30 janvier 2010
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Je reste perplexe sur le débat concernant Henri Proglio. La gouvernance des société est d’abord assurée par ses actionnaires (réunis en assemblée générale ou représentés au conseil ). Pour EDF l’Etat est l’actionnaire et je ne vois pas de mauvaise gouvernance lorsque le chef de l’Etat choisit pour cette entreprise majeure quelqu’un qu’il connait et en qui il a confiance. La rémunération que doit recevoir ce même Henri Proglio est qualifiée d’obscène. Elle ne l’est évidemment pas : qu’on la compare à celle perçue par ses pairs dirigeants de grandes entreprises internationale, qu’on la compare à celle de salariés hors du commun que sont les traders (qui eux, pour le coup, perçoivent des bonus obscènes), qu’on la compare enfin aux gains de n’importe quelle star du sport, des variétés, du journalisme. Curieux, cette focalisation du débat sur des sujets entièrement populistes. On aurait peut-être pu s’intéresser un peu plus au parcours dudit Proglio au sein de Veolia, ce qu’il a fait de cette société, ce qu’en ont retiré les salariés, les actionnaires, les clients. Là il y a vraiment matière à discussion, car les résultats ne sont pas vraiment probants. La véritable question ne serait-elle pas les critères du choix et non pas ses modalités et les conditions de rémunération ?
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industrie
16 janvier 2010
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12:43
Entre l’article de Lionel Stoleru (Le nouvel impératif industriel dans les Echos du 15/1/2009) et celui d’Eric Le Boucher (également dans les Echos du 15/1/2009), le tocsin sonne pour annoncer notre déclin industriel. Pendant ce temps les politiques se gargarisent d’une timide remontée de la consommation dans les pays occidentaux, de plans d’investissements publics volontaristes, de régulation de la sphère financière. L’incroyable aveuglement de cette classe politique devient hallucinant. La consommation ne crée pas nécessairement de l’emploi local si les biens consommés sont fabriqués à l’étranger. Les plans d’investissements volontaristes ne sont probablement pas inutiles, encor faudra-t-il être sur qu’ils n’accroissent pas le gaspillage des fonds publics. Quant à la régulation de la sphère financière elle n’a pour l’instant touché qu’un sujet anecdotique qui est la distribution de bonus immoraux.
Mais où en est la politique industrielle ? Des mesurettes ont été prises, qui ne sont pas sans intérêt mais à 20 000 lieues de ce qui serait indispensable : je pense à la création du médiateur du crédit, à la création d’un ministre de la relance, au projet d’états généraux sur l’industrie. Où en est le chantier considérable sur les parités des monnaies (les sous-évaluations du dollar, du yuan, de la livre ) : trop difficiles pour être abordés ? Où en est le chantier sur le la protection des industries européennes face au dumping social des pays émergents : trop compliquées pour être initiées ? S’il est possible que ces actions méritent du temps et de la réflexion, ce n’est pas une raison pour ne rien faire.
Plus grave, parce que là le gouvernement français pourrait faire et ne fait pas : c’est la dérégulation dans nos frontières. Au lieu de faire disparaître des contraintes, il en rajoute. Au lieu de simplifier, il complexifie. La flexibilité sur l’emploi a été oubliée, la simplification du droit du travail est passée à la trappe, la rationalisation de la fiscalité est carrément massacrée avec l’instauration (prochaine) de la taxe carbone, avec la mise en place de taxe locales aussi bêtes que feue la taxe professionnelle (une superbe occasion ratée), avec la récente taxe générale sur les activités polluantes . Que dire des contraintes qui pèsent sur toute création industrielle, ou maintien d’un outil existant : et des études d’impact en veux-tu en voilà, et des autorisations qui n’en finissent pas d’arriver, et des délais avec des consultations de gens qui n’ont rien à faire de la création d’emplois supplémentaires. Toute cette inertie résulte en la disparition programmée des établissements industriels : pour prendre les exemples très récents, une raffinerie à Dunkerque arrêtée pour être probablement bientôt fermée, une ou deux autres (en Alsace et dans les Bouches du Rhône) qui vont peut-être d’ailleurs suivre ; une unité d’engrais qui ne se construira pas à Dieppe, un terminal gazier qui ne construira pas à l’embouchure de la Gironde, un autre qui aura des difficultés à naître à Antifer. Qui empêche ces investissements ? Une alliance hétéroclite entre les services de l’Etat (les DRIRE ou ex-DRIRE qui s’arrogent un droit de vie ou de mort sur toutes les installations dites dangereuses, et le danger est une notion parfaitement extensible), des écologistes qui privilégient des bestioles ou des plantules au nom de la sacro-sainte biodiversité, des voisins qui ont peur de perdre de l’argent lors de la revente de leurs biens. Le problème est clairement dans une atmosphère anti-industrielle (très vieille tradition française où l’industrie est associé à l’exploitation des travailleurs et la pollution de l’environnement), une haine de l’esprit d’entreprise (assimilé au seul esprit de lucre), à la sanctuarisation du « service public » (notion sortie des oubliettes du socialisme et qui consiste à opposer certains qui oeuvreraient pour les autres et les égoïstes purs et durs). Si l’Etat a quelque chose à faire ce serait enfin de propager d’abord dans ses administrations un peu de respect pour l’entreprise, de proposer au Parlement d’abroger et de simplifier des anciennes lois plutôt que d’en voter de nouvelles qui n’apportent rien sinon plus de complexités.
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14 décembre 2009
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La géographie a fait de la France un carrefour maritime de l’Europe. Présente sur l’Atlantique, la Mer du Nord et la Méditerranée. Et pourtant nos efforts pour développer cet atout ont été intermittents. Les constats aujourd’hui sont accablants : ports sous-développés (Marseille, Le Havre, Dunkerque ne sont que des ports régionaux lorsqu’on les compare à Rotterdam, Anvers, voire Hambourg ou Barcelone), voies navigables sous-exploitées faute d’investissements (pas de liaison Méditerranée-Mer du Nord, pas de liaison Méditerranée-Atlantique alors que la liaison Rhin-Danube est opérationnelle ), économie de la pêche et de l’aquaculture embryonnaire (la Norvège a des décennies d’avance), utilisation des possibilités énergétiques du monde maritime inexplorée (et pourtant en Europe nous devons avoir une des plus grande longueur de côtes).
Nicolas Sarkozy a eu raison de sortir du placard l’idée d’une stratégie maritime dans son discours du Havre d’il y a quelques mois. Comme d’habitude, après des phrases excellentes, l’action se fait attendre. Ou plutôt balbutie : la réforme des ports a eu surtout pour effet de chasser les utilisateurs des conseils d’administration des « Grands Ports Maritimes » au profit d’un renforcement des technostructures politico-administratives, les Régions se sont emparées du contrôle des ports d’intérêts régionaux sans avoir la moindre idée ni de leur fonctionnement ni de leurs objectifs. Le lancement du canal Seine-Nord est symbolique de l’inadéquation des décisions : au lieu de promouvoir un Grand Port de Paris on accroit la compétitivité du port d’Anvers qui va améliorer son positionnement vis-à-vis du Havre et de Rouen ; pourquoi ce choix étrange ? La peur des écologistes qui défendent les berges de la Seine ? L’idée de désenclaver Dunkerque (Mais il fallait construire un canal reliant ce port au réseau de l’Escault et du Rhin malgré les oppositions de nos amis belges) ? Pourquoi ne pas avoir mis les bouchées doubles sur cette liaison nord-sud (Canal Rhin-Rhône, ou Moselle-Rhône) qui aurait enfin permis de relancer le port de Fos, magnifique plate-forme qui devrait jouer en Méditerranée le rôle de Rotterdam en mer du Nord.
Tous ces projets ont fait l’objet de rapports, d’études, de calculs. Mais quand on en avait les moyens, rien a été fait. Et maintenant que les moyens sont réduits on les oublie dans les priorités du grand emprunt. Dommage.
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