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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 11:32

La laïcité est devenue un salmigondis où se mélangent la haine de la religion chrétienne, la peur de l’Islam, et la complaisance envers le judaïsme. Ce n’est pas en baptisant ce pâté de merle d’humanisme, de lutte contre le racisme ou de défense des valeurs de la république qu’on le rend digeste. La lutte contre les chrétiens est un réflexe pavlovien des héritiers des francs-maçons du XIXème siècle qui n’ont pas encore réalisé que les église chrétiennes d’après la loi de 1905 et encore plus d’après la sécularisation accélérée de la société française de la deuxième moitié du XXème siècle ne présentent plus aucun danger de théocratie. La peur de la marée islamique est un mélange entre une indulgence coupable pour le peuple des cités qui vote majoritairement pour les socialistes et la crainte réelle du terrorisme qui fascine des jeunes dévoyés par des imams sectaires. Enfin la complaisance de l’ensemble des politiques envers un groupe de pression communautariste comme le CRIF laisse perplexe : sont-ils des représentants des pratiquants du judaïsme de France, des avocats d’Israël, des porte-parole français d’une diaspora ancestrale et mondiale ?

Tout ceci est magnifiquement résumé dans la couverture du dernier numéro de Charlie : le toutou qui porte dans sa gueule un journal symbole de la liberté de parole, un des critères d’une laïcité réussie, est poursuivi par un évêque et un djihadiste, épaulés par leurs sicaires (le politique symbolisé par Sarkozy et Marine Le Pen, la finance par un banquier et les médias à la solde par un micro de BFM) ; le rabbin est omis dans la meute. Résumé : un responsable chrétien et un égaré musulman sont les maîtres du complot contre la laïcité.

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 11:49

La sainteté , comme le génie, ne court pas les rues. La sainteté est à l’opposé de ce qui faisait horreur au Christ, la paresse et l’hypocrisie : il lui faut œuvrer sans relâche sans récompense. La sanctification est l’expression de l’admiration terrestre de ceux qui voudraient mais ne peuvent envers ceux qui veulent et qui peuvent. Les saints doivent être des modèles contre tous les hypocrites : marchands du temple bien entendu, pharisiens ritualistes certes, mais aussi tous les exaltés de la piété qui méprisent les infirmes de la compassion, les auréolés de la certitude envers les handicapés de la foi ; les saints devraient être des guides non seulement contre des rentiers, des parasites, mais aussi contre les vauriens qui trafiquent de la pitié, les inefficaces qui s’abritent derrière l’indulgence, les veules qui vendent leur malheur. Il ne faut jamais affadir le travail des héros et des héroïnes de Dieu dans un salmigondis piétiste.

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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 16:56
Pierre Bergé : « Je ne suis pas obligé de supporter l’éthique du journal « La vie » que je combats tous les jours. Oui, je serais heureux que ce journal ne fasse plus partie du Groupe « Le Monde ». » Vincent Peillon : « on ne pourra jamais construire un pays de liberté avec la religion catholique, mais comme ne peut pas non plus acclimater le protestantisme en France comme on l’a fait dans d’autres démocraties il faut inventer une religion républicaine, cette religion républicaine qui doit accompagner la révolution matérielle mais qui est la révolution spirituelle, c’est la laïcité ». Hollande après la démission de Benoit XVI, le sourire aux lèvres « nous ne présentons pas de candidat ». Hollande en visite à Lourdes après les inondations : « La saison touristique est en croix ». Trois figures de l’Etat d’aujourd’hui . Chacune incarne, suivant le vieux schéma trifonctionnel de Dumézil, l’un des aspects de la société : l’homme d’affaires qui exploite cyniquement sa force de lobbyiste, le franc-maçon qui tente de refonder une religion, le chef de l’état qui abuse de son pouvoir pour se moquer de ceux qui ne l’on pas élu. Bergé c’est la force de la caste des marchands qui ne revendiquent de pouvoir que l’influence que leur donne la nécessité des deux autres de recourir à lui pour survivre économiquement ; il est le dispensateur des fonds qui permettent d’enfumer les médias ; son caractère de mal dégrossi est excusé par le manque d’idéalisme, et l’absence de courage qui sont inhérents à sa condition ; ses diatribes contre les femmes sont mises sur le compte de dérapages de ceux qui ne savent pas parler ; ses attaques contre la religion sont le reflet de la profonde méfiance de ceux qui s’enrichissent contre ceux qui prient. Peillon est le héraut de la classe des prêtres. Il ne propose pas des lois, il propose des valeurs. Il ne gère pas, il organise l’armée des forces du bien (les enseignants qui pensent juste, c’est-à-dire comme lui) contre les forces du mal incarnées en premier lieu par les représentants rétrogrades de la religion catholique. Il bénit le changement qui conduit vers l’avenir qu’il imagine, il maudit ceux qui s’accrochent à des vérités qui ne sont pas celles de sa secte. Il livre au glaive de Valls ceux qui refusent sa foi. Il couvre de flatteries et de bénéfices ses thuriféraires. Hollande est le « rex » le roi choisi dans la classe des élites aptes à diriger (la promotion Voltaire de l’ENA entre autres). Persuadé de sa valeur, gonflé de sa toute puissance, il mène sa croisade contre les ennemis qu’il a désignés : les riches, la finance internationale, Merkel, Barroso. Sa perspicacité infinie lui fait néanmoins entrevoir que derrière ceux qu’il combat en plein jour se cachent les manipulateurs, les organisateurs, en clair ceux qui ne lui ont pas apporté massivement leurs voix lors de son, intronisation : les ouvriers, les paysans, les soldats, mais aussi les islamistes, les juifs, les catholiques. Ces derniers font l’objet d’une vindicte particulière car ils sont par définition indifférents vis-à-vis de César. Chacun d’entre eux déteste les deux autres. Un de leurs dénominateurs commun est la haine qu’ils portent à ceux qui refusent, dénigrent, leur folie paranoïaque.
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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 15:49

Credo quia absurdum criait Saint Augustin. Oui c'est absurde d'aimer des psychopathes, des crétins, des vicieux, des paresseux, mais il le faut puisque je suis catholique (la tare d'être doté d'un coeur très peu compatissant !). Je ne suis certainement pas catholique parce que j'aime les autres, mais j'aime les autres parce que je suis catholique. Après une telle introduction, comprenez que l'étalage de bons sentiments (que je n'éprouve pas) m'exaspère à un tel point que je n'y vois que tartufferie. L'émotion non contenue devant le malheur de ceux qui sont éloignés de moi me laisse dubitatif si elle n'est pas stimulée par l'art d'un écrivain, le professionnalisme d'un journaliste, le talent d'un artiste, ou la possibilité d'exercer une action bénéfique. L'efficacité d'un sentiment ne se mesure qu'à la conjonction de la profondeur de celui qui exprime son malheur et la réceptivité de celui qui pourrait l'atténuer voire le prendre en charge.

Alors les rappels à l'ordre, les injonctions des bonnes âmes a pour conséquence incoercible d'éveiller en moi des sentiments fort peu chrétiens de haine : qui sont-ils pour donner des leçons de bonne conduite, que valent-ils pour s'ériger en guides des bons sentiments, quelles sont les preuves de leur bonne foi, de leurs actions, des effets de leurs actions ? La compassion a trop souvent remplacé les bonnes oeuvres, ce n'est pas un progrès; et la charité n'a d'intérêt que si elle n'est pas instinctive, l'action doit suivre la réflexion et pas l'inverse.

Voilà, j'ai déversé mon fiel, que j'ai peut-être en excès par rapport aux autres, mais je n'en suis pas si sur. Ce déballage n'a bien entendu aucune valeur éducative, morale, pédagogique, mais l'unique attrait de révéler aux personnes qui s'affichent "bonnes" qu'elles ne sont pas seules au monde, et qu'il leur faut savoir respecter les hommes sans qualités; en bref que l'agitation est à l'opposé de la perfection, que le bon coeur est mauvais conducteur, que l'amour ce n'est pas la compassion.

Pater meus, transeat a me calix iste.

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 11:33

Henri Boulad est un jésuite d'origine syrienne, résidant en Egypte. Ce qu'il dit de l'Islam vaut d'être écouté. Son inquiétude vient de la façon dont la religion islamique de tradition sunnite s'est figée au Xème siècle avec en particulier :

- la proclamation d'un coran incréé (donc parole de Dieu intouchable)

- le choix de versets médinois (au caractère guerrier) au détriment de versets mecquois (de tradition mystique).


De ce fait la contestation par les modérés de l'Islam des doctrines des extrémistes (salafistes en particulier) est pour le moins ardue, voire inopérante : comment refuser la parole de Dieu ? Comment l'interpréter sans la trahir, puisqu'il est impossible d'attaquer une mauvaise traduction, de mauvais copistes, puisqu'il est impossible de tenir compte de conditions sociales particulières au moment de la rédaction du Coran ? Comment écarter certaines injonctions puisque tout est sur le même plan ?


Un point de doctrine de l'Islam, mentionné par Boulad, m'a beaucoup frappé : il est licite de mentir pour le bien de la religion; j'imagine que lui vient à l'esprit la devise de son ordre : "ad majorem Dei gloriam" et celle qu'on leur attribue parfois "ad augusta per angusta". En tous cas la conjonction de la rigidité théologique et du pragmatisme moral éveille toutes les inquiétudes; l'attitude des Frères Musulmans, qui refusent tout réformisme doctrinal mais feignent de comprendre certaines aspirations démocratiques occidentales est à cet égard porteuse de bien des inquiétudes pour l'avenir de la liberté dans les pays qu'ils contrôlent.

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 21:05

Noël à la télévision : une vision d'horreur. Des monceaux de bouffe, des kyrielles de cadeaux, des gens qui se transportent pour des vacances; et là-dessus des reportages à n'en plus finir pour nous parler des ostréiculteurs, des chiffres d'affaires des grands magasins ou autres surfaces de vente démesurées, de la préparation des foies gras, du prix comparé du champagne; et des publicités pour nous vanter à tire-larigot le parfum produit dérivé (de quoi ?) inventé par toutes les marques imaginables, les jouets électronisés pour abrutir au plus vite les charmants bambins, le fromage industriel qui se pare faussement des couleurs du terroir, les montres sans lesquelles nous ne sommes personne, les objets qui se vantent d'être de luxe pour mieux conquérir la foule des acquéreurs bas de gamme.  En dehors de ces orgies de nourriture et d'objets, les journaleux se permettent de nous parler du sapin de ou du père noël, tristes inventions de marchands qui sont allés à la pêche de quelques légendes pour mieux faire augmenter notre frénétique pulsion de consommation. Au mieux certains parlent d'une fête de famille. Point final. Plus de temps de l'avent, plus de Jésus, plus de crèche, plus de messe de noël ; même si ces mots ne concernent qu'une partie de la population, ils sont passés à la trappe.  Il semble superflu (obscène ?) de dire que la fête de noël, pour des chrétiens (seulement certes, mais ils existent quand même) est le symbole de l'humilité (Dieu qui s'incarne), de la pauvreté (la naissance dans la crèche), de la pureté (le chant des anges). Le silence pesant sur le sens de cet évènement est bien la signature des hédonistes sans tempérance qui nous serinent leurs nouvelles.

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 12:04

Le blasphème fait-il partie de la liberté d’expression ? Oui a répondu Charlie Hebdo. Oui entonnent en chœur tous ceux qui se disent attachés à la laïcité.

La position est simpliste s’il s’agit uniquement d’autoriser des injures contre la religion catholique (ex religion dominante) et la religion musulmane (religion en plein développement sur notre territoire) pour au moins deux raisons :

-          Le blasphème est une injure envers tout ce qui est considéré comme sacré ou inviolable et le domaine du blasphème déborde largement les manifestations antireligieuses.

-          Le fondement de la liberté d’un individu est en réalité son aptitude à agir (parler, écrire) sans nuire à autrui ;

1° Tout le monde comprend qu’il est blasphématoire de proférer des propos négationnistes qui mettent en doutent la souffrance subie par le peuple juif pendant l’holocauste, par les peuples africains pendant la traite négrière. Qu’il y ait eu des lois votées à ce sujet ne rajoute d’ailleurs pas grand-chose au fait même qu’il n’est pas toléré de nier des évidences historiques. La tendance actuelle est même d’élargir ce domaine du sacré en considérant comme insupportable tout propos irrespectueux contre les femmes, les homosexuels, les communautés ethniques, culturelles ; faudrait-il penser que des adeptes d’une religion ne forment pas une communauté qui a le droit à un minimum de respect ?

 Là intervient la liberté de propos. Là commencent les difficultés pour trancher entre pouvoir tout dire et ne rien pouvoir dire. Il ne me paraît guère concevable de prétendre que vous ne nuisez pas aux adeptes d’une religion si vous dénigrer son Dieu. Tout le problème est de deviner ce qui est acceptable de ce qui est inacceptable. Tremper la croix du crucifié dans l’urine me paraît être une offense grave, insupportable, pour ceux qui le prient. Ridiculiser Mahomet et le Dieu qui l’inspire me paraît être une offense grave, insupportable pour les lecteurs du Coran.  Toujours la mesure et le bon sens doivent intervenir pour savoir jusqu’où le blasphème devient une blessure pour celui qui le supporte.

La liberté d’expression n’a rien à voir avec des lois, une constitution, un régime ; toutes ces structures ne sont pas là  pour la définir mais pour tenter d’en organiser l’exercice.  

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 12:14

Lindon-Lefort n’hésitent pas à se ridiculiser dans les pages de Libération. Leur haine antichrétienne leur fait dire absolument n’importe quoi, dans un billet censé faire rire au dépens de la religion catholique : ahurissant de méchanceté (la méchanceté étant toujours synonyme de bêtise), Mais ce ne sont par leurs vomissures qui sont intéressantes, c’est qu’il se soit trouvé un quotidien connu pour les publier. Hasardons quelques hypothèses.

- il veut faire rire avec des catholiques qui ne leur feront pas de mal ; c’est à priori raté au vu de la teneur de la plupart des réactions (elles pointent surtout leur lâcheté) ;

- il veut flatter la communauté homosexuelle en faisant écrire par deux de ses représentants des horreurs contre une religion qui (comme les autres religions du Livre)  les considère comme des déviants ;

- il pense publier l’œuvre d’écrivains pamphlétaires ;  mais les invectives, les insultes, ne sont de la littérature que chez les grands, chez les petits ce ne sont que des gros mots ;

- il veut afficher une transgression qui les rendra sympathiques à tous les bien pensants qui croient que la religion est un carcan social ; ils affichent surtout leur conformisme nourri d’un très vieil anti-cléricalisme ;

 - il veut doper ses ventes en créant un scandale ; le seul scandale est qu’il ne soit pas submergé par le dégoût de leurs lecteurs.

 

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 16:33

La mort a changé de nature depuis quasiment une cinquantaine d’année du moins pour ceux dont la vie n’est pas interrompue de manière violente ou accidentelle. Elle était le rendez-vous, dans les derniers jours, voire dans les dernières heures de la vie, avec son entourage et avec le mystère de l’au-delà ; elle était l’occasion de repasser en accéléré le bilan de sa vie, de rédiger un testament ou un codicille, de recevoir les derniers sacrements pour les croyants,  de faire en tout état de cause un point de ce qui avait été, et de la façon dont il fallait quitter ce bas-monde. La nouvelle mort, pour ceux qui en profitent ( ?) est une sorte d’hébétude grandissante, un enfoncement progressif dans le néant, un abandon , étape après étape, de ce qui fait la vie : la mobilité, la sensibilité, le plaisir, la mémoire et puis la capacité de penser logiquement.

La mort douce, qu’il ne s’agit pas de mépriser, car la souffrance n’est pas une obligation, n’est pas non plus la panacée octroyée par des tiers, la famille, le corps médical. Dans son article le cardinal Barbarin fait l’apologie des soins palliatifs pour mieux s’élever contre l’euthanasie.  Il voit dans l’euthanasie, une transgression de l’  interdit fondamental « tu ne tueras point », et une incitation au suicide.

Le problème est abusivement simplifié. Il ne s’agit pas évidemment de tuer, mais d’accomplir une volonté exprimée. La volonté de ne pas s’abimer dans le déshonneur de la dépendance, et l’indignité de la décrépitude mentale et/ou physique. Ce déshonneur et cette indignité, qui étaient rares jadis, sont devenues le lot commun. Que certains ne veuillent pas participer à cette mascarade est du libre-arbitre. Ce n’est pas une intention suicidaire, ce n’est pas casser le fil d’une destinée, c’est exprimer que lorsque son destin est accompli, sa mission remplie, il faut savoir faire ses bagages.  

Alors, bien entendu, il ne s’agit pas de deviner une intention floue et mal exprimée d’un patient qui voudrait mettre un terme à ses jours, il s’agit de ne pas déposséder de son autonomie de volonté un être qui a clairement refusé des soins au-delà de ce qu’il lui semble, personnellement convenable.

L’amour ce n’est pas transformer en zombies des gens qui ne veulent pas le devenir. L’amour c’est écouter les autres. La peur, ce n’est pas celle de la mort, c’est celle de l’au-delà, et cette peur là, parfaitement respectable, dicte à chacun sa conduite : certains préfèreront une insensible agonie sous la douce surveillance d'un comité d'éthique, d’autres voudront un affrontement plus brutal et ne désirent pas se laisser dicter leur destin pas des soignants.

Aider son prochain à accomplir son destin est ce que fit le serviteur de Caton d'Utique.

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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 12:25

La séparation de l’église et de l’état est une idée chrétienne qui apparaît dans l’évangile. Idée qui a été maltraitée entre des princes qui ont souvent voulu contrôler l’Eglise, et plus rarement une dérive théocratique des autorités religieuses. Mais malgré les vicissitudes, contrairement à ce qui est parfois dit, la pratique fondamentale est que la religion chrétienne a réussi à garder son autonomie  ;  les interventions des puissants dans les conciles ont toujours paru  scandaleuses ; le choix des évêques par les princes, les rois et les empereurs ont toujours soulevé la réprobation .

Cette lutte pour l’autonomie a été marquée par des reculs comme l’idée du césaro-papisme, la main-mise par des souverains protestants sur la religion de leurs peuples, la tentation des papes de se créer un état ; mais elle a été aussi marquée par de puissantes avancées, comme la réforme grégorienne, la création en continu, à toutes les époques, d’ordres religieux dont le rayonnement était étroitement corrélé à leur indépendance vis-à-vis de tous les pouvoirs (bénédictins, cisterciens, franciscains etc…).

La laïcité est une idée chrétienne (surtout catholique) qui sépare le peuple entre deux catégories, les clercs qui donnent leur vie à Dieu et à la propagation de la foi, les laïcs qui exploitent au mieux leurs talents pour être des témoins de Dieu. Ce vieux concept n’impliquait jamais que la vie religieuse soit uniquement du ressort de la sphère privée, et que les manifestations de foi restent cachées. Là est la différence avec la république laïque défendue depuis les origines de la IIIème République : elle a puisé son inspiration dans les concepts chrétiens de séparation de l’Eglise et de l’Etat, de différence entre laïcs et clercs en les poussant jusqu’à la caricature : le signe extérieur de religiosité devient une offense, voire une infraction, la foi est réduite à une simple appétence privée pour la divinité.

Ces approches sont offensantes pour les catholiques, les chrétiens, certes, mais surtout sont parfaitement incompatibles avec les religions de nature théocratique comme l’Islam et la religion juive.  La laïcité, style rad-soc a vécu. Il faut trouver un nouveau compromis, entre l’Etat et le monde religieux. Je n’ai aucune idée sur des modalités de compromis entre la chariah et les lois de la République et j’imagine que beaucoup n’ont pas envie d’en trouver, mais il serait temps que la crispation identitaire sur la laïcité, élément fondamental d’un soit disant pacte républicain, se relâche.

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