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Aisés

Il faut pronocer les Zézés. Ils sont les moutons noirs tondus jusqu'au sang. Leurs contributions au bien-être général est une punition de leur existence même car ils sont les succédanés des bourges affligés de toutes les tares : égoïstes, réactionnaires, affligés de toutes les phobies imaginables, vaniteux pour les études qu'ils ont faites ou leurs parcours professionnels, souvent mariés, voire affligés d'une nombreuse marmaille, propriétaires, spéculateurs.

 

Hétérophobes     

Ils ont peur de l’autre. Ils ne rêvent que de leur image ; nouveaux Narcisse ils trouvent leur réconfort dans la contemplation de leur reflet. Leur peur va jusqu’à la haine : Pierre Bergé vomit les femmes qu’il veut réduire à l’état d’incubateur destinés à produire les enfants désirés par les couples masculins ; Françoise Héritier ignore les hommes au point de décréter que « le rôle du père reste à inventer ». Dans l’alliance improbable des sodomites et des saphistes, la seule idée commune est de reconnaître que l’amour physique est inopérant pour perpétuer l’idée d’un couple : il leur faut des enfants ; faute de surmonter leur aversion du sexe opposé, ils imaginent de se ménager une fausse progéniture en subtilisant les gamètes des autres. Dans leur combat nourri par l’envie, les homosexuels se sont forgé une arme, qu’ils ont baptisée égalité des droits. Pour mieux combattre une altérité qui les remplit de dégoût, ils ont imaginé de nier la différence ; la position n’est pas facile à tenir face à l’évidence, au concept de nature, à une histoire immémoriale, aux foules contemporaines (des cités de nos banlieues aux bords du Gange, des hindouistes aux adeptes des religions révélées). L’hétérophobie n’est ni un crime, ni en délit, elle n’est que la manifestation exacerbée de quelques uns qui croient que le bonheur est chez ceux qu’ils ne sont pas ; avatar de l’éternelle avidité humaine.

 

Cool  

Le type cool (frais) s’oppose au mec archibrulé (burned out). En théorie. L’un baigne dans une béatitude narcissique où rien ne vient offenser ses préjugés antibourge, et ses principes boboïdes. L’autre s’est jeté dans la fournaise d’un carriérisme immature pour jouir égoïstement des témoignages d’admiration, d’envie, de jalousie de ses patrons et collègues. Entres les deux une même vénération de son nombril partagée ou non par les autres.

 

Gitans

Manouches, Piches, Bohémiens, Tsiganes, Roms, Romanos, Romanichels, Gens du voyage, Gitan, Gipsy, Egyptien, Boumian, Zingaro. Faut-il qu’on les aime pour leur trouver autant de dénominations

 

Femme libérée

Putain non tarifée.

 

Délateur      

Citoyen qui accomplit son devoir : il cancane dans les médias, ou saisit les autorités pour dire son dégoût, sa réprobation, sa révulsion, son indignation, face aux dires ou actes de ses voisins, concurrents, collègues, amis ou ennemis, gens croisés par hasard ou suivis. Il accomplit son œuvre de défense des valeurs de la République grâce à ses talents d’écoute, d’enregistrement, de veille, de fouille. Il est « source protégée » quand il s’adresse à un journaliste encarté, il bénéficie du privilège de la confidentialité quand il envoie son document à quelques administrations choisies. La bave et le fiel ont remplacé le sang et la sueur : à chaque époque ses symboles.

 

Délateur

Conjoint abandonné, concurrent battu, voisin envieux ont trouvé le chemin de la béatification en optant pour le statut de source anonyme des journaleux. Heureux ceux qui propagent la rumeur, ils verront leurs dires à la Une.

 

Victime du mediator 

Et quand lancera-t-on des procédures judiciaires contre tous ces gens qui se sont fait rembourser leur médiator pour perdre quelques kilos. Tout autant que le laboratoire, que l'AFM, que leur médecin, ils ont dévoyé l'utilisation d'un médicament au détriment des cotisants de la Sécurité Sociale. La bêtise n'absout pas plus que la rapacité. La victime est le volé, pas le voleur.

 

 

Beaux-parents

Oxymore qui tend à faire croire qu'est beau au yeux d'un enfant son parâtre ou sa marâtre. Qui ne se souvient de l'incrédulité de Cendrillon devant la haine de la nouvelle épouse de son père, de la stupéfaction d'Hippolyte face aux allégations de Phèdre. Et que dire des manoeuvres d'Anne Boylen tentant d'éliminer  Marie Tudor, l'exil du futur Louis XI pour ne plus rencontrer Agnès Sorel. Littérature, Histoire ne mentent pas.

Mais le progrès arrive, et ce qui était l' un des topos des haines familiales est devenu un idéal célébré dans les familles recomposées des sociologues et dans les astuces des législateurs qui inventent le parâtre féminin et la marâtre masculine.

 

Sycophante

Vieux terme pour désigner journaliste d'investigation : il se charge de désigner à la vindicte publique, au choix, le viveur qui aurait troussé une servante, l'amateur d'alcools qui aurait changé de nationalité, le comédien qui s'est payé un journal, le politicien qui a tenté de faire financer sa campagne, le hâbleur qui a dérapé dans ses propos. En retour, il pourra augmenter les tarifs de publicité sur son site.

 

Autochtone

Injure raciale s'il est accompagné de l'épithète oisif ? Certes l'oisiveté est mère de tous les vices, mais elle est aussi l'expression de ces temps de loisir tellement appréciés par nos contemporains. Alors faut-il n'admirer ou brocarder que les autochtones esclaves du travail ? Ou, autre solution, ne se moquer ou encenser que des allogènes se baladant en touristes oisifs ?

 

Caillera

Antipathique jeune brute qui macule nos murs (art plastique), crève nos tympans (art musical), fourgue ses drogues (stage professionnel), sèche les cours (scolarité), fait la tournée des caves (vie sentimentale). Un embryon d’homme, dont la maturation s’est interrompue suite à la démission de ses parents, le laxisme de ses éducateurs, la haine de ses voisins. Ne bénéficie d’une aura de sympathie que vu de très loin, dans une étude ou un reportage à prétention sociologique, ou préalablement dilué dans une grande place (La Bastille par exemple). Sa prudence face à des dangers isolés (une vieille personne, une jeune fille habillée à l’européenne, un gamin avec un super portable ou un vélo génial ou un blouson extra) le conduit à les affronter en bande, suivant le vieil adage belge, « L’union fait la force ». Son courage à l’extérieur de son quartier de sa cité, ne se manifeste qu’avec circonspection, soit lors d’une expédition punitive contre une bande d’une autre race, ou lors de la participation à une manifestation politique pour aller piller des magasins marrants. Sa tempérance s’affiche dans son mépris de la propriété (des autres), son indifférence aux vanités (intellectuelles), sa combativité pour la libération (d’un travail aliénant). Son goût de la justice est manifeste dans sa connaissance supérieure à la moyenne du code de procédure pénale. Malgré tant de vertus, il suscite l’empathie des accros au déterminisme social.

 

Corps enseignant

Entre la pédagogie, le syndicalisme et les journées d'absence maladie, trouve parfois le temps de transmettre quelques connaissances à leurs élèves; s'étonne après, avec un aplomb confondant, que les résultats des chers petits soient aussi mauvais; se mobilise avec beaucoup de zèle pour que l'on recrute encore plus de professeurs ... pour travailler encore moins ? essaie de faire croire qu'il est inefficace parce qu'il est mal formé, alors qu'il a perdu beaucoup trop de temps à étudier ce qu'il n'enseignera jamais; appelle vocation la satisfaction de percevoir une rente perpétuelle contrepartie d'une insatisfaction perpétuellement proclamée.

 

Elite

Couche de population coincée entre le snobinard shooté, partouzard, et le fatigué de naissance avachi des neurones; haïe du peuple et de ceux qui veulent faire peuple; méprisée dans une alliance contre-nature par les footeux, buveurs de bibine, hypnotisés de la téloche et les bling-bling adorateurs des toutes dernières tendances, sacrificateurs aux idoles du prêt à penser.

 

    Expert

Savant ? Si peu. Spécialiste ? Autoproclamé. L'expert s'apparente à un cuisinier qui prétendrait faire des omelettes sans oeufs : il connaît toutes les recettes, il prévoit tous les plats à venir, il a juste oublié l'essentiel.

 

Gendarme

Photographe amateur qui se cache derrière des buissons, le long de routes fréquentées pour tenter de prendre au vol des clichés d'automobilistes fuyant à toute blinde.

 

Heterosexuel

Homosexuel qui a refoulé sa libido. Pignouf qui étale sa beaufitude. Inconséquent qui se marie pour mieux divorcer, qui engendre des enfants pour mieux les abandonner. Etre dénué de sensibilité artistique à qui l'on doit refuser, avec raison, tout poste de responsabilité dans l'Art institutionnel. Lâche qui n'a pas fait son coming out. Confusioniste qui veut mélanger les sexes. Adversaire du progrès, engoncé dans son respect de pratiques surannées. Ennemi de l'égalité au nom de vieilles lunes datant de Mathusalem. Cul-serré, pisse-froid qui brandit les mots de luxure, débauche, sans en avoir goûté. Inculturé qui lit  Proust sans comprendre, regarde mal Michel-Ange, et n'imagine pas qui est le véritable Lyautey. Individu sinistre qui préfère les processions à la Gay Pride, les lieux de culte aux boites de nuits enchanteresses, les tapis de prière aux divans profonds. Devant tant de déviances, l'hétérophobie ne serait-elle pas un devoir ?

 

 

  Nègres

Je préfère écrivains fantômes commes les surnomment les américains (ghost writers) : on devine leur existence falote, floue, leur présence parfois obsédante qui se dissipe; ils rôdent atour des oeuvres, mais l'auteur qui est raisonnable les ignore, les repousse, les nie; le lecteur qui, lui, a de l'imagination les sent sans les connaître, les devine au détour d'une phrase, d'une référence, croit même les voir.

 

    Pouffes et empaffés

Ligue de bien pensance qui pense que leur vertu se mesure à la rapidité avec laquelle ils écartent les cuisses.

 

Saltimbanques

Sauteurs d'estrades qui hantent festival, salles de spectacles, et autres lieux d'amusements médiatiques. Traines savates des spectacles du vivant, ou vedettes des écrans, ils nous braillent qu'ils représentent l'Art. Je les vois plutôt comme des fonctionnaires de la culture appointés comme intermitents.Où est l'art ? Qui connaît un poète percevant des allocations entre deux bouffées de son inspiration ?

 

Défilés de mode

Des vieilles, à la peau tendue, regardent passer des jeunes anorexiques.  L'ambiance est plombée entre les grimaces esquissées des momies qui contemplent et les yeux tristes, et  la moue de commande des squelettes qui défilent. Retentit, incongru, le rire strident de la grande folle qui a organisé cette mascarade.

 

Stressés

Paresseux qui, pour excuser leur inapétence à faire leur boulot, pestent contre ceux qui les harcèlent parce qu'ils n'ont rien fait, ou contre leur corps qui refuserait de se plier à la discipline du travail.

 

Les laudateurs de l'exception française

L'exception française est la liste des péchés dont s'absolvent quelques meneurs de notre société : coquetterie culturelle, narcissisme social, impérialisme idéologique; leur intransigeance à défendre leurs travers n'a d'égale que leur terrorisme envers ceux qui les défient. Les expressions tabous de laïcisme à la française, de patrie des droits de l'homme, d'héritiers des Lumières, sont quelques unes de ces pruderies qui leur permettent de cacher sectarisme des opinions, tartufferie des idéologies, médiocrité des productions.


 

Clochards

Plutôt que SDF,  acronyme dont est friande notre société d'hypocrites qui camoufle derrière quelques lettres, le poids du malheur d'un mot, je préfère clochard. J'y entends à la fois le refrain d'un air populaire (il y a quelque chose qui cloche là-dedans ...) qui dit avec humilité le scandale d'une personne jettée à la rue, mais aussi un tintinabulement  un peu triste, mais qui est quand même une petite musique d'espoir d'humanité.

 

Administratrices et parité 

Des mères maquerelles, au carnet d'adresse rebondi, présentent leurs protégées aux conseils d'administration. Montez, montez disent-ils, sans trop regarder, il nous faut atteindre notre quota. La traite des femmes s'est répandue dans le monde des affaires parisiens grâce à la loi sur la parité hommes-femmes :  je te livre une administratrice, tu me rémunères ma société de conseil.

 

Catho, facho, fauché

Son nom est au moins double voire plutôt orné d'une particule, dernier héritage légué par leurs nobles ou industrieux ancêtres. A la campagne perdue au fond d'une province il possède, en indivision avec de nombreux cousins, une grande barraque, parfois baptisée château, dans laquelle personne n'a encore cru nécessaire (ni surtout avoir eu les moyens) d'installer un confort élémentaire. Lors des réunions familiales traîne toujours, dans une foule hétéroclite de vieilles tantes et d'oncles hors d'âge,  une bonne soeur ou un religieux en tenue. Après le café et le pousse-café, dans le salon empoussiéré il ne parle que de sujets consensuels (intégrisme ou dérive spirituelle, bonnes oeuvres et charité). Il  est gentil, le sait et ennuie tout le monde avec sa bonté dégoulinante, ses fiertés avilies, et son hospitalité misérable.

 

Bobo, bourgeois gentilhomme

Le bobo, bourgeois gentilhomme de notre siècle.

Il ne danse plus, il fait du jogging en écoutant de la musique afin de soigner son corps et son apparence.

Il ne pratique plus la charité, il est dans l’humanitaire ou au pire cotise au Sidaction ou au Téléthon.

Il ne fait plus de poésie (ou de la prose), mais tient un blog dans lequel il défend le développement vert, les rappeurs, et l’expression de sa libido.

Il croit que François Pinault est un collectionneur d’art qu’il faut admirer en se prosternant.

 

Les bons et les méchants

Que de gens admirables qui vous prêchent la solidarité !

Que de personnalités compassionnelles qui nous font pleurer sur les malheurs d'autrui !

Que de célébrités qui vous demandent de donner encore plus aux malheureux !

Que de justiciers qui vous tancent au moindre écart de parole !

Que de monde qui se soucie de votre petite santé !

Que de visionnaires qui se préoccupent du futur de nos enfants !

Que de délicats qui vous somment de ne pas oublier les handicapés, les obèses, les fêlés, les prisonniers, les sans-papiers !

Que d'humanistes qui sont partout dans la politique, les médias, les lettres, le show-biz !

Quelle époque merveilleuse, incroyable, extraordinaire : les bons, les gentils, les miséricordieux, sont là partout à notre porte, derrière nos écrans, devant leurs micros.

 

Je suis effondré. Je suis entouré de saints qui font ressortir toute ma noirceur.

 

 

Qui est de droite ?

La gauche n’ est-elle pas portée par son optimisme dans le genre humain, la suite du bon sauvage , la droite par sa méfiance de l’individu, la suite du péché originel.  Le regard attendri des uns ne les prédispose-t-il pas à l’hypocrisie, à la satisfaction de croire que tout effort envers les exilés de la vie est automatiquement récompensé ?  Le regard sévère de l’autre amoindrit-t-il son amour du prochain, l’empêche-t-il de croire qu’aider les laissés pour compte portera peut-être un jour des fruits? L’optimiste fait confiance aux solutions court-terme, ne veut pas transiger avec l’immédiateté, croit que la tolérance est soluble dans la bienveillance. Le pessimiste n’attend rien tout de suite, fait de la méfiance, du doute les outils indispensables de son action pour le futur.

 

Camping

Ils se baladent en camping-car, et s’agrègent le soir, en rangs serrés, sur les parkings des stations de villégiature, vivants symboles du nouveau coktail de liberté poussée jusqu’à l’outrance et de grégarisme affiché.

Ils ne jurent que par la tente et s’entassent derrière les clôtures de camps dans une promiscuité hallucinante, vigoureux défenseurs d’une convivialité écologique.

Ils s’entassent dans des cabanons, constructions éphémères, laides jusqu’à la nausée, pour trouver dans des parcs d’activité les distractions que leur imposent une horde d’organisateurs.

Comme c’est bizarre que cette passion du camping,  rêve de liberté de mouvement, de contact avec la nature, se réalise dans une prolifération de fourmilières.

 

Désir et frustation

Un homme sans désir pour une femme.  Une femme sans désir pour un homme. Triste certainement. Ils loupent beaucoup surement. Mais est-ce une raison pour qu’ils nous bassinent avec leur différence et exigent une compassion pour leur manque ? Pourquoi singeraient-ils ceux qu’ils ne comprennent pas ? Nous avons tous nos frustrations, celles-là n’en valent pas d’autres.

 

Auteure, Autrice, Auteuse, Autoresse

Quelle fable écrirait aujourd’hui La Fontaine (Le Fontain ?) :

-          Le sentineau et la bedelle (La sentinelle et le bedeau ?)

-          Le belet et la maquerelle (La belette et le maquereau ?)

Quel plat apprécierait aujourd’hui La Reynière (Le Reynier ?):

-          Un sol meunier (une sole meunière ?)

-          Un anguil en matelot (une anguille en matelote ?)

Que nous dirait Casanova (Casanovo ?) du fond de sa prison :

-          C’est un balanç (une balance ?) qui m’a envoyé où je suis

Les bas-bleus (les chaussettes bleues ?) n’en finissent pas de nous affliger avec leur pédantisme féministe.

 

Conducteur : l'autoroute à trois voies

Sur l’autoroute à trois voies, les veaux sont entassés, à la queue leu leu, sur la voie centrale. Ils jettent un regard furieux sur les berlines et les coupés qui les dépassent sur la voie de gauche. Ils ne daignent pas emprunter une voie de droite abandonnée à quelques camions et voitures de collections. Les rois fainéants se baladent dans leurs chars, oscillant entre jalousie et mépris.

 

Enfants : la mère-reine

Une nouvelle pathologie est née. De plus en plus de femmes sont enceintes. Et après l’accouchement, des complications surviennent toujours avec la nécessité de s’occuper du nouveau-né.

Sur le thème de « moi, j’enfante » ou de « moi j’ai enfanté », après le règne de l’enfant-roi, dans un mouvement irrésistible de régression apparaît le règne de la mère-reine. Elle promène sa maternité difficultueuse comme si quatre milliards de femme n’avaient pas accouché avant elle.  Elle toise, elle exige, elle vitupère ceux qui ne prennent pas conscience de son intéressante situation. Elle est pesante.

 

Infirmières ?

Elles trainent leurs savates au ras du sol en évitant au maximum cet effort surhumain de décoller le talon. Elles agrémentent leurs apostrophes aux malades d’un tutoiement, mêlé de termes infantilisants. Elles colportent de chambre en chambre, sur leurs mains pas nettes, les staphylocoques avides de surinfecter ceux que les médecins essaient de guérir. Elles s’enferment en troupe cancanière dans le bocal de verre de leur salle commune. Ce sont des merveilleuses infirmières !

 

Mannequins ou épouvantails ,

Pas de fesses, pas de cuisses, les joues creuses et le ventre concave, des salières saillantes et des côtes apparentes : les mannequins font étalage de leur esthétique anorexique.

Leurs  jambes qui s’entortillent comme deux aiguilles à tricoter, elles avancent d’une démarche chaloupée de marins en bordée, à l’attaque des clientes et journalistes  du haut de leur  laideur vulgaire.

 

Médecine : la tentation du pouvoir

Des médecins utilisent un langage bizarre : ils ne disent plus je vous ai guéri de telle ou telle maladie, mais je vous ai sauvé la vie. Mais je ne leur demande pas de me prolonger une existence misérable, je les ai appelé pour me conserver dans un état que j’estime acceptable.

Des médecins ne conseillent plus, ils prescrivent :  quant à moi, je les consulte et leurs prescriptions doivent rester ce qu’elles auraient du être, des conseils.

 Des médecins se lancent dans de grandes déclarations à tendance universaliste : l’alcool tue, le tabac tue,  les graisses tuent, les sucres tuent … Peut-être, mais ils feraient mieux de généraliser tout de suite : la vie tue.

Des médecins se réunissent pour décider de prolonger ou non la vie d’un proche. Au nom de quelle légitimité ? Ils l’aiment ? Ils le connaissent ? Ils bénéficient d’un droit de nature ou divine ou sociale ? Rien de tout cela : ils sont le simple symbole de la prise de pouvoir de techniciens.

Mais que n’ont-ils retenus le serment d’Hippocrate :

-          Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté …

-          Je n’exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences …

-          Je ferai tout pour soulager les souffrances …

-          Je n’entreprendrai rien qui dépasse mes compétences …

 

Mobile et zombie

Ils hurlent dans les trains, les autobus, les voitures ; sur les trottoirs, dans les réunions, pendant un repas ; ils téléphonent ! Tous les gens présents autour d’eux s’effacent brutalement au profit d’un être lointain et mystérieux à qui il faut impérativement parler, répondre ! Lorsque le grelot ou tout autre bruit idiot retentit ils se précipitent sur leur téléphone mobile, coupant net n’importe quelle conversation, interrompant sur le champ toute activité pour aller obéir à l’injonction de la petite machine ; ceux qui les entourent peuvent profiter de bribes d’entretien, généralement aussi inintéressantes que tronquées. Ils ont l’air misérables les esclaves du téléphone mobile à scruter avec impatience dans le métro, ou ailleurs, leur petit écran, afin de vérifier en permanence si quelqu’un s’intéresse à eux, les fait participer à un de leurs misérables tas de secrets, afin de s’interroger réciproquement à qui il pourrait bien envoyer un message, à propos de ce quoi.  Les zombies sont parmi nous.

 

Vélo dans Paris

Il est harnaché d'un justaucorps aux couleurs fluorescentes, que personne n'ignore qu'il passe. Son crane précieux, cachant des neurones non moins estimables, est protégé d'un casque enveloppant. Il écarte d'une main dédaigneuse,  voitures poluantes et piétons ringards. Il fait du vélo dans Paris.

Fier de sa modernité, conscient de de son dévouement pour la sauvegarde de la planète et le bonheur des générations futures, il roule sur les pistes qui lui ont été dévolues par un pouvoir aimable. Il fait du vélo dans Paris.

Les yeux cachés par d'épaisses lunettes les protégeant des poussières nocives, le nez parfois enveloppé d'un seyant foulard s'il s'avérait nécessaire d'arrêter les molécules des gaz à effet de serre, des écouteurs vissés dans ses oreilles pour qu'elles profitent  des oeuvres imortelles qui ont été composées pour elles depuis Jean-Sébastien jusqu'à Kevin et Farid, il fait du vélo dans Paris détaché des atteintes matérielles de la ville.

 

C'est nous les ONG

« C’est nous les ONG qui pourchassons les chasseurs et empêchons les pêcheurs.

C’est nous les ONG qui du haut de nos 4x4 distribuons les sacs de vivres.

C’est nous les OGN qui apportons médicaments et préservatifs à l’humanité en quête de copulation.

C’est nous les ONG qui, grâce aux subventions des  contribuables, et aux dons des nantis, soignons les éclopés, nourrissons les affamés, protégeons les espèces. »

Partis de Roissy, d’Heathrow ou de Schipol, les nouveaux envoyés, de la paix, de la fraternité, de la sollicitude, de la compassion inondent le village mondial de leur bonne conscience et pointent un doigt accusateur sur tous ceux qui doutent de leur efficacité.

 

Catho

Catho tradi, il s’empêtre dans ses génuflexions. Catho mini, il doute de l’existence du Christ.

Catho exalté, il parle en langues. Catho rentré, il pratique sans croire.

Catho social, il milite dans une association humanitaire. Catho marial, il trempe les vieux dans l’eau de Lourdes.

Catho macho, il s’est voué au célibat. Catho gaucho, il fait des faux pour les sans-papiers.

En vérité, il ne sait plus à quel saint se vouer.

 

Compagnon

 

Nouveau nom de l'amant ou du concubin. Concubin était particulièrement laid, probablement pour son absence d'euphonie . Amant était superbe mais je ne sais pourquoi a complètement périclité : certains ont du y voir un relent d'adultère, ou une expression trop forte d'une passion. Compagnon l'a complètement supplanté : mot utilitaire, qui ignore toute notion d'amour, qui insiste sur le côté circonstanciel; mot idoine pour une société qui se méfie à la fois des sentiments et des engagements; mot de laborieux du conjugo; mot triste pour des couples tristes.

 

Obèse

 

Silhouette de moins en moins exceptionnelle  d’un type de rentier d’aujourd’hui qui après s’être empiffré de nourritures, prétend se faire soigner au nom de la solidarité nationale, exiger des dommages et intérêts si les médicaments qu’il ingurgite lui sont nocifs, et bien entendu ne payer qu’une seule place pour installer son fessier disproportionné.

 

fonctionnaire européen

Employé d'un état qui n'existe pas, porte-parole ou porte-plume de parachutés surnommés commissaires, il vit dans l'apesanteur de villes tirées du néant. A l'entrée de sa niche fiscale il aboie sur les contrevenants aux réglements qu'il peaufine.

 

 

 

 

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