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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 18:38

Christian Boltanski dit pour son exposition au Grand Palais vouloir aborder le hasard, la loi de Dieu, la mort.

Le hasard, accordons-le lui : c’est n’importe quoi. Une sorte de summum du hasard.

La loi de Dieu ? Il applique sa loi artistique, oubliant toute leçon du passé. Il doit se prendre pour Dieu.

La mort. Oui, certes, un assassinat.  Un crime. Il veut tuer l’art et y réussit fort bien.

 

Cet assemblage colossal de chiffonnier , dans une veine « Arte Povera », est bien le symbole d’un bégaiement du plasticien qui ayant perdu ses instruments artisanaux (ou plutôt ne les ayant jamais eu) les recherche vainement dans les poubelles.  Une démesure, dont on dirait qu’elle est la marque de tous les « plasticiens ». Il faut à tout prix remplir des espaces : dispersons l’attention faute de pouvoir la retenir. Et pour conclure le tout un discours prétentieux, qui parce qu’il inclut de beaux mots (Dieu, Hasard, Mort) , croit avoir fourni une clé à ce qui est incompréhensible.

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 12:43

Entre l’article de Lionel Stoleru (Le nouvel impératif industriel dans les Echos du 15/1/2009) et celui d’Eric Le Boucher (également dans les Echos du 15/1/2009), le tocsin sonne pour annoncer notre déclin industriel. Pendant ce temps les politiques se gargarisent d’une timide remontée de la consommation dans les pays occidentaux, de plans d’investissements publics volontaristes, de régulation de la sphère financière.  L’incroyable aveuglement de cette classe politique devient hallucinant. La consommation ne crée pas nécessairement de l’emploi  local si les biens consommés sont fabriqués à l’étranger.  Les plans d’investissements volontaristes ne sont probablement pas inutiles, encor faudra-t-il être sur qu’ils n’accroissent pas le gaspillage des fonds publics. Quant à la régulation de la sphère financière elle n’a pour l’instant touché qu’un sujet anecdotique qui est la distribution de bonus immoraux.

Mais où en est la politique industrielle ? Des mesurettes ont été prises, qui ne sont pas sans intérêt mais à 20 000 lieues de ce qui serait indispensable : je pense à la création du médiateur du crédit, à la création d’un ministre de la relance, au projet d’états généraux sur l’industrie.  Où en est le chantier considérable sur les parités des monnaies (les sous-évaluations  du dollar, du yuan, de la livre ) : trop difficiles pour être abordés ? Où en est le chantier sur le la protection des industries européennes face au dumping social des pays émergents : trop compliquées pour être initiées ? S’il est possible que ces actions méritent du temps et de la réflexion, ce n’est pas une raison pour ne rien faire.

Plus grave, parce que là le gouvernement français pourrait faire et ne fait pas : c’est la dérégulation dans nos frontières. Au lieu de faire disparaître des contraintes, il en rajoute. Au lieu de simplifier, il complexifie. La flexibilité sur l’emploi a été oubliée, la simplification du droit du travail est passée à la trappe, la rationalisation de la fiscalité est carrément massacrée avec l’instauration (prochaine) de la taxe carbone, avec la mise en place de taxe locales aussi bêtes que feue la taxe professionnelle (une superbe occasion ratée), avec la récente taxe générale sur les activités polluantes . Que dire des contraintes qui pèsent sur toute création industrielle, ou maintien d’un outil existant : et des études d’impact en veux-tu en voilà, et des autorisations qui n’en finissent pas d’arriver, et des délais avec des consultations de gens qui n’ont rien à faire de la création d’emplois supplémentaires. Toute cette inertie résulte en la disparition programmée des établissements industriels : pour prendre les exemples très récents, une raffinerie à Dunkerque arrêtée pour être probablement bientôt fermée, une ou deux autres (en Alsace et dans les Bouches du Rhône) qui vont peut-être d’ailleurs suivre ; une unité d’engrais qui ne se construira pas à Dieppe, un terminal gazier qui ne construira pas à l’embouchure de la Gironde, un autre qui aura des difficultés à naître à Antifer. Qui empêche ces investissements ? Une alliance hétéroclite entre les services de l’Etat (les DRIRE ou ex-DRIRE qui s’arrogent un droit de vie ou de mort sur toutes les installations dites dangereuses, et le danger est une notion parfaitement extensible), des écologistes qui privilégient des bestioles ou des plantules au nom de la sacro-sainte biodiversité, des voisins qui ont peur de perdre de l’argent lors de la revente de leurs biens. Le problème est clairement dans une atmosphère anti-industrielle (très vieille tradition française où l’industrie est associé à l’exploitation des travailleurs et la pollution de l’environnement), une haine de l’esprit d’entreprise (assimilé au seul esprit de lucre), à la sanctuarisation du « service public » (notion sortie des oubliettes du socialisme et qui consiste à opposer certains qui oeuvreraient pour  les autres et les égoïstes purs et durs). Si l’Etat a quelque chose à faire ce serait enfin de propager d’abord dans ses administrations un peu de respect pour l’entreprise, de proposer au Parlement d’abroger et de simplifier des anciennes lois plutôt que d’en voter de nouvelles qui n’apportent rien sinon plus de complexités.

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 09:54

La campagne de lutte contre la grippe A (H1N1) est révélatrice de plusieurs errements :
- l'application de la politique du parapluie
- la projection du film catastrophe
- le final, triomphe de la tartufferie

La politique du parapluie est motivée par la crainte des juges. Il s'agit pour le personnel politique tout autant de se protéger que de promouvoir une politique sanitaire. Les politiques vivent dans la hantise des procès faisant suite à l'affaire du sang contaminé ; hantise absurde puisque les ministres mis en cause et leurs conseillers ont bénéficié tous de non-lieux  (à l’exception d’un seul qui a été condamné très légèrement). La justice n’a donc pas édicté une obligation d’agir face à une présomption de risque ; elle a examiné cas par cas si les mis en cause avaient rempli leurs devoirs d’action lorsqu’ils disposaient d’une information fiable. C’est exactement l’inverse du principe de précaution et la seule application d’une règle universelle de prévention en cas de danger avéré. La deuxième affaire dite de la canicule est encore plus absurde puisque un certain nombre de médias se sont étonnés que des gens meurent lorsque les conditions climatiques sont rudes ; cette révolte devant les conditions météorologiques s’est transformée en une virulente attaque contre un ministre ; le monde politique a conservé une crainte panique d’une mise en accusation devant le tribunal populaire. Là le dévoiement du principe de précaution est particulièrement visible : la mort anticipée de quelques grabataires, de personnes en fin de vie a soulevé des indignations « vertueuses » sur notre absence de respect des « aînés » ; on ne raisonne plus, c’est la « Grande Peur ».

 

La projection du film catastrophe suit nécessairement la mise en application du principe de précaution. Ne sachant pas trop quel est le problème, ignorant à peu près quelles sont ses conséquences, l’homme politique (l’administration aussi) se doivent de gonfler le sujet afin de justifier leurs actions. Les experts de tout poil sont appelés à la barre afin de décrire la terrifiante réalité supposée et les lendemains encore plus sinistres. L’autojustification de ses erreurs se marie avec des statistiques tronquées (par exemple le nombre de morts par la grippe A(H1N1)  qui n’est jamais comparé avec les morts des simples grippes saisonnières)  des absences troublantes (où en sont les pays de l’hémisphère Sud qui ont connu cette pandémie avant nous) des prédictions sans intérêt pratique (et si le virus mutait ? et alors le vaccin servirait-il ?).

 

Le final est grandiose. Articulé sur trois thèmes : la grippe peut reprendre dans les mois qui viennent, les vaccins vont être vendus à d’autre pays, la commande de vaccins est partiellement annulée.  Chacune de ces petites musique relève d’un registre différent : l’affabulation (la grippe peut reprendre, elle peut surtout ne pas reprendre), le mensonge (qui va acheter des vaccins en voie de péremption, pour une pandémie en voie d’extinction ?), la malhonnêteté (annuler une commande alors que ce n’est pas prévu au contrat ça s’appelle renier la signature de l’état).

Après avoir mal anticipé, mal géré, affabulé, mentit et s’être comportée comme un vulgaire escroc, je ne vois pas d’autre issue pour Madame Bachelot que de se retirer immédiatement de la vie politique.  Elle rattraperait par un geste fort l’image lamentable de l’Etat qu’elle a donné.

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 14:56

J’ai aimé la personnalité de Seguin.  Cela date de sa prise de position contre le traité de Maastricht. Son courage à l’époque a été immense : il était la seule grande voix qui s’est élevée contre les opinions moutonnières de la quasi-totalité de la classe politique, l’unanimisme béat des médias, les verdicts définitifs des « experts ».  Le courage se salue ; un courage qui lui a probablement coûté sa carrière politique ultérieure (le petit fretin des professionnels de la politique se méfient de ceux qui vont contre les opinions établies). La hauteur de vue est admirable ; elle ne fut pas appréciée par ceux qui préfèrent le court-termisme, les coups et les petites phrases.

Il n’a pas démérité, ensuite, dans sa propagande passionnée pour la réduction de la fracture sociale. Son tort alors est d’avoir fait confiance à un Chirac qui a fait sombrer dans le ridicule et l’oubli ce beau slogan.  Comment en vouloir à celui qui a été trahi ?

Il n’a pas été lui-même dans sa tentative de prendre la mairie de Paris. Mais la faute en est largement sur les épaules de Tiberi et de ses sbires, et sur l’absence ahurissante de soutien de son « grand ami » Chirac. Sa lassitude évidente a laissé la place à des manœuvres sans gloire et au surplus sans succès final.

Il est sorti de la vie politique en prenant la présidence de la Cour des Comptes.  Dommage pour la politique, tant mieux pour la  Cour ; c’est une leçon finale : il n’a pas pris cette présidence comme un « fromage », une place au soleil, mais comme un devoir de servir autrement.

 

J’ai aimé sa personnalité aussi pour ses foucades, même lorsqu’elles ne me semblaient incompréhensibles (son admiration pour Mitterand, sa sympathie pour Chirac malgré toutes les avanies qu’il lui a fait subir) ; ses enthousiasmes que je ne pouvais suivre (Napoléon III, les Jacobins …).  Il fut pour moi un homme d’état sans état (dommage !), un homme politique non professionnel (il en faudrait beaucoup d’autres), un fonctionnaire créatif et dynamique (un modèle a méditer pour des bataillons entiers).

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 15:05

La Chine exporte ses produits à bas prix aux pays occidentaux, au détriment de travailleurs  surexploités, et en accumulant de façon stérile des montagnes de dollars.  Toute l’idée stratégique est de localiser en Chine une puissance industrielle dominante, nourrie initialement par des marchés extérieurs ;  le marché intérieur sera amené à se développer ensuite pour prendre le relai des consommateurs occidentaux appauvris par le recul industriel ; les montagnes de dollar servent à la fois de menace contre les Etats-Unis afin d’éviter une revalorisation du yuan par rapport au dollar et d’outil d’implantation dans les pays producteurs des matières premières nécessaires à l’expansion chinoise.

Les pays occidentaux dans leur fringale de consommation importent des biens chinois (importations peu enrichissantes puisqu’il s’agit d’articles de consommation courante que lesdits pays pourraient parfaitement produire eux-mêmes s’il n’y avait pas de dumping social chinois) ; pour équilibrer leur échanges les pays européens fournissent les outils que les chinois ne peuvent encore produire, et les techniques qu’ils n’ont pas encore maitrisées.

La cohérence de ce système est bonne pour la Chine, si arrive à maîtriser ses problèmes sociaux (et la condition sine qua non est la survie d’un régime autoritaire) et si elle ne s’embourbe pas dans un problème démographique menaçant . 

L’incohérence de ce système est totale pour les pays occidentaux. Ils importent des biens qui ne les enrichissent pas et exportent ce qui les appauvrira dans le futur. Les Etats-Unis aggravent le problème en payant avec une monnaie de singe (le dollar).

Ce petit résumé ne fait que reprendre des évidences. Le drame des démocraties occidentales est  qu’elles se révèlent incapables de faire prendre conscience de l’enjeu l’ensemble de leurs électeurs. Elles vivent toujours sur un libre-échangisme angélique qui consiste à croire que tout commerce est bon. Il me semble au contraire qu’il faudrait faire le tri entre les marchandises qui nous apportent de la valeur et qu’il nous faut nécessairement importer (les matières premières, bien entendu en premier lieu), et celles qu’il est absurde de ne pas produire sur notre sol. Il ne s’agit pas d’être protectionniste par principe, il faut restaurer l’idée de base du libre-échangisme : tout échange doit être créateur de richesse pour chacun des protagonistes. Et l’on revient toujours à la mise en place d’un tarif extérieur commun aux frontières de l’Europe (que l’on peut baptiser taxe carbone aux frontières, si c’est plus vendeur), voire de contingentements (que l’on peut baptiser normes de production, d’utilisation etc…).

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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 11:18

En ce temps de Noël deux scandales assombrissent la fête : les sans-papiers, les sans domicile.

Comme l’écrit Sophie de Menthon dans les Echos : pourquoi ne pas donner l’opportunité aux employeurs de faire régulariser les sans papiers qui travaillent pour eux,  pendant une période trois mois et moyennant un CDI en bonne et due forme ? La solution est humaine, logique et autorise, une fois le délai de grâce passé à se montrer intransigeant envers tous les patrons fautifs.

Quant aux sans domicile, la vue est poignante : que penser d’une société de consommation qui tolère, au pied des vitrines illuminés, des pauvres agglutinés sur une bouche de chaleur, avec parfois près d’eux un sapin récupéré, symbole dérisoire des cadeaux qu’on ne leur a pas fait. Je ne sais pas ce qu’il faut faire. Certainement pas des promesses comme celles prodiguées par un candidat à la présidence. Certainement pas des mesures démagogiques qui aboutissent à stériliser le marché de la location sous le prétexte de protéger le locataire. C’est un devoir de l’Etat (central ou collectivités locales) d'aider les plus faibles. Je ne comprends pas qu’il soit si difficile de construire quelques hospices (très beau mot que l’on vilipende alors qu’il exprime la chaleur d’un accueil) pour abriter les blessés de la vie. Ce serait un devoir de l’Etat de privilégier cette action par rapport à des campagnes dispendieuses contre des pandémies bénignes.

Souhaitons pour ces deux catégories qui ne votent pas une meilleure année 2010, avec des choix budgétaires plus adaptés ou des procédures administratives mieux ciblées.

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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 21:24

Extraordinaire. Nous sommes la veille de Noël. Je regarde un des grands journaux télévisé. Noël est relégué entre un commentaire sur la burka et une diatribe contre les cathédrales : il est uniquement traité  comme une sorte de sympathique occasion de faire travailler le commerce, une fête pour les enfants à qui l’on va acheter les beaux jouets en plastique fabriqués en chine, ou un « réveillon » au cours duquel  les bonnes gens pourront se bâfrer et se pinter.

Inadmissible pour les chrétiens qui demain soir vont fêter la naissance du Christ, donc l’évènement extraordinaire (pour les croyants bien entendu) de l’intrusion de Dieu dans le Monde. Inadmissible cette omerta sur ce qui concerne une forte minorité en France. Et les présentateurs nous fatiguent avec  des sapins de Noël (qui ne représentent rien dans la tradition chrétienne), des pères Noël (adaptation d’un bon vieux Saint Nicolas hollandais métamorphosé par les américains). Ils n’ont qu’une crainte, apparaître comme inféodés à la religion.

La fatigante obsession de la laïcité, a été inventée par la Révolution Française, réinventée par les radicaux-socialistes de la troisième République. La liberté de pensée, la liberté de confession, n’ont rien à voir avec cette haine du religieux baptisée laïcité ; la caricature a remplacé le modèle ; la grimace le sourire. 

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 15:42

Noël ! Noël ! La conférence de Copenhague a accouché d’un ridicule petit communiqué. Pourquoi en être satisfait ? Pour une kyrielle de raisons, mais la seule qui vaille vraiment est qu’il est toujours bon qu’une imposture se dissolve.

-          Imposture de la soit disant représentation  de l’opinion mondiale à travers des gouvernements oscillant entre le despotisme peu éclairé, la franche dictature, ou l’obscurantisme théocratique ;

-          Imposture des défenseurs auto-proclamés de la planète se répartissant entre des associations aux origines douteuses (Green Peace vieil enfant des protestants luthériens de la RDA), des hommes d’affaires affichés (Al Gore, Nicolas Hulot ou encore Yann Artus-Bertrand en train de vendre qui ses conférences, qui ses reportages, qui ses photos), des scientifiques aux accents imprécateurs (le GIEC est la Science, toute autre parole n’est pas recevable) ;

-          Imposture des analyses qui mélangent tous les problèmes, les simplifient abusivement pour en arriver à une cause unique : les émissions de carbone ; la simplification est l’outil des prophètes (tout le mal vient d’un seul péché), des Cassandre (sacrifiez Iphigénie et tout ira bien) ;

-          Imposture des solutions évoquées : la décroissance de certains exaltés au mépris de toute pensée sociale, les énergies « douces » qui ne peuvent répondre aux besoins de populations voulant se développer, le fixisme consistant à sacraliser un état actuel au détriment de l’innovation et de la réactivité.

Mieux vaut un échec d’une conférence de gens aussi peu représentatifs sur des solutions aussi fantaisistes. Mieux vaut laisser réémerger les véritables problèmes que sont le sous-développement de l’Afrique, la rareté de l’eau utilisable, le caractère fini de toutes les matières premières (et du pétrole en premier lieu), la marée des déchets. Mieux vaut peaufiner l’idée d’une contribution mondiale (du style de la taxe Tobin) pour résoudre des problèmes mondiaux. Mieux vaut ne pas abandonner ces sujets à des groupes de pression, les sortir d’un marchandage moralisateur (pays industriels contribuez parce que vous avez pollué), les faire traiter par les quelques pays qui comptent, par des ambassadeurs clairement mandatés.

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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 11:18

La géographie a fait de la France un carrefour maritime de l’Europe. Présente sur l’Atlantique, la Mer du Nord et la Méditerranée. Et pourtant nos efforts pour développer cet atout ont été intermittents. Les constats aujourd’hui sont accablants : ports sous-développés (Marseille, Le Havre, Dunkerque ne sont que des ports régionaux lorsqu’on les compare à Rotterdam, Anvers, voire Hambourg ou Barcelone), voies navigables sous-exploitées faute d’investissements (pas de liaison Méditerranée-Mer du Nord, pas de liaison Méditerranée-Atlantique alors que la liaison Rhin-Danube est opérationnelle ), économie de la pêche et de l’aquaculture embryonnaire (la Norvège a des décennies d’avance), utilisation des possibilités énergétiques du monde maritime inexplorée (et pourtant en Europe nous devons avoir une des plus grande longueur de côtes).

 Nicolas Sarkozy a eu raison de sortir du placard l’idée d’une stratégie maritime dans son discours du Havre d’il y a quelques mois.  Comme d’habitude, après des phrases excellentes, l’action se fait attendre. Ou plutôt balbutie : la réforme des ports a eu surtout pour effet de chasser les utilisateurs des conseils d’administration des « Grands Ports Maritimes » au profit d’un renforcement des technostructures politico-administratives, les Régions se sont emparées du contrôle des ports d’intérêts régionaux sans avoir la moindre idée ni de leur fonctionnement ni de leurs objectifs. Le lancement du canal Seine-Nord est  symbolique de l’inadéquation des décisions : au lieu de promouvoir un Grand Port de Paris on accroit la compétitivité du port d’Anvers qui  va améliorer son positionnement  vis-à-vis du Havre et de Rouen ; pourquoi ce choix étrange ? La peur des écologistes qui défendent les berges de la Seine ? L’idée de désenclaver Dunkerque (Mais il fallait construire un canal reliant ce port au réseau de l’Escault et du Rhin malgré les oppositions de nos amis belges) ? Pourquoi ne pas avoir mis les bouchées doubles sur cette liaison nord-sud (Canal Rhin-Rhône, ou Moselle-Rhône) qui aurait enfin permis de relancer le port de Fos, magnifique plate-forme qui devrait jouer en Méditerranée le rôle de Rotterdam en mer du Nord.

Tous ces projets ont fait l’objet de rapports, d’études, de calculs. Mais quand on en avait les moyens, rien  a été fait. Et maintenant que les moyens sont réduits on les oublie dans les priorités du grand emprunt. Dommage.

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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 12:35

La décroissance des gaspillages est un impératif :

- face à des ressources finies, il est temps d’économiser le pétrole et autres matières premières ; donc en priorité économiser l’énergie ; et aussi recycler ce qui est récupérable ;

- face à des frénésies de consommation de produits fabriqués à bas prix dans des pays émergents, il est temps de restreindre ces importations ; donc arrêter d’exploiter la misère de pays sous-développés ;

- face à

Ces sujets sont prioritaires à deux titres : parce qu’aucune communauté ne peut rester homogène sur un principe d’abus immédiat ; parce que sa survie à long-terme peut en être affectée.

 

Le sommet de Copenhague traite ces sujets par un petit bout de la lorgnette : il s’est focalisé sur le  problème discuté et discutable de la trace carbone laissée par l’humanité. Ce tropisme alimenté par des experts autoproclamés, aurait du être vigoureusement combattu par les politiques qui représentent l’ensemble des citoyens. Combattu parce que la vérité scientifique est toujours discutable, surtout dans des disciplines encore immatures : par exemple qui est encore adepte de Lamarck, fondateur de la biologie en tant que science, de sa théorie du transformisme et de son rejet de la chimie organique ? Combattu parce que les citoyens attendent de l’homme politique une hauteur de vue qui dépasse de loin des conclusions (même avérées) sur un seul secteur : par exemple ce qui est bien en théorie de vacciner toute une population pour prévenir une pandémie peut se révéler contreproductif lorsque cette campagne de santé publique se polarise sur une grippe pas plus mortelle que les autres, entraînant fausses angoisses des populations, désorganisation des hôpitaux au détriment  de maladies plus inquiétantes.

 

Ce n’est pas un sommet du climat qu’il fallait organiser. Mais un sommet de la lutte contre le gaspillage qui aurait examiné les moyens rationnels de le limiter : quelles sources d’énergie faut-il privilégier (sans se focaliser sur celles dites propres, mais aussi en intégrant le futur de l’énergie nucléaire), comment traiter les déchets (sans se polariser sur les industries), comment juguler la course démentielle des pays sous-développés vers l’industrialisation et la création corrélative de prolétariats honteusement exploités (l’aide aux pays émergents est une obligation mais pas nécessairement pour les conduire à notre société de gaspillage), comment imaginer une redistribution des richesses au niveau mondial qui ne soit pas le développement des pays émergents au détriment des pays occidentaux (une sorte de caisse sociale de compensation mondiale alimentée par une taxe Tobin). Que de sujets qui tels qu’ils sont traités par les écologistes qui se sont emparés de ce forum mondial vont conduire à des tentations absurdes : abandon en Occident de l’industrie chimique, de l’industrie automobile,  prolifération de sources d’énergie couteuses (dites douces pour camoufler leur  intérêt local), projets de séquestration du CO2 dans des cavernes qui seront au mieux des gouffres budgétaires. Toutes  tentations relèvent de l’hédonisme de quelques uns, alimentées par des supputations d’experts. Le devoir d’un homme politique est de ne pas se soumettre aux experts d’une discipline, mais de savoir mettre en musique ce que lui disent les voix diverses venant d’horizons très différents.

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Published by olivier seutet - dans environnement
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