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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 11:25

Avec les aides successives et inopérantes pour colmater le gouffre de la dette grecque, la double peine est acquise : vos impôts augmentent et votre capital (pas nécessairement gros) s’est amoindri. Et l’on peut déjà anticiper une aggravation des sanctions. Les consensus gouvernementaux nous incitent  à  partager les fautes des autres, au nom de la solidarité et/ou pour nous sauver nous-mêmes.

Le problème est que la solidarité a pour, principe d’aider les accablés du destin ou les pêcheurs repentis. Or, pour l’instant, l’impression nous est donnée que les grecs après avoir vécu dans l’insouciance (ce qui n’est pas un crime, mais ne relève pas de la force du Destin), tentent de laisser le poids des efforts aux plus pauvres (les ilotes ?) ou à l’Euroland (les barbares ?) ; il serait temps qu’ils s’appliquent  le précepte socratique « connais toi toi-même » pour en arriver à la conclusion aides toi toi-même.

Quant à nous sauver nous-mêmes, la question a déjà reçu une réponse : il serait plus simple et moins couteux de recapitaliser les banques détenant des obligations  de l’état grec. Mais nos gouvernants sont terrorisés par les dettes d’autres pays qui n’ont ni la même origine, ni la même ampleur, ni le même risque de non-remboursement. Au nom de quelle précaution faut-il abandonner tout esprit d’analyse ? Au nom de quelle absence d’imagination faut-il laisser croire que les problèmes du Portugal, de l’Espagne, de l’Italie, de la France sont assimilables aux difficultés de la Grèce ; chacun a vécu au-dessus de ses moyens c’est le seul point commun ; aucun n’ a de structure économique comparable ; aucun n’a la même démographie. Il serait avisé que chaque pays retrouve en lui les forces nécessaires pour corriger les erreurs du passé et refuse de se laisser entraîner par le chant du joueur de flutte de la petit ville allemande d’Hamelin.

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 10:30

Je ne savais pas qu’il était ignoble de dire de quelqu’un qu’il était coréen parce que né en Corée.  J’ignore s’il est atroce de dire que quelqu’un est allemand parce que son père est allemand. Je ne devine pas s’il est injurieux de dire que quelqu’un est norvégien parce qu’il a aussi la nationalité norvégienne. J’aime à me dire moi-même fassi (né à Fez), et ce n’est pas par le goût de l’autoflagellation.

Il est étrange de croire qu’un adjectif puisse être offensant parce qu’il retrace une réalité. Pourquoi vouloir gommer à tout prix une origine, un statut, une expérience, une tranche de vie. A quoi rime cette tendance forcenée à croire qu’être français est binaire (on est ou on n’est pas en fonction d’un petit bout de papier produit par une administration). Certains sont plus français que d’autres parce qu’ils ont vécu plus d’expériences en France que d’autres : pour ma part, je me sens plus méditerranéen que d’autres pour avoir vécu une enfance sous des cieux maintenant étrangers ; je trouve moins de racines dans un terroir hexagonal que certains qui y sont nés, y ont fait leurs études, y ont gardé une maison, y retrouvent leurs camarades ; c’est un sentiment qui inspire parfois de la mélancolie de ne jamais se sentir complètement chez soi, mais qui est source aussi de fierté pour avoir connu des pays et des cultures autres.

La réaction de Vincent Placé est absurde. Elle traduit une absence d’ouverture d’esprit étonnante de penser qu’il est porteur de stigmates pour être né en Corée et avoir été adopté. Elle traduit un besoin politicien de tenter d’introduire des idées de racisme à tous les échelons de la discussion pour faire du buzz autour d’un propos qui est au plus inapproprié (on ne voit pas en effet ce que la Corée vient faire dans la définition d’un programme politique). La censure se définit comme une technique d’interdiction de propos qui contreviennent à une doxa. Nous y sommes en plein : la rationalité a perdu ses droits au profit de l’impression.

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 17:26

Tout le monde se focalise sur le déficit budgétaire en s’alarmant sur le niveau des dettes publiques calculé en % du PIB. D’abord, le PIB est un instrument approximatif qui ne représente la réalité que de très loin en survalorisant toute sous-traitance, et en sous-évaluant toute autoconsommation. Il est de plus exprimé dans la monnaie du pays concerné et donc pas nécessairement dans la monnaie des emprunts. De plus on ne comprendrait pas de laisser de côté la dette privée. Il serait étrange de bâtir une règle d’or à partir d’un instrument aussi contestable.

Les inquiétudes des créanciers ont trouvé leur origine dans la mauvaise gestion économique des pays emprunteurs constatée par le creusement de leurs déficits commerciaux. Ceux-ci sont la mesure brutale non pas seulement du dérèglement financier, mais beaucoup plus concrètement de la désindustrialisation, et de la délocalisation des services. L’origine de ces pertes de substance est  certainement à trouver pour partie dans des dumpings de quelques pays (social, environnemental, monétaire), mais aussi dans l’inefficacité de la gouvernance publique des pays occidentaux. La source de nos maux n’est pas que le fait de pays cyniques qui abusent des règles de libre-échangisme commercial et financier. Elle provient aussi de l’hypertrophie d’états qui ont brouté la laine sur le dos des producteurs. S’il faut pourfendre l’ultra-libéralisme qui a ouvert nos frontières à des produits et services bas de gamme, et à des capitaux errants, il faut également s’attaquer à l’ultra-étatisme qui  sous couvert de « principe de précaution », de « sécurisation » conduit à une mise en tutelle de tous les citoyens, la prolifération de l’esprit de rente (pour ceux qui en bénéficient et qui s’y accrochent) au détriment du développement de l’esprit d’entreprise et d’audace.

In fine, les problèmes à résoudre paraissent bien étrangers à nos gouvernants. Ils ne paraissent intéressés que par la fuite en avant : plus d’impôts pour colmater les déficits, plus de règles budgétaires européennes pour continuer d’emprunter, plus de sauvetage de pays au prix de récessions insupportables à moyen-terme, plus d’ententes et de compromis avec les pays les plus cyniques (avec l’Allemagne pour l’euro, avec la Chine pour l’OMC , avec les Etats-Unis pour les mouvements de capitaux, etc…). Le problème de la fuite en avant à toujours été soit que l’on s’essouffle, soit que l’on trébuche. Il vaudrait mieux faire face maintenant et parler d’une part taux de change, contrôle des mouvements de capitaux, d’autre part dégraissage du mammouth (pas seulement celui de l’Education Nationale).

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 11:49

Déjà montent les dithyrambes vers Nicolas Sarkozy pour avoir gagné la guerre contre la Lybie . Mais une guerre est chose trop sérieuse pour être le fait d’un homme ; nous ne vivons pas dans une légende épique dans laquelle sont racontés avec complaisance les exploits du héros ; une guerre est le fait d’un peuple (qui n’a pas été consulté, qui n’a manifesté aucun intérêt), mandatant son représentant pour protéger sa sécurité (qui était moins mise en danger récemment par Khadafi, qu’elle ne le fut il y a quelques années) ; nous ne vivons pas dans un empire orgueilleux de faire prévaloir ses intérêts par la force dans les pays aux alentours (quels intérêts d’ailleurs ?  des contrats pétroliers ?). La guerre de Nicolas Sarkozy est motivée officiellement par la volonté de propager une idéologie sympathique (celle des droits de l’homme et de la démocratie), profondément enracinée dans nos pays mais dont il n’a jamais été démontré qu’elle suscitait l’intérêt des masses libyennes.  Vieux péché de l’Occident de vouloir couvrir ses actions du manteau d’une idéologie de bonté : ce fut l’Empire Romain qui conquit tout l’espace méditerranéen pour protéger la paix, car il était interdit par la religion et la tradition romaine de faire des guerres d’aggression ; ce fut l’épisode des Croisades, pendant lesquelles la charité du Christ servit de prétexte à la suracitivité de jeunes avides de gloire ; et encore la conquête des Amériques où la chasse aux métaux précieux fut couverte du voile de la conversion des autochtones. Et, naguère l’épopée coloniale voulant porter les lumières et notre technicité à l’ensemble de la planète.

A vouloir lancer une guerre idéologique, si je comprends tactiquement gagnée, au nom de nos valeurs, de nos déclarations, de nos coutumes, nous avons certes anéanti un dictateur, mais dans quelle stratégie : l’abrogation de toutes les dictatures sur la terre, l’imposition de la démocratie à l’occidentale dans un pays arabe, la liberté de parole mais aussi de croyance, de mode de vie dans un pays musulman ? A poser ces questions, on se rend compte que la stratégie n’est pas au rendez-vous, et qu’il ne sera jamais question, qu’il n’a jamais été question de « libérer » les peuples musulmans de Libye. La victoire va sans doute se transformer en un simple putsch réusssi grâce à la main de l’étranger ; nous ne sommes ni en Tunisie avec un long passé d’acclimatation avec nos moeurs et qui peut évoluer vers une convergence avec nos systèmes politiques, ni en Egypte qui peut se targuer d’avoir quelques ilôts de population accessibles à nos idées. Nous sommes entrés dans un pays tribal, comme en Afghanistan, encore plus qu’en Irak, et la victoire d’un clan sur un autre ne peut être un but de guerre.

Après les rêves, provisoirement aboutis, inévitablement va venir le temps des déceptions : reprise en main de la situation par les pays arabes au travers de la Ligue Arabe, reprise des contacts par les mouvements islamiques déjà annoncée par le message amical des dirigeants iraniens au rebelles lybiens. Après la gloire née de la résurrection de l’OTAN, va venir l’analyse de l’impuissance européenne qui s’est retrouvée dépendante de l’organisation américaine pour mener cette petite action militaire, qui a constaté l’exiguité de ses forces tant en moyens de communication et d’appui qu’en quantité de munitions. Il est apparu clairement au monde que La France et la Grande-Bretagne n’étaient pas capables de mener une action d’envergure sans l’appui implicite des Etats-Unis (la leçon avait été donnée jadis lors de ‘expédition de Suez, et depuis la situation de ces deux puissances s’est encore détériorée). Après les cris et les rires d’une diplomatie humanitaire aux objectifs court-terme (jugeons la tribu Khadafi) va venir les pleurs et les grincements de dents de l’impuissance long-terme à transformer un pays de rentier maintenu dans l’obscurantisme.

La mondialisation de la diplomatie, appliquée par notre gouvernement (il faut intervenir partout où nous le pouvons, après avoir reçu une approbation onusienne ou américaine) porte les germes de désastres futurs faute de moyens, faute d’objectifs explicites, et pour se fier uniquement à l’intuition : cefut, jadis, la triste histoire de Napoléon III et de ses actions en faveur de l’unité de Italie, et de la libération du Mexique, une litanie d’erreurs commises au nom des bonnes intentions et des bons sentiments.

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Published by olivier seutet - dans monde
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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 09:59

Où s’est enfuie cette chienne de canicule ? Les températures du mois de juillet ont été en-dessous des normales saisonnières de la période de référence 1971-2000 (et ça continue au mois d’août). C’est comme le chien de Jean de Nivelle : plus on en parle moins on la voit.

Qu’est devenue l’omniprésente sécheresse ? Il a rarement autant plu qu’en ce mois de juillet (et la tendance est stable pour le mois d’août). A croire qu’à force de l’annoncer  elle a pris la poudre d’escampette.

Il est aisé de se moquer des prévisions, surtout lorsque le temps a pu permettre de constater leur inanité. Mais on aimerait quand même que les météréologues alarmistes, ministres prophétiques, et experts inexperts viennent un jour nous faire part piteusement de leur absence d’intuition ; qu’ils s’avancent sur le devant de la scène pour faire leur acte de contrition : « Oui, nous avons péché contre la vérité, nous avons dit des sornettes pendant tout le printemps en annonçant des records de canicule pour l’été, nous avons cédé à la facilité de croire que l’avenir n’est que la poursuite des tendances de l’instant, nous avons été orgueilleux de prétendre maîtriser le futur alors que nous sommes incapables d’analyser le présent ».

Et il serait bon que les Cassandre de tout poil viennent proclamer leur acte de repentance , non seulement pour la météorologie, mais aussi pour leurs prévisions de croissance économique, pour leurs anticipations sur le taux de chomage, pour leurs évaluations du déficit budgétaire, etc… etc…. Que revive l’humilité chez tous ceux qui veulent nous guider.

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 10:50

Que Didier Eribon et Elza Dorlin s’intérèssent, étudient, parlent, écrivent sur l’hermaphrodisme, dans l’histoire, dans la société actuelle, comme concept, comme objet d’étude scientifique, fait partie de la curiosité naturelle qu’entretiennent tous ceux qui veulent élargir le champ de nos connaissances. Le bât blesse lorsqu’à partir d’une anomalie ils entreprennent de dégager des lois qui concerneraient ceux qui ne sont pas porteurs de l’anomalie : là ils sortent du domaine de la logique pour s’engager dans celui de la supposition. Ils sont, pourquoi pas, libres de lancer des hypothèses, ils ne sont pas autorisés à déclamer qu’ils sont porteurs d’une vérité nouvelle du style de la proclamation de Didier Eribon : « On ne nait pas femme, on le devient » ou de celle d’Elza Dorlin : « L’identité sexuelle est sociale ».

Et pourtant c’est avec des mots tranchants qu’ils qualifient tous ceux qui refusent d’envisager leur hypothèse : traditionnels, oppresseurs ; leurs opposants sont des adversaires d’une démocratisation des esprits ; une contestation de leur théorie s’apparente à une injure.

Pour en arriver à une telle intolérance, ils usent de deux procédés classiques dans la manipulation : le premier est d’habiller leur thèse d’une aura de scientisme, le second est d’omettre les réalités qui gêneraient leur démonstration. Le scientisme, de leur part, consiste à étayer leur thèse sur la biologie de l’hermaphrodisme : de l’existence incontestable d’anomalies génétiques, ils glissent progressivement sur l’idée que ces anomalies sont largement répandues à partir d’études tellement parcellaires qu’elles n’ont aucun intérêt statistique, puis généralisent en contestant la dichotomie masculin/féminin au prétexte que ce serait une distinction inopérante  puisque l’on ne serait pas capable de certifier qu’un homme est véritablement un homme ou une femme réellement une femme. La technique de l’omission est patente : jamais ils ne parlent de la reproduction (ils ne la citent curieusement que pour faire allusion à la procréation médicalement assistée) qui est pourtant l’essence de la distinction des genres dans dans tout le règne animal et végétal.

L’inconfort que l’on ressent en les écoutant est que la logique qu’ils martyrisent n’est en fait qu’un outil de propagande au service de causes qui les concernent : les mouvements homosexuels (pour les hommes) et lesbiens (pour les femmes). Il est rigolo, en passant de constater l’identité sexuelle affichée de ces deux mouvances, malgré une association de circonstance pour tenter de porter sur la place publique leurs problèmes d’identité. L’inconfort devient une gêne profonde lorsqu’une radio de service public se prête au jeu de leur laisser la parole, sans qu’aucune contestation ne leur soit apportée : ce n’est plus une émission, c’est une tribune pour mouvement folklorique.

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 17:39

Son intervention dans l’émission de France-Inter « Fait-il bon d’être fonctionnaire » fut percutante. Elle est stigmatisée (dans l’émission, puis dans les commentaires) comme ultra-libérale alors qu’elle ne fait que défendre l’idée d’un service public plus ramassé et plus efficace autour de ses fonctions essentielles . La mauvaise foi de ses interlocuteurs est de faire croire que la bonne exécution de missions de service public est liée à un statut exorbitant du droit commun. Ce statut n’avait jamais prévu lors de sa création et de son vote les deux caractéristiques de l’emploi à vie et de la non-sanction des insuffisances, et c’est pourtant là-dessus que se battent les thuriféraires du Service Public.  Pour se faire ils partent de trois principes :

-          le principe d’égalité qui postule que l’on entre et on progresse dans la fonction publique en fonction de ses capacités, principe géré par l’instauration de concours

-          le principe d’indépendance du fonctionnaire vis-à-vis du pouvoir politique comme de l’arbitraire administratif

-          le principe de responsabilité qui suppose que chaque agent public doit rendre compte de son administration

 

Sur la base de ces trois principes, ils concluent que le fonctionnaire acquiert son grade sur examen (hypothèse du talent), que sa carrière doit être indépendante des pressions et donc gérée à l’ancienneté (hypothèse de l’expérience), et qu’il n’a de compte à rendre qu’au public (hypothèse de la démocratie directe). Or chacune des hypothèses qui justifie l’emploi à vie (devenu emploi sur titres), la non-évaluation (devenue indépendance vis-à-vis des petits chefs) et la non-sanction (devenue inutile du fait de la dévotion au service public) est sujette à caution :

-          les exploits d’un jour lors d’un concours ne garantissent en rien la nécessaire mise à jour des connaissances

-          la non-évaluation sert surtout de couverture aux paresseux, incompétents et autres acariâtres pour continuer leur œuvre de désolation à l’abri de ceux qui oeuvrent pour de bon

-          la non-sanction fortifie les profiteurs du système au dépens de ceux qui se donnent à leur tâche et subventionne à titre viager des incapables.

 

Tant d’évidences ne lassent pas les trompettistes de l’apologie du « statut des fonctionnaires ». Ils vont même plus loin, et suivant l’adage « plus on est de fous, plus on rit » ils ressassent leurs éternels gémissements sur le manque de personnel, en omettant soigneusement tout commentaire sur l’absentéisme record, les emplois de complaisance des administrations territoriales et les innombrables heures de délégation. Ils en arrivent aussi à interdire les critiques contre leur corporation au prétexte qu’il ne faut pas dresser une France contre une autre (pourquoi ne pas faire une loi prohibant l’incitation à la haine contre le service public ?). Tant que le gouvernement, et le parlement seront entre leurs mains (au moins sou leur contrôle), il ne faut malheureusement guère espérer de progrès.

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 20:27

Conférence du directeur général adjoint de l’ADEME, Xavier Lefort,  sur la foi et le développement durable : pourquoi pas ? J’y suis allé.

Autant me parût claire sa présentation de la position actuelle de l’église qui insiste sur la sobriété (attitude de respect de la nature incompatible avec  la surconsommation, lutte contre l’hédonisme qui n’est qu’une forme d’égoïsme éloignée de toute préoccupation métaphysique), et sur la solidarité (qui est le fondement même de l’attitude chrétienne face aux autres).

Autant son lien avec le développement durable est entaché d’artifice : il nous présente comme une attitude scientiste tout ce qui ne correspond pas aux recommandations du GIEC. Je crois exactement le contraire : ce qui relève de l’attitude scientiste est de faire fond sur un seul rapport, sacralisé, non soumis à critique, Ce qui relève de l’attitude du philosophe chrétien est de penser que la Nature est généreuse, multiple, complexe, non maîtrisable in fine par l’homme.

Il nous dit que le chrétien doit se comporter en bon intendant de la planète qui lui a été confiée ; cela ce souffre guère de contestation ; l’artifice est que le bien est défini comme le recueil de conclusions d’un comité d’experts ; le bon gestionnaire serait celui qui applique les directives et lois promulguées par des gouvernements impressionnés par les scénarios catastrophes élaborés par ces instances. Là le bât blesse sérieusement : la légitimité ontologique d’un groupe d’expert souffre discussion. Le climato sceptique n’a pas à être convaincu par des bonnes paroles issues d’un raisonnement unidirectionnel ; Il n’a pas à suivre à l’aveuglette des principes non scrupuleusement démontrés ; il n’a pas à suivre l’opinion des autres sous le simple prétexte qu’ils représentent les puissants.

Il nous assène que la solidarité doit être mondiale et intergénérationnelle. Qui en doute ? AU nom de quelle logique cela conduit-il à faire croire que nous sommes enfermés dans une nasse qui, bien entendu, n’a qu’une porte de sortie : le développement durable, analysé artificiellement comme instrument de la lutte contre les dérèglements climatiques provoqués par l’activité humaine.

La contestation par un intervenant de ce fatras d’idées qui traînent partout fut écartée d’une chiquenaude avec un regard de commisération. La pensée d’état, proclamée par un de ses serviteurs devient acte de foi : il ne s’agit plus de remettre en doute le scénario catastrophe qui nous guette si nous ne suivons pas les recommandations du protocole de Kyoto ; il n’est pas convenable d’hésiter devant le cause anthropique de l’effet de serre ; il est incongru (hérétique ?) de se poser des questions sur les éoliennes, l’utilisation de la biomasse, les problèmes de fabrication des batteries, et autres vérités issues du corpus de l’ADEME.

Je suis sorti de cette conférence en pensant que le développement durable, tel qui était entendu par l’ADEME, Le Ministère de l’Ecologie, n’était qu’un simple ramassis de croyances qu’un état obsurantiste tente de légitimer et de faire durer à coup de décrets et d’endoctrinement.

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 11:02

La spéculation n'est pas le fait de l'existence de marchés (les différentes bourses étant ces marchés) mais de l'absence de règles saines de fonctionnement de ces marchés : quels produits ? dans quelles conditions ? entre quels acteurs ?

Un marché est surveillé par des autorités régaliennes afin d'éviter que des produits illicites soient échangés, afin de s'assurer que des procédures de saine concurrence soient respectés, afin que les acteurs qui interviennent soient solvables.

Tous le marchés de gré à gré sur les produits financiers devraient être prohibés à tous les acteurs faisant appel à l'épargne individuelle afin au moins de remettre sous le regard des autorités les transactions pouvant avoir des conséquences sur l'épargne publique. Déjà le problème serait cerné.

Sur ces marchés, il serait urgent de revenir à quelques règles simples :

- un fixing journalier par Bourse (il aurait au moins deux mérites : une limitation de l’impact des rumeurs de marché propices aux arbitrages purement spéculatifs, une limitation des possibilités des programmes automatiques d’ achat et surtout de vente)

- une interdiction des ventes à découvert (outil absurde de vente de ce que l’on ne possède pas, ou que l’on ne possède pas encore : l’intérêt économique de cette option est énigmatique)

- une obligation de livraison du physique à l'échéance (là encore il s’agit de reconnecter marché physique et marché papier, afin de’éviter la prolifération d’acteurs qui au pretexte de fluidifier les marchés les transforment en des lieux de pure spéculation qui déconcertent les acteurs présents sur le marché physique )

Toutes les bourses sont utiles si elles favorisent la liquidité entre instruments financiers (actions, obligations, produits de couverture de risque). Ce qui est nocif est l'utilisation de ces marchés ou de manière dévoyée (programmes de gestion automatisés, ventes à découvert) ou par des acteurs qui n'on rien à y faire (banques de dépôt, fonds qui n'ont pas d'activité physiques, etc...). C'est bien le rôle des autorités régaliennes, depuis la nuit des temps, de promouvoir les marchés tout en les surveillant étroitement. La difficulté actuelle est d'organiser la régulation sur des espaces économiques suffisamment vastes pour qu'elle soit efficace : l'Europe pour une fois pourrait servir à quelque chose. Il faut coordonner les politiques régaliennes des différents états pour qu’ils tentent de reprendre le contrôle sur des outils qui leur échappent complètement ; il faut que les états fassent en sorte que les acteurs économiques non purement financiers retrouvent un minimum de sureté dans leurs transactions.

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 10:02

J’ai toujours trouvé que le suffrage universel manquait de subtilité. Il fallait, certes, accorder le droit de vote à tous sans exceptions (il a quand même fallu attendre 1945 pour le donner aux femmes) au nom de l’égalité des droits en théorie et au nom de la paix sociale en  pratique. Mais en réalité, ce droit de vote laisse tomber ceux qui vivent en France sans avoir la nationalité française tout en y étant durablement implantés. Ce droit laisse perplexe ceux qui ne s’abstiennent pas, qui participent aux scrutins régulièrement, mais comprennent qu’à la fois ils ne représentent pas grand-chose au niveau de leur vote individuel et en même temps que la masse des votes de ceux qui professent la même opinion n’est que peu représentative.

Il y aurait en France 44 millions d’inscrits sur les listes électorales. Il existe peut-être 10% de français non inscrits : soit environ 4 millions de personnes. Il existe peut-être 2 millions de personnes vivant depuis longtemps sur le territoire français sans avoir la nationalité française. A chaque élection quasiment 20% du corps électoral ne vote pas, soit environ 4 million de personnes. A chaque élection environ 1 million n’expriment pas leur vote quoique en déposant un bulletin (vote blanc, vote non valide). Donc en reprenant les chiffres sur un total de 50 millions de personnes participant à la vie de la nation, il n’existe en fait que 34 millions d’électeurs exprimant leur opinion. Lors d’une élection, quand un parti (ou une coalition, ou un candidat) recueille plus de 50%  et se vante d’incarner tous les français, il n’est que le représentant de fait souvent  de 17 millions de votants (ou 18 millions ou 16 millions en fonction du taux d’abstention) soit 34% de tous ceux qui seraient aptes à exprimer une opinion. Ce simple chiffre donne la mesure du problème de la démocratie représentative. Comment oser se vanter d’un consensus en oubliant deux personnes sur trois. Les chiffres sont encore plus cruels quand on pèse le poids d’un candidat au premier tour d’une élection présidentielle, ou d’un parti au premier tour d’une élection législative : avec 25% à 30% ledit candidat ou ledit parti considère qu’il est le plus important en France,  alors qu’en réalité il a recueilli de l’ordre de 10 millions de voix soit l’expression d’un intéressé sur cinq !

Au moins trois pistes seraient à étudier : l’élargissement du droit de vote à des résidents non français, l’obligation de voter pour tous les incrits (et si cela était possible l’obligation de s’inscrire pour tous ceux qui en ont le droit), la possibilité de choisir son bureau de vote pour chaque élection (avec les moyens informatiques actuels, cela ne devrait pas être une difficulté). Ces pistes amélioreraient la représentativité, mais ne résoudraient pas la responsabilisation des votants. L’idée (iconoclaste certes, mais c’est le privilège d’un blog) serait de pondérer les droits de vote.

Par exemple le droit de vote pourrait être pondéré :

-          par l’espérance de vie résiduelle de chacun : celui à qui il reste 40 ans à vivre devrait peser quatre fois plus que celui à qui il ne reste que 10 ans ; le premier est plus apte que le second à donner son appui à des choix long-terme ; le premier est moins tenté que le second à protéger les intérêts de sa classe d’âge ; cela oterait le droit de vote aux grands vieillards, mais s’en formaliseraient-ils ?

-          par le montant global des impôts payés : celui qui paye 10x en taxes de toutes sortes (foncier, habitation, revenu, ISF, prélèvements sociaux) devrait peser 10 fois plus que celui qui paye x ; celà oterait le droit de vote à des français qui n’ont plus d’attaches avec notre pays ; cela donnerait le droit de vote à des étrangers qui séjournent longtemps chez nous ;

-          par le nombre de personnes inscrites au foyer fiscal : un foyer fiscal de deux majeurs avec deux enfants pouraait donner deux à chacun des majeurs ; ce ne me paraît pas absurde de prendre en compte des êtres qui existent même s’ils ne sont pas encore en état de formuler des opinions.

 

Toute l’idée est de raccrocher le poids du vote au poids des responsabilités assumées, de rechercher plus d’égalité entre tous ceux qui contribuent d’une manière ou d’une autre au futur commun. Celà s’appelait jadis le vote censitaire : l’idée est d’y revenir sans sombrer dans une simple approche de vote réservé aux riches. Personne ne serait éliminé, tous pourraient participer aux grands choix nationaux, avec la seule restriction que certains pèseraient beaucoup plus que d’autres. Le danger serait bien entendu que l’on revienne  insidieusement aux « bourgs pourris » de l’Angleterre victorienne ou quelques électeurs assuraient l’élection de leur député, et le reste de la population devenait spectatrice. Mais il suffit peut-être de mettre un plafond au nombre de droits de vote possibles par personne.

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Published by olivier seutet - dans politique
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