la crise de 2008 le chômage a frappé durement beaucoup de pays européens ; l’Allemagne s’est relevée très vite et a souffert rapidement d’une insuffisance de main d’œuvre ; sa réponse a été de faire venir encore plus de turcs analphabètes d’Anatolie plutôt que de tenter de favoriser les échanges de population avec la France, l’Italie ou l’Espagne. Erasmus c’est bon pour les étudiants, les échanges de main d’œuvre entre pays c’est bon pour faire venir des polonais, ou autres roumains à basses charges sociales. Ce comportement dit tout de la façon dont l’Allemagne conçoit son développement sans en parler avec ses partenaires et en particulier la France.

Le soi-disant couple franco-allemand est un leurre que trimballe la diplomatie européenne depuis le fameux préambule au traité de l’Elysée de 1963 voté par le Bundestag qui vidait ce traité de son contenu d’une alliance forte entre les deux pays et qui réaffirmait toute la doctrine atlantiste. L’autonomie allemande s’est manifestée de façon brutale, dès que fut acquise l’union avec l’Allemagne de l’Est, lorsqu’elle a accéléré l’éclatement de la Yougoslavie en 1990-1991 au mépris du droit international et malgré les doutes de la France ; l’éternel « drang nach Osten » retrouvait toute son actualité.

Mais les conditions internationales changent. L’atlantisme est en train de couler depuis qu’Obama a été élu président, et l’arrivée de Trump ne va que renforcer cette politique que l’on peut qualifier de pacifico-centrée plutôt qu’isolationiste. Les Etats-Unis se désintéressent d’un bloc européen qui n’est pas vraiment menacé, qui refuse d’assurer sa défense, alors que leur véritable sujet d’intérêt est de contenir l’influence de la Chine, au prix d’un renforcement des forces dans l’océan pacifique et d’une normalisation des relations avec la Russie.

La Grande-Bretagne se trouve confrontée à l’isolationnisme américain en pleine progression après la présidence catastrophique de Busch. Elle ne peut plus choisr entre l’Europe et le grand large. L’océan Atlantique lui est devenu infranchissable car les américains dédaignent l’alliance anglaise ; les pays du Commonwealth s’éloignent doucement mais fermement de cette communauté qui devait remplacer un empire décrépit. Et pourtant ces mêmes anglais ont proclamé par référendum tout le mal qu’ils pensaient d’une construction européenne méprisante d’une culture et d’une identité déjà passablement chahutées par les immigrés de l’ancien Empire; mais leur refus d’une construction européenne sans âme, sans identité, sans frontière, sans diplomatie, sans armée, ouverte à toutes les immigrations choisies par l’Allemagne, sans défense contre les dumpings sociaux de pays trop hâtivement agglomérés à la construction européenne, tous ces refus signifient ils un divorce d’avec le continent ? Ce n’est pas certain, et surtout ce n’est pas leur intérêt. La Grande Bretagne ne peut rester seule si elle a perdu l’appui du Commonwealth, et des Etats-Unis.

La Russie est haïe par tous les médias occidentaux pour la brutalité de son pouvoir, méprisée pour son inefficience économique, caricaturée depuis Soljenitsyne par tous les libres penseurs qui pensent correctement à l’Ouest. Mais ce pays-continent se débat dans les douleurs d’un nouvel enfantement : les 80 ans de la férocité communiste aggravée par l’humiliation de la première guerre mondiale, et la souffrance engendrée par la seconde guerre mondiale ont rendu ce pays profondément malade. Il lui faut retrouver ses origines, sa vitalité, une raison d’être. Il est confronté à une dépopulation galopante, fruit de mauvaises conditions économiques et d’une sorte de dépression collective, in fine d’absence de foi en l’avenir. Il doit affronter des ennemis solides comme les chinois qui finiront par lorgner sur la Sibérie, ou les turcs sur les républiques plus ou moins émancipées de l’Asie Centrale, ou les musulmans sur les confins caucasiens.

Si la France prend conscience que l’Allemagne ne peut être ce partenaire fiable dont elle rêvait, il lui faut commencer à infléchir sa politique étrangère pour retrouver de vieilles amitiés. L’Entente avec les anglais et les russes pour bien signifier que l’Europe n’est pas imaginable sans ces deux pays et surtout n’est pas un jouet aux mains des allemands. Le principal sujet commun entre les trois pays est cette difficulté à assumer leur passé impérial : les anglais savent que la nostalgie du rule brittania n’est plus de mise, les français en ont assez de la repentance sur le colonialisme, les russes doivent admettre que les débris de leur empire sont fragiles. Ces trois puissances qui ont été, doivent trouver de nouveaux ressorts pour exister dans le futur : l’une est ouverte vers l’Ouest, l’autre vers le Sud, la troisième vers l’Est ; à elles trois elles peuvent concevoir et appliquer une politique mondiale ; toutes trois ont conscience que leur défense doit être assurée par elles-mêmes ; toutes trois ont un poids politique avec leur droit de veto au conseil de sécurité des Etats-Unis ; toutes trois ont un besoin urgent de rebondir économiquement, la première pour retrouver un espace économique suffisant pour ne pas étouffer dans des frontières trop étroites, la deuxième pour s’affranchir d’un modèle économique qui étouffe sous les contraintes réglementaires et le court-termisme social, la troisième pour enfin développer un espace immense sans compter uniquement sur des matières premières.

Une nouvelle triple entente ne peut pas voir le jour en quelques années. Mais des pas devraient être faits dans cette voie pour se libérer de la tutelle allemande. Deux exemples immédiats sont clairs pour lancer une telle action.

  • Avec les anglais arrêter de vouloir sanctionner leur Brexit par un chantage qui consiste à dire qu’il ne peut y voir de libre circulation des marchandises sans libre circulation des personnes ; cette dhoxa bruxelloise est justement ce qui fait mal à notre industrie : nous sommes obligés d’accueillir des centaines de milliers d’européens de l’Est sous-payés et surtout mal couverts socialement ; au nom de quel comportement suicidaire voudrions nous imposer à la Grande-Bretagne ce que nous devrions précisément renégocier au sein de la Communauté européenne.

  • Avec les russes arrêter de vouloir sanctionner l’annexion de la Crimée, région qu’un caprice stalinien avait rattaché à l’Ukraine, par des sanctions économiques ; ce qu’en pense les Etats-Unis devrait nous indifférer : ce n’est pas leur zone d’intérêts ; ce qu’en pense l’OTAN devrait nous conduire à remettre en cause notre appartenance à l’alliance militaire : nous n’avons pas de raison d’être à la remorque des diplomaties de la Pologne, et de la Roumanie.

Il ne s’agit pas d’un renversement d’alliances, mais de considérer qu’il existe une communauté d’intérêts entre France, Grande Bretagne et Russie et qu’elle ne doit pas être sacrifiée sur l’autel d’une amitié franco-allemande qui a fait long feu jusqu’à présent. 

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