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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 16:12

Le Sémaphore affiche pour 2010 une recette de 37 000 euros, soit à 10 euros la place une fréquentation de 3700 personnes, soit pour une salle de 300 places, une programmation à guichets fermés de 13 spectacles (je ne sais pas quand il a été inauguré, mais même pour une demi-année de fonctionnement c’est squelettique)

Le Sémaphore affiche pour 2010 des frais de fonctionnement de 250 000 euros soit pour chacun des spectateurs une dépense de 68 euros ; soyons pudiques sur l’amortissement des frais de construction du bâtiment et les frais financiers qu'il faudrait y ajouter. Pour une petite commune comme Trébeurden, la charge est énorme.

Le Sémaphore l’été dernier était fermé au mois d’août ; pourquoi s’embarrasser de distraire les touristes venus y passer des vacances. L’idée de poursuivre cette grève des réjouissances pendant l’été et ne consacrer les activités de cette salle qu’à de rares spectacles en dehors des périodes d’affluence est-elle toujours d’actualité ? La gazette de Trébeurden n’en dit mot.

 

Les débuts catastrophique de cet ensemble destiné (en théorie ?) à réjouir les habitants permanents ou passagers de Trebeurden et de ses environs sanctionnent des erreurs de gestion funestes :

-          emplacement absurde dans le bourg, loin du centre balnéaire

-          absence de coordination avec d’autres lieux de spectacles de la côte de granit rose

-          programmation épisodique qui ne peut que conduire à ce waterloo financier.

 

A la lecture des comptes-rendus des conseils municipaux, un silence pudique affecte les activités du Sémaphore ; des trésors de logrhée sont dépensés ailleurs ; une complicité du non-dit semble s’imposer pour oublier ce démarrage foireux.  Trebeurden mérite-t-il d’être au nombre des « communes touristiques » : non, au moins pour son intérêt pour les activités culturelles.

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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 10:20

Trébeurden, un des plus beaux paysages de Bretagne, la côte de granit rose, les landes de bruyères ; un site de prédilection des hommes depuis au moins la civilisation des mégalithes…

Mais Trébeurden aussi, le récit d’un long massacre perpétré depuis soixante ans par une bande d’habitants soucieux d’augmenter le prix des  terrains dont ils ont hérités et le chiffre d’affaires de quelques misérables commerces. La chronique emblématique de tant de ces stations balnéaires créees de l’extérieur par des amoureux de leur emplacement, de leur charme, de leur bon air, puis surexploitées par quelques locaux trop pressés de plumer la volaille au plus vite, au prix de tous les enlaidissements imaginables.

Trêve de généralités et admirons le massacre perpétré à Trébeurden :

-          sans remonter à une époque trop lointaine, le premier signe d’un laisser aller monstrueux a été marqué par l’inscription saugrenue dans notre paysage d’un immeuble construit par un épigone local de Le Corbusier, appelé Le Flanchec : toute la petite cité est dominée par un bâtiment inspiré de la cité radieuse, incongru, inévitable où que l’on soit, servile dans son imitation des solutions proposées par le grand architecte, esclave dans ses conceptions ouvriéristes qui n’avaient de sens que dans un faubourg de Marseille, si mal réalisé qu’il a fallu le modifier pour que ses façades résistent aux grands vents d’ouest, si mal commode que dix ans n’ont pas suffi pour qu’il soit rempli d’occupants ; un bâtiment très quatrième république qu’il faudrait dynamiter d’urgence et qui ne le sera jamais.

-          Par contre un des plus précieux témoignage du passé, un charmant petit castel rural, baptisé « le manoir de Madame de Sévigné » (pour des raisons que j’ignore, la bonne marquise n’ étant jamais passée par ici), a été lui laissé à l’abandon, massacré en partie par un architecte sans talent, et transformé en ruine pour son bâtiment principal, toit écroulé, murs lézardés, arbres poussant en plein milieu du rez-de-chaussée ; difficile, sinon impossible à sauver désormais.

-          Un port créé sur la plage de Trozoul, difficile d’accès, mal protégé des tempêtes, qui en son temps fit l’objet d’une foultitude de procès et permit d’envoyer un maire en prison ; construit là où il ne devait pas l’être, bubon inguérissable dans ce superbe paysage, il faut maintenant le supporter.

-          Un front de mer orné d’étonnants témoignages de l’incurie municipale, comme l’ex-hôtel de la Potinière, en ruine depuis des années, qui domine le site des Roches Blanches : un hideux squelette de béton, de fenêtres sans vitres, de toit éventré, face à l’amas surprenant façonné par les siècles d’énormes rochers de granit rose ; une vision de tristesse.

-          Un front de mer marqué aussi par la présence de l’immeuble du comité d’entreprise d’EDF : espèce de mélange de bunker socialiste, de cages à lapins pour employés en vacances : un bâtiment symbole tout à la fois de la prétention ostentatoire des services sociaux  de l’époque de l’électricien et de l’aveuglement du conseil municipal qui a pu autoriser la construction d’ une horreur pareille ; à dynamiter aussi si cela était possible.

 

Et puis tous ces détails qui oeuvrent à l’enlaidissement : la macadémisation à outrance des trottoirs (il faut faire ville, alors que l’on vient ici pour sortir de la ville), les parcelles trop petites ou s’entassent des « Sam Suffit » et autres « Ker Rosen », les décorations florales aux couleurs criardes, les pissotières installées le long du chœur de l’église, les ronds-points construits à profusion comme on peut en voir n’importe où.

Et encore tous ces détails qui contribuent à l’inconfort de l’estivant : les fils électriques qui ne sont pas enterrés, la route de dégagement du port prévue et jamais construite, les services publics (poste, mairie, salle des fêtes, tennis couverts etc…)  installés au bourg c’est-à-dire le plus loin possible du centre de la station balnéaire.

 

Nous aimons beaucoup Trébeurden pour continuer d’y venir malgré la sourde guerre menée par les édiles. Mais qu’il est difficile de supporter d’être le cochon de payeur (des taxes foncières, des taxes d’habitation, des taxes de séjour), et de n’avoir aucune voix au chapitre. La démocratie locale y gagnerait à ce que puissent s’exprimer aussi les résidents temporaires, et que les décisions ne soient pas confisquées par une minorité d'habitants permanents.

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 12:13

Lannion, une de ces villes sinistrées que l’on rencontre au hasard d’un déplacement estival.

Ses parterres de fleurs symboles d’une absence de goût : mélange de couleurs qui offensent la vue, profusion de massifs distribués comme au hasard ; hideux.

Ses ronds-points, joyaux des édiles modernes, qui apparaissent pour n’importe quel croisement de route au détriment de tout bon sens ; le summum est atteint lorsque le centre du rond-point s’orne d’une « œuvre d’art » triste exemple le plus souvent d’un goût dépravé pour le n’importe quoi.

Ses placards publicitaires plantés drus le long de toutes les routes sur le pourtour de la ville : sollicitations incessantes pour le dépenser plus ; moche et abject.

Ses zones pavillonnaires qui s’étalent chaque année un peu plus : non-sens d’une ville qui refuse d’en être une, aberration d’une cité qui s’étale au détriment de la campagne sans fournir de moyens de transport et en dépensant un maximum pour leur fournir l’eau et l’électricité ; sinistre.

Ses innombrables grandes et moyennes surfaces, entourées de leurs immenses aires bétonnées pour parquer les voitures ; entrepôts, à peine habillés, offre commerciale stéréotypée, ambiance sans convivialité ; triste à pleurer.

Dites, Monsieur le maire, d’aujourd’hui et d’hier, qu’avez-vous fait de cette charmante ville ? La high tech en rade, la ville est sinistrée économiquement, le chômage y atteint des records dans le département. Tout va très bien, madame la marquise, il s’agit d’un tout petit rien.

Dites Messieurs les édiles, pourquoi avez-vous oublié les autres industries moins paillettes que les nouvelles technologies ? Pourquoi avez-vous oublié la vocation maritime de la ville, en laissant construire un port de plaisance là où il ne fallait pas, dans la commune d’à côté ? Pour quoi n’y a-t-il plus de pêcheurs, de conserveries, de transformation des matières premières agricoles ?

 

Lannion, est l’archétype de ces actifs centres économiques du passé qui se sont vautrés dans une monoculture industrielle, qui ont privilégié une expansion désordonnée et inesthétique. Résultat d’années de gestion communale sans imagination, sans compétence : l’histoire d’une faillite des élus locaux.

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