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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 15:45

Un rappel du projet de loi de finances tel que publié par le ministère du budget

Recettes fiscales nettes 2012 (évaluations révisées)  :  270.3 milliards, plus 14.1 de recettes non fiscales

Recettes fiscales nettes 2013 : 298.5 milliards plus 14.1 de recettes non fiscales

Calcul du gouvernement : accroissement de la  fiscalité de 20 milliards dont 10 pour les personnes physiques et 10 pour les entreprises là où l'on lit une augmentation de 28.2 milliard. La réalité, telle que décrite en page 3 du document du ministère est que les recettes de l'impôt sur le revenu augmentent de 23% (après une augmentation de 16% en 2012), celles de l'impôt sur les sociétés de 29.7% (après une augmentation de 4% en 2012), et celles de la TVA de 3.4% (après 3.6% en 2012).

 

Dépenses de l'état 2012 (format 2013) : 368.6 milliards

Dépenses de l'état 2013 : 374.6 milliards

Calcul du gouvernement : réduction des dépenses de 10 milliards là où l'on lit un alourdissement des dépenses de 4 milliards. La réponse va cingler : on a dit 0% en volume, pas en valeur.

 

Solde général 2012 (révisé) : -84.2 (ce qui correspond bien à 284.4 - 368.6) ou pour mieux dire, les recettes couvrent  77.6% des dépenses.

Solde général 2013 : -62 (ce qui correspond bien à 312.6 - 374.6) ou pour mieux dire les recettes couvrent  83.% des dépenses.

 

Le mensonge d'état

Pour faire avaler la pilule que l'Etat n'augmentera que très légèrement l'ensemble de ses dépenses, il nous fait croire qu'il les diminue, en sacrifiant les dépenses d'investissements (grands projets, programmes de défense etc...) et en augmentant les dépenses de fonctionnement.

Pour faire avaler la pilule que l'Etat matraque fiscalement les contribuables, il fait croire que l'effort n'est que de 20 milliards (au lieu de 28) et qu'il sera supporté par 10% de la population.

L'article 68 du titre IX de la Constitution prévoit que  "Le Président de la République ne peut être destitué qu’en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat."

Qu'un président, et son premier ministre (son porte-parole en fait) mentent au moment de présenter le premier texte important de leur mandat, est manifestement une forfaiture. L'Assemblée  devrait en tirer immédiatement les conclusions, sinon en se constituant en haute cour, au moins en exprimant un vote de censure.

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 15:29

Nos entreprises manquent de rentabilité et n'arrivent plus à garder leurs marchés. L'idée de forcer des sociétés à continuer de survivre à coup d'incitations et d'interdictions prouve à la fois la méconnaissance des réalités économiques de nos dirigeants et leur lâcheté face à des idéologies.

- pourquoi créer une banque de financement publique si le but est de faire survivre des sociétés qui ont perdu leur marchés, si les dirigeant ne voient plus l'utilité d'investir sans espoir de retour profitable ? Le problème est moins de trouver des sous, que de trouver des projets rentables.

- pourquoi revenir à des autorisations de licenciement déguisées si c'est pour conserver des salariés qui ne fabriquent plus les produits achetés par des clients, si c'est pour transformer les entreprises du secteur marchand en sociétés d'assistanat ? L'efficacité n'est pas de protéger des emplois dans des secteurs à la dérive, mais de créer des emplois dans des secteurs à la compétitivité retrouvée.

- pourquoi interdire la recherche sur des sujets aussi variés que les cellules souches, les OGM, les gaz de schiste si ce n'est pour obéïr à des lobbies des écologistes aussi actifs que peu représentatifs (il suffit de lire leur score aux présidentielles) ? Il est navrant que là où nous pourrions nous développer, l'état s'ingénie à brider les entrepreneurs et les charcheurs.

- pourquoi proouvoir des énergies dites renouvelables au détriment de tout raisonement économique et ponctionner le pouvoir d'achat en subventionnant l'électricité des éoliennes et des panneaux solaires ? Comment oublier un de nos rares atouts, le faible prix de l'électricité nationale produite par des centrales nucléaires.

- pourquoi alourdir les charges des entreprises avec l'idée d'abolir le premier timide essai de TVA sociale, la réformette des retraites, sans compter tous les prélèvements supplémentaires nécessaires au      maintien tel que du train de vie l'état ? L'activité économique ne se développera pas avec le maintien d'une fonction publique pléthorique au vu des comparaisons avec presque tous les pays, mais avec la montée en puissance de petites et moyennes entreprises pouvant bénéficier enfin d'un allègement des charges qui pèsent sur leurs comptes.

- pourquoi lancer des négociations européennes sur des eurobonds qui ne seront accordés (si tant est qu'ils le soient) qu'aux élèves les plus méritants de la classe européenne, au lieu de se concentrer sur le seul sujet qui vaille,  la protection de nos marchés par rapport aux dumpings sociaux et écologiques des pays émergents ? Serait-ce indécent de reprendre les idées d'un Dupont-Aignan, d'un Montebourg, et de bien d'autres, pour sortir de la logique de la préférence du commerce (le libre-échange angélique) sur la production; pour enfin parler de la protection des marchés européens vitaux avec l'établissement d'un Tarif Extèrieur Commun, d'une gestion de la Banque Centrale Européenne qui se préoccupe de la parité de l'euro avec les autres grandes monnaies et plus seulement du taux d'inflation.

 

Quel économiste n'a pas parlé de cette nécessité de retrouver de la compétivité (Christian Saint Etienne, par dernier exemple, mais bien d'autres), quel éditorialiste n'a pas stigmatisé cette focalisation sur le problème des financements (Christophe Le Babier il y deux jours, mais d'autres, d'autres bords) ? Mais le gouvernement est autiste. Il n'écoute personne. Il croit, contre presque tous, qu'il est prêt pour la bataille économique qui s'annonce et qu'il va la gagner. Il me fait penser à cet Emile Ollivier qui proclamait en 1870 à la veille d'une défaite écrasante "pas un bouton de guêtre ne manque", ou encore à ce généralissime Gamelin qui proclamait la région des Ardennes infranchissable par l'ennemi avant d'être honteusement enfoncé sur la Meuse en 1940. A ces dates stratégiques, nous avions déjà laissé les commandes à des orgueilleux sans compétence.

 

 

 

 

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 11:44
Guetta ne comprend rien à son habitude. Dans sa dernière chronique il tente de nous faire croire que la relance proposée par Hollande est la solution qu’attendaient tous les européens sans oser la demander et que son idole vient soudain de révéler aux foules ébahies. Mais que cache ce mot de relance dans la bouche d’un socialiste : l’augmentation du pouvoir d’achat (augmentation des minimas sociaux, allocations diverses supplémentaires), des recrutements de fonctionnaires, un programme de grands travaux européens, tout celà financé par la seule entité qui ne soit pas encore endettée : la zone Euro (les fameux eurobonds). Dans ce programme prétendument keynésien, le monsieur oublie bêtement qu’un des grands principes de Keynes est qu’il faut rechercher un équilibre de la balance des paiement courants entre tous les pays de la planète, et que cet équilibre ne peut s’atteindre qu’avec des ajustements monétaires, des gains de productivité. Le monsieur oublie de dire qu’il est parfaitement inutile de dépenser plus si la compétitivité du pays n’est pas restaurée. Lorsque monsieur Draghi donne son accord à l’idée d’un plan de relance, ce n’est que sous condition que des réformes de structures soient lancées et activées. Mais ce malhonnête de Guetta tente de faire oublier l’autre volet du diptyque, il nous proclame les vertus curatives de la relance en omettant la nécessaire augmentation de la compétitivité de nos entreprises. C’est Gribouille : encore des dépenses, sans se poser la question essentielle de savoir si elles contribueront à l’amélioration de notre balance commerciale. C’est Folleville : embrassons-nous entre dirigeants socialistes européens pour profiter de la dernière cagnotte non encore utilisée que sont les eurobonds. C’est Gamelin : lançons toutes nos troupes à l’assaut, sans se préoccuper de ce que font les concurrents. Tant de court-termisme, oint de bons sentiments, soulève le cœur. Comment est-il possible de fermer les paupières avec tant de vigueur, pour précipiter notre pays dans une nouvelle aventure, pour mentir au peuple en lui faisant croire que l’on sauve son pouvoir d’achat en le compromettant à long-terme. Pourquoi ne pas dire que la relance indispensable, ne va de pair qu’avec une chasse forcenée contres les dépenses non productives d’une administration tentaculaires, la rationalisation des dépenses de la sécurité sociale, le nettoyage au karcher de l’armada des lois sur le travail, l’environnement qui brident les initiatives, l’exploitation rationnelle et contrôlée des richesses de notre pays comme l’agriculture, le gaz de schiste. La relance de Hollande, relayée par Guetta est une imposture.
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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 14:01

Encadrer les loyers. Encore une preuve de l'imagination hollandaise. Pourquoi chercher des solutions neuves lorsque l'on peut trouver  dans l'arsenal du passé des mesures qui ont fait preuve de leur inefficacité. C'est pire que pas d'imagination, c'est le refus de prendre en compte les leçons du passé, avec le ratage de la célébre loi de 48 sur les loyers qui mena au sous-investissement pendant des decennies dans l'immobilier : pas assez de constructions neuves, pas de rénovation de l'habitat ancien, désertification ou apauvrissement des centres villes. On en était sorti, faut-il y retourner ?

 

Avant de contraindre les propriétaires, ne serait-il pas sage de regarder un peu du côté des utilisateurs.

D'abord virer de leurs HLM et autres ILM tous ceux qui n'ont rien à y faire car ils ne sont ni nécessiteux, ni en peine de payer un loyer normal; certes, ils sont apparentés, ou amis (ou le furent dans le passé), d'un notable quelconque de leur commune; la raison est insuffisante pour abuser  d'un droit d'occupation au détriment de ceux qui en ont vraiment besoin et stagnent pendant des années sur des listes d'attente.

Ensuite faire exécuter toutes les expulsions prononcées par les tribunaux de ces gens qui n'ont pas payé leur loyer ou utilisé leur logement en dehors des règles de copropriété. Ils sont peut-être nécessiteux, mais d'autres le sont autant voire plus qu'eux, et aucune logique ne permet de privilégier les mauvais payeurs; ils abusent surtout du droit. L'inexécution des procédures d'expulsion  de plus conduit insidieusement les propriétaires à tenter de se couvrir de multiples cautions, de louer en meublé, voire de ne pas louer du tout.

 

En clair, avant de faire des lois, il serait judicieux de tout bonnement appliquer celles en vigueur. Pour un candidat qui se dit épris de justice, ne serait-ce pas naturel ?

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 11:26

Taxer les revenus à 75% ! L'autre surenchérit, il faut taxer à 100% ! La raison invoquée est la justice fiscale. Taxer  les revenus du travail ne correspond à aucune justice, à aucune modernité, disons tout au plus que c'est pratique (prendre une portion de richesse à sa création), aisé (prélèvement à la source possible). Depuis des millénaires les gouvernants ont taxé le travail : ils ont appelé cette imposition corvée, ou après quelques évolutions, équivalent monétaire de la corvée. Depuis des millénaires les gouvernants ont taxé les revenus du capital :  ils l'ont appliqué au premier capital que l'humanité ait inventé, la terre exploitée, et ont opéré des prélèvements sur les récoltes, avant de sophistiquer les méthodes avec l'invention de nouvelles formes d'accumulation de capital.

Pour toiletter ces vieilles pratiques, nos sociétés contemporaines insinuent que les revenus excessifs ou les revenus du capital sont immoraux. Pour la gauche ce n'est plus un refrain, c'est une obsession.  Le problème est que l'on ne voit pas bien ce qu'il y a d'immoral à travailler en faisant fructifier au mieux ses talents; d'ailleurs personne ne s'émeut vraiment des revenus extraordinaires de vedettes du sport, de la scène; l'immoralité s'avère de fait liée à certains types de talents qui ne sont pas appréciés par une partie de la société : savoir gérer les hommes, les situations, les opportunités; on y voit une exploitation des uns par les autres,  vieille lune marxiste qui a la vie dure. Le problème des revenus du capital obéissent à la même logique : la capital n'est rien d'autre qu'une accumulation crée par du travail, et n' a rien d'immoral par son existence même; tout au plus peut-on se poser des questions sur un capital hérité, ou gagné au loto. Fondamentalement le revenu du capital n'est rien d'autre qu'un revenu différé dans le temps d'un travail exécuté à un moment. D'ailleurs certaines formes de revenus du capital sont parfaitement acceptées : les droits d'auteur par exemple, les revenus de brevets. En bref l'immoralité se limite aux revenus d'un capital consacré à l'économie, dividendes ou intérêts, et ne concerne en rien des rentes issues d'oeuvres  intellectuelles exécutées dans le passé, parfois jusqu' à cinquante ans. Ce qui est en cause est, de la même façon que pour le travail, l'idée sous-jacente que l'économie marchande n'est pas légitime, mais tout au plus nécessaire, un mal que l'on e peut éviter.

La seule justice que je conçois, dans une société moderne, est de taxer la consommation et la possession. La consommation parce qu'il est juste que ce soit les consommateurs qui paient pour les peines des producteurs, qui paient pour les efforts collectifs pour amener les denrées qu'ils désirent à leur portée, qu'ils paient pour toutes les protections dont ils profitent pour utiliser ces marchandises avec tranquillité, qui paient pour la destruction ou la disparition pour les autres de ce qu'ils acquièrent . La possession parce qu'elle n'est rien d'autre qu'une forme de consommation, moins immédiate, étalée dans le temps : il est juste de taxer ceux qui profitent de biens dont d'autres ne peuvent plus disposer; il est juste de taxer des denrées sorties du circuit de tous, qu'elles rapportent rien  ou qu'elles soient investies.

Mais je n'ai jamais entendu un homme politique refuser la facilité d'imposer le revenu du travail, fruit du talent, ou le revenu des capitaux fruit d'une utilisation économiquement saine de richesses accumulées. Sur toutes les estrades, mais surtout celles de gauche, il est de bon ton de stigmatiser  l'effort, à la grande satisfaction de ceux qui sont sans beaucoup de talents, ou qui, quoique doués, préfèrent la quiétude de la paresse.  Festival des envieux. 

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 10:54

Que signifie un blocage des prix des carburants proposé par Hollande :

- une nostalgie des régimes socialistes et  de leur dirigisme économique, de l'édit du maximum de Robespierre ? Surement, un peu,  pour ces iconolâtres des grandes révolutions.

- une incompréhension des mécanismes économiques, de la volatilité des prix du brut pris dans les politiques antagonistes des différents pays producteurs, du manque de marge des raffineries européennes et plus spécialement françaises, des marges de distribution insuffisantes pour les pompistes français ? Surement, un peu, pour ces amateurs non éclairés.

- une hypocrisie populacière qui ne définit pas comment les prix vont être bloqué : blocage des marges des distributeurs et des raffineurs ? Mais ceux-ci ne vont quand même pas vendre à perte, c'est d'ailleurs interdit par la loi;  abaissement du taux de TVA sur les produits pétroliers ? Ce serait compréhensible pour un type de produit de première nécessité comme les carburants et les fiouls, mais les socialistes préfèrent supprimer la TVA dite "sociale" qui pèse sur les importations; baisse de la taxe sur les produits pétroliers (ex-TIPP) ? Probablement, mais celà va faire hurler les écologistes qui vont y voir la marque d'une incitation à la débauche.

 

L'une des mesures phares du programme hollandais est à la fois anti économique dans son principe et non expliquée dans son application. Elle répond à une philosophie de base qui est de faire plaisir à des consommateurs qui ne raisonneraient pas plus loin que le bout de leur nez au détriment ou d' un outil industriel fragile et d'un réseau de distribution exsangue, ou de finances de l'état au bord de l'asphyxie.  Il est préférable pour les socialiste de gagner quelques voix, et une élection,  et  aggraver les problèmes  d'une l'industrie qui chancelle (trois raffineries fermées en quelques années et deux en sursis, des points de distribution qui se raréfient partout en centre ville comme dans les campagnes.  

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 12:18

Il faut lire le rapport public annuel 2012 de la Cour des Comptes, et surtout son chapitre 1 sur la situation d'ensemble. Je ne citerai que le dernier paragraphe de ce chapitre : "  Alors que les plans annoncés jusque là font porter l’ajustement

surtout sur des hausses des prélèvements, un ralentissement plus marqué des dépenses publiques est désormais indispensable. De nouvelles hausses des prélèvements obligatoires seront néanmoins nécessaires. Pour renforcer le potentiel de croissance à moyen terme, les impôts et cotisations sociales devront aussi être redéployés pour améliorer la compétitivité des entreprises. C’est en effet à un double déficit, des comptes publics et de la balance des paiements courants, que la France est confrontée. Dès lors, ces deux déficits doivent diminuer de pair pour permettre à notre pays de retrouver durablement le chemin de la croissance.  "

Sous des mots policés la critique de la timidité de l'action actuelle du gouvernement (effort de ralentissement de la croissance des dépenses insuffisant, hypothèses économiques pour les années à venir exagérément optimistes) est implacable; quant aux délires du programme économique des socialistes ils sont en filigrane considérés comme tout bonnement absurdes puisqu'ils oublient la réduction des dépenses et n'envisagent qu'une augmentation des recettes.

Au fil des paragraphes, la Cour demande une réduction du déficit structurel qui passe par la réduction des allocations de l'Etat aux collectivités locales, le rétablissement de l'équilibre des comptes sociaux qui implique une désindexation des prestations (allocations familiales, retraites), l'amplification de l'effort de réduction des dépenses publiques  (nombre des fonctionnaires, aides à l'efficacité économique non prouvées). Rien de tout cela ne figure dans un programme politique quelconque. La seule suggestion de la Cour retenue est l'amoindrissement drastique des niches fiscales.

 

Cette cure d'austérité n'est  jugée nécessaire que du fait de la constatation de trois phénomènes bien connus :

- un déficit de la balance des paiements qui traduit l'insuffisante compétitivité de l'industrie française, et qui s'aggrave année après année,

- un endettement qui va continuer de monter mécaniquement tant qu'il existera un déficit des comptes publics avant paiement des intérêts sur la dette,

- une dette placée à 68% chez des non-résidents (c'est le taux le plus fort de la zone euro, qu'il faut comparer avec les 46% de l'Espagne les 43% de l'Italie, les 50% de l'Allemagne).

La conjonction de ces trois phénomènes explique notre dépendance fondamentale envers les pays étrangers, et donc de leur jugement sur la pertinence de notre politique économique. Le scénario d'une perte de confiance envers notre politique économique conduirait irrémédiablement au renchérissement des taux d'intérêts donc à la faillite de l'état incapable de les payer, et à une chute des investissements des investisseurs privés incapables d'emprunter.

 

Le monde politique serait bien inspiré de respecter ces contraintes évidentes, de les intégrer dans ses perspectives, et de concentrer son originalité sur toutes les actions de relance qui n'impliquent pas de dépenses supplémentaires (il en existe beaucoup), et  une revue d'ambitions qui ne sont plus à l'ordre du jour (politique d'intervention militaire, aide la Grèce, ...).

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 12:11

Sans vergogne, Jean-Claude Trichet nous donne son point de vue d'une "Vision pour l'Europe" dans les Echos du 281/2011. Le pyromane vient donner des conseils pour éteindre le feu !

Deux économistes, Patrick Artus et Dominique Plihon, rappellent dans le numéro 52 de l'Economie politique d'octobre 2011, les échecs de l'euro et les erreurs de jugement de Trichet. Citons Artus "la BCE a eu une vue erronée des conséquences structurelles de l'unification monétaire qui entraîne une divergence et non une convergence des économies réelles". Citons Plihon  "... la montée des déficits publics à partir de 1980 et la dépendance de plus en plus grande des états vis-à-vis des marchés financiers internationaux ... trouvent leur source dans les politiques de désinflation compétitive et de la libéralisation financière dont Jean-Claude Trichet s'est fait l'avocat".

Après ces erreurs d'appréciation de fond qui ont contribué à la désindustrialisation de l'Europe et à une gestion laxiste des endettements (publics ou privés, mais la dette privée s'est retrouvée publique lorsqu'il a fallu sauver les banques), le promoteur de la désinflation compétitive et du traité de Maastricht se félicite de la longue prospérité de l'Europe et du souci de maintenir la maison de chaque pays de la zone euro en bon état. Mais la maison est au bord de la ruine faute d'avoir été convenablement entretenue depuis des décennies; mais la prospérité de l'Europe est fallacieuse, puisque construite dans la dépendance de plus en plus accrue des finances et des industries de pays tiers.

Trichet nous propose de couronner le château de cartes existant qu'est le Traité de Lisbonne par quelques nouveaux atouts qu'il tire de sa manche  un ministre des finances de la zone euro, membre d'une commission devenue exécutif européen :

- comment celà s'articule pour les pays non membres de la zone euro, mystère;

- l'exécutif européen serait-il responsable devant la Conseil européen et le parlement européen, mystère en particulier  dans le cas d'une coalition de représentants de pays en-dehors de la zone euro;

- la BCE perdrait-elle alors son indépendance au profit de ce ministre des finances commun ou bien verrait-elle ses objectifs élargis au maintien de la croissance économique, et son incapacité de financer directement les états abolie ? mystère.

Trichet se comporte comme tous nos homme politiques, il pratique l'incantation, quand on attend  d'experts comme lui des indications pour retrouver le chemin de la réindustrialisation,  des repentirs pour son attachement aux théories monétaristes, des conseils pour corriger la financiarisation excessive de nos économies. Mais comme disait La Rochefoucauld "Les vieillards aiment à donner de bons préceptes, pour se consoler de n'être plus en état de donner de mauvais exemples".

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 17:53

Michel Camdessus trouve trois raisons à la perpétuation de la crise : la perte de confiance qui se transforme en rumeur (toute décision des états européens est analysée négativement), la mauvaise gestion des états depuis des décennies qui les a amené  à un endettement devenu insupportable si des mesures drastiques (que personne ne propose) ne sont pas prises, la perte de valeurs qui a laissé monter dans nos sociétés consumérisme et absence de solidarité.

Je trouve qu'il mélange trois facteurs qui ne sont pas de même nature. Le premier n'est que la conséquence du second et le second la conséquence du dernier. La perte de confiance n'est que le reflet désabusé de l'opinion mondiale face à des états qui ont oublié de se gérer depuis belle lurette.  L'accroissement des dettes n'a été qu'un mode de gestion laxiste de gouvernants qui n'avaient qu'une idée : préserver un modèle social bâti sur la compassion et la paresse. Sur ce dernier point l'exemple le plus éclairant est  celui des sub-primes qui a mis le feu aux poudres : l'état américain dans un double souci de loger tous les malheureux a aboli l'idée qu'un prêt à un individu puisse nécessairement être remboursé; on prêtait à des gens sans revenu, sans actif;  la sanction a plongé dans un malheur encore plus grand ceux que l'état américain a cru aider et a provoqué une immense déflagration qui a d'abord failli emporter le système bancaire et qui maintenant menace les états.

La perte de valeurs est véritablement au centre du sujet :  c'est elle qui explique que l'on puisse décider de faire produire des richesses dans des pays émergents au prix d'un effroyable dumping social et écologique, tout en maintenant la fiction que ce transfert nous est bénéfique. C'est elle qui autorise les consommateurs à refuser une juste rémunération des producteurs au prix d'une idéologie débridée qui sacralise la productivité au détriment de la qualité, tout en laissant croire que l'inflation de la consommation est synonyme de récompense individuelle. C'est elle qui nous a fait croire que le parasitisme était la doxa du futur : pendant que les autres produiraient, nous leur offririons nos services, nos prestations; l'avenir était dans le service pendant que les émergents se contentaient de la production. Tous ces raisonnements faux étaient bâtis sur le mépris d'un travail de création exigeant, au profit d'un travail de contrôle et de préconisation moins fatigant, sur la préférence donnée à la consommation au meilleur prix, au détriment de la production de qualité, sur la satisfaction immédiate des besoins des pays développés au détriment d'une évolution consensuelle et harmonieuse des pays émergents.

Ces valeurs perdues sont celles qui favorisent le travail de création, la juste rémunération de la production, la préservation des richesses héritées. Dans sa folie consumériste l'occident a oublié la transmission du passé (antidote contre l'arrogance), la fraternité avec le monde (nécessité vitale), la responsabilité d'exploiter ses talents (obligation morale).

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 22:26

Je n'en reviens pas moi-même, mais je vais rendre hommage à Mario Draghi, le président de la Banque Centrale Européenne, cette entité apatride, sans contrôle démocratique, enfantée par le funeste traité de Maastricht.

Il a osé dire tout haut que le délire budgétaire des états membres de la zone euro n'avait pas à être corrigé par l'artifice de la planche à billets; que les gouvernants n'avaient pas à tenter d'oublier tous leurs errements cumulés depuis des dizaines d'années par un coup de gomme de l'inflation; une telle opération ne conduirait qu'à perpétuer la gestion laxiste qui fut de règle; elle ne mettrait pas fin à l'enflure exagéré des dépenses; la boursouflure d' administrations remplies de sinécures, d'emplois de faveur; la gabegie de dépenses baptisées sociales qui oublient les plus faibles au profit des mieux défendus; le délire d'investissements publics sans contrôles. Le message du bon docteur Mario est clair : les déficits budgétaires devront être corrigés, non par un tour de passe passe magique mais par des réformes de structures qui feront mieux rentrer l'impôt et surtout fera baisser les dépenses.

Il a avec tout autant de vigueur indiqué son souci de donner aux organismes de financement de l'économie une garantie illimitée, et des moyens de financement à coût raisonnable. Le message est fort :  ce sont les entreprises, les initiatives individuelles qui vont relancer la machine économique grippée de l'Europe; ce sont eux qui pourront bénéficier de moyens. Il ne s'agit pas de faire de la relance guidée par les états sous la forme d'un énième plan baptisé keynesien pour doper les investissements, ou la consommation. Il ne fait pas confiance à des états qui ont marqué de leur impéritie 40 ans de gestion, mais de redonner le pouvoir à ceux qui sont à même de produire,  de créer des emplois .

Bravo, Monsieur Draghi. Vous avez cerné le véritable problème : ce n'est pas celui de survie d'états obèses, c'est la relance de l'initiative multipolaires, venant de toutes les bonnes volontés.

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