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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 10:44

La délation, la dénonciation ont depuis toujours été les moteurs des Etats pour accroitre leurs tentacules. Notre pays avait une forte culture de méfiance contre ces pratiques (elles n’étaient admises que pour les besoins de surveillance de terroristes et de criminels). Hélas elle disparaît au fur à mesure d’initiatives prises sous l’influence de modèles anglo-saxons :

-          Les mesures de testing imaginées par la Halde  (pratique particulièrement vicelarde consistant à tenter de provoquer la faute pour la dénoncer ensuite)

-          La politique de clémence imaginée par l’Autorité de la Concurrence (le participant à une entente ou un cartel  voit sa peine oubliée s’il dénonce ses complices ; ce peut une aubaine pour les plus tordus qui montent des cartels pour ensuite assassiner leurs concurrents)

-          Les numéros verts dans certaines entreprises filiales de groupes anglo-saxons pour pouvoir dénoncer anonymement les comportements contraires à l’éthique)

La dernière mesure imaginée par le gouvernement, relève du même acabit : sur le site officiel du ministère du travail cataloguer les entreprises entre « gentilles » qui ont signé un accord sur le stress,  « médiocres » qui ont commencé des négociations sur ce sujet, « méchantes » qui n’ont rien fait.

Ce que je trouve extraordinaire est que le sujet se limite aux entreprises :  quid de la fonction publique ? Elle n’est pas concernée ? Le stress n’existe pas pour les fonctionnaires ? Les taux de suicide chez les policiers ou chez les enseignants ne sont-ils pas deux fois supérieurs à ce qu’il a pu être constaté dans les entreprises (chez France Telecom en particulier) ? L’éternelle manie de stigmatiser la paille dans l’œil du voisin, en oubliant la poutre dans le sien. Dérive naturelle de ce genre de méthode de dénonciation.

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 16:21

Comme l’ a dit (prétend-on) Mr Madoff : « j’ai  monté mon escroquerie en m’inspirant  du système français de retraite » ; l’argent de ceux qui cotisent maintenant (des derniers épargnants) sert à payer ceux qui ont cotisé (les premiers épargnants). L’avantage du système de répartition par rapport au système de Ponzi, était que la mort des vieux retraités déblayait le terrain et que les contributions des nouveaux cotisants pouvaient donc faire face aux demandes des nouveaux retraités. Mais, funeste circonstance, les vieux se sont mis à survivre plus longtemps et les créations d’emplois n’ont pas suivi. Le système de répartition est bâti sur l’idée d’une croissance des emplois au moins égale à la croissance du nombre des retraités. Hypothèse manifestement fausse pour un certain nombre de décennies.

La capitalisation est le seul système sain. Pour ne pas choquer les âmes sensibles, il suffit de le nommer système à points ; chaque contribution (obligatoire pour tous) versée à un fond (public, pour être plus sur de sa pérennité)  donnerait droit à un certain nombre de points. Au moment où le contributaire déciderait de prendre sa retraite il disposerait d’un capital de points qui lui donnerait  droit à une part des revenus générés par ce fond public.

J’imagine les hurlements : la retraite par répartition fait partie du « pacte républicain », du « contrat social ». Non. Beaucoup sont très inquiets sur leurs retraites. Beaucoup sont sans illusions sur les retraites de leurs enfants. La prise de conscience de la fragilité de ce système absurde est forte. Les solutions novatrices peuvent entrer dans un nouveau contrat social à la double condition que tous contribuent sans exception (afin que personne ne soit laissé au bord de la route en fin de parcours professionnel, ou en fin de parcours de personne au foyer), et que le système ne soit pas entre les mains d’assureurs privés.

Les hurlements pourraient se muer en vociférations, si j’ajoutais que je ne vois pas pourquoi ce système par capitalisation ne s’appliquerait pas aux fonctionnaires.

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 12:21

 

 

Monsieur Michel  Havard, député du Rhône,  vient de remettre au président de la république un rapport élargissant la nécessité d’établir un bilan carbone à toutes les entreprises de plus de 500 salariés.  On pourrait appeler cela la relance par la paperasserie, et les  tracasseries : du boulot pour le Ministère de l’Environnement et l’ADEME ; des contraintes pour les entreprises.

Cette approche est symbolique de biens des maux :

-          Mépris des entreprises, tant de leurs opinions sur le sujet que de ce qu’elles font déjà (faut-il rappeler les diminutions d’émissions de carbone de toute l’industrie française ces dernières années),

-          Assujettissement sans discussion aux conclusions au moins controversées d’experts du GIEC sur le principe même d’un réchauffement climatique, de la responsabilité des émissions de carbone, du caractère anthropique dudit réchauffement,

-          Gloriole du caractère précurseur de telles mesures ; toujours cette idée farfelue d’entraver nos entreprises par rapport à leurs concurrentes étrangères,

-          Enfin, le pire, dévoiement du parlement, et plus particulièrement de la commission des affaires économiques de l’Assemblée,  qui s’entête à pondre de tels rapport ; ce n’est pas son rôle, en pleine crise économique, de perdre son temps à brider encore nos entreprises ; que ne se pose-t-elle pas de questions sur le rapport de la Cour des Comptes sur l’utilisation des deniers publics ; c’est bien là pourtant sa mission première.

 

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Published by olivier seutet - dans industrie
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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 14:44

Pourquoi faudrait-il sauver le pouvoir d’achat de la fonction publique grecque ? Fonction publique pléthorique et complètement inefficace puisque un tiers du PNB serait hors statistiques (donc au noir, et ne contribuant pas à l’impôt).

Qui sont ces soit-disant  spéculateurs qui attaqueraient ce pauvre pays ? Des créanciers (en particulier en France et en Allemagne) qui s’inquiètent à juste titre de la valeur du papier qu’ils détiennent.

Pourquoi aider des gouvernements qui ont triché (sur les déficits publics réels), qui ont mal géré (en laissant une niche fiscale gigantesque correspondant au travail au noir), qui ont flatté leur double électorat (ceux qui ne paient pas les impôts et ceux qui sont employés par l’état).

La réponse évidente est qu’il ne faut pas les sauver. Que la fonction publique grecque soit mise d’abord au pain sec. Que des mesures soient prises pour tenter de restreindre la fraude fiscale et les niches fiscales. Que le gouvernement grec assume ses responsabilités.

Monsieur Alphandéry a suggéré que soit mis en place une sorte de FMI européen , financé par les marchés internationaux, qui ne lâcherait ses prêts à la Grèce que sous conditions préalables et avec vérifications permanentes. Ce serait utile, non pour sauver la Grèce, mais pour protéger les intérêts des créanciers européens (et français en particulier) de la Grèce. Ce serait utile pour la suite des évènements possibles : doutes sur l’ Espagne, le Portugal et pourquoi pas, un jour,  la France si celle-ci continue de mener sa politique à la grecque.

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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 10:14

Les écoles ont été transformées en garderies ... au nom de deux principes : pas de sélection, un droit aux études. Et ces deux principes sont étroitement liés. S’il y a sélection, il faut pouvoir sortir du cursus scolaire et envoyer les adolescents (au-dessus de 14 ans par exemple) qui s’ennuient dans les classes en apprentissage. Quantité de professionnels seraient ravis de transmettre leur savoir à des jeunes de 14-18 ans. Au lieu de créer , dans les établissements techniques, des bandes de jeunes qui  s’ennuient et donc inventent mille moyens violents d’en sortir, ne vaudrait-il pas mieux de les disperser dans toutes ces entreprises  qui manquent de bras pour faire des petits boulots (terme non méprisant, mais qui indique seulement que l’on commence toujours par faire du simple avant de faire du compliqué). C’est un vieux sujet qui est celui du sous-développement de l’apprentissage en France.

Il ne faut pas transformer les établissements scolaires en forteresses entourées de barbelés et de caméras. Il ne faut pas transformer les professeurs ou en souffre-douleurs ou en responsables de la police dans les classes et les cours. Il faut vider ces lieux d’enfants qui n’ont rien à y faire , qui ne veulent d’ailleurs pas y être et les envoyer apprendre à travailler dans des usines, ateliers, bureaux mieux adaptés.

Il faudrait, à l’inverse, que ces mêmes établissements scolaires puissent accueillir des adultes qui s’aperçoivent soudain qu’ils ne sont pas à niveau dans des disciplines de base. Eux seraient motivés pour apprendre. Eux d’ailleurs n’accepteraient pas le désordre au sein des cours.

L’école secondaire devrait  être faite pour tous. Elle n’a pas être consacrée à ceux qui n’en veulent pas.

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 11:54

L’Eglise (c'est-à-dire l’ensemble des fidèles, croyants pratiquants,  occasionnels, voire ceux se sentant une affinité ; non pas seulement un clergé) se doit d’avoir des opinions.  Trop de politiques veulent éliminer toute référence chrétienne de la sphère du politique au prétexte qu’il s’agirait d’une atteinte à la laïcité ; la religion proclament-ils (Madame Aubry, en dernier lieu) est une affaire privée et ne doit pas interférer avec  le domaine public. C’est une drôle de conception de la liberté d’expression. Les chrétiens ont inventé l’idée que le fonctionnement de l’Etat régalien se doit d’être indépendant  des croyances (« rendez à César …) ; certains avaient un peu oublié cette idée depuis Constantin jusqu’à la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Mais cette séparation n’est valide que pour les actions régaliennes de l’Etat : la défense, le maintien de l’ordre, les impôts nécessaires au fonctionnement de la vie collective. Lorsque l’Etat se dilate pour englober dans ses fonctions l’ orientation des mœurs, une politique culturelle, un impératif éducatif, alors sa légitimité à vouloir tout régenter se dilue. Un chrétien non seulement se doit d’avoir des opinions chrétiennes sur les moeurs, l’éducation, la culture mais a pour obligation de les proclamer (au nom de sa liberté d’expression), et de tenter de les faire passer dans la société (au nom de sa loi morale). Les chrétiens sont divers, leurs opinions sont donc variées. La seule chose importante est pour moi qu’il n’existe pas d’opinions « obscurantistes » ou « modernes » ; ce ne sont que des adjectifs. Le « progrès », la « mode », l’ « opinion majoritaire » ne peuvent rien justifier, ce ne sont que des concepts parfaitement étrangers dans une religion. C’est au nom de ces adjectifs et de ces concepts que l’on voudrait éliminer des discussions passionnantes parce que difficiles : l’avortement non thérapeutique, le suicide (qui n’est pas l’euthanasie), le remariage chrétien, les principes d’éducation (qui ne sont pas nécessairement républicains), la sexualité (qui ne peut quand même pas se limiter à un hédonisme de tous les instants), la politique culturelle (qui ne peut être limitée aux « Lumières » plus le rap et les tags), et la litanie peut continuer.

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Published by olivier seutet - dans religion
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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 17:22

Le chômage monte et va monter encore, nos exportations ont pris un coup dans l’aile, il faut soit disant aider nos entreprises et on continue à délirer à l’Assemblée en créant une contrainte de plus : la ZAPA. Késako ? La Zone d’Action Prioritaire Pour l’Air : zone dont l’accès pourra être interdit aux véhicules contribuant le plus à la pollution atmosphérique. Si vraiment des véhicules sont polluants pourquoi ne les interdit-on pas de toute circulation ? Ils ont le droit de polluer à la campagne, mais pas dans les sites industriels ?

Et cette excellente Jouanno de donner son accord à cet amendement, symbole extraordinaire :

1° de la confusion des esprits,

2° du désir des administrations d’avoir des moyens supplémentaires de chantage vis-à-vis des entreprises,

3° de l’abaissement de la représentation nationale devant les mouvements écologiques et les associations de quartier.

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Published by olivier seutet - dans environnement
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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 15:30

Cette discussion sur le port de la burka se révèle prodigieusement intéressante. Ce petit morceau de tissu est un « sacré » révélateur. Que l’on pense que l’Islam est seulement une religion, ou que l’on croie qu’y est attachée une culture, alors les réactions divergent .

Si ce n’est qu’une religion, elle doit, comme les autres religions plus anciennement établies en France, uniquement se conformer au principe de séparation de l’église et de l’état et ses adeptes sont libres de faire ce qu’ils veulent tant qu’ils ne sont pas en contravention ; et un mode d’habillement, des signes extérieurs d’appartenance à une religion  ne sont de toute évidence pas une contravention ; cette liberté de la pratique religieuse indispose quand même ceux qui se baptisent « les laïcs », qui inventent pour combattre ces manifestations de foi (car s’en sont) des notions étranges de gêne pour autrui.

 

Si par contre l’Islam est aussi une culture, encore marquée par la civilisation arabe du haut Moyen-Age, alors la discussion n’est plus entre laïcs militants et croyants (de toutes confessions), mais entre tenants de la mondialisation (le métissage des cultures avec le passage éventuel par le communautarisme) et ceux qui prônent des politiques d’assimilation ou d’intégration. Bien entendu les premiers se disent les « modernes », et ils taxent les seconds au mieux d’  « anciens ».  Cette discussion là est peut-être la véritable, quoiqu’inavouée. La démonstration en est que les combattants de la burka essaient de démontrer que son port ne fait pas partie des préceptes de la religion musulmane, donc que la burka n’est pas un signe religieux, donc qu’ils combattent une pratique culturelle. Pourquoi ne le disent-ils pas ? Serait-ce honteux ? Une telle affirmation dépasserait de loin ces valeur républicaines toujours mises en avant mais qui ne sont qu’un des éléments de la civilisation française.  Elle serait de proclamer une identité qui ne limite pas le pays à une Révolution et une Constitution. Pas très bien-pensant probablement.

 

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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 11:03

Oui l’Etat peut beaucoup :

-          En arrêtant de diaboliser l’automobile par tous les moyens (suppressions de permis de conduire, rackets pour l’obtenir, prix des carburant parmi les plus élevés d’Europe, gardes à vues pour les infractions routières )

-          En arrêtant de dépenser sur des fausses bonnes idées (bonus-malus, prime à la casse) qui n’aboutissent qu’à faire acheter des voitures construites à l’étranger

-          En protégeant les industries européennes contre les importations basées sur le moins-disant social ou le moins-disant écologique  (c’est du protectionnisme peut-être mais pour empêcher la surexploitation d’hommes et de territoires)

-          En s’attaquant de front aux dérives de certains mouvements politique (ceux qui prônent ou soutiennent sans le dire la décroissance sélective), de certaines communes (qui ne voient l’avenir que sous forme d’enclos résidentiels), de certaines administrations (les DRIRE et autres DREAL qui se croient investis d’une mission de protection contre les industries), de ces organismes de distributions de subventions publiques (comme l’ADEME qui arrose les projets folkloriques élaborés par les grands groupes)

-          En arrêtant de nous faire croire qu’un pays doit se concentrer sur les services . Lesquels ? Ceux qui sont en cours de délocalisation vers l’Inde, l’Afrique comme les services informatiques ou financiers, les centres d’information? Ceux qui  sous l’appellation de « services à la personne » sont la réinvention de la domesticité ?

Oui l’Etat peut beaucoup pour essayer de trouver un équilibre harmonieux entre différents secteurs et pour essayer de gérer en souplesse des évolutions inéluctables. L’Etat ne doit plus être ce chien crevé emporté par le flot des modes, des dires d’expert, des égoïsmes locaux. Au delà des idéologies, l'Etat a d'abord la mission qui lui a été confiée de donner emploi et dignité à ceux qui l'on choisi; et ces emplois ne peuvent se limiter à des domaines choisis et prestigieux (la recherche, la santé, le tourisme etc...) mais aussi se développer dans ce qui soutient l'activité économique de base (l'agriculture, l'industrie lourde, l'industrie légère, le commerce des marchandises).

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Published by olivier seutet - dans industrie
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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 16:33

Je reste perplexe sur le débat concernant Henri Proglio. La gouvernance des société est d’abord assurée par ses actionnaires (réunis en assemblée générale ou représentés au conseil ). Pour EDF l’Etat est l’actionnaire et je ne vois pas de mauvaise gouvernance lorsque le chef de l’Etat choisit pour cette entreprise majeure quelqu’un qu’il connait et en qui il a confiance. La rémunération que doit recevoir ce même Henri Proglio est qualifiée d’obscène. Elle ne l’est évidemment pas :  qu’on la compare à celle perçue par ses pairs dirigeants de grandes entreprises internationale, qu’on la compare à celle de salariés hors du commun que sont les traders (qui eux, pour le coup, perçoivent des bonus obscènes), qu’on la compare enfin aux gains de n’importe quelle star du sport, des variétés, du journalisme. Curieux, cette focalisation du débat sur des sujets entièrement populistes. On aurait peut-être pu s’intéresser un peu plus au parcours dudit Proglio au sein de Veolia, ce qu’il a fait de cette société, ce qu’en ont retiré les salariés, les actionnaires, les clients. Là il y a vraiment matière à discussion, car les résultats ne sont pas vraiment probants. La véritable question ne serait-elle pas les critères du choix et non pas ses modalités et les conditions de rémunération ?

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