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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 11:22

Dans la frénésie d’une fabrique de français énervés, les médias tiennent un rang distingué. Il n’y a guère de jours où un branquignol ne vous serine derrière son micro qu’il vous faut être prudent, de faire attention, de vous méfier. Des tonnes de conseils vous sont martelés au-delà de la satiété : ne fumez pas (surtout des cigarettes de contrebande ou du cannabis qui ne sont pas taxés), ne mangez pas sucré (ni salé, ni gras, ni trop, ni trop peu), ne buvez pas d’alcool (de boissons énergisantes, de boissons sucrées) , ne vous penchez pas (par la fenêtre, au bord de la falaise), ne marchez pas (sur la pelouse, en-dehors des passages cloutés ou zébrés, ne roulez pas (sans votre ceinture, en fumant, en téléphonant, sans regarder votre compteur de vitesse, quand il pleut trop, quand il gèle, quand il y a des embouteillages, si vous pouvez prendre un bus, un train, un vélo, voire utiliser vos pieds) ; et puis les obligations : faites une mammographie, une coelioscopie, des tests d’effort, un bilan de santé, faites-vous palper, analyser, doser …

L’imprudent est un traitre à la cause du progrès (de la santé, de la sécurité), un saboteur des services publics que déverse sur nous un état bienveillant, un cancre incapable de comprendre tous les bienfaits de sa mise sous tutelle, un contre-révolutionnaire qu’il serait urgent de rééduquer

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 11:49

La sainteté , comme le génie, ne court pas les rues. La sainteté est à l’opposé de ce qui faisait horreur au Christ, la paresse et l’hypocrisie : il lui faut œuvrer sans relâche sans récompense. La sanctification est l’expression de l’admiration terrestre de ceux qui voudraient mais ne peuvent envers ceux qui veulent et qui peuvent. Les saints doivent être des modèles contre tous les hypocrites : marchands du temple bien entendu, pharisiens ritualistes certes, mais aussi tous les exaltés de la piété qui méprisent les infirmes de la compassion, les auréolés de la certitude envers les handicapés de la foi ; les saints devraient être des guides non seulement contre des rentiers, des parasites, mais aussi contre les vauriens qui trafiquent de la pitié, les inefficaces qui s’abritent derrière l’indulgence, les veules qui vendent leur malheur. Il ne faut jamais affadir le travail des héros et des héroïnes de Dieu dans un salmigondis piétiste.

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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 17:10

Personne ne leur demande s’ils sont francs-maçons ou membres de l’Opus Dei, ou de préciser leur carrière en dehors de leurs mandats électoraux, ou encore d’indiquer s’ils sont homo bi, ou hétéro, voire abstinents, leurs différentes nationalités au cas où ils disposeraient de plusieurs passeports, leurs goûts culinaires ou en matière de grands alcools ou de bons vins. Non ! La transparence dans l’esprit de nos élites républicaines est parfaitement matérialiste, voire consumériste : il s’agit de visualiser des pouvoir d’achat, de baver sur des biens. La qualité de la gouvernance se mesurerait, chez ces esprits étriqués, dans la connaissance du portefeuille des gouvernants.

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 11:14

Comme l’a fort bien écrit le Canard Enchainé du 12 novembre, l’affaire Jouyet-Fillon a démarré par une faute professionnelle des deux journalistes du Monde qui ont dévoilé leurs sources ; lorsque vous ne protégez pas vos sources, vous pouvez être sûr de vous couper de confidences futures.

Sans ce dérapage des journalistes, la manœuvre était limpide : Jouyet, sur l’impulsion de Hollande, invitait Fillon à déjeuner dans un restaurant au vu de tous ; Hollande caftait ce rendez-vous à Fabrice Lhomme et Gérard Davet ; Ceux-ci allaient voir Jouyet qui leur livrait en confidence des horreurs sur une prétendue demande de Fillon d’accélérer des procédures contre Sarkozy ; et normalement cela devait fuiter dans les journaux pour aviver les querelles entre dirigeants de l’opposition, noyer Fillon comme adversaire le plus sérieux à terme dans la prochaine présidentielle, favoriser Sarko le meilleur ennemi possible avec son bilan médiocre et la phobie de nombre d’électeurs à son égard, enfin tresser des louanges à la présidence nouveau style qui ne faisait jamais pression sur la justice comme la précédente.

Petite manœuvre politicienne dont se délectait d’avance Hollande, conduite par son favori, animée par ses journalistes habitués. Mais, patatras, les exécutants n’ont pas bien fait leur boulot. Et les pieds nickelés du Monde au lieu de faire parler d’une source très proche du président, ont préféré citer des noms. Décidément on ne peut faire confiance à personne. Pour la prochaine manœuvre qui en toute logique devrait viser Juppé, il faudra l’Elysée plus de prudence et de professionnalisme.

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 11:06

Ces malheureux combattants de la guerre 14-18 sont dépouillés du peu qu’il leur restait, leur nationalité, leur origine, leur religion ; ne leur reste plus qu’un nom et deux dates sur une plaque de métal. La mondialisation fait son œuvre, vainqueurs, vaincus, nous sommes tous frères ; le relativisme triomphe : au diable les marques d’identification d’une religion sur ce cénotaphe. Dégradation des souvenirs dans un méli-mélo affadissant , insulte à ce que pouvaient croire ou penser ces centaines de milliers de malheureux, abus de mémoire des survivants qui se font plaisir dans la réalisation d’un monument aussi hideux que démesuré.

Pourquoi cette sinistre commémoration.

- Au nom de la bêtise comme l’exprime Yves le Maner l’historien en charge du lieu : »on les réunit de manière posthume » ; on s’en doute, ils ne vont pas ressusciter ; on l’espère, ils ne vont pas voir où on les a rangés.

- Au nom de la provocation comme la clame l’architecte Philippe Prost : « un monument en porte-à-faux pour signifier la fragilité de la paix » ; inutile de le préciser, tout est faux dans ce truc monstrueux qui ressemble surtout à un gigantesque carcan destiné à exposer le malheur du passé aux suffisants qui viendraient à s’ égarer devant.

- Au nom de la sénilité comme la signifie Daniel Percheron : »illustrer la ronde enfantine de tous les belligérants d’antan ». Embringuer des enfants dans le cortège hideux de la guerre ? Parler avec tant de légèreté de la mort, de la laideur, de la haine ? Il faut être retombé en enfance.

Les blasphèmes sont patents. Il ne reste plus qu’à en condamner les auteurs en effaçant de notre sol cette insulte érigée face à la nécropole nationale de Notre Dame de Lorette.

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 10:51

Le cardinal Barbarin est un des rares prélats français qui a montré du courage pour défendre la famille face à des lobbies déchainés pour la ridiculiser et donc la détruire, les autres ont pris la tangente. La hiérarchie catholique n’est en fait pas apte pour définir une notion qu’elle ne comprend pas, ou qu’au moins elle ne vit pas. Réunir un synode d’évêques pour en discuter relève de l’ hubris : non seulement le clergé y est peu compétent mais de surcroit n’essaie même pas, lorsque les circonstances l’imposerait, de faire entendre une voix. Que le clergé se spécialise dans le sacrement qui le concerne, l’eucharistie, et qu’il laisse à toute l’Eglise, la définition du mariage et du baptême, les deux sacrements dans lequel son rôle n’est ni convaincant, ni impératif.

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 09:51

Le décès de Rémy Fraisse est un drame privé, pour sa famille et ses amis ; pour les autres c’est un non-évènement. Que des hommages lui soient rendus dans différentes villes de France a pour seul avantage de montrer à découvert dans les rues qui sont les manipulateurs de l’opinion : des écologistes en mal de légitimation d’actions sans cohérence, des gauchistes en quête d’insurrection contre un ordre établi, des vieux nostalgiques ayant trop fumé de joints depuis 68.

Comment transformer le cadavre d’un écologiste, embrigadé dans une charge contre des gendarmes, en un épouvantail brandi par les khmers verts, les pastèques (rouge dedans, vert dehors), et autres ennemis de toute démocratie pour remettre en cause une décision prise en toute légalité, avalisée au terme d’une enquête menée par des services de l’état, et acceptée par tous les locaux. Une fois de plus le pouvoir a montré sa lâcheté ; déjà en téléguidant une expertise critiquant la retenue de Sivens, réalisée par les administrations qui avaient donné leur accord pendant l’enquête préalable ; encore en critiquant les gendarmes en leur retirant l’usage des armes qui auraient provoqué le décès du militant ; puis en ignorant les protestations des agriculteurs, portées par Xavier Beulin, indignés de se voir une fois de plus stigmatisés comme des destructeurs de la nature, des fanas du productivisme, des irresponsables.

La reculade prévisible de Sivens ne sera qu’une manifestation de plus de l’inexistence du gouvernement donc de son illégitimité : le rien n’est pas constitutionnel.

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 12:41

Antique : suivant son étymologie latine, ce qui est devant ; ce que l’augure romain avait devant lui lorsqu’il examinait le ciel en regardant si des vols néfastes ne venaient pas de la droite (chez les romains la gauche était propice contrairement aux grecs). En politique aujourd’hui, sont devant les antiquités telles que Juppé, Sarkozy, oiseaux de sinistre augure, qui non contents d’avoir conduit des politiques dépourvues de succès, veulent convaincre le peuple de leur redonner une chance. Que le peuple détruise ces arrogants !

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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 10:56

Qui conteste encore que le président Hollande soit assimilable au néant : à force de tourner en rond, et que le rayon de son influence diminue il ne reste plus de lui qu’un centre du pouvoir qui s’éteint. Plus surprenant est le parcours du premier ministre qu’il s’est choisi : le Valls au menton en avant, aux yeux chargés de flamme, à la parole précipitée et chargée d’invectives, façon grand leader populiste s’est révélé au fil des mois la doublure de son pygmalion : les réformes toujours annoncées, toujours promises, toujours amplifiées, toujours nécessaires, toujours salvatrices et puis dans la torpeur de la fainéantise des fonctionnaires, la peur des manifestations des opposants, la frousse des alliés politiques qui détaleraient, les grands changements se métamorphosent, au fil des reculades, au gré des compromis, aux abandons purs et simples, aux ablations complètement défigurantes, en quasi rien du tout. Valls, l’infiniment lâche, est bien le chien de son maître.

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 09:49

Visions d’apocalypse, ou plutôt de science –fiction, ou encore de films catastrophes : des ambulances conduites par des chauffeurs en scaphandres, précédées de motards toutes sirènes hurlantes qui emportent une pauvre malade présentant quelques signes de fièvre vers un hôpital bunkerisé. Peur des médias, leur exploitation de la peur des gens comme vous et moi. Grands exposés sur des protocoles (plus savant que procédure ou bon sens), sur des molécules (mieux que medoc ou potion) ; ritournelle lancinante sur la proportion de morts parmi ceux qui sont frappés. Etalage ecoeurant de l’égoïsme occidental prêt à mettre au ban de l’humanité deux, voire trois pays au prétexte que la vie de quelques uns d’entre nous pourraient, peut-être, avec beaucoup d’imprudences, beaucoup de hasards être mise en jeu. Le seul point positif de cette hallucination collective est qu’elle permet de trouver de la place dans le métro l’aide d’une des deux remarques proférées à voix haute : »Je reviens, juste de Guinée », ou « je cours chez le médecin, je me sens un peu fiévreux ».

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