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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 12:22
Mikhail Rudy est un extraterrestre. Avec un tempo mesuré, il nous a donné une interprétation divine des visions fugitives de Prokofiev, et de Petrouchka de Stravinski, avec en plus le régal dans un des bis d’un nocturne de Chopin. Rien de moins ostentatoire que son jeu : économie de mouvements, discrétion dans l’attitude, absence de brio technique, tout est au service de la précision, de l’art de respecter les pauses et silences. J’ai moins aimé les Tableaux d’une exposition de Moussorgski, qu’il accompagnait de la projection d’un film d’animation d’après le spectacle conçu pour cette musique par Vassili Kandinsky : peut-être ne suis-je pas sensible à l’art pictural de ce maître, et ces images, pour moi, plutôt que de suggérer un « art total », m’empêchaient de bien écouter la musique. Mais qu’importe, face à l’enthousiasme montré par ce pianiste.
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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 12:00
A Trébeurden, la municipalité impose sur les plages la laisse de mer : « un acte écologique fort » assène-t-elle, symbolique de la protection de la biodiversité. L’art de mal-vivre érigé en principe au nom du sectarisme, et au défi du bon sens. Qui peut croire que le nettoyage des quelques centaines de mètres des trois plages les plus fréquentées par les baigneurs puisse mettre en danger la biodiversité sur les kilomètres de côtes de la commune, sans compter les trois autres grandes plages plus sauvages, et toutes les petites dans les anfractuosités des rochers. Personne sauf les ayatollahs de l’environnement de la municipalité. Qui peut vouloir imposer aux estivants de se baigner dans des eaux troubles, parsemées non seulement d’algues (ah les algues, base de la chaîne alimentaires du littoral), mais aussi de petits débris de plastique (voire de plus gros), avec une faune amusante de méduses et autres sangsues des mers ; qui peut vouloir obliger les adeptes de la plage d’étaler leur serviettes entre les algues en décomposition, les mégots (ils restent dans la fameuse laisse de mer) et autres micro cochonneries ? Les fous et folles du Dieu Vert de la municipalité. La même commune qui asphalte à tour de bras le moindre chemin vicinal, les trottoirs les moins fréquentés, qui déverse en hiver sur la plage de Tresmeur des déchets ramassés l’été, qui laisse 10% des eaux usées non collectées au réseau d’assainissement collectif, qui laisse se pérenniser la pollution visuelle avec la construction de maisons hideuses (il faudrait en faire un catalogue, édifiant !) et la dentelle arachnéenne des fils électriques aériens, qui encourage la pollution sonore avec des spectacles criards au ras des maisons des estivants, voudrait donner des leçons de lutte pour la protection de l’environnement aux usagers de ses sites, à ceux qui sont un des rares atouts économiques de cette station ? Je ne résiste pas au plaisir de citer la prose communale, extraite d'un dossier concocté par ses soins :"Les désagréments que certains ressentent (gêne pour poser sa serviette de bain pendant quelques heures lors d’une belle journée d’été, parfois légères odeurs, mais pas forcément désagréables ) sont mineurs par rapport à l’enjeu réel : protéger le capital des générations futures en leur léguant des plages authentiques et un littoral vivant…". Tout est dit : les gênes (forcément mineures pour le scripteur juge et partie), ne sont que la contrepartie du maintien d'un littoral vivant (... et déserté par les vacanciers, et par conséquent les locaux qui en vivent).
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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 12:01
Après Anne Gastinel et Claire Desert, la semaine dernière, le festival de Perros-Guirec nous a offert avant-hier le quatuor Prazak : les quatre tchèques (deux violons, un alto, un violoncelle) m’ont fait découvrir une musique sublime de Smetana, son quatuor à cordes n°1 ; un moment de douceur, d’émotion slavissime, avec de temps à autre une petite ritournelle folklorique, interprété avec une précision de tous les instants qui mettait en valeur leur fougue retenue. Comme d’habitude, derrière les musiciens, à travers les grands panneaux de la salle, le paysage enchanteur de la baie de Trestraou, avec ce soir là des couleurs pastels de bleu et de rose, insaisissables, sous peine de chromo, autrement que par l’œil, et qui donnaient une tonalité à la fois translucide et apaisée complètement en harmonie avec les notes que l’on entendait. Après ce plaisir intense, j’attends avec beaucoup d’espoir le retour du grand pianiste Mikhail Rudy sur cette même scène, la semaine prochaine.
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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 10:39
Un très beau peintre exposé au musée de Morlaix. Deux facettes très différentes : l'amoureux d'une Bretagne d'entre deux-guerres avec ses chevaux, ses paysans, ses pêcheurs décrits sans nostalgie, avec des couleurs plutôt gaies, complémentaires, et une touche large et vigoureuse; et le passionné de Paris, surtout intéréssant dans la salle du bas avec tous les croquis qu'il a fait pendant le procès Stavisky auquel il assistait en tant que correspondant de presse : enlevés, caricaturaux, mordants, sublimes, croqués très souvent dans des pénombres, des contrejours, des contrastes de lumières forts, une sorte de Daumier du XXème siècle. J'ai découvert un peintre talentueux dont j'ignorais jusqu'au nom. Cet anonymat est étrange, car il vaut beaucoup mieux que bien des peintres de cette école de Paris; peut-être est ce dû au fait qu'il passait beaucoup de temps autour de sa ville natale de Quimper et ne passait dans la capitale que par intermittence ? En tous cas espérons que cette exposition remettra à l'honneur un artiste au coup de pinceau ou au coup de plume très sur.
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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 11:07
Un véritable style : l’accent breton d’Ernestine, la tenancière du bistrot-crêpes de Trebeurden, retentit dans nos oreilles ; les iles et les rochers surgissent près de la côte, Millau, Molen, Losket, les Peignes ; l’odeur de la gnôle se mêle au fortes senteurs des appâts dans les casiers. Un personnage qui tient la route, juchée sur son vélo-moteur, montant et descendant de son car vert, voire dans le train : Ernestine s’affaire avec une inépuisable gentillesse entre son boulot, ses recherches de témoignages, et ses amitiés avec tous les gens du Trégor, de Lannion à Trébeurden, de l’Ile-Grande à Paimpol. Des comparses qui nous font rire ou sourire : le recteur fort en gueule, l’inspecteur à l’apprentissage, les gars de la Marine aux vies compliquées et aventureuses, et surtout toute la bande des marins pêcheurs de Trébeurden, taiseux, buveurs, qui entourent Ernestine de leur amitié. Un roman qui dépasse le banal policier vite torché au coin d’une table, plus ambitieux que la chronique régionaliste avec ses aventures d’un autre temps. Il ravira les amoureux de Trébeurden et de l’Ile-Grande qui retrouveront tous les lieux qu’ils côtoient égrenés au file des pages, mais mérite d’être lu par tous ceux qui aiment une écriture élégante avec tous ses bretonnismes au service d’un récit chaleureux. Derrière l’aventure policière, on sent le besoin d’amitié, de chaleur humaine, de rencontre entre un terroir et les intrusions de mondes très lointains, ou très proches mais vivant dans une ambiance plus moderne. Comprenez : j’ai été enthousiasmé par le « Granit rosse » de Loïc Le Floch-Prigent ; qu’il soit remercié d’avoir mené jusqu’au bout ce beau projet malgré les avanies, et grâce à l’aide de deux de ses proches.
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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 20:44
Port ou pont à Lannion ? Un choix décisif entre ceux qui pensent encore que le développement passe par une amélioration de la desserte routière entre la zone commerciale sur la route de Perros et la rive gauche du Leguer et ceux qui prônent la création d’un port sur la zone de Nod Huel . Les uns se vautrent encore dans les idées d’élargir la zone urbaine, de multiplier les axes routiers, de désenclaver je ne sais quel quartiers suivant leurs termes barbares, de favoriser l’expansion de ces zones de hangars hétéroclites où s’accumulent les marchandises prêtes à consommer ; d’ autres sont sur le projet de réanimer le centre-ville, en créant à deux pas du centre historique, un port sur la rivière qui amènera animation et activités annexes, à deux pas du coeur historique de la ville, permettant, enfin, de redonner un peu de tonus au cœur de la terne cité. Les projets routiers sont la solution de facilité des communes en mal d’imagination : faute d’idées neuves, elles en reviennent éternellement au poncif des voies rapides. En l’espèce, ce projet va anéantir à jamais la possibilité d’utiliser rationnellement un espace communal idéal pour créer un port, et le transformer en une de ces zones macadémisé, encombré de ronds-points avec de terrifiantes œuvres d’art ( ?!!) au milieu, laids à pleurer, n’apportant que la possibilité de faire plus vite le trajet entre Perros et Plestin, ou Lannion et Morlaix. La belle affaire. Un port de plaisance au centre-ville, apporterait enfin à Lannion une idée neuve, une nouvelle perspective, une vocation nouvelle conforme à sa tradition, à sa situation, une opportunité de dépenser des fonds autrement qu’en les jetant par les fenêtres des voitures. Mais cela fait peur aux équipes en place. Mais cela irait à l’encontre de la politique municipale depuis un siècle, consistant à nier le caractère maritime de la ville : comblement de l’anse de Viarmes, avortement du projet de port dans l’estuaire du Leguer, oubli de toutes les activités maritimes. La construction du pont sera le signe final de la transformation de Lannion en nœud routier pour desservir entre elles les communes plus ambitieuses.
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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 11:14

Savez-vous que la dette communale de Trébeurden ramenée sur chaque habitant (je dis bien chaque habitant et non chaque foyer fiscal) est de 1269 €, voire de 1891€ si on y rajoute les dettes du département et de la région. Que l'endettement de Trebeurden a grimpé de 157% en 10 ans.

 

 

La logique de l'endettement est simple : on le privilégie par rapport à l'impôt lorsque l'on estime que des recettes nées d'un investissement financé par dette serviront au remboursement de la dette; si tel n'est pas le cas, si on investit dans un équipement qui ne rapporte rien d'autre que du confort, alors on revient dans un système de Ponzi(celui pratiqué par Madoff, en particulier) : on allège la fiscalité d'aujourd'hui au détriment des payeurs de demain.

Et à Trébeurden ?

- que rapportent les rond-points ?

- à quoi sert une salle de théâtre fermée quand les touristes sont là et donc déficitaire ?

- et les nouveaux bâtiments de l'administration municipale ?

 

K€ 2010

€ par habitant

K€ 2001

Progression dette depuis 2001

Dette Trebeurden

5 122

1269

1991

157 %

Dette Cotes d'Armor

293 907

510

 

81%

Dette région Bretagne

349 435

112

 

76%

Cumul pour Trebeurden + Cotes d'Armor + Bretagne

 

1891

 

 

Dette Pleumer

4077

977

3807

-7%

Dette Tregastel

6148

2490

3675

67%

Dette Lannion

8074

391

10368

-22%

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 16:18

Quatre communes en bord de mer d 'une importance quasi-identique : Trébeurden, Pleumer-Bodou , Trégastel. Perros-Guirec. Quatre communes aux moyens insuffisants, aux problèmes analogues.

Ensemble elles disposeraient d'une population de presque 19 000 habitants et d'une surface de 61 km2 qui se comparerait honnêtement avec Lannion et  ses 19 000 habitants sur 44 km2.

Ensemble elles offriraient aux estivants qui sont leur ressource économique majeure ,voire quasi unique : la corniche de granit rose qui court sur les quatre communes, trois ports de plaisance à Trébeurden, Ploumanach, Perros, un golf à Trégastel, un casino à Perros, un festival de piano de qualité à Perros, une réserve d'oiseaux dans les sept iles, une réserve maritime dans les fonds sous-marins près de l'ile Millau, un patrimoine local de chapelles et mégalithes particulièrement riche à Pleumer.

Qu'attendent-elles pour fusionner, fusionner complètement, pas en créant des syndicats de communes, des organismes nouveaux et inutiles ? Une seule Mairie (au lieu de quatre bâtiments refaits à grands frais), un seul service technique plus étoffé et plus compétent, une seule politique d'aménagement qui mette un point final au mitage pratiqué par chacune d'entre elles, une seule politique d'accueil des touristes et d'implantation des services et activités qui leur sont utiles.

Pourquoi cela ne se fait pas, n'est même pas évoqué, à cause de quoi  : de misérables ambitions locales ? d'ancestrales rivalités ? De niveau d'endettement très inégale entre les quatre communes ? Des surreffectifs d'employés municipaux ici ou là ?  Je n'en sais rien mais si l'on veut trouver des élus municipaux plus à la hauteur, il faut nécessairement élargir le nombre des éligibles, et donc des électeurs.

VIte un réferendum pour organiser la fusion des quatre communes de la Côte de Granit Rose.

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 11:10

Trebeurden se meurt. Les uns après les autres les commerces ferment : une fois un restaurant, une fois une pharmacie, une fois un bijoutier, une fois une fleuriste, une fois une laverie (score atteint en quasiment un an). Le marché hebdomadaire s’étiole : le nombre d’éventaires diminue, et la foule désapprend à venir à ce rendez-vous. Ce déclin est-il inéluctable ? La concurrence des grandes surfaces de Lannion est certaine. Mais d’autres bourgs résistent mieux : l’exemple de Trégastel est là pour le prouver.

Cet effondrement progressif est dû à une politique à courte vue menée depuis des décennies :

-          la préférence donnée à des équipements collectifs couteux et complètement disproportionnés par rapport au nombre de résidents permanents (le stade municipal et sa tribune flambantes neuves et que l’on voit systématiquement vides, le théâtre / salle d’animation, qui ne programme quasiment rien pendant la saison estivale)

-          l’absence d’incitations pour des activités créatrices d’animation : pas d’aide à la survie du cinéma local fermé depuis des années, des contraintes règlementaires pour restreindre l’aire du marché hebdomadaire au nom de pseudo règles de sécurité, un jardin public, en bord de mer, que l’on ne transforme pas en aire sportive pour les estivants

-          l’incurie dans l‘aménagement du territoire : pas de construction de la route qui devrait dégager l’accès aux plages, pourtant programmée depuis au moins cinquante ans, pas d’aménagement esthétique comme l’enfouissement des lignes électriques qui déparent le village, pas d’extension du réseau d’égouts pour y connecter toutes les maisons en bord de mer,

 

Et pourtant le site est superbe, les plages nombreuses, et Trebeurden dispose du seul port avec un accès aisé par rapport à ceux de Perros-Guirec ou de Lannion. Alors d’où vient cet échec ? L’incapacité d’ édiles locaux à maîtriser le développement de leur commune ? Leur tropisme vers la satisfaction immédiate de quelques résidents permanents au détriment du futur ?

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 09:59

Après avoir pris le chemin des douaniers depuis Kermaker  jusqu’à Port-Blanc un petit panneau discret mentionne une chapelle dont on voit le faîte au travers des arbres sur un monticule à proximité. En s’approchant apparait un escalier  en pas d’âne, tout de pierre. Une dame bénévole, se propose de vous faire visiter la chapelle. Un pur plaisir d’écoute de commentaires raffinés et de contemplation.

En des temps anciens (au XIIème siècle) était érigée à cet endroit une tour de guet, dont on voit encore tout le soubassement, destinée à surveiller la passe d’accès à Port-Blanc (entre l’île des femmes et l’ile Saint-Gildas). Les Anglais, toujours friands de pillage avait rassemblé une petite flotte et se présentèrent devant la passe. La garnison de Port-Blanc était réduite aux quelques soldats de la tour de guet qui n’eurent d’autre ressource que de prier, dans le petit oratoire attenant, Notre Dame de Port Blanc : elle écouta leurs vœux et transforma en soldats toutes les fougères aux alentours. Les anglais effrayés, ne tentèrent même pas un assaut et s’enfuirent. En remerciement les habitant érigèrent une chapelle en remerciement  à Notre Dame de Port-Blanc sur la tour de guet. Quelle jolie légende qui résumé la cohabitation difficile entre entre la terre des fougères et la mer des pillards.

A l’intérieur de l’église, se trouvent une quantité de merveilles. Je ne citerai qu’une jolie statue de Sainte Elisabeth ( ?) protégeant de ses bras la Vierge et l’enfant : vue de face elle paraît rustique et lourde, mais si vous vous déplacez sur le coté vous constatez, tout à coup, un superbe jeu de bras et de mains qui exprime avec grâce les relations de la protectrice et des protégés.

 

 

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