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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 21:09

« Halte au fanatisme écologique », un article brillant, incisif de Pascal Bruckner est paru dans le dernier Figaro-Magazine en bonne feuille du livre qu’il vient de faire paraître.

La réponse de Nathalie Kosciusko-Morizet  tente de détourner  la charge  en feignant de croire qu’elle ne vise que des extrèmistes de l’écologie, ceux qui veulent faire de l’homme un intrus, une catégorie qui, selon elle, n’existerait quasiment pas en France. Aveuglement, autosuggestion,  électoralisme ?

-          Aurait-elle oublié ses lunettes et n’a-t-elle pas lu ce que rédigent les Verts sur leur site : « l’agriculture française produit trop », « l’agriculture française n’a pas vocation à exporter », « la loi érigera le bien être animal en principe de base », la « réduction drastique des insecticides et des engrais » sera  couplée à « l’interdiction des OGM » ; tout est prévu pour refuser d’affronter le nécessaires approvisionnements des milliards d’être supplémentaires que doit nécessairement accueillir  la Terre (ils sont en trop ? on leur préfère le bien-être animal ?)

-          Oublie-t-elle de lire le passage à 100% d’énergie renouvelable en 2050 inscrit au programme des verts grâce à l’extinction du nucléaire en 20 ans et l’abandon d’ici à cette date des centrales fonctionnant aux énergies fossiles ; si c’est un modèle français que devront suivre les autres nations ébahies devant tant d’audace, où sont les préoccupations de fournir une énergie suffisante à ceux qui n’en disposent quasiment pas aujourd’hui ? (Ils sont trop nombreux pour avoir tous le droit à une quantité d’énergie suffisante ?)

Après s’être esquivée sur  le sujet  elle accuse avec candeur Bruckner de scientisme, de sacralisation de la science ; la lecture de l’article ne le laisse pas supposer. Mais NKM prend la pose de la personne pragmatique qui sait utiliser la science à bon escient lorsque les applications lui paraissent bienfaisantes. Le malheur veut que la ministre se soit distinguée surtout par son obscurantisme sur au moins deux sujets :

-          Sur les OGM, en bloquant quasiment les chercheurs par des mesures extraordinairement contraignantes ; bel exemple de défiance envers la science ;

-          Sur les gaz de schistes, en refusant toute recherche exploratoire (avant même que l’on parle d’exploitation) ;  curieuse manière de ne pas croire en l’évolution possible des technologies.

NKM, soit drague purement et simplement les écologistes ou leurs sympathisants en leur donnant des gages, soit, n’est qu’une représentante de l’idéologie verte qui s’est introduite subrepticement  au sein du gouvernement . Dans les deux cas elle est disqualifiée pour répondre à Bruckner.

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Published by olivier seutet - dans environnement
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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 14:10

Aversion au risque, aversion envers l’industrie, égoïsme de clocher. Tous les ingrédients sont là dans le refus  des élus du Port de Bayonne d’accepter un nouveau trafic de nitrate d’ammonium transitant par le port de Bayonne depuis l’usine de Yara sur le site de Pardies.

Le site de Pardies (créé lors du développement du gisement de Lacq) est fragile face à la compétition internationale.  Après la fermeture des unités de Celanese, reste en activité l’unité de production industrielle de Yara occupant une centaine de personnes en direct. C’est vrai, ce n’est plus un site stratégique, mais lorsque l’on parle délocalisation tout compte.

Monsieur Grenet, député-maire de Bayonne, n’a rien à cirer que le nitrate d’ammonium transite par train jusqu’au port de Port La Nouvelle ; l’important est qu’il ne vienne pas dans son port. Monsieur Grenet n’a rien à cirer de quelques emplois dans un bassin déjà sévèrement touché ; l’essentiel  est de vivre de la rente du tourisme au pays basque.  Lorsqu’on consulte le site du port de Bayonne, il faut se contraindre pour ne pas hurler de rire : parmi les deux projets du port mis en exergue pour montrer la dynamique d’un grand port européen, on relève la création de pistes cyclables et zones boisées, et une route de contournement de la zone portuaire.  Pas de volonté économique, pas d’avenir industriel, aucun autre souci que celui d’ aménager au mieux une résidence pour personnes âgées.

Pour camoufler leur inertie et leur égoïsme, les élus locaux se drapent sur ces mêmes discours usés que l’on rencontre dès qu’un industriel veut développer une nouvelle activité : absence de transparence du projet, non respect de la population et des élus dans le processus de décision.  Les plus farouches défenseurs de la désindustrialisation, des élus verts, non seulement se rangent avec enthousiasme à la décision de refus du maire de Bayonne, mais de plus en rajoutent  dans l’hypocrisie en proclamant leur solidarité avec les salariés de Yara.

Cet épisode est un vivant témoignage de la difficulté de conserver nos industries en France. Hostilité des lobbies écologistes, indifférence des magistrats municipaux, absence de volonté forte de l’état. C’est contre cet état de fait qu’il faudrait lutter en renforçant le lien entre les recettes fiscales des communes et les résultats des établissements qui y sont installées (réforme à nouveau de la taxe professionnelle)  ; en diminuant l’emprise des associations dans les décisions  économiques (suppression par exemple des commissions Locales d’Information) ; en restaurant le rôle de protecteur de l’industrie des Directions Régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (modification de leurs missions qui se cantonnent quasi exclusivement à la biodiversité et à la prévention des risques).

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 16:30

Vive Pierre Charon. Personne dans le grand public ne le connait vraiment , moi comme tant d'autres. Mais son succès aux sénatoriales est un symbole extraordinaire de tout à la fois du rejet du sarkozysme et de ses équipes de courtisans dévaluées et de la force de la droite qui réussit à faire élire un représentant de ceux qui ont assuré sa victoire en 2007. Pierre Charon est le signal qu'il est possible de gagner à condition de se débarasser au plus vite des boulets qui encombrent le paysage : Nicolas Sarkozy et ses féaux les Hortefeux, Guéant, Morano, Djouhri, Bourgi qui défraient la chronique. Ceux qui ont mené sans conviction, sans persévérance, sans conviction des réformes inabouties, ont perdu leur crédibilité. Ceux qui n'ont pas su réagir devant la crise, après un succès tactique en 2008-2009 qui a camouflé l'inanité des solutions proposées, nous précipitent vers le désastre annoncé du déficit des finances publiques et du déficit de nos comptes extérieurs.

Merci à  Charon pour,comme le passeur homonyme de l'Achéron, avoir fait voir l'enfer de la défaite à ce président . A nous de trouver d'autres héros pour soutenir de meilleures causes.

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 16:04

Pourquoi Claire Chazal triomphe-t-elle encore sur les écrans et sur les ondes ?

J'écoutais sur Radio Classique son interview de Muriel Mayette ,le directeur général de la Comédie Française, Tous les poncifs nous furent servis avec l'application et avec l' insupportable sérieux d'un ramasseur de moto-crottes :

- que je m'extasie sur le côté "écologique et développement durable" de la structure en bois construite pour abriter les activités de la Comédie Française pendant les travaux de rénovation de la salle Richelieu;

- que je hurle d'admiration devant ce "lieu" sublime (nécessairement sublime) du 104, dont peu ignorent que c'est une coquille vide;

- que je sussure avec émotion les "difficultés pour une femme de s'imposer dans un monde d'hommes".

 

Mais son absence d'imagination se marie avec une imperturbable servilité qu'elle nous présente comme de la courtoisie. Pas croyable que personne ne fasse descendre de son petit escabeau cette pépertuelle cireuse de pompes. Pourtant son astiquage (des souliers naturellement) de Strauss-Kahn avait déjà soulevé une floppée de sarcasmes. Mais il faut croire que la souplesse de l'échine, la pauvreté du langage et l'inusable expression de compassion sont des atouts qui la font survivre.

 

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 15:29

Je suis allé voir hier au cinéma, le cochon de Gaza, une jolie fable au scénario improbable, décrivant les relations entre un pêcheur gazaoui qui a récupéré un cochon naufragé et une immigrée israélienne qui fait de l'élevage de porcs hors-sol. Un conte drolatique qui ridiculise les comportements hystériques induits par un interdit alimentaire sorti du fond des âges. Mais au-delà de la satire, pointe la critique des fanatiques du Hamas qui manipulent les crédules ou les faibles pour les embrigader de gré, voire de force, dans des actions terroristes; éclate le haut le coeur devant les attitudes arrogantes, sures d'elles-même de soldats et colons israéliens. Et derrière les extrèmistes grouille tout un petit peuple de commerçants, de  gamins, de pêcheurs arabes, d'appelés, d'agriculteurs, d'enfants israéliens qui vivent comme ils peuvent, haïssant l'autre plus par habitude et endoctrinement que par conviction.

Un éloge de la paix en filigrane qui fait contrepoint utile à la tribune récente du président du CRIF dans le Fiagro qui, lui, a malheureusement fait une critique implicite de possibles négociations. Au lieu de se pencher sur les peuples et leurs aspirations il pointe du doigt des assassins pour dénier aux autres palestiniens le droit à un état, Il oublie, au passage, les extrèmistes de son camp pour mieux stigmatiser ceux d'en face. Il se focalise sur le droit à Jérusalem d'Israël, omettant la légitimité des deux autres religions du Livre de revendiquer ce lieu pour leur culte. En quelque sorte il proclame d'avance l'inutilité des négociations entre parties raisonables puisqu'il ne peut y avoir d'entente entre les exaltés des deux parties.

Le cochon de Gaza exprime plus d'humanité et d'espoir.

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 15:57

Oui, il faut s’émouvoir de la relaxe demandée par le parquet dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. 

Celà s’appelle faire perdre à la justice sa cohérence : faut-il demander à la Mairie de Paris de rembourser à l’UMP et à Monsieur Chirac les sommes qu’elle reçut naguère ? Faut-il demander qu’Alain Juppé soit rejugé afin qu’il soit absous ? Les procureurs existent-ils pour sauver la mise d’un ancien président  de la République ?

Oui, il faut s’émouvoir de constater que sur des médias télévisuels se présentent des gens qui affirment l’un qu’il a été le transporteur de l’argent de la corruption, l’autre qu’elle a failli être violée, tout en précisant chacun qu’ils n’ont pas d’autres preuves que leur parole et d’autres motivations que leur désir de moralisation. Les journalistes existent-ils pour propager des rumeurs ?

Jacques Chirac , Robert Bourgui et Tristane Banon sont les derniers emblèmes de ces torsions que subissent la vérité pour des raisons qui ne sont pas d’état. Les pratiques chiraquiennes ont été tellement étalées qu’une condamnation ne changerait guère l’opinion que l’on peut avoir de ce triste sire, alors à quoi bon tenter de le disculper. L’accès de sincérité qui prend à la gorge l’avocat  Bourgui au mieux intrigue, au pire relève d’une manipulation à l’encontre de quelques personnes choisies, alors pourquoi l’aider dans sa manœuvre nauséabonde. L’attaque de Banon contre un homme à terre rappelle la sinistre mémoire des tricoteuses de la Révolution, faut-il donc hurler avec la louve.

L'énigme n'est pas que le mensonge existe, mais qu'il fascine les politiques et les médias.

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 10:37

Parmi les six personnages en quête de suffrages pour les porter à la présidence, vus hier sur Antenne2, la distinction s’est faite entre quatre zombies qui jouent un personnage :

-          Hollande le presque désigné, professoral et apte au compromis

-          Aubry la teigneuse, qui se rebelle contre le maître

-          Royal sur son petit nuage d’ancienne candidate à la présidence et de reine du chabichou

-          Baylet l’humaniste partisan de l’euthanasie et de la légalisation des drogues douces ;

Et deux qui seuls ont tenté d’exprimer une régénération de ce que pourrait être la gauche du futur.

-          Valls, imperturbable dans son soutien aux propositions jadis exprimées par Strauss-Kahn, véritable représentant d’un corpus d’idées cohérentes alliant la rigueur financière, la rigueur régalienne (sur l’immigration, sur les drogues), avec les nécessaires utopies portées par la gauche ;

-          Montebourg, malheureusement handicapé par un format d’émission qui ne lui permettait pas de mettre en valeur toute la richesse des opinion non-conformistes qu’il porte sur le futur de l’Europe, de l’Euro, des termes de l’échange, les délocalisations.

Il faut dire que les questions des journalistes n’encourageaient pas de réponses originales :

-          Le déficit commercial actuel de la France (qui est plus au centre du débat peut-être que le déficit des finances publiques) n’a pas été l’objet d’une seule question, et n’ a été abordé que par raccroc par, je crois me souvenir, Montebourg;

-          Le pouvoir d’achat dans les différents scénarios envisageables de notre futur économique non plus;

-          La résorption du chômage ne fut citée qu’à l’occasion de mesures circonstancielles du style emplois aidés.

Je trouve que les commentaires sur cette prestation de la bande des quatre ne sont pas assez acerbes. Pourvu qu’un deuxième tour des primaires nous permette de voir s’affronter Valls et Montebourg.

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Published by olivier seutet - dans politique
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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 15:01

Comme dans toute grande crise, les gouvernants qui n’ont su ni l’anticiper, ni savoir comment réagir, ni proposer une sortie à long terme seront mis au placard. Ce sont ou des nouveaux venus, ou des marginaux des anciennes  majorités qui seront installés au pouvoir. Les erreurs de jugement  de Nicolas Sarkozy depuis 2008 et l’éclosion de la crise, sa stupeur actuelle, son incapacité à sortir un projet qui ne se limite pas à la recherche de consensus mous, me font penser à l’itinéraire d’un Neville Chamberlain, ou d’un Guy Mollet ; Le mutisme des socialistes sur le tsunami de l’endettement public (qui est la conséquence du tremblement de terre provoqué par la crise de 2008) convainc tous les commentateurs ou qu’ils n’ont pas pris la mesure des évènements ou qu’ils sont scotchés sur leur course au pouvoir ; ils seront, si la détestation du pouvoir actuel se prolonge les Paul Reynaud ou les Pflimlin de l’année à venir.

L’espoir est que se lève dans les rangs des partis démocratiques, ce marginal qui aura assez de charisme pour proposer des idées et oser les mettre en application.  Mais on ne distingue pas encore la silhouette de celui qui surgira. Qu'il se dépêche.

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 15:28

Rosanvallon nous livre des analyses pertinentes pour conclure sur un truisme : il faut plus de solidarité sociale.  Je trouve de mauvaise foi de faire de cette conclusion un apanage des idées des Lumières et de la Révolution de 1789. Tout régime qui se respecte a le souci d’assurer une certaine cohérence sociale ; certains y portent plus d’attention que d’autres ; certains la négligent trop et se trouvent en proie à des mouvements révolutionnaires.

Et quand il faut trouver des solutions pour mieux assurer une solidarité entre citoyens, de toute évidence mise à mal, ce que peu contestent, il nous ressert le plat de l’état bienfaisant qui construit des routes, entretient des écoles, paie des maîtres. Je trouve particulièrement étrange de la part d’un historien d’être aussi aveugle aux leçons du XXème siècle :  l’étatisme triomphant s’est fourvoyé au moins trois fois :

-          avec le bolchevisme pour travestir une idée généreuse en un asservissement au profit d’une nomenklatura,

-          avec les fascisme, sans qu’il soit nécessaire de commenter,

-          avec l’état providence qui à partir d’un corpus d’idées et de propositions équilibrées forgées par les expériences passées et au sortir de la plus abominable des guerres s’est fourvoyé dans la protection exacerbée de certains au détriment des plus pauvres (les chômeurs sans droits, les handicapés, les immigrés)

L’état providence, aux abois, vivant à crédit, ruiné, est si  souffreteux qu’il risque de contaminer l’existence  et l’idée même de démocratie. Et c’est à ce grand malade que Rosanvallon voudrait confier notre sauvetage. Il conviendrait d’abord de soigner l’Etat, lui redonner les frontières qu’il n’aurait jamais dû dépasser, redéfinir et restaurer ses fonctions régaliennes, l’empêcher de vouloir tout régenter sur le plan des moeurs, des libertés, lui faire abandonner sa culture des avantages acquis au profit de l’esprit d’entraide des véritables malheureux, désenchantés de la vie, abandonnés de la culture, victimes non pas des puissants mais de l’indifférence de leurs voisins.

Oui, je m’indigne de retrouver encore de ces  vieux discours de savoir s’il faut être libéral ou étatiste, s’il faut être des Lumières et des forces du Progrès, ou bien représentant du conservatisme et de la réaction. Je m’indigne de ces éternelles références à des passés qui n’ont rien de glorieux.  S’il faut chercher ne serait-ce pas, au vu des analyses de Rosanvallon, de trouver ce fragile équilibre qui fait que l’état est fort et que les citoyens sont responsables ; que l’état est efficace et que les citoyens aient du travail ; que les gouvernants soient représentatifs, non pas d’une diversité (hommes/femmes, petits/gros, blonds/bruns) qui se complaît dans des signes physiques, mais dans la variété des statuts sociaux.  

Je m’indigne, Pierre Rosanvallon, que vous ayez si mal travaillé vos conclusions.

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 10:58

Les impérialismes du conformisme ont toujours existé. Celui de notre temps est de classer toute opinion, tout jugement en deux catégories : les conservateurs (traditionalistes, réactionnaires, populistes), et les progressistes (humanistes , républicains, démocrates).  Ce distinguo peu subtil s’est appliqué à ce que l’on pouvait penser de l’introduction des « gender studies » dans des cours à vocation scientifique : combattre cette nouveauté relève de l’intolérance, voire de l’homophobie. Dans la fureur de rencontrer une opposition à la propagation de cette théorie, ses tenants oublient de préciser que leurs opposants ne s’opposent pas à son enseignement (dans un cours de philosophie) mais à sa présentation comme une matière scientifique. Dans la terreur d’apparaître comme des rétrogrades qui ne s’autorisent pas une pratique entièrement libérée de la sexualité, ils cataloguent tous ceux qui pensent autrement dans les deux catégories (pourtant inconciliables), des « peine à jouir » (ceux qui croient en la vertu de l’ascèse ou du contrôle de ses pulsions), ou des machistes hétérosexuels qui refusent d’admettre d’autres pratiques que la leur.

L’intolérance n’est pas de contester une théorie, ou alors le doute socratique n’est plus d’actualité.  L’intolérance est de refuser le combat. Car, il y combat, que je crois fondamental, entre ceux qui veulent instiller leur théorie à des enfants à l’esprit malléable en prétendant les éduquer au nom du scientisme, et ceux qui pensent que la tolérance passe par la critique permanente, acharnée de toutes les idées, et plus particulièrement de celles qui ont germé loin de nos esprits : « la théorie du queer », comme celle du créationnisme ; deux approches forgées aux Etats-Unis dans les milieux  religieux fondamentalistes ou New Age ou dans les cercles Tea Party ou féministes.

Toujours cette hâte de propulser au firmament des nouvelles convictions, le dernier produit importé au détriment de toute analyse pondérée. Décidément je maintiens qu’il n’existe d’autres lieux que des cours scientifiques pour adolescents pour discuter, critiquer, contredire les « gender studies ».

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Published by olivier seutet - dans éducation
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