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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 11:07

Qui est raciste en France ? Pour tenter d' y répondre il faut d'abord se référer à la définition de Levy-Strauss dans Racisme et Culture :

"- il existe une corrélation entre le patrimoine génétique et les aptitudes intellectuelles;

- ce patrimoine est commun à tous les membres de certains groupes humains;

- ces groupes appelés races peuvent être hiérarchisés;

- cette hiérarchie autorise les races dites supérieures à commander, à exploiter les autres, éventuellement à les détruire."

Clairement, en fonction de cette définition, il n'existe pas en France, hormis cas pathologiques, de racistes. Un des tests les plus probants, pour vérifier la neutralité vis-à-vis du patrimoine génétique, est l'accueil d'étrangers au sein des familles françaises : il n'existe quasiment plus de familles "français de souche" qui hésite à adopter un enfant d'une couleur de peau différente de la leur.

Il existe, par contre, des préjugés, abusivement rangés sous l'étiquette raciste, qui font que la fidélité à certaines valeurs rend des groupes  étrangers à d'autres valeurs : le cas le plus évident est le rejet absolu de l'exogamie par les musulmans et  juifs pratiquants; un autre cas, parfaitement véniel mais hautement symbolique, est l'affichage communautariste (attitude qui se propage de plus en plus) du choix du prénom : un musulman se croira obligé de le choisir dans un stock arabe, un juif dans un stock biblique. Rien de tout celà n'est du racisme, mais pour les uns une affirmation communautaire, et pour les autres un refus d'assimilation d'une minorité à la majorité.

Le racisme, à l'état latent, transparaît lorsque les préjugés d'un groupes ne s'identifient plus à ceux d'une religion (hindouiste, musulman, juif, chrétien), ou à ceux d'une origine clairement identifiée (basque, corse, italien, portugais, antillais, marocain etc...), mais à un concept flou comme africain (qui tend à faire de la couleur de la peau un marqueur suprême), ou maghrébin (qui fait un fourre-tout entre berbères et arabes, sunnites et kharidjites, nomades et sédentaires) : il s'agit moins de se définir soi-même, que de définir les autres comme n'étant pas de votre groupe. 

Le racisme affleure lorsque  la critique ou la louange d'un individu s'appuie sur les actes d'héroïsme ou les crimes de ses ascendants : la petite-fille de Mussolini est suspecte à ce titre, le petit-fils d'un résistant est glorieux en son nom; plus grave on semble faire peser au titre d'un devoir de mémoire soit une malédiction héréditaire pour les descendants des négriers, des colonialistes, soit une aura génétique pour les descendants d'esclaves ou d'exploités.  Plus généralement, on regarde d'un oeil torve le fils d'un capitaliste, d'un trader, et l'on couve d'un oeil attendri le fils d'un ouvrier ou d'un syndicaliste.

 Décidément, le racisme véniel est partout.

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 09:46
Est-on français parce qu’on a un bout de papier où cela est écrit, et étranger si on ne l’a pas ? La gauche, les humanistes nous bassinent avec cette approche courtelinesque. Marguerite Yourcenar n’a jamais eu la nationalité française, et pourtant elle est entrée à l’Académie française. Necker n’a jamais demandé la nationalité française, et pourtant il a été ministre d’état entre 1788 et 1790. Picasso s’est vu refuser la nationalité française en 1940 et est donc resté espagnol jusqu’à la fin de sa vie, tout en séjournant en permanence dans notre pays. Ne sont-ils pas français ou assimilés ? Ils ne le sont pas au regard de la loi. Ils le sont dans notre imaginaire collectif. Pourquoi veulent se prétendre français des gens qui ne parlent pas notre langue ou l’ânonnent ; des manifestants qui agitent des drapeaux étrangers ; des mercenaires francisés à la hâte avant un match de football ou une épreuve olympique ; des cultureux qui veulent expurger notre histoire plus que millénaire de faits qui pourraient choquer leur communauté ; des inassimilés qui se ghettoïsent et pratiquent l’endogamie ; des contempteurs de coutumes dites réacs, chrétiennes, colonialistes, impérialistes ; des racistes anti-blancs, des communautaristes anti-élites, des culturalistes anti-occident ; des exaltés d’une religion d’import . Pourquoi veulent-ils prétendre être ce qu’ils ne sont pas. Pourquoi veulent ils faire semblant d’être ce qu’ils brocardent . On est français parce que l’on se sent héritier, redevable, structuré par ceux qui ont fait la France ; les immigrés qui ne veulent pas s’assimiler, les expatriés qui oublient leur culture ne peuvent le ressentir. Le passeport n’est pas une manifestation d’identité nationale, ce n’est qu’un signe d’une présomption.
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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 15:31

La crainte de l'Islam n'est pas un péché : qui ne peut avoir peur de la charia, du sectarisme qui règne dans les pays à majorité musulmane, des dérives que tout le monde constate dans des pays donnés voici peu en exemple comme la Turquie ou la Tunisie. Bizarrement la peur est considérée comme une infirmité; comme si la témérité, l'aveuglement, l'inconscience, étaient considérées comme des valeurs nécessaires de la conduite de tout un chacun; comme si l'expérience du courage ne côtoie pas toujours un sentiment de peur surmontée (j'ai toujours en tête à ce sujet le merveilleux livre de Guy Sajer : Le soldat oublié, le livre d'un héros malgré lui). Avoir peur c'est exprimer que l'on a tenté d'analyser un problème, la surmonter est essayer de trouver une solution à une difficulté. Le problème évident est l'intrusion en France d'un Islam radical, subventionné par les états du Golfe, peu porté aux discussions théologiques, attaché à des manifestations rituelles qui choquent les musulmans modérés et surtout  les infidèles (seul terme qui convienne pour les tenants du Coran à ceux qui ne suivent pas ses préceptes). La manifestation la plus éclatante en est la difficulté de créer un Conseil des Musulmans de France qui ne soit pas sous influence étrangère. Abandon par nos gouvernements successifs de toute fierté de notre culture autochtone. Mépris dans lequel sont tenus les indigènes (Un indigène est une personne qui est anciennement originaire d'un pays et qui en possède la langue, les coutumes et les usages, avec une connotation qui n'est pas raciale mais culturelle dixit Wikipedia) par l'ensemble des médias qui ne sont capables de défendre que les cultures inuit, hottentote, nambikwara, berbère,  afro-américaine, pop, rock, rap, etc... mais brocardent la moindre manifestation de piété catholique dans nos églises, les défilés de défense de la famille dans nos rues, maltraitent notre langue avec leur snobisme anglophone et pour parfaire le tout proclament islamophobie toute expression de défiance envers cette religion telle qu'elle se manifeste dans nos cités. Ils ont tort, non seulement il ne faut pas avoir peur d'avoir peur, mais il faut croire que notre merveilleux pays a des ressources locales, une richesse de son inconscient collectif et que développer des talents en interne est surement plus efficace que de vouloir importer, assimiler, tolérer des pratiques nées ailleurs en d'autres temps.

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 19:29

Quels sont les ressorts de la colère de la rue musulmane ? Un film obscur déniché au fin fond des Etats-Unis ? Certainement pas, ce ne fut qu'un prétexte trouvé providentiellement par quelques manipulateurs. Des caricatures sacrilèges publiées par des fouteurs de merde ? Certainement pas, ce ne sont que des réponses d'excités à d'autres.

 

Si la colère se déchaine, elle a bien un objet de haine : les dévoiements des médias occidentaux, dont il serait parfaitement abusif de prétendre qu'ils sont représentatifs d'une culture, ou d'une civilisation. C'est l'incompréhension de sociétés pour lesquelles le mot de respect d'un certain nombre de valeurs fondamentales a un sens, envers des manifestations sur les écrans, sur les ondes, dans les journaux d'une philosophie relativiste qui claironne que tout se vaut pourvu que l'individu y trouve satisfaction. La pornographie, le libertinage, le sacrilège sont montrés comme des badinages, ou pire des manifestations d'une liberté d'expression que rien ne devrait censurer, ou encore pire comme des oeuvres de l'esprit pouvant atteindre le statut d'oeuvres d'art. Le droit de dire n'importe quoi, au mépris de l'histoire, en crachant sur la culture, en dénigrant la civilisation est caractérisée comme un progrès des moeurs, une évolution des mentalités (vers quoi, on se le demande !), une victoire pour tout dire de la démocratie (ou de la médiocratie ?).

 

La colère est rentrée, non exprimée dans la rue occidentale, tétanisée par le discours ambiant, peureuse des condamnations, des procès, de la mise au ban des médias. Elle s'exprime dans la rue musulmane. Comment en être surpris. Quelle tartuferie d'y voir l'expression d'extrémistes : ils la suscitent, la manipulent, mais de fait ils ont trouvé un terreau fertile.  Comment des non-occidentaux ne peuvent être sidérés non seulement par les débauches montrées avec complaisance, mais aussi par l'exemple calamiteux du tourisme sexuel qui s'affiche à Marrakech, Tanger, Hammamet etc..... etc..., mais aussi par l'immonde emprise de la drogue qui pourrit commanditaires et clients, mais encore et surtout par le mépris de tout rite assimilé à un folklore désuet.

 

Condamner, interdire : les mots tabous, deviennent des obligations lorsque qu'il s'agit de dénoncer ceux qui critiquent nos modes de vie.

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 12:11

Les valeurs de la droite vont semble-t-il être au centre des réflexions des ténors de l'UMP.  Il serait temps. La défense des valeurs dites républicaines prônées par la gauche sont à peu près claires :

- égalité sociale qui en plus de l'égalité des droits du citoyen, déborde sur des notions telles que la parité entre différentes catégories de personnes, ou encore la socialisation de l'ensemble des prestations sociales.

- laïcité qui en plus de la liberté de conscience et de la neutralité de l'appareil d'état vis à vis de toutes les religions, s'ingère dans la vie privée pour  bâtir un corpus de moeurs  dites progressistes.

- état fort qui ne se borne pas à exercer avec autorité ses missions régaliennes (défense, justice, police, éducation) mais entend apporter le bonheur à l'ensemble de la population par une gestion économique orientée par la classe politique et la haute fonction publique.

 

A cette déclinaison de gauche de notre triptyque "liberté, égalité, fraternité", il serait temps d'offrir une authentique offre de droite :

- un état fort, mais svelte ce qui implique sa rationalisation (suppression des hautes autorités superflues, suppression des départements avec dévolution de leurs pouvoirs aux régions, regroupement des communes), l'abandon de son interventionisme économique pour qu'il se recentre sur ses missions de contrôle.

- une liberté qui ne se borne pas à la neutralité religieuse, mais défend les valeurs fondatrices de l'être humain comme la défense de la famille, la valeur du travail, le respect de la culture.

- une égalité qui s'établisse entre individus et non pas entre catégories de personnes, une égalité sociale qui s'occupe des exclus, des marginaux, des précaires et ne se polarise plus sur ceux qui sont organisés.

 

Le courage est de défendre l'individu face à un état prédateur, de proclamer que la générosité est de se soucier des malheureux et non pas des paresseux, de ne pas se laisser abrutir par un discours mondialisant sur la fusion des cultures et des moeurs et de développer nos originalités. Rien de très nouveau, encore faudrait-il que les dirigeants de la droite n'aient pas honte de le dire.

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 10:38

Né à l'étranger et y ayant passé mon enfance, je ne me sens pas attaché à un terroir particulier de notre France. Catholique pratiquant, je mets mon appartenance à ma religion devant toute autre considération. Peu admiratif des philosophes des lumières, et encore moins des atrocités de la Révolution, je ne prends pas le mot République pour  un talisman.  Alors suis-je vraiment français, si j'ai grandi hors sol, si je crois à la force de l'Esprit, si les valeurs républicaines ne m'évoquent rien ? Probablement, certainement, surement, moins que d'autres;  les uns qui sont à l'aise, chez eux, au milieu des leurs, dans des paysages aimés de leur province; les uns qui n'ont d'autre religion que la laïcité, d'autre priorité que la patrie; les uns qui égrènent  avec  ferveur une histoire, leur histoire, faite de révolutions, de hussards noirs, de déclarations universelles. Oui, je suis plus qu'un peu français, par le droit du sang, par une culture, par des traditions, par une longue familiarité avec ce pays., mais je ne le suis pas totalement, car j'ai des manques qu'il m'est impossible de guérir.

Comme moi, d'autres sont imparfaitement français : parce qu'ils appartiennent aussi à d'autres communautés auxquelles ils ne veulent pas renoncer, voire qu'ils mettent en exergue. Est-ce un crime d'être à moitié français : non, c'est une réalité. Les bons esprits diront qu'on est français parce que l'on détient un papier qui vous le dit. J'ai horreur de cette approche paperassière, comptable, guichetière. Je crois qu'une Marguerite Yourcenar, quoique n'ayan jamais sollicité la nationalité française, est beaucoup plus française que certains qui se targuent d'avoir leurs "papiers" depuis plus d'une génération. Je crois que Mazarin, le maréchal de Saxe, Marie Curie, furent un peu français quoique nés ailleurs, éduqués ailleurs.

On est pas français par hasard, on le devient plus ou moins au gré des circonstances de sa naissance, de son éducation, de ses croyances.  Et tel ne le deviendra jamais, malgré tous les droits du sang, et du sol, alors que d'autres le témoigneront mieux. Il faut le proclamer, nous sommes tous des sans-papiers. 

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 11:12

Pourquoi ne pas demander  à  l'Espagne une repentance pour le génocide des caraibes ? Pas très intéressant dans l'esprit de nos députés puisqu'il n'en reste plus un seul.

Pourquoi ne pas demander aux Etats-Unis une repentance pour le génocide des indiens ?  Peu rentable pour nos collecteurs de votes, les survivants sont pour une grande partie parqués dans des réserves et n'émigrent  pas chez nous.

L'éternelle propension de nos députés à vouloir donner des leçons à l'ensemble du monde est proprement insupportable, surtout lorsqu'elle se fait au nom d'une révolution française née dans le sang de tueries de catégories sociales, de massacre vendéen et de pillages sanglants dans toute l'Europe.

Plus  grave que la légitimité des députés de l'assemblée nationale à voter une loi visant spécifiquement le caractère génocidaire du massacre des arméniens, est le flou du texte qui vise non seulement la négation, ou l'apologie des crimes de génocide, mais aussi la "banalisation grossière". Qu'est-ce qu'une banalisation ? Une relativisation ? Une comparaison ? Qu'est-ce qui est grossier, ce qui n'est pas fin, subtil ?

Mais encore plus grave est le fondement de ces lois mémorielles qui sont l'expression de tous les communautarismes;  qui donnent  un pouvoir exorbitant sur l'opinion, à n'importe quelle association, de gérer l'expression de tout citoyen, de choisir les mots qui conviennent; qui laissent croire que les députés sont élus pour gérer nos paroles, notre façon de nous exprimer, notre mode de communication. Ces lois mémorielles sont le symbole de l'effacement de la démocratie qui se trouve réduite au seul concept de la liberté de vote; une fois élus les députés ou le président sont considérés comme des chefs tous puissants, dont la seule limite à leur pouvoir est leur non-reconduction à l'élection suivante.

 Mais la démocratie ce 'est pas cela du tout. Le droit de vote n'est qu'une condition nécessaire, mais certainement pas le critère suffisant. Les seuls critères de la démocratie sont les libertés : de s'exprimer, de se déplacer, de manifester. Le problème soulevé ne se limite pas à la seule liberté de recherche des historiens, toutes ces libertés sont battues en brèche par ces lois mémorielles, elles sont une forfaiture envers l'esprit démocratique, elles sont la promotion du règne de n'importe quelle clique. 

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 10:30

Je ne savais pas qu’il était ignoble de dire de quelqu’un qu’il était coréen parce que né en Corée.  J’ignore s’il est atroce de dire que quelqu’un est allemand parce que son père est allemand. Je ne devine pas s’il est injurieux de dire que quelqu’un est norvégien parce qu’il a aussi la nationalité norvégienne. J’aime à me dire moi-même fassi (né à Fez), et ce n’est pas par le goût de l’autoflagellation.

Il est étrange de croire qu’un adjectif puisse être offensant parce qu’il retrace une réalité. Pourquoi vouloir gommer à tout prix une origine, un statut, une expérience, une tranche de vie. A quoi rime cette tendance forcenée à croire qu’être français est binaire (on est ou on n’est pas en fonction d’un petit bout de papier produit par une administration). Certains sont plus français que d’autres parce qu’ils ont vécu plus d’expériences en France que d’autres : pour ma part, je me sens plus méditerranéen que d’autres pour avoir vécu une enfance sous des cieux maintenant étrangers ; je trouve moins de racines dans un terroir hexagonal que certains qui y sont nés, y ont fait leurs études, y ont gardé une maison, y retrouvent leurs camarades ; c’est un sentiment qui inspire parfois de la mélancolie de ne jamais se sentir complètement chez soi, mais qui est source aussi de fierté pour avoir connu des pays et des cultures autres.

La réaction de Vincent Placé est absurde. Elle traduit une absence d’ouverture d’esprit étonnante de penser qu’il est porteur de stigmates pour être né en Corée et avoir été adopté. Elle traduit un besoin politicien de tenter d’introduire des idées de racisme à tous les échelons de la discussion pour faire du buzz autour d’un propos qui est au plus inapproprié (on ne voit pas en effet ce que la Corée vient faire dans la définition d’un programme politique). La censure se définit comme une technique d’interdiction de propos qui contreviennent à une doxa. Nous y sommes en plein : la rationalité a perdu ses droits au profit de l’impression.

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 11:14

« La démocratie a donc deux excès à éviter : l’esprit d’inégalité qui la mène à l’aristocratie, ou au gouvernement d’un seul et l’esprit d’égalité extrême, qui la conduit au despotisme d’un seul . » Depuis cette réflexion de Montesquieu nos démocraties occidentales ont subi bien des avanies qui me laissent penser que l’alternative est moins claire qu’il n’y paraît.

La première leçon est que le pouvoir d’une majorité peut conduire à  l’oppression d’une minorité : ce fut le cas des whigs qui ont quasiment éliminé les tories du pouvoir pendant tout le XIX en Grande-Bretagne, ce fut le cas des radicaux et autres républicains opportunistes qui ont éliminé les conservateurs de la vie publique de la IIIème République en France, ce fut le cas des prussiens qui ont éliminé les rhénans en Allemagne depuis Bismark jusqu’à Hindenburg. Dans ces circonstances ce n’est pas un consensus qui a existé mais une lassitude (ou une lâcheté ?) de ceux qui n’étaient pas au pouvoir.

La deuxième leçon est que cette confiscation par une majorité s’est faite sur la transmission de valeurs qui étaient la glorification de la nation et son corollaire l’idée impériale : « England shall rule the world » et la création de l’empire des Indes, le « Drang nach Osten » et le Reich, la « mission civilisatrice de la France » et l’Empire colonial. Cette transmission a relativement bien fonctionné grâce à une intense mise à l’écart des idées hétérodoxes, et à un endoctrinement poussé dans les écoles.

Nous nous retrouvons aujourd’hui sur un système parfaitement bancal où les idées forces de nos nations sont complètement périmées mais où la sanctuarisation de la règle de la majorité provoque des rejets constants de ceux qui ne l’acceptent plus. Le communautarisme de nos sociétés occidentales (qui est un esprit d’inégalité) est peut-être un égoïsme, mais ne serait-ce pas surtout une répulsion vis-à-vis de l’oppression des autres.  L’absence d’idées forces (dans nos sphères occidentales, non pas dans le monde islamique, voire indien et chinois) a conduit à un affadissement de toute idée de transmission (transmettre quoi ? comment ?) et peut-être à cet effondrement d’une culture commune donc à une inaptitude à l’ égalité d’analyse et de réaction.

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 16:03

L’idée de lancer un débat sur un sujet flou, démontre que nos gouvernants sont atteints de procrastination, et tentent de le camoufler en mélangeant plusieurs niveaux de langage :

-          L’un est politique, donc avec la mission d’ assurer  la cohabitation de foules de gens qui ne s’aiment pas obligatoirement, ne s’apprécient pas nécessairement ; le langage est axé sur les nécessités de règles, les contraintes liées à l’observation de ces règles ; une intransigeance vis-à-vis du désordre et une tolérance à l’égard de l’expression de tous les groupes ;

-          L’autre est partisan, avec le plaisir d’exprimer la logique de raisonnements  imprégnés de convictions fortes, structurées par l’histoire, la géographie, la spiritualité, les groupes auxquels on appartient ; des propos légitimes tant qu’ils ne se transforment pas en une doctrine de prise du pouvoir ;

-          Un dernier est personnel, celui de l’émotion, de la compassion, de l’oubli des contraintes sociales et des voix d’une communauté, au profit de l’expression de ses doutes, de ses inquiétudes, de ses colères ; des mots indispensables à chacun pour supporter le carcan d’un état ou la pesanteur des communautés dont nous faisons partie.

Un homme d’état ne devrait pas tout embrouiller : il n’a pas à organiser de débats sur ce qui transgresse les us, la libre circulation, du fait de manifestations religieuses intempestives ; aux inquiétudes sourdes de chacun, il ne doit répondre que par des actes qui préservent la solidarité, sans s’abriter derrière la sacralisation de lois  (celle de 1905), la mise en avant de doctrines (l’anticléricalisme qui se survit dans le concept de laïcité républicaine), la compassion (mélange de repentance anticoloniale, et de populisme). Mais d’hommes d’état, il en existe peu ; courent les estrades, les micros, une kyrielle d’hommes politiques qui croient nous rassurer en déclamant qu’ils défendent des idées, et qu'ils sont proches des sentiments de leurs électeurs. C’est justement ce qui est ideux fois indésirable. Une idée, c’est une opinion partisane. Que des associations, des communautés, des groupes, des individus défendent leurs idées, sur la laïcité, l’Islam, la religion, la place des uns, l’acceptabilité des autres, voilà qui peut être fructueux; être proche de certains, est être loin d'autres, le sentimentalisme n'est pas une vertu.  Que les hommes d’état se taisent et écoutent, qu’ils agissent avec promptitude en fonction de ce qu’ils ont entendu, qu’ils rendent compte devant le peuple, voilà leur unique mission.

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