Dans ces grands corps de l’état, il existe une loi non écrite qui est de les défendre contre les attaques. Et une majorité de professeurs valeureux, dévoués, sous-payés quand même, défendent une ultra minorité qui a contribué à l’abaissement des niveaux des classes. Et une majorité de magistrats valeureux, dévoués, sous-payés aussi, défendent une ultra minorité qui a osé la paresse, la politisation, la justice de classe. Et une majorité de fonctionnaires de catégorie A valeureux, dévoués, mal payés, défendent une minorité qui n’a pas oublié de faire de la politique en tant qu’élus ou membres de cabinets, qui n’a pas oublié de pantoufler au plus vite, qui n’a pas oublié de jouer les petits chefs envers les citoyens qu’ils administrent.
Je suis navré de cette collusion entre des gens que j’admire et ceux que je méprise. A force de soutenir des voyous, les vertueux contribuent au terrible naufrage que tout le monde constate et stigmatise (sauf l’armée qui sort indemne, la police qui échappe au courroux au vu des difficultés qu’elle subit et le personnel hospitalier qui fait ce qu’il peut). Cette prégnance de minorités aussi agissantes que malfaisantes est un mystère pour moi. Intimident-ils, ou bien bénéficient-ils d’une compassion imméritée, ou bien les organismes sont-ils tellement gangrenés que les méritants, les courageux, les bienfaisants préfèrent oublier ces nécroses en pensant qu’elles resteront cantonnées.