4 mai 2010
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Problème d’information :
- l‘Erika contenait 37 000 tonnes de fioul lourd qui se sont répandus en Bretagne,
- l’Exxon Valdez venait de charger 180 000 tonnes de pétrole brut et en aurait déversé 40 000 tonnes,
- l’Amoco Cadiz avait une cargaison de plus de 200 000 tonnes de pétrole brut qui s’est quasi intégralement déversée dans la mer.
Le puits, au large de la Louisiane déverserait entre 200 tonnes et 700 tonnes par jour de pétrole brut (800 000 litres). Ce qui veut dire qu’il faudrait au minimum 2 mois de fuite au même débit pour approcher les quantités de l’Exxon Valdez. Corinne Lepage qui se prend les pieds entre les barils, les litres, les tonnes, croit devoir déclare que « c’est comme si on avait un Erika tous les jours ». Comme d’habitude la dernière catastrophe est toujours déclarée la plus désastreuse, au mépris de vérités élémentaires. Quant aux onze employés disparus dans l’explosion de la plate-forme ils ont disparus des informations au profit du sort douloureux qui menace les oiseaux et poissons : « eux vont y passer ! » comme s’exclame toute émue la même et cynique Corinne Lepage.
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19 mars 2010
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J’étais parti pour écrire un mot dur sur Simone Weil. Parce que je n’aime pas les icônes encensées par les médias et les sondages. Parce que son statut d’idole des féministes est bâti sur un contresens : la loi sur l’IVG de 1974, dans son esprit, s’efforçait de limiter les avortements à des cas de nécessité, et ne prévoyait pas de remboursement par la Sécurité Sociale. Parce qu’elle est européïste et que je crains les dérives technocratiques de l’Europe telle qu’elle a été construite, et l’égoïsme germanique du couple franco-allemand qu’elle a toujours célébré.
Et puis j’ai lu le discours de Jean d’Ormesson. Il m’a rafraîchi la mémoire. J’ai admiré certaines de ses intransigeances ; et surtout l’une des plus difficile pour une femme ayant eu son histoire et qui s’interroge quand même sur l’idéologie des droits de l’homme et sur l’absence de prescription des crimes contre l’humanité ; il ne peut y avoir d’oubli, il doit y avoir du pardon. Mais aussi cette intransigeance avec ses collègues en politique qu’ils s’appellent Bayrou ou Sarkozy ; elle vous a certainement coûté la charge de premier ministre voire celle de président.
Oui, vous entrez à l’Académie ni pour votre œuvre littéraire, ni pour la loi qui porte votre nom, mais parce que vous incarnez une voix qui ne sait pas pleurnicher ou geindre, mais qui affirme des principes. Vous êtes de notre temps une voix rare.
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8 janvier 2010
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J’ai aimé la personnalité de Seguin. Cela date de sa prise de position contre le traité de Maastricht. Son courage à l’époque a été immense : il était la seule grande voix qui s’est élevée contre les opinions moutonnières de la quasi-totalité de la classe politique, l’unanimisme béat des médias, les verdicts définitifs des « experts ». Le courage se salue ; un courage qui lui a probablement coûté sa carrière politique ultérieure (le petit fretin des professionnels de la politique se méfient de ceux qui vont contre les opinions établies). La hauteur de vue est admirable ; elle ne fut pas appréciée par ceux qui préfèrent le court-termisme, les coups et les petites phrases.
Il n’a pas démérité, ensuite, dans sa propagande passionnée pour la réduction de la fracture sociale. Son tort alors est d’avoir fait confiance à un Chirac qui a fait sombrer dans le ridicule et l’oubli ce beau slogan. Comment en vouloir à celui qui a été trahi ?
Il n’a pas été lui-même dans sa tentative de prendre la mairie de Paris. Mais la faute en est largement sur les épaules de Tiberi et de ses sbires, et sur l’absence ahurissante de soutien de son « grand ami » Chirac. Sa lassitude évidente a laissé la place à des manœuvres sans gloire et au surplus sans succès final.
Il est sorti de la vie politique en prenant la présidence de la Cour des Comptes. Dommage pour la politique, tant mieux pour la Cour ; c’est une leçon finale : il n’a pas pris cette présidence comme un « fromage », une place au soleil, mais comme un devoir de servir autrement.
J’ai aimé sa personnalité aussi pour ses foucades, même lorsqu’elles ne me semblaient incompréhensibles (son admiration pour Mitterand, sa sympathie pour Chirac malgré toutes les avanies qu’il lui a fait subir) ; ses enthousiasmes que je ne pouvais suivre (Napoléon III, les Jacobins …). Il fut pour moi un homme d’état sans état (dommage !), un homme politique non professionnel (il en faudrait beaucoup d’autres), un fonctionnaire créatif et dynamique (un modèle a méditer pour des bataillons entiers).
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27 octobre 2009
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Qu’il est agréable d’entendre quelqu’un exprimer clairement sa pensée comme Monsieur Badinter. Il est difficile de ne pas être d’accord avec ses propos sur la castration physique . Le débat bizarre lancé là-dessus par le ministre de la Justice devrait s’arrêter vite faute de quoi on pourrait croire à un populisme de particulièrement mauvais aloi.
Qu’il est agréable d’entendre Madame Boutin et Monsieur Moscovici dire à Monsieur Besson qu’ils ne voyaient pas l’utilité de débattre sur l’identité nationale, en tout cas juste avant une élection. Encore un débat mal venu, paré de mots qui soi-disant expriment notre identité et qui posent justement problème : laïc (les gens religieux sont exclus ?), républicain (et ceux qui n’en seraient pas fier de cette république ? Exclus ?) . Interrompons vite avant de croire à du racolage.
Qu’il est agréable d’entendre Madame Rama Yade ruer de temps à autre dans les brancards. « Ils » la ramènent dans le droit chemin, ceux qu’on nomme Guéant, Bertrand, Balkany. Mais enfin elle arrive à faire entendre ce qu’elle pense ; pas sur de très grands sujets ; mais c’est un embryon de parole libre au milieu de la cour.
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