Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 11:02

La spéculation n'est pas le fait de l'existence de marchés (les différentes bourses étant ces marchés) mais de l'absence de règles saines de fonctionnement de ces marchés : quels produits ? dans quelles conditions ? entre quels acteurs ?

Un marché est surveillé par des autorités régaliennes afin d'éviter que des produits illicites soient échangés, afin de s'assurer que des procédures de saine concurrence soient respectés, afin que les acteurs qui interviennent soient solvables.

Tous le marchés de gré à gré sur les produits financiers devraient être prohibés à tous les acteurs faisant appel à l'épargne individuelle afin au moins de remettre sous le regard des autorités les transactions pouvant avoir des conséquences sur l'épargne publique. Déjà le problème serait cerné.

Sur ces marchés, il serait urgent de revenir à quelques règles simples :

- un fixing journalier par Bourse (il aurait au moins deux mérites : une limitation de l’impact des rumeurs de marché propices aux arbitrages purement spéculatifs, une limitation des possibilités des programmes automatiques d’ achat et surtout de vente)

- une interdiction des ventes à découvert (outil absurde de vente de ce que l’on ne possède pas, ou que l’on ne possède pas encore : l’intérêt économique de cette option est énigmatique)

- une obligation de livraison du physique à l'échéance (là encore il s’agit de reconnecter marché physique et marché papier, afin de’éviter la prolifération d’acteurs qui au pretexte de fluidifier les marchés les transforment en des lieux de pure spéculation qui déconcertent les acteurs présents sur le marché physique )

Toutes les bourses sont utiles si elles favorisent la liquidité entre instruments financiers (actions, obligations, produits de couverture de risque). Ce qui est nocif est l'utilisation de ces marchés ou de manière dévoyée (programmes de gestion automatisés, ventes à découvert) ou par des acteurs qui n'on rien à y faire (banques de dépôt, fonds qui n'ont pas d'activité physiques, etc...). C'est bien le rôle des autorités régaliennes, depuis la nuit des temps, de promouvoir les marchés tout en les surveillant étroitement. La difficulté actuelle est d'organiser la régulation sur des espaces économiques suffisamment vastes pour qu'elle soit efficace : l'Europe pour une fois pourrait servir à quelque chose. Il faut coordonner les politiques régaliennes des différents états pour qu’ils tentent de reprendre le contrôle sur des outils qui leur échappent complètement ; il faut que les états fassent en sorte que les acteurs économiques non purement financiers retrouvent un minimum de sureté dans leurs transactions.

Partager cet article
Repost0
17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 10:38

Pourquoi ligoter nos dirigeants entre effondrement cataclysmique et fédéralisme ? Aucun peuple ne désire un cataclysme, aucun peuple n’a donné mandat pour une Europe fédérale. Certes tout le monde comprend désormais que la solution d’aide à la Grèce mise en place l’an dernier était vaine, tout le monde sait qu’un processus analogue serait tout aussi vain et de contribuerait qu’à éteindre superficiellement l’incendie.

Dire de la zone euro que son effondrement serait un cataclysme est quand même oublier qu’il existe de facto une zone mark (Allemagne, Pays-Bas, Finlande et quelques pays qui aimeraient s’y agréger) qui subsistera probablement en tout état de cause et des pays qui n’ont plus rien à y faire pour des raisons toutes différentes : manque d’outil industriel, manque de compétitivité industrielle, vocation de services, dépendance pour les matières premières. Que le fédéralisme soit une solution afin de tenter d’équilibrer les différentes régions implique fondamentalement des compensations financières entre grandes zones et surtout des mouvements massifs de travailleurs : qui y est prêt ? Est-ce même envisageable à court-terme ? Le fédéralisme ne peut se construire sur des fondations vacillantes, il nécessite un travail de préparation et d’adhésion. Comme nous n’y sommes pas il faut d’abord briser le tabou du libre-échangisme qui fait prospérer artificiellement certains (la zone mark) et accable les autres. Un véritable bras de fer entre les deux composantes de la zone euro est à l’ordre du jour pour trouver dans la négociation les moyens tout à la fois de protéger le marché européen et de gérer l’euro de façon plus agressive face au dollar et au yuan. La négociation est possible puisque chacun a à y perdre dans l’éclatement de la zone euro : les allemands une perte de compétitivité face aux pays qui dévalueraient,  les autres une gestion de sortie de l’euro difficilement contrôlable.

Partager cet article
Repost0
14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 11:30

Je trouve la réponse esquivée par rapport à la question : faut-il sauver l’euro à tout prix ? Quant à moi, la réponse est clairement non, et ce pour au moins deux raisons :

-          Une raison de fond : la monnaie unique n’est qu’un outil pour faire fonctionner l’économie européenne, et l’on peut en trouver d’autres plus efficaces, tels que monnaies nationales ou monnaie commune ; l’inefficacité de l’euro comme outil économique a été patente pour les dix dernières années : atonie industrielle et atonie commerciale de l’Europe par rapport aux autres grandes zones de développement. Si l’on peut retrouver les chemins de la croissance en utilisant cette monnaie unique, pourquoi ne pas la garder (mais celà ne pourra se faire qu’au prix de changements drastiques des critères imposés par les traités européens) ; mais s’il s’agit uniquement d’assurer la survie de l’Euro par peur du changement, par crainte du retour d’une inflation non contrôlée, alors ce n’est que la poursuite d’un culte d’une idole dont personne n’a constaté les bienfaits (sauf bien entendu l’Allemagne).

-          Une raison stratégique : ce n’est qu’en affirmant (et en justifiant) qu’il existe d’autres possibilités d’existence en dehors d’une zone euro, que les pays tels que la France peuvent espérer peser dans une négociation qui pourrait changer fondamentalement la nature, la gestion de l’Euro.

A juste titre tout le monde se méfie d’un éclatement de l’Euro en période de crise, sans autre stratégie alternative que la recréation de monnaies nationales. Celà ne conduit pas nécessairement à laisser tomber les solutions d’une réforme de cette monnaie unique, pour tenter de la ramener progressivement  à un statut de monnaie commune.  En quelque sorte détricoter les parties du système qui ont contribué à l’étouffement du dynamisme européen.

Est-il utopique de juste énoncer qu’il ne faut pas casser l’Euro à tout prix ?

Partager cet article
Repost0
4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 18:13

Le mal qui  asphyxie l’Europe est maintenant clair, et évoqué par tous les commentateurs : c’est une désindustrialisation rapide et qui s’est accélérée avec la crise économique. Le constat est incontournable : moins d’industrie, moins de services à l’industrie, moins d’emplois, plus d’importations. Le résultat est plus moins dramatique suivant les pays, l’Allemagne semblant s’en tirer mieux, la France, l’Italie, l’Espagne s’en sortant très mal. La crise économique n’a fait que mettre en lumière un processus engagé depuis longtemps.

Les causes du mal sont multiples :

-          Surévaluation de la monnaie,

-          Absence de préférence communautaire,

-          Poids des structures administratives,

-          Fiscalité et charges sociales trop lourdes par rapport au résultat des actions de l’état et des organismes sociaux.

Je ne crois pas qu’il y ait d’actions qui ne touchent pas à tous les curseurs :

-          Une dévaluation de l’euro ou de la monnaie nationale qui le remplacerait,

-          L’instauration d’une préférence communautaire ; car s’il faut détruire la zone euro, la pérennisation d’un marché européen paraît indispensable pour que nos entreprises ne se réduisent pas comme peau de chagrin,

-          L’allègement des structures administratives, aux trois niveaux de la Communauté européenne, de l’Etat français, des collectivités territoriales ; il est nécessaire et sain de passer au crible toutes les actions (et inactions) de ces différentes formes de pouvoir ;

-          La simplification et l’allègement du poids des prélèvements obligatoires.

Ce qui est pathétique est que si les gouvernements ne s’emparent pas de tous ces sujets et tentent de les traiter, les évènements se chargeront de leur dicter les solutions.  Malheureusement les prises de conscience tardent à se manifester dans les cercles du pouvoir : il existe toujours quelqu’un pour vous parler de la relance par la demande, solution de replâtrage court-terme, alors qu’il s’agit maintenant d’investir  sur le long-terme ; il existe toujours quelqu’un pour vous vanter les bienfaits des nationalisations, qui va encore accroitre le poids d’un état trop difficile à gérer, alors qu’il s’agit maintenant de libérer les entreprises du carcan ; il existe toujours quelqu’un pour proposer de nouvelles couvertures sociales, alors que le sujet est de sauver celles qui existent au prix de quelques sacrifices.

Ce qui est pathétique est de ne pas marteler que les démunis, les laissés pour compte, les blessés de la vie, les travailleurs précaires ne trouveront leur compte que dans la création d’emplois,  d’emplois véritables qui produisent des richesses vendables en France, en Europe dans le Monde ; des richesses qui viennent d’abord des mondes industriels, agricole, et ensuite seulement des services qui les entourent. Il est hypocrite de laisser croire que la domestication (les emplois à la personne) est une solution durable.

Ce qui est pathétique est de faire croire que le « développement durable » est capable à lui seul de relancer toute la machine industrielle. Il ne peut compter qu’à titre de roue secours ; et sa montée en puissance devra s’étaler sur une longue période, si l’on ne veut pas jeter l’argent par les fenêtres. Il faut déjà sauver ce qui peut encore l’être dans l’agriculture productiviste, la chimie, la métallurgie, l’industrie informatique, le médicament.  Il faut oser défendre ce qui est soit disant indéfendable.  Et pour cela il faudrait passer sur le corps des groupes de pression de Bruxelles, des Ecologistes, des Administrations.

Partager cet article
Repost0
27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 12:52

Au fur et à mesure que les évènements démentent  les prédictions de nos gouvernants (français ou européens), les langues se délient et de vraies questions sont soulevées.

Elie Cohen annonce dès le 10 mars 2010 que « les 110 milliards d’euros du plan de soutien accordé à la Grèce n’offriront qu’une bouffée de 18 mois, ensuite les soucis structurels repartiront de plus belle ». Il a répété ensuite, à diverses occasions que la Grèce ne peut s’en sortir qu’en restructurant sa dette (en clair admette une banqueroute partielle).

Il le disait, et bien d’autres avec lui, parce qu’il existe deux phénomènes qu’il importe de distinguer: une crise de liquidités  qui peut se résoudre sans trop de difficultés pour passer une période de difficulté temporaire, pour torpiller des manœuvres spéculatives  (c’est ce qui a été fait par les pays de la zone euro pour la Grèce, et une crise solvabilité. Là le problème est beaucoup plus difficile, puisqu’il s’agit de trouver le curseur qui permette de trouver les fonds nécessaires pour rembourser des dettes devenues trop écrasantes sans appauvrir structurellement le pays par des baisses brutales de pouvoir d’achat et des hausses insupportables des impôts.  L’incapacité des gouvernants a avouer qu’ils ont laissé filer les déficits sans créer en contrepartie des activités génératrices de profit sur le long-terme  se conjugue avec une absence totale d’imagination pour retrouver les chemins de la croissance, unique possibilité de tenter un rétablissement.

Les trois principaux leviers sont là :

-          La dévaluation (par une sortie , ou une mise en congé de la zone euro) ; bien entendu elle renchérit les dettes, donc le poids des remboursements et surtout le poids des intérêts) ;

-          La restructuration des dettes (par une banqueroute partielle) qui ramène le niveau des dettes à un niveau admissible avec les capacités contributives du pays en cause ;

-          L’augmentation des impôts, corrélée à une réduction des dépenses publiques qui permette de dégager les marges budgétaires nécessaires pour assurer le remboursement des dettes excessives.

Tout le monde admet que chacune de ces solutions est admissible pour guérir un petit bobo, et devient d’un maniement extraordinairement difficile dans son dosage lorsque le mal est profond, avec le risque évident d’aggraver la santé du malade à moyen ou à long-terme. Une action simultanée sur les trois leviers devient de plus en plus envisageable lorsque le défaut de solvabilité devient évident pour la Grèce ou l’Irlande.

Mais ce ne sont que des leviers financiers qui ne règlent aucun des problèmes de fond qui sont abordés par les commentateurs :

-          L’absence de dynamisme économique (et tout particulièrement industriel) des pays de l’Union Européenne,

-          Une idéologie qui tente de faire accroire que le salut de nos pays se  trouvera dans l’innovation ; elle est indispensable certes, mais au nom de quelle arrogance peut-on laisser croire que la recherche médicale et informatique ne va pas faire des bonds de géant en Inde, que la recherche en physique et chimie appliquée ne va pas très vite rattraper son retard en

Chine ;

-          Une idéologie qui nous a longtemps endormi avec le dogme de la spécialisation dans les services ; ils sont créateurs de richesses, c’est indubitable, mais comment imaginer qu’ils ne puissent être délocalisés : l’exemple de l’Inde en matière d’ingénierie, de conseil juridique est là pour déjà nous le rappeler ;

-          Une pratique de la concurrence entre qui s’est complètement focalisée sur la protection du consommateur ; là aussi tout est affaire de mesure, mais des excès ont été commis abrutissant les sociétés sous un déluge de prescription qui aboutissent concrètement à augmenter leur désir de fuir ces sols inhospitaliers ;

-          Une surprotection sociale de certaines des populations européennes qui ont abouti à laisser coexister des laissés pour compte qui ne connaissent même plus leurs droits, qui sont exclus du marché normal du travail, et une masse de petits privilégiés accrochés à leurs droits acquis  qui plombent les désirs d’expansion des entrepreneurs.

Il n’y a pas un de ces sujets qui ne soit abordé dans des commentaires, des opinions, des points de vue. Il n’a pas un de ces sujets qui soit évoqué par un gouvernement. Mais qu’attendent-ils ?

 

 

Partager cet article
Repost0
15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 16:24

Les recettes de la Commission Attali, revues à la lumière de la crise économique, laissent complètement sur leur faim. L’analyse du défaut de croissance de la France, élève médiocre d’une Europe à la traîne dans le concert mondial, n’est pas sans mérite sur les handicaps constatés (productivité et compétitivité insuffisante, vieillissement de la population, éducation en régression, performances médiocres en matière d’emploi, manque de confiance des français dans leur destin). Le bât blesse déjà lorsque la commission ne recherche pas vraiment les raisons de l’apparition de ces handicaps ; certaines sont suggérées ici et là, sans véritable effort de justification, rigidité des statuts professionnels, absence de mobilité géographique et professionnelle, contraintes règlementaires ; certaines ne sont même pas évoquées : dumping social des pays émergents, sous-évaluation de l’euro, inconvénients du primat du consommateur par rapport à l’investisseur, inégalité entre les contraintes environnementales entre les différents producteurs mondiaux. Le manque de profondeur de l’analyse rejaillit inévitablement sur le manque de vision des idées présentées. Rien n’est choquant dans ce que propose la commission. Mais l’impression dominante est qu’elle pense qu’il est admissible de continuer de gérer le pays après la crise de 2009, comme avant.  

Elle fait l’inventaire des mesures qu’elle avait proposées il y a deux ans pour déterminer si le gouvernement et le parlement ont correctement travaillé depuis. L’absence d’autocritique est navrant. La commission s’en sort en tentant d’élargir les sujets et en proposant des débats sur une variété de sujet ;  elle aggrave par là le défaut déjà constaté dans le rapport initial : une liste de débats s’ajoute maintenant à une liste de suggestions. On dirait un inventaire à la Prévert des désidératas de chacun des membres de cette commission. ; les sujets qui fâchent sont soigneusement omis ou amoindris. Comment parler du futur marché du travail en parlant des jeunes et des vieux (pardon des seniors) sans se préoccuper d’une immigration plus ou moins choisie : sans intérêt. Comment parler de la compétitivité des entreprises françaises en se prononçant pour une convergence européennes sans se poser les questions du dumping social, environnemental, monétaire des pays émergents : illusoire. Comment diagnostiquer ici et là que l’augmentation du chômage est due prioritairement au déclin des activités industrielles et ne proposer comme solutions que des incitations à la création d’entreprises dans les nouvelles technologies ; pourquoi ne pas aborder les sujets épineux du redéveloppements des industries chimiques, de la revitalisation des industries textiles.

Au final, ce rapport de suivi est un modèle de suivisme : respectons ce que nous avons proposé, flattons les médias avec des mots à la mode tels qu’innovation, recherche, feignons le courage en choisissant de proposer une amplification des efforts budgétaires, et fuyons tout ce qui pose problème aux gouvernants : que faire de l’euro, comment programmer l’immigration, comment faciliter la construction de complexes industriels,  comment favoriser les investissements étrangers en France, comment faire évoluer les monstres qui asphyxient le pays (l’Education nationale, la Fonction publique territoriale, etc…).

Partager cet article
Repost0
30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 10:41

Il existe un ministre du budget et un ministre des finances. L’intuition de tous est que l’un est chargé des grands équilibres des comptes de l’état : le déficit budgétaire, l’endettement de l’état, et que l’autre est chargée des grands équilibres financiers du pays : la balance des paiements, la balance commerciale, l’inflation. L’un a pour mission de contrôler les dépenses de l’état et d’en assurer le financement. L’autre de promouvoir la santé économique de tous les agents économiques.

D’un côté Baroin qui semble s’être attelé avec rapidité et efficacité à la mise en place d’un plan de rigueur mesuré. De l’autre Lagarde dont on se demande quelle est sa fonction ? Nous dit-elle quoi que ce soit sur l’influence qu’elle compte avoir sur les grands équilibres économiques de notre pays. Oui, dans le style contemplatif : la croissance est là, elle redémarre, la crise est derrière nous. On attend encore, et depuis sa prise de fonction ses projets d’action, de soutien, d’incitation sur ce qui devrait être son fond de commerce.

Prenons l’exemple de la balance commerciale. Balance qui dépend sommairement de deux variables, une capacité à réduire nos coûts de production à l’intérieur de nos frontières, une amélioration de notre compétitivité à face au dumping social et monétaire de quasiment tous les pays qui comptent économiquement au monde. Sur l’un et l’autre sujet le mutisme de notre ministre Lagarde est assourdissant. Ou elle n’a pas d’idées, ou elle n’a pas le droit d’en avoir. A-t-elle engagé des discussions avec les syndicats de salariés, avec les organisations patronales pour trouver des pistes de réduction des coûts ; sait-elle que réduire les coûts ne passent pas nécessairement par une pression sur les salaires, mais essentiellement par des levées de contraintes exagérées, désuètes  ou idéologiques.  Evidemment c’est compliqué, nécessite beaucoup de travail, risque de heurter bien des intérêts de groupes de pression hétéroclites. A-t-elle engagé des discussions avec nos partenaires européens pour s’atteler enfin à l’euro, sa valeur vis-à-vis des autres devises ? Sujet tabou, semble-t-il, il vaut mieux s’occuper de réformes annexes comme la gouvernance des banques et des marchés financiers que de mettre les pieds dans le plat de la dérive anti-industrielle sous-jacente à la surévaluation de notre monnaie.

Extraordinaire inexistence de cette ministre. Une ectoplasme dont on ne voit pas bien pourquoi il est nécessaire de lui laisser un maroquin.

Partager cet article
Repost0
15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 11:15

L’entretien de Christine Lagarde au Figaro est particulièrement instructif sur l’attitude des gouvernants français.

-          Le manque d’ambition (et de courage) : le coup de rabot sur les niches fiscales devrait rapporter 500 millions d’euros ; il ne représente même pas un quart des niches fiscales récemment crées (la TVA réduite pour les restaurateurs) ; il ne représente même pas1% des niches fiscales existantes (74 milliards d’euros ) ;

-          L’incohérence : il est inconciliable de proclamer qu’il est juste de ne pas payer plus de 50% de ses revenus en impôts  et de décider que certains impôts seront hors champ du bouclier fiscal ;

-          L’illogisme : il ne peut être qualifié de normal que la fiscalité (la taxation des hauts revenus et des revenus du capital) contribue au financement des retraites  fondé sur un régime par répartition ; ou alors il faut abandonner définitivement ce fameux système par répartition ;

-          L’optimisme béat sur les hypothèses prévisionnelles macro-économiques : un baril  de brent à 80 dollars (il est aujourd’hui à 76 dollars, il est monté il y a deux ans jusqu’à plus de 130 dollars), un taux de change euro/dollar à 1.30 (il est aujourd’hui à 1.29, et il serait logique d’espérer qu’il baisse pour favoriser nos exportation, même au prix d’un renchérissement de nos importations), une croissance de 2% (elle n’ a été atteinte ou dépassée qu’une année sur deux depuis trente ans).

Il est grave qu’au milieu de la tourmente économique (car nous y sommes encore tant qu’il y a autant de chômeurs) la représentante du gouvernement, la responsable du budget présente un exercice aussi fondamental avec tant de légèreté. Où sont les décisions structurantes (ce n’est pas un budget de gestion, l’objectif est quand même de guérir un insupportable endettement) ? Où sont les masses de manœuvre (on ne mène pas de bataille sans une réserve, comme l’avait oublié Gamelin) ? Quelles sont les hypothèses de base (niveau des taux d’intérêt pour la dette française, taux de croissance de la Chine et des U.S.) qui permettent de justifier les autres ?

Le constat est amer de n’apercevoir aucun espoir de redressement dans un budget manquant autant d’inspiration, de volonté, de courage.

Partager cet article
Repost0
30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 12:04

La seule rigueur qui compte est celle du raisonnement.  Elle devrait être permanente. Il est abracadabrantesque que nos gouvernants (ou postulants) en refusent la notion. Nouveaux sophistes, ils privilégient le discours, ils craignent les mots qui tuent, et torturent la logique. En matière économique la rigueur se décline en une seule question : la pertinence des investissements. Ils sont de quantité de natures :

-          humains (les recrutements)

-          physiques (les machines)

-          organisationnels  (les circuits de commandements, les circuits de fabrication, les circuits de livraison)

-          de recherche (recherche de marchés, de produits, de concepts, d’idées)

Un investissement, c’est comme du poker, on paie maintenant pour voir demain. Prospectif, donc lié au jugement humain sur la pertinence de tel ou tel investissement. Mais quand même n’importe qui comprend que les efforts d’aujourd’hui (nos dépenses) se valorisent sur un temps plus ou moins long : ils peuvent apporter une satisfaction immédiate ou à l’inverse n’être porteur de fruits qu’après notre mort, avec toutes les gradations possibles.

Lorsqu’en temps de crise l’effort doit être augmenté, une double évidence s’impose, la satisfaction éphémère et le projet à trop long-terme n’ont plus la priorité. La rigueur du raisonnement impose une austérité dans la consommation, une prudence dans le choix des « grands projets », des initiatives dans tous les projets qui promettent un retour rapide, ou au moins perceptible à moyen-terme. Mais les hommes politiques (qui ne sont pas d’état) sont tenaillé pas une autre notion qui est la prise de pouvoir ou la perpétuation de leur pouvoir ; les échéances ne sont pas les mêmes : il faut éviter les remous immédiats, et investir sur des projets très court-terme qui donneront des dividendes avant la prochaine échéance électorale.

Partager cet article
Repost0
9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 11:47

Une nouvelle crise financière pointe le nez. Le signe indiscutable en est que les banques recommencent, comme en 2008, à ne plus vouloir se prêter entre elles, ou au moins prêter à celles qu’elles soupçonnent de fragilité.  Elles imposent des conditions de plus en plus drastiques aux entreprises en termes de marges, de garanties, de conditions à respecter sous peine de remboursement immédiat.  Des rumeurs alarmistes courent sur les banques espagnoles empêtrées dans leurs prêts immobiliers (qui connaît le montant des créances irrécouvrables), les banques allemandes et leurs aventures dans l’ex Europe de l’Est, les banques chinoises, embarquées dans un train sans freins, qui ont financé du bon et du très mauvais. Cette nouvelle inquiétude se traduit aussi sur les marchés financiers qui flageolent un peu partout depuis deux mois.  A nouveau l’argent devient rare pour la bonne raison que les marchés le détruisent (en dévaluant vigoureusement les actifs) lorsqu’ils découvrent la faiblesse voire l’inanité des projets sous-jacents : c’est l’éclatement des bulles immobilières, industrielles, étatiques qui continue.

Face à ce nouveau danger, les Etats européens, réagissent en financiers : si l’argent devient rare, il devient urgent de prendre des mesures de précaution en restreignant au maximum ses besoins de financement publics et acter des programmes d’austérité de plus en plus lourds. Ces mesures sont surement nécessaires s’il s’agit de mettre fin à des dépenses non productives  (et il y en a légion après des décennies  de prodigalité). Mais le remède pour arrêter la fièvre, doit nécessairement s’accompagner de mesures de développement économique, la seule médecine connue pour remettre sur pied nos économies malade.  Il faut taper dans les dépenses de fonctionnement (en dépit des cris de tous ceux qui en profitent) et réorienter tout sur une relance de l’investissement (seule garantie d’un sauvetage possible dans le futur). Et l’investissement ce n’est pas seulement l’état ordonnateur ou incitateur de grands projets, mais aussi et surtout tous les entrepreneurs qui doivent être libérés  du carcan législatif qui asphyxie les initiatives industrielles sous prétexte de protéger les consommateurs.

Partager cet article
Repost0