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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 17:59

Elles ne créent pas un emploi, en détruisent beaucoup à force d’optimisation, de rationalisation, de suppression d’un maximum d’interlocuteurs, de l’abandon à lui-même des clients. Elles ne proposent qu’une palette de plus en plus réduite de produits par référencement qui permet d’imposer un seul modèle, une seule marque au détriment de toute diversité, en vertu d’un oubli systématique de la notion de qualité au profit de celle du prix. Elles oppriment les producteurs : qui n’a pas en tête l’humiliant passage devant les acheteurs des centrales d’achats des grandes surfaces ; qui n’imagine pas la terreur du responsable de PME menacé de déréférencement ; qui n’a entendu parler de toutes les méthodes pour extorquer des sous aux producteurs, comme les marges arrière, le financement des stands de présentation, les contrats de progrès etc… Elles enlaidissent tous les abords des villes et des bourgs avec leurs entrepôts quasi tous identiques, quasi tous hideux, leurs parkings qui étendent leurs pattes bituminées tout autour, leur empilement de produits emprisonnés dans leur gangue de plastique. Elles abrutissent leurs clients en leur faisant miroiter la possibilité d’acheter un maximum d’objets au détriment de l’acquisition d’un seul utile et de bonne qualité. Elles font régner une inégalité effarante entre les travailleuses sous-payées, aux horaires aléatoires, enchainées à leurs caisses enregistreuses, et les propriétaires qui s’enrichissent sans créer de richesses.

Elles ont enrégimentés dans leurs troupes, les associations de consommateurs qui suintent de haine envers le fabricant soupçonné de mal produire, les autorités de la concurrence qui font une fixette sur les ententes entre producteurs et laissent quelques centrales d’achat faire leur loi sur les marchés. Quant aux autorités locales elles sont à plat ventre devant ces puissances qui leur financent leurs chers ronds-points et autres fantaisies édilitaires. L’état central ferme les yeux devant tous ces dérapages, croyant donner du pouvoir d’achat par la baisse des prix du fameux panier de la ménagère, alors qu’il favorise l’effondrement général de la qualité, le dépérissement des centres villes et tous les coûts associés à ces mauvaises pratiques.

Malgré ce désastre, beaucoup se réjouissent de la prospérité des Leclerc, Carrefour, Intermarché, Casino, Conforama, Bricorama, Castorama, Décathlon et autres grandes enseignes. La grande satisfaction est que leur modèle est périmé : qui a encore envie de se trainer dans des banlieues sordides, pour se garer sur un parking sinistre, et parcourir des allées interminables ? Qui a encore envie de gagner quelques cents, voire quelques euros sur des produits fabriqués on ne sait où, par des mains d’oeuvre surexploitées ? Beaucoup moins cher en réalité, beaucoup plus facile de commander sur des plates-formes qui peuvent offrir une gamme beaucoup plus large, avec des magasins relais de proximité pour voir ce qu’on achète. Alors adieu à toutes ces grandes surfaces : elles sont en fin de vie, encore quelques années et les pissenlits repousseront sur les ruines de ces horreurs.

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 09:21

Un aréopage de professeurs de droit, et de conseillers d’état ont concocté un rapport sur la réforme du code du travail. L’inusable Badinter, s’est chargé de le signer avant qu’il soit remis au premier ministre. Comme nous le précise cette vieille baderne de Badinter dans sa lettre de présentation : « il ne s’est pas cru autorisé à proposer de nouvelles dispositions ou formuler des suggestions … ». Beaucoup de franchise pour un résultat atterrant parce qu'entièrement atteint. Ce comité composé exclusivement de personnes sans la moindre compétence économique, sans la preuve d’une quelconque capacité managériale nous a fabriqué une superbe paraphrase de ce qui était écrit dans les lois. Aucun intérêt.

Que faire de tous ces poncifs pour traiter des problèmes qui concernent :

1° les employeurs avec

- la peur d’embaucher par crainte de ne pouvoir licencier quand il le faut, par crainte des procédures devant les tribunaux faute de clarté dans les lois et règlements,

- la flexibilité sur les horaires pour accompagner l’augmentation ou la diminution des commandes, - la négociation avec des syndicats qui ne sont pas représentatifs .

2° les employés avec

- leur protection dans le cas de travail à distance, de travail en temps partagé,

- leur statut de faux sous-traitant, mais de véritable employé,

- leur autonomie face aux moyens de transmission, de contrôle, de surveillance, actuels.

Mais les vieilles birbes, non seulement n’ont pas essayé de comprendre quels problèmes nouveaux seraient à examiner, mais ont ressorti les principes du XXème siècle les plus hors d’âge :

- le droit au service de santé au travail qui n’a gardé sons sens qu’en de rares usines,

- le droit de grève est cité sans qu’il soit parlé d’un service minimum,

- l’égalité des rémunérations pour un même travail sans allusion à un différentiel de compétences ou de résultats,

- la liberté du salarié de manifester ses convictions, y compris religieuses, sans se poser la question de la coexistence de pratiques culturelles différentes.

Ils n’ont pondu que 61 articles, en prétendant qu’ils ont « une dimension éthique trop souvent méconnue dans la société marchande ». Traditionnelle prétention des petits esprits d’abriter la faiblesse de leurs écrits derrière le panache de grandes déclarations. Qui peut croire un instant que se loge une once de moralité derrière des déclarations aussi creuses que théâtrales que :

- article 10 : « L’employeur exerce son pouvoir de direction dans le respect des libertés et droits fondamentaux des salariés » ; pas de définition de ce qu’est le pouvoir de direction ; pas de définition de ce qu’est un droit fondamental du salarié ; mais passez muscade l’essentiel est de glisser le terme de « respect » quoique l’on ne sache pas de quoi.

- Article 15 : «Les procédures de recrutement ou d’évaluation ne peuvent avoir pour objet ou pour effet que d’apprécier les aptitudes professionnelles » ; ça relève du code du travail l’abolition du droit de cuissage ?

- Article 23 : »les sanctions pécuniaires sont interdites » ; tellement vague que ça ne veut plus rien dire ; toutes sanctions deviennent plus ou moins pécuniaire et se traduisent par des suppressions de primes, d’augmentation ; là encore un principe sibyllin qui est absurde exprimé comme celà; faudrait-il en conclure puisque le principe n’est pas rappelé que les sanctions corporelles seraient autorisées ?

Monsieur Badinter, et toutes les éminences qui ont accepté de servir de laquais à un gouvernement en quête de justification pour ne rien faire, débarrassez le plancher makgré votre talent pour manier la serpillère.

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 18:25

La loi de la grande distribution tient en quelques axiomes :

- Vendre le moins cher possible, tout en conservant une marge pour le distributeur ; résultat mécanique, un appauvrissement des producteurs,

- Vendre une gamme restreinte de produits afin de pouvoir faire jouer au maximum la concurrence entre producteurs sur des gammes parfaitement comparables ; résultat une offre produit de moins en moins large pour le client,

- Vendre dans des grandes surfaces, agrémentées de grands parkings situées à pétaouchnok afin de limiter les coûts du foncier ; conséquence, désertification des centres des petites villes,

- Vendre avec le moins de frais possible, toujours pour améliorer la rentabilité par la baisse des coûts ; conséquence, absence totale de service.

Toutes ces règles conduisent à une infinité de désastres :

- ruine des producteurs locaux au profit du plus lointain qui arrive à contracter ses coûts en se dispensant des protections sociales et environnementales,

- Disparition du petit commerce de centre ville, incapable d’acheter à bas prix, supportant un foncier cher et payant trop de salariés par rapport à son volume de vente,

- Abaissement de la qualité moyenne des produits vendus pour tous les produits qui sont la grande cavalerie : alimentation quotidienne, appareils ménagers, ameublement, vêtements de tous les jours ; tout ce qui fait le charme du quotidien devient fadasse, fragile et trop souvent moche,

Toute cette calamité est particulièrement marquée en France. Dans la grande distribution généraliste règne un oligopole comme nulle part au monde avec Carrefour, Leclerc, Casino, Auchan. Personne ne s’émeut de la tyrannie qu’ils font régner. La moindre connivence entre fabricants fait crier à juste titre les associations de consommateurs, provoque l’intervention musclée de la Haute Autorité de la Concurrence, est donc durement sanctionnée. Problème, auquel personne ne répond est pourquoi ces fabricants n’arrêtent pas de s’entendre : c’est que pour beaucoup il s’agit d’une question de survie face à des acheteurs qui tentent de faire régner la terreur et y arrivent lorsque les producteurs ne sont ni des groupes mondiaux, ni des marques incontournables.

De toute évidence le curseur est pour l’instant mal positionné entre le producteur et le consommateur : le premier est toujours sous le soupçon de mal produire, trop cher, en s’entendant avec ses concurrents ; et pourtant c’est lui le créateur d’idées, d’objets, d’emplois, le véritable animateur du monde économique. Le second n’est jamais accusé de vendre au rabais, des marchandises mal produites chez des exploiteurs ; et pourtant c’est un massacreur d’emplois (chez ses fournisseurs bien entendu, mais aussi dans son secteur de la distribution), un tortionnaire des villes (enlaidies en périphérie, et désertifiées dans leur centre). La défense du consommateur ne peut se limiter à lui faire payer le moins cher possible un objet standard, et ce pour une raison très simple : l’objet standard, contrairement à ce que veulent nous faire croire ces grandes surfaces ne devrait pas exister ; le charme de la production est très exactement de faire des objets différents.

Oui, il faut protéger les consommateurs, mais de la grande distribution.

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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 12:22

Entre deux oligopoles, il faut préférer celui qui produit à celui qui distribue.  Donc entre Hachette et Amazone, je choisis Hachette ; l’un grâce à ses plateformes de distribution électroniques ou pas m’apporte un confort, l’autre la mise en forme d’un objet conçu par l’auteur ; j’inclinerai toujours pour celui qui apporte le plus de valeur ajoutée. Amazone, sous le costume séduisant de la technologie moderne, est le successeur du colporteur : c’est un aventurier sympathique mais facilement remplaçable.

Entre celui qui fait une marge convenable pour rétribuer ses clients, fournisseurs, salariés, actionnaires et celui qui travaille à perte, il faut préférer la société saine à celle qui est obligée de pourrir le marché pour tenter de survivre. Amazone a choisi un modèle de développement à tout prix de son chiffre d’affaires qui écrase ses concurrents, sans rétribuer correctement tous ceux qui y concourent ;  la fin d’un tel modèle est soit l’éclatement de la bulle, soit l’écrasement de la concurrence et la mise en tutelle des fournisseurs permettant in fine d’augmenter les prix de vente.

La leçon a déjà été servie en France avec le développement extravagant des grandes surfaces qui fortes de leurs prix bas sur quelques produits phares ont tué le petit commerce, désertifié les centres des bourgs et petites villes, appauvri la diversité de l’offre de produits, enlaidi les zones péri-urbaines ; un désastre.

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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 11:27

« Nous voulons des sanctions équitables qui punissent le passé mais qui ne punissent pas l’avenir » déclare Sapin à propos des peines encourues par la BNP. Un ministre français prend acte d’un hold-up commis par un politicien américain, tient pour acceptable qu’une personne morale française soit condamnée sans avoir contrevenu à une loi française pour des infractions commises en-dehors du sol américain, justifie des amendes exorbitantes qui flattent le bas-peuple américain et sont une insulte à la libre souveraineté de la France qui n‘a pas à se soumettre à des embargos qu’elle n’a pas décidés.

Sapin dans cette affaire n’a pas réussi, et n’a peut-être même pas tenté, de mobiliser nos partenaires européens (Londres, Berlin, et surtout la BCE à Francfort) contre le principe même qu’une transaction dollar hors les Etats-Unis (qualifiée de monnaie d’échange et de réserve internationale) soit justiciable des tribunaux américains. Sapin (et derrière lui Hollande) se couche devant Obama sans esquisser le moindre geste de défense face à une violation manifeste de la souveraineté de la France.

Sapin saura-t-il se ressaisir et dès la signature de la transaction effective :

1° appliquer la loi du talion et infliger une amende du même montant à toutes les sociétés américaines qui trichent  avec le fisc français en sous évaluant manifestement leurs profits en France comme Google, Amazon, et quantité d’autres qui agissent impunément malgré les évidence ;

2° manifester son désaccord sur le principe de la sanction en faisant voter une loi fiscale déclarant déductible de son bénéfice l’amende infligée à la BNP ;

3° déclarer que le gouvernement refusera d’approuver le projet d’accord de libre-échange entre Etats-Unis et Europe si la question de la sécurisation des transactions en dollar n’est pas incluse dans les négociations.

Mais je crains de rêver. La chiffe molle Sapin, appuyée sur le matamore Montebourg, sauront convaincre la carpette de l’Elysée de ne rien faire.

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 17:32

Jim Ratcliffe, président d’INEOS (une des plus importantes compagnies chimiques mondiales), dans un entretien au Monde, rappelle des évidences :

« L'Europe a l'énergie la plus chère au monde, les impôts verts les plus élevés, les coûts sociaux les plus forts. En trois ans, mes bénéfices en Europe ont baissé de moitié, tandis que ceux aux Etats-Unis ont triplé. L'Europe n'est pas un bon endroit pour les affaires en ce moment, et ça empire. Je ne crois pas que les gens aient compris les défis qui leur font face. »

Il ne s’agit pas seulement de l’avenir d’INEOS en Europe mais de celui de l’ensemble de l’industrie chimique. Le sujet tourne autour d’ un million d’emplois. La commission européenne a-t-elle un projet en dehors de l’application de Reach. Le gouvernement français a t’il énoncé une seule idée pour tenter de sauver les sites menacés de Carling, Lavera, Dunkerque.

Le résumé du professionnel qu’est Radcliffe est limpide pourtant :

  • Il faut baisser le prix de l’énergie, donc réenclencher la construction de centrales nucléaires qui produisent des quantités d’électricité stables et bon marché même en y incluant des coûts de démantèlement, donc abandonner l’énergie éolienne instable et chère, cantonner l’énergie solaire à des micro-marchés locaux, donc exploiter des gaz de schistes qui seraient éventuellement dans notre sous-sol et apporteraient à la fois une énergie bon marché, non soumise aux tensions des marchés internationaux, et la matière première nécessaire aujourd’hui à toute industrie chimique de base rentable.

  • Il faut baisser les impôts verts ; je ne l’aurais pas dit exactement comme cela, je pense plutôt qu’il faut baisser les coûts engendrés par la manie verte, la longueur des procédures d’obtention des autorisations sous la pression d’opinions apeurées par des discours millénaristes, l’explosion des contrôles mis en place avec bonne conscience par Bruxelles comme avec le programme REACH (Registration, Evaluation, Authorization and restriction of CHemicals).

  • Les coûts sociaux les plus forts sont une évidence et tout particulièrement en France ; le gouvernement essaie avec une maladresse consommée de corriger cet handicap avec des initiatives qui sont à côté de la plaque comme le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi qui avantage les entreprises employant du personnel à bas coût dans des entreprises non exportatrices (style La Poste ou les grandes surfaces), ou nébuleux comme le mystérieux pacte de compétitivité qui part d’une bonne idée (faire entrer les cotisation familiales dans le budget de l’Etat) mais serait compensé par des contreparties des entreprises dont personne ne comprend ni la nécessité, ni même la philosophie (voudrait on alléger des charges pour alourdir des procédures ?).

La bataille pour l’emploi devrait se mener sur tous les fronts. Il ne faut pas faire semblant de vouloir pérenniser nos industries sans en prendre les moyens. L’industrie chimique (au moins la chimie de base) est proche de l’agonie. La sauver impliquerait d’agir et de passer outre les cris des syndicats, des écologistes, des administrations bruxelloises, de tous ceux qui au nom de quelques intérêts partisans ou de philosophies de décroissance, ou d’idéologie consumériste refusent les mesures qui sauveraient des emplois. Il faudrait, pour favoriser, au moins le maintien sinon le développement de la chimie mettre un frein à la tentation du « not in my backyard » slogan des égoïstes, et de la nocive notion du principe de précaution, outil de la peur et du renoncement.

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 14:13

Il est parti avec 4.6 millions de chômeurs en juin 2012 (catégories A, B et C); il est satisfait avec 5.2 millions aujourd'hui (mêmes catégories). Il est malin, il ne nous avait pas promis la baisse du chômage, qu'attendait tout le monde, il nous avait annoncé l'inversion de la courbe du chômage ! Qu'elle s'opère (et il faut sacrément tripoter les chiffres pour en être convaincu) avec 600 000 chômeurs de plus lui paraît anecdotique.

Il est parti avec un budget de dépenses totales de l'état pour 2013 de  371.5 milliards d'€, il en promet 370.5 milliards d'€ pour le budget 2014 et Il nous annonce triomphalement une économie sur les dépenses publiques de 15 milliards d'€. On ne comprend rien, un n'est pas égal à quinze; mais lui qui est rusé, ne nous a pas annoncé une économie par rapport à l'an dernier mais une économie par rapport à ce qu'auraient pu être les dépenses; calculées comment ces dépenses  hypothétiques ? personne n'en sait rien.

En 2012, nos exportations commerciales se montaient à 443.5 milliards d'euros; elles ont diminué de 1.3%  sur l'année glissante finissant à fin octobre 2013 pour s'établir à 437.4 milliards d'euros.  Bagatelle d'avoir perdu pour 6 milliards de productions françaises de toutes natures qui ne sont plus achetées à l'étranger. Mais le gourou du faubourg Saint-Honoré a senti un frémissement positif de la conjoncture : "il suffit de pousser un peu plus" rigole l'oracle.

Tout est faux, tout est mensonge sur les indicateurs les plus pertinents : la production, la dépense publique, l'emploi. Monsieur petite blague nous balade (ou le croit, car qui est vraiment abusé ?), Monsieur normal nous bassine de ses bons mots (qu'il imagine tels, mais qui se fend la pêche ?), Monsieur le rad-soc fait confiance à son intuition (mais qui, hormis lui, croit que la France a le temps ?).  Le vote ne lui a donné aucune autre légitimité que celle d'avoir la possibilité de faire ses preuves; il échoue aux yeux de tous malgré ses contorsions verbales; il est devenu illégitime.

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 15:50

Yann Galut et d'autres députés proposent la déchéance de la nationalité française pour les exilés fiscaux. On pourrait aussi imaginer de les assigner à résidence dans notre pays pour les contraindre à payer leurs impôts. Ou encore leur confisquer les biens qu'ils auraient oubliés de délocaliser hors de France. Que ne ferait-on pas contre ces immigrés qui bafouent la liberté de contribuer à l'effort public. Comme le disait Saint-Just : "pas de liberté pour les ennemis de la liberté".

D'autres proposent ingénument que les mêmes exilés fiscaux paient ce qu'ils ont coûté à la France (une sorte d'exit tax); oui, mais alors il faudrait en déduire ce qu'ils ont versé au fisc et à la sécurité sociale depuis le début de leur carrière professionnelle; un tel calcul n'obligerait-il pas l'état à verser un "golden hello" à ceux qui fuient l'oppression fiscale de notre pays ?

Parmi les intouchables : Omar Sy s'en va faire de la promo pour son film aux Etats-Unis et y tourner on ne sait trop quoi; comme il nous l'explique "je me suis éloigné de la France pour me rapprocher des miens" ; les miens ? les siens ? ses picaillons ? Zinedine Zidane parfait son espagnol, se repait de sa popularité,  et nous bassine avec ses actions caritatives; Yannick Noah préfère nous assaisonner de tant de déclarations moralisatrices qu'il en oublie de déclarer au fisc ses comptes à l'étranger, et qu'il ne sait plus s'il est encore en France ou s'il s'est cassé en Suisse.

Ayrault  trouve Depardieu minable. Libération titre pour Arnault "Casse-toi riche con". Yann Galut les trouve sobrement égoïstes. Mais qui sont véritablement les minables cons ?  Ceux qui sont chassés de leur pays ou les grandes gueules qui aboient contre certains et se taisent pour leurs copains, qui éructent plutôt que de raisonner, qui suggèrent des règles à la fois indignes et inapplicables.

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 16:27

Il faut taxer les riches clame le choeur des élus socialistes. Certes, personne n'a jamais eu l'idée d'opérer des prélèvements quasi confiscatoires sur les pauvres. Mais il faudrait aller un peu plus loin pour savoir ce que l'on définit comme riches : dans l'esprit étroit des comptables de Bercy les riches  englobent ceux qui possèdent beaucoup de biens matériels tels que foncier, portefeuille, liquidités. Les socialistes ravis se sont ralliés comme un seul homme (ou un seul godillot) derrière cette acception. Mais que font-ils des privilégiés qui ont des biens non matériels, ou du moins non immédiatement liquides : le contrat de travail garanti à vie, le temps de travail non extensif. Qui peut nier que c'est une vraie richesse aujourd'hui de disposer d'un emploi dans la fonction publique ou dans des sociétés du secteur public ou assimilé ? Qui peut  nier que c'est une vraie richesse de disposer de temps libres parfaitement délimités, et particulièrement amples lorsqu'on a une garantie de revenu décent ?

La logique de l'effort d'une nation pour affronter une période de très grandes difficultés est de demander des contributions exceptionnelles à tous. Mais le sectarisme de ceux qui nous gouvernent  s'est révélé sur trois facettes :

- l'effort demandé aux plus aisés n'est pas présenté comme devant être allégé dès que les circonstances le permettrait; ce n'est plus de l'effort c'est un garrotage avant exécution;

- l'effort de la fonction publique est absent du côté des dépenses (stabiliser les dépenses ne peut être présenté avec honnêteté comme une contribution)

- l'ensemble des salariés de la fonction publique et des sociétés du secteur public ne sont pas taxés  sur leurs richesses  (ou leur privilèges) : leur contrat de travail garanti, leur temps libre pour une très grande majorité d'entre eux.

Une société de privilèges ne peut subsister. Ou les fonctionnaires abandonnent leurs privilèges, ou ils paient. Le seul problème est qu'ils ont pris les manettes de l'état, et qu'ils tentent pour mieux asseoir leur pouvoir de résister à toute idée de baisse de leurs effectifs, voire de les augmenter. 

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 15:45

Un rappel du projet de loi de finances tel que publié par le ministère du budget

Recettes fiscales nettes 2012 (évaluations révisées)  :  270.3 milliards, plus 14.1 de recettes non fiscales

Recettes fiscales nettes 2013 : 298.5 milliards plus 14.1 de recettes non fiscales

Calcul du gouvernement : accroissement de la  fiscalité de 20 milliards dont 10 pour les personnes physiques et 10 pour les entreprises là où l'on lit une augmentation de 28.2 milliard. La réalité, telle que décrite en page 3 du document du ministère est que les recettes de l'impôt sur le revenu augmentent de 23% (après une augmentation de 16% en 2012), celles de l'impôt sur les sociétés de 29.7% (après une augmentation de 4% en 2012), et celles de la TVA de 3.4% (après 3.6% en 2012).

 

Dépenses de l'état 2012 (format 2013) : 368.6 milliards

Dépenses de l'état 2013 : 374.6 milliards

Calcul du gouvernement : réduction des dépenses de 10 milliards là où l'on lit un alourdissement des dépenses de 4 milliards. La réponse va cingler : on a dit 0% en volume, pas en valeur.

 

Solde général 2012 (révisé) : -84.2 (ce qui correspond bien à 284.4 - 368.6) ou pour mieux dire, les recettes couvrent  77.6% des dépenses.

Solde général 2013 : -62 (ce qui correspond bien à 312.6 - 374.6) ou pour mieux dire les recettes couvrent  83.% des dépenses.

 

Le mensonge d'état

Pour faire avaler la pilule que l'Etat n'augmentera que très légèrement l'ensemble de ses dépenses, il nous fait croire qu'il les diminue, en sacrifiant les dépenses d'investissements (grands projets, programmes de défense etc...) et en augmentant les dépenses de fonctionnement.

Pour faire avaler la pilule que l'Etat matraque fiscalement les contribuables, il fait croire que l'effort n'est que de 20 milliards (au lieu de 28) et qu'il sera supporté par 10% de la population.

L'article 68 du titre IX de la Constitution prévoit que  "Le Président de la République ne peut être destitué qu’en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat."

Qu'un président, et son premier ministre (son porte-parole en fait) mentent au moment de présenter le premier texte important de leur mandat, est manifestement une forfaiture. L'Assemblée  devrait en tirer immédiatement les conclusions, sinon en se constituant en haute cour, au moins en exprimant un vote de censure.

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