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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 10:25

Comme le rappelait Alain Finkielkraut, curieuse histoire de France que celle de Patrick Boucheron où sont ignorés Rabelais et Racine, La Fontaine et Proust ; et je dirais aussi Richelieu et Saint-Simon, Chateaubriand et Céline. Plus grave encore c’est une histoire sans chair humaine : les paysans sont au abonnés absents sauf pour parler de la Politique Agricole Commune de 1956 (extravagant pour un pays à la tradition rurale aussi forte) ; les commerçants ne sont cités que pour la traite négrière, les artisans passent à la trappe, et quant aux industriels ils n’existent que comme figurants d’une politique colbertiste. Il pense être novateur en en ne traitant que des rapports d’une entité dite France et des étrangers, d’une histoire de la frontière entre ce qui serait la France et ce qui serait l’étranger. Le sujet est pensable, mais il n’a pas été traité. Il transforme cette histoire d’une limite, d’une zone floue de fécondation ou de conflit en une histoire du pays. Ce livre est une imposture. Aimé Césaire et Franz Fanon sont de mauvais poètes, de plus anti-français, il est abusif de les présenter comme des symboles de notre histoire. La révolte kanake de 1917 ou la première idée d’un code noir en 1688 sont des phénomènes essentiels pour une histoire de la Nouvelle Calédonie ou des Antilles, et accessoires par rapport aux mutineries de 1917 sur le front, ou de l’échec des flottes de Louis XIV sur les mers. Il est hors-sujet de les inclure dans une histoire de la France même mondiale. Pour tenter d’expliquer l’irritation profonde qu’a suscitée en moi la lecture de ce pensum, j’ai choisi quelques exemples dans tout ce fatras, que j’ai classé sous différents motifs.

 

Les tics :

  • Répétition inlassable de « l’homme de couleur » à la place de nègre, d’amérindien, d’indien ou de jaune ; « l’homme de couleur » s’oppose curieusement au blanc qui est par définition de toutes les couleurs par opposition au noir qui est l’absence de couleur ;

  • Ressassement du terme d’indigène, souvent mis entre parenthèses afin de suggérer toute une connotation de mépris du colonisateur pour le colonisé ; quoique, à la réflexion, un colonisateur né dans le pays que ses aïeux ont colonisé est techniquement un indigène ;

  • La mise entre guillemets de mots ou d’expressions de toutes les expressions que les auteurs ne peuvent citer ou écrire qu’avec des pincettes ou en se bouchant le nez : « nègre », « mission civilisatrice », « les Autres », « les indigènes », et j’en passe ; comme si ces mots n’étaient plus français.

  • Orthographe féministe comme cette superbe « Français.es »

Le charabia :

Livre écrit dans un style terriblement prétentieux qui tombe parfois dans un charabia parfaitement incompréhensible. Yann Potin, entre autres auteurs est le brillant auteur d’une des phrases les plus incroyables :

  • « Il y use ainsi d’une étroite dépendance à valeur mythographique, quasi religieuse quoique pleinement schizophrénique, entre la nécessité de la défaite et la certitude de l’identité. »

Mais Pascale Barthélémy n’est pas en reste avec une phrase presque compréhensible à propos de l’exposition coloniale de 1931 : « Une nation en crise dont l’identité fragile trouverait quelque réassurance à exposer les Autres ».

Ou encore cette petite merveille : « L’institution du secret, de la franc-maçonnerie aux manœuvres diplomatiques est le revers solidaire d’une illumination des corps et des esprits. Si la lumière a changé de source, c’est qu’elle propose de mettre en accord la raison et la sensibilité ».

Mais toutes ces petites mains ne font que travailler dans la ligne du maître, Patrick Boucheron, qui nous assaisonne de ses clichés sur la « crispation identitaire », ses fulgurances à prétention poétiques comme « les passions tristes du moment », ses trouvailles de pédant avec « l’étrécissement identitaire », et le plus ridicule sa prétention à vouloir appeler l’introduction ou la préface qu’il a rédigée : « Ouverture ».

 

Les approximations :

Elles sont innombrables. Je ne cite que celle concernant un des épisodes les plus douloureux de notre histoire puisqu’elle concerne la Grande Guerre.

Les troupes venant des colonies ont subi pendant la guerre 1914-1918 « des pertes équivalentes à celles des armées métropolitaines ». Bruno Cabanes a oublié de préciser en proportion des troupes engagées.

Toujours pendant la guerre de 1914-1918, le même Bruno Cabanes écrit : « Les colonies fournissent au marché européen des céréales, du bois et de la viande ». Comme il le dit lui-même la phrase suivante, il ne s’agit pas à proprement dire de colonies françaises mais de l’Argentine, le Canada, les Etats-Unis.

 

L’idéologie :

  • Il n’y a plus d’invasions barbares qui mettent fin à l’empire romain mais des migrations ; admirons l’euphémisme qui cache la profonde marque que les germains et autres tribus eurasiennes ont infligé : villes abandonnées, construction de remparts pour toutes celles qui ont survécu, baisse démographique, rupture dans quasi toutes les listes épiscopales. De la même façon plus de normands pour nous envahir et ravager bords de mers et de fleuves, mais une « diaspora viking ». Insupportable manière de plaquer sur le passé les débats d’aujourd’hui sur l’immigration.

  • Pour l’émeute du 13 mai Alger en 1958, Sylvie Thenault met sur le même plan la condamnation à mort par un tribunal et l’exécution du terroriste Aberrhamane Taleb, concepteur des bombes qui ont ensanglanté la ville d’Alger et l’exécution sommaire de trois soldats français faits prisonniers par des insurgés algériens. Déplorable manifestation d’une détestation de la colonisation française en Algérie et d’une glorification de la lutte du FLN.

  • Sur la bataille de Poitiers en 734, on frise le négationnisme. D’abord la date n’est pas choisie, mais une autre fictive, 719, qui serait celle d’un partage de butin d’une troupe musulmane près de Perpignan. Ensuite dans le texte il est précisé que la bataille de Poitiers n’est qu’une escarmouche, livrée on se sait où exactement entre des francs ridicules (« des barons assis sur d’énormes baudets ») et des musulmans au bout d’une épopée glorieuse. La méthode est classique : nier un fait difficile à cerner, pour ne pas parler de l’évidence qui est que l’invasion musulmane a bien arrêtée par quelqu’un au VIIIème siècle dans ce qui était l’Aquitaine et la Provence. Toujours cette même rétroprojection dans l’histoire de débats actuels sur la place de l’Islam en France.

 

Tous ces exemples pour dire que l’Histoire mondiale de la France de Patrick Boucheron et consorts n’est pas un outil de connaissance de l’histoire mais une enquête ethnologique sur les idées et les a priori de ceux qui ont rédigé ce livre. Une petite partie de la population, fonctionnaires, professeurs, qui s’abrite sous l’autorité d’un membre du Collège de France. Une minorité représentative surtout d’elle-même, mais qui malheureusement bénéficie d’une aura incompréhensible dans les médias. Alors cette histoire falsifiée de la France est présentée par les Léa Salamé et autres porte-paroles du même acabit comme un monument de la lutte contre le racisme, le colonialisme, le récit national, alors qu’il n’est que le triste constat de la médiocrité de ses concepteurs.  

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Published by olivier seutet - dans identité
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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 09:31

Ce que ne peut pas dire Fillon : qu’il ne peut y avoir d’abus de biens sociaux dans une Revue des Deux Mondes qui en est dépourvue et qui ne survit que par la munificence de Monsieur Ladreit de Lacharrière ; mais ceci n’est qu’anecdote ... plus grave : l’incroyable confusion entre pouvoir législatif et pouvoir judiciaire ; comme le rappelaient un Julien Dray et un Bernard Debré, les députés n’ont pas à être contrôlés sur ce qu’ils font de l’argent qui leur est alloué par le parlement pour rémunérer des assistants parlementaires ; que certains en profitent pour rémunérer leur famille, ou leur maîtresse, voire leur giton, est parfaitement immoral mais est la rançon de l’indépendance respective des pouvoirs.
Que la justice pense qu’il est de sa mission de faire régner une moralité qui serait au-dessus des lois est un dérèglement qui montrera tôt ou tard toute sa nocivité. Laissons au Canard Enchainé et autres Médiapart le soin de pourchasser ceux qui mériteraient l’opprobre de leurs concitoyens. Laissons l’Assemblée Nationale le soin de vérifier l’utilisation des sommes qu’elle alloue, et peut-être, enfin, se résigner à rémunérer convenablement ses députés à la hauteur des responsabilités qu’ils assument et non pas chichement comme elle le fait actuellement sous la pression des populistes.
Que ces remugles d' égouts diffusés avec complaisance et jouissance servent au moins à réfléchir sur l'indépendance de nos députés et leur autonomie financière.

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Published by olivier seutet - dans politique
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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 21:41

La tête à claque s'est pris une gifle au premier tour de la primaire socialiste. Encore une taloche pour le second tour et le paysage politique français sera débarrassé d'un trublion qui a passé ce quinquennat à insulter les opposants à ses lois que ce soient les marcheurs de la Manif  pour tous ou les frondeurs socialistes, qui a trahit et le président qui l'avait sorti de la médiocrité et les Montebourg et Hamon qui l'avaient poussé vers le poste de premier ministre, qui a cru qu'un menton pointé vers l'avant et une voix coupante pouvaient avantageusement combler la vacuité de ses propositions de loi.

Adieu au virevolteur. Qu'il quitte au plus vite une piste de danse beaucoup trop vaste pour lui.

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Published by olivier seutet - dans politique
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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 09:39

Comment se fier à l’Allemagne ! Tout le monde a eu et a encore sous les yeux l’exemple de l’extraordinaire égoïsme germanique : à la suite de la crise de 2008 le chômage a frappé durement beaucoup de pays européens ; l’Allemagne s’est relevée très vite et a souffert rapidement d’une insuffisance de main d’œuvre ; sa réponse a été de faire venir encore plus de turcs analphabètes d’Anatolie plutôt que de tenter de favoriser les échanges de population avec la France, l’Italie ou l’Espagne. Erasmus c’est bon pour les étudiants, les échanges de main d’œuvre entre pays c’est bon pour faire venir des polonais, ou autres roumains à basses charges sociales. Ce comportement dit tout de la façon dont l’Allemagne conçoit son développement sans en parler avec ses partenaires et en particulier la France.

Le soi-disant couple franco-allemand est un leurre que trimballe la diplomatie européenne depuis le fameux préambule au traité de l’Elysée de 1963 voté par le Bundestag qui vidait ce traité de son contenu d’une alliance forte entre les deux pays et qui réaffirmait toute la doctrine atlantiste. L’autonomie allemande s’est manifestée de façon brutale, dès que fut acquise l’union avec l’Allemagne de l’Est, lorsqu’elle a accéléré l’éclatement de la Yougoslavie en 1990-1991 au mépris du droit international et malgré les doutes de la France ; l’éternel « drang nach Osten » retrouvait toute son actualité.

Mais les conditions internationales changent. L’atlantisme est en train de couler depuis qu’Obama a été élu président, et l’arrivée de Trump ne va que renforcer cette politique que l’on peut qualifier de pacifico-centrée plutôt qu’isolationiste. Les Etats-Unis se désintéressent d’un bloc européen qui n’est pas vraiment menacé, qui refuse d’assurer sa défense, alors que leur véritable sujet d’intérêt est de contenir l’influence de la Chine, au prix d’un renforcement des forces dans l’océan pacifique et d’une normalisation des relations avec la Russie.

La Grande-Bretagne se trouve confrontée à l’isolationnisme américain en pleine progression après la présidence catastrophique de Busch. Elle ne peut plus choisr entre l’Europe et le grand large. L’océan Atlantique lui est devenu infranchissable car les américains dédaignent l’alliance anglaise ; les pays du Commonwealth s’éloignent doucement mais fermement de cette communauté qui devait remplacer un empire décrépit. Et pourtant ces mêmes anglais ont proclamé par référendum tout le mal qu’ils pensaient d’une construction européenne méprisante d’une culture et d’une identité déjà passablement chahutées par les immigrés de l’ancien Empire; mais leur refus d’une construction européenne sans âme, sans identité, sans frontière, sans diplomatie, sans armée, ouverte à toutes les immigrations choisies par l’Allemagne, sans défense contre les dumpings sociaux de pays trop hâtivement agglomérés à la construction européenne, tous ces refus signifient ils un divorce d’avec le continent ? Ce n’est pas certain, et surtout ce n’est pas leur intérêt. La Grande Bretagne ne peut rester seule si elle a perdu l’appui du Commonwealth, et des Etats-Unis.

La Russie est haïe par tous les médias occidentaux pour la brutalité de son pouvoir, méprisée pour son inefficience économique, caricaturée depuis Soljenitsyne par tous les libres penseurs qui pensent correctement à l’Ouest. Mais ce pays-continent se débat dans les douleurs d’un nouvel enfantement : les 80 ans de la férocité communiste aggravée par l’humiliation de la première guerre mondiale, et la souffrance engendrée par la seconde guerre mondiale ont rendu ce pays profondément malade. Il lui faut retrouver ses origines, sa vitalité, une raison d’être. Il est confronté à une dépopulation galopante, fruit de mauvaises conditions économiques et d’une sorte de dépression collective, in fine d’absence de foi en l’avenir. Il doit affronter des ennemis solides comme les chinois qui finiront par lorgner sur la Sibérie, ou les turcs sur les républiques plus ou moins émancipées de l’Asie Centrale, ou les musulmans sur les confins caucasiens.

Si la France prend conscience que l’Allemagne ne peut être ce partenaire fiable dont elle rêvait, il lui faut commencer à infléchir sa politique étrangère pour retrouver de vieilles amitiés. L’Entente avec les anglais et les russes pour bien signifier que l’Europe n’est pas imaginable sans ces deux pays et surtout n’est pas un jouet aux mains des allemands. Le principal sujet commun entre les trois pays est cette difficulté à assumer leur passé impérial : les anglais savent que la nostalgie du rule brittania n’est plus de mise, les français en ont assez de la repentance sur le colonialisme, les russes doivent admettre que les débris de leur empire sont fragiles. Ces trois puissances qui ont été, doivent trouver de nouveaux ressorts pour exister dans le futur : l’une est ouverte vers l’Ouest, l’autre vers le Sud, la troisième vers l’Est ; à elles trois elles peuvent concevoir et appliquer une politique mondiale ; toutes trois ont conscience que leur défense doit être assurée par elles-mêmes ; toutes trois ont un poids politique avec leur droit de veto au conseil de sécurité des Etats-Unis ; toutes trois ont un besoin urgent de rebondir économiquement, la première pour retrouver un espace économique suffisant pour ne pas étouffer dans des frontières trop étroites, la deuxième pour s’affranchir d’un modèle économique qui étouffe sous les contraintes réglementaires et le court-termisme social, la troisième pour enfin développer un espace immense sans compter uniquement sur des matières premières.

Une nouvelle triple entente ne peut pas voir le jour en quelques années. Mais des pas devraient être faits dans cette voie pour se libérer de la tutelle allemande. Deux exemples immédiats sont clairs pour lancer une telle action.

  • Avec les anglais arrêter de vouloir sanctionner leur Brexit par un chantage qui consiste à dire qu’il ne peut y voir de libre circulation des marchandises sans libre circulation des personnes ; cette dhoxa bruxelloise est justement ce qui fait mal à notre industrie : nous sommes obligés d’accueillir des centaines de milliers d’européens de l’Est sous-payés et surtout mal couverts socialement ; au nom de quel comportement suicidaire voudrions nous imposer à la Grande-Bretagne ce que nous devrions précisément renégocier au sein de la Communauté européenne.

  • Avec les russes arrêter de vouloir sanctionner l’annexion de la Crimée, région qu’un caprice stalinien avait rattaché à l’Ukraine, par des sanctions économiques ; ce qu’en pense les Etats-Unis devrait nous indifférer : ce n’est pas leur zone d’intérêts ; ce qu’en pense l’OTAN devrait nous conduire à remettre en cause notre appartenance à l’alliance militaire : nous n’avons pas de raison d’être à la remorque des diplomaties de la Pologne, et de la Roumanie.

Il ne s’agit pas d’un renversement d’alliances, mais de considérer qu’il existe une communauté d’intérêts entre France, Grande Bretagne et Russie et qu’elle ne doit pas être sacrifiée sur l’autel d’une amitié franco-allemande qui a fait long feu jusqu’à présent. 

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Published by olivier seutet - dans monde
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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 10:39

2016, année terrible pour les femmes de conviction.

  • Jacqueline Sauvage qui a libéré l’humanité d’un macho, tortionnaire, violeur, en l’abattant courageusement de deux coups de fusil dans le dos a du s’y reprendre à six fois avant d’être libérée : double échec en cour d’assise, double échec devant le juge d’application des peines, et première grâce présidentielle insuffisante.

  • Rebelotte pour Irène Frachon et sa fixette contre le laboratoire Servier qui a commercialisé le médiator ; mais s’il est coupable, il ne faudrait pas oublier les prescripteurs et leurs malades complices pour gruger la Sécurité Sociale en lui faisant rembourser un médicament contre le diabète alors qu’il s’agissait d’un coupe-faim ; elle devrait rappeler que toutes les indemnités qu’a déjà payées et que devra encore payer le laboratoire coupable à des malades non-diabétiques sont à reverser intégralement à la Sécurité Sociale.

  • Pauvre Simone Veil qui a pu constater une fois de plus le détricotage de sa loi sur l’IVG ; elle avait expressément prévu une période de réflexion pour les femmes désirant avorter. A abolir rugit Madame Rossignol qui probablement ne doit pas croire aux bienfaits de la réflexion.

     

2016, annus horribilis pour les femmes de pouvoir.

  • Atomic Anne, littéralement pulvérisée par toutes les erreurs de gestion qu’elle a commises pendant qu’elle gouvernait AREVA de sa poigne de fer ; sans compter les petits arrangements financiers du compagnon initié de ladite Anne Lauvergeon.

  • Dina Roussef, boutée hors du pouvoir sous motif des prévarications qu’elle a couvertes en compagnie de son mentor, Lula, le président des pauvres ; en fait virée pour avoir conduit son pays à la récession.

  • Park Geun Hye, en voie de destitution, après la découverte qu’elle était sous influence d’une aventurière corrompue et corruptrice ; en réalité repoussée par un pays exaspéré par sa conduite des affaires intérieures de la Corée.

  • Hillary Clinton qui a réussi à être battue à l’élection présidentielle américaine par le plus vulgaire de tous les candidats, malgré l’appui de la quasi-totalité des médias, et avec le plus gros des budgets de campagne ; faut-il qu’elle soit haïe, ou bourrée de défauts, ou incapable de susciter la moindre sympathie.

2016, année noire pour les femmes de parole.

  • Sophie Aram et Charline Vanhoenacker sombrent de plus en plus dans l’allusion à la petite culotte pour tenter de nous faire rire. C’était bien la peine de faire croire que des femmes d’humour allaient nous sortir de la gaudriole gauloise, ou du sous-entendu salace.

  • Léa Salamé n’a rien renouvelé dans ses interviews politiques ; comme son mentor, maintenant hors d’âge, Jean-Pierre Elkabbach, elle coupe la parole sans attendre la fin des réponses, elle pollue ses questions de ses attaches communautaires, elle pense que ses opinions ont une importance pour ses auditeurs. Comme vent frais sur les ondes, il faudra trouver autre chose.

  • Maylis de Kerangal fait virer de Gallimard Richard Millet qui avait qualifié le style de la donzelle de « barbe à papa idéologico-esthétique ». Elle récidive avec les autrices (ou auteuses, au choix) qui se sont, déjà fait remarquer dans leur soif de censure contre ceux qui les méprisent et le font savoir. Toujours ce front commun avec Ernaux, Desplechin, Delphine de Vigan et autres nombrilistes du business des bouquins ?

 

Chères femmes, il est temps de vous ressaisir. Arrêtez de porter sur le devant de la scène les plus médiocres de vos consoeurs. Si c’est pour répéter ce qu’ont tenté de faire les hommes depuis des millénaires, ce n’est vraiment pas la peine de proclamer qu’une nouvelle ère est arrivée avec la libération des femmes de l’oppression masculine.    

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Published by olivier seutet - dans portrait
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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 10:32

Rêvons de vérité. Faisons le vœu qu’enfin le mensonge se limite à la nécessaire pratique de la courtoisie. Imaginons que les propos fallacieux des hommes politiques soient punis : et une peine de carcan chaque fois qu’ils se permettront de vouloir piquer dans la poche des uns ou des autres sans justification sérieuse ; et une flagellation chaque fois qu’ils oseront reporter sur les générations futures les remboursements de leurs excès d’aujourd’hui ; et une condamnation à l’inéligibilité permanente pour tous ceux qui ont promis ce qu’ils savaient être infaisable. Que la vérité sorte enfin des bouches des faux prophètes, des vrais cyniques, des voleurs, des nomenclaturistes, des jacasseurs d’un prétendu bien public.

Que la vérité est belle à voir. Que la vérité est bonne à vivre.

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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 12:00

Bon Noël à tous. Noël, non pas une fête de solstice, ou un salmigondis de Saint Nicolas et de Disney, mais la naissance de Jésus, symbole de bonne nouvelle en ce monde. En ce jour d’espoir je laisse ces quelques nouvelles qui, pour moi, éclairent un peu, au milieu de tant de drames :

  • les combats ont cessé dans l’est d’Alep ; plus vite et moins cruellement que tous craignaient ?

  • le meurtrier de Berlin laisse une de ses pièces d’identité sur le lieu du crime ; bouleversé au point de rechercher son châtiment futur ?

  • Milan Kundera et Philippe Roth ont encore échappé à ce prix Nobel de Littérature qui a illustré tant de valeurs de Sully Prudhomme à Bob Dylan ; le bon goût reste en dehors des académies, même suédoises ?

  • L’espérance de vie a enfin diminué en France, a-t-on appris cette année, une première depuis des décennies ; enfin se modère l’acharnement thérapeutique et les souffrances qu’il engendre ?

  • Il neige sur les dunes du Sahara ; la beauté et l’inattendu ne sont-ils pas toujours au rendez-vous ?

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 15:20

Ils se prennent pour l’élite et nous l’assènent à répétition : ils déplorent qu’une majorité de crétins ait voté pour le Brexit ; ils sont ahuris que Trump ait pu convaincre tant de petits blancs sexistes, racistes, homophobes ; ils se déchaînent contre Poutine élu et réélu par une bande d’ivrognes ultranationalistes, contre Erdogan élu et réélu par une pléthore d’obscurantistes paysans anatoliens.

Ils nous bassinent avec leur intelligence modelée par l’esprit des lumières (lesquelles : celles de Rousseau ou celles de Voltaire ?), les valeurs de la République (lesquelles : celles de la Grande Terreur ou celles de l’obscurantisme franc-maçon), et surtout l’humanisme tout terrain qui roule en 4x4, se goberge de subventions et de dons, et confond agapé et égotisme.

 

Les nomenklaturistes de France-Inter, du Parti Socialiste, et du Monde ressassent à l’envi qu’ils sont les représentants de ceux qui comprennent les situations, qui respectent et analysent les faits, et par-dessus tout sont ouverts aux autres. Un mélange d’intelligence raffinée et d’un cœur immense, selon eux. Tous les autres sont à enfermer dans la cage aux phobies (homo, islamo, xéno, et tant d’autres), sont des nostalgiques d’époques révolues et souvent nauséabondes (conservateurs, réactionnaires, droite dure, ultra-droite, extrême droite, fachos), voire des réfractaires à la vérité (populistes, sceptiques de tout poil).

 

Problèmes :

  • leur haine du peuple (du bas-peuple) est incompatible avec leur furie de démocratie, de participation ;

  • leur dévotion pour toutes les cultures les plus primitives (des Nambikwara aux Inuit) ne fait pas bon ménage avec leur relativisme culturel ;

  • leur passion pour la libération des mœurs (en pratique limitée à une sexualité la plus débridée possible) s’accompagne d’un puritanisme étroit dès qu’il s’agit de liberté de penser .

 

Comment admettre que ces gens qui ne sont que contradictions, inachèvements de la pensée, incohérences, puissent prétendre être une élite. Ils sont tout au plus les employés du totalitarisme de la bien pensance, des tâcherons du mondialisme.

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 12:13

Jugement parfaitement absurde. La Cour de Justice doit juger des infractions commises par les ministres en exercice. Faire appel à l’ arbitrage, ne relève pas d’une infraction quoique en puissent penser toutes les juridictions assises ou debout. Il est possible qu’en l’espèce certains membres du tribunal arbitral aient été manipulés ou achetés par Bernard Tapie ; possible, mais l’affaire n’est pas jugée. Ne pas faire appel de la décision arbitrale n’est pas une infraction ; il a fallu aux juges trouver la notion de négligence pour tenter de trouver coupable Christine Lagarde. Notion parfaitement discutable lorsqu’elle est mise en œuvre par des députés et sénateurs dont personne ne trouve l’action politique diligente au cours de leurs derniers mandats. C’est la triste fable des aveugles guidés par un aveugle illustrée par Brueghel.

Jugement parfaitement cynique. Y ont défilé des témoins de haute moralité comme Bruno Bézard : nommé ministre conseiller pour les affaires économiques en charge de la Chine par Christine Lagarde, maintenant animateur d’un fonds d’investissement chinois ; le haut fonctionnaire qui s’offusque parce que l’on n’a pas suivi son avis sur l’arbitrage ; et alors ? il n’est qu’un exécutant et non pas un politique, ses avis sont consultatifs ; le haut fonctionnaire jaloux qui bave en permanence lors des audiences sur le directeur de cabinet de Lagarde : la classe ! Et puis le témoignage de Thierry Breton qui joue les professeurs condescendants pour définir comment lui a été « un très bon ministre des finances » ; il aurait pu aussi nous expliquer comment il avait été ce merveilleux dirigeant de Bull, puis de Thomson, puis de France Telecom, au grand dam des actionnaires et des salariés, un spécialiste dans le genre je laisse des boules puantes à mon successeur.

Mais dans le populisme ambiant, le seul sujet n’est pas pourquoi on traine Christine Lagarde devant une juridiction d’exception, pour la faire juger par d’obscurs députés, et la condamner à une faute de négligence pour avoir suivi l’avis de son directeur de cabine et non celui d’autres fonctionnaires ; non le seul sujet est pourquoi elle n’est pas au trou.

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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 16:45

Hurlements le samedi soir des viandes alcoolisées, rythme lancinant binaire des batteries antillaises, stridence des voix féminines qui agressent leur téléphone portable tout en se laissant pincer les fesses, vrombissement des pots d’échappement des motos puantes qui s’acharnent à zigzaguer entre les voitures ; dans le Paris nocturne le vacarme fait jouir les sourdingues.  

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Published by olivier seutet
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