"L’ARCOM applique la loi sans parti pris", commence Martin Adjani, son directeur, dans un article du Figaro d’avant-hier. Début racoleur qui ne signifie rien puisqu’il n’est pas question qu’il puisse faire autrement.
Alors, pour essayer de justifier l'injustifiable, Il se lance ensuite dans l’utilisation de deux concepts qui seraient à la base de ses actions de combat :
l’incitation à la haine ou à toute forme de discrimination et la diffusion de fausses informations. Est-il possible de définir tous ces termes.
Une fausse information semble être simple à identifier et pourtant on ne peut nier qu’existe le mensonge par omission qui est la base de toute propagande : il est plus facile de ne pas parler d’une vérité que de lancer des explications fausses. L’exemple le plus simple, dans les médias français aujourd’hui est d’oublier de dire que la multiplication des feux qui éclatent aux abords des villes et des routes ne sont pas uniquement dus à la sécheresse, ou à la négligence mais à l’augmentation du nombre d’incendiaires qui s’amusent à multiplier des départs de feux pour désorganiser les pompiers. Dans les régimes terroristes, la technique la plus usitée est de ne pas parler des ennemis intérieurs éliminés. L’évidence est que ne rien dire est la base de la propagande, bien plus facile que la diffusion de calembredaines. La fausseté est dans l'oubli plutôt que dans la bêtise de la nouvelle toute inventée.
La haine est un sentiment qui peut s’exprimer par des injures, des attaques physiques, des médisances. Les conséquences néfastes envers d’autres individus peuvent être des délits, voire des crimes et justiciables en tant que tels. La haine en soi, si elle n’est qu’une colère, n’est que la trame de tous les jours d’une vie humaine; ce n’est pas glorieux, mais reste une faute vénielle. L’utilisation de la haine toute seule n’est qu’un outil inefficace, il faut en connaître les conséquences, et trouver une corrélation entre le sentiment plus ou moins bien exprimé et la faute commise. Accuser de haine est une arme de censeur hypocrite mais certainement pas la base d’une règle de droit.
La discrimination est une faculté intellectuelle qui permet d’analyser des différences. Elle est la composante nécessaire de l’intelligence des situations et des personnes. Il est particulièrement étrange de parler d’inciter à la discrimination; le pauvre Adjari a probablement voulu parler de ghettoïsation, d’apartheid, d’ostracisme. Il ne peut quand même pas mettre à l’index la volonté d’explication , de clarté.
Pour étendre ses champs d’intervention Adjari invente un corollaire à la liberté d’expression qu’il baptise l’exigence du pluralisme. Dans la constitution française, le mot de pluralisme n’existe que dans un article lié à l’existence des partis dans un rajout de 2008, il n’apporte rien à l’exigence de la liberté d’expression des opinions qui fait le fondement de la démocratie, ce n’est qu’un paravent d’oligarques ou de technocrates qui contrôlent des partis et veulent avoir la main sur l'information. L’idée rocambolesque d’ajouter une nécessité de pluralisme dans l’expression publique des médias, voudrait dire qu’il faut sur chaque sujet donner l’intégralité des opinions possibles. A ce titre le mensonge par omission devient délit. Facile d’épingler n’importe qui avec un tel pouvoir.
Le pauvre Adjari, fait paraître son absence de rationalité, ses vues courtes, et sa véritable servitude aux idées datées des trotskystes et des staliniens. Qu’il disparaisse avec la suppression de l’ARCOM et des idées qu’il tente de propager ou plutôt de perpétuer.