Il faut libérer la rue du Faubourg Saint-Honoré et les trottoirs de l’avenue Matignon de son occupation policière. A quoi bon ces herses, ces barrières ? Pour empêcher le bas peuple et les élites en disgrâce de côtoyer le palais de l’Elysée ? Cette demeure sans charme serait-elle habitée par quelqu’un à protéger ? Le protéger de quoi , du lynchage ou de simples lazzis ? Le pauvre président en rajoute en se déplaçant dans Paris dans un hurlement de sirènes, avec une horde de motards qui agitent les bras comme de ridicules danseurs de tango et des voitures noires qui l’encadrent comme un catafalque à dissimuler de l’au-delà. A croire qu’on lui en veut et qu’il importe d’écarter toute main homicide de sa précieuse personne.
Que nous sommes loin des rois qui avaient pour principe de laisser s’approcher tout sujet qui désirait porter une demande, des présidents débonnaires qui se baladaient dans leurs bonnes villes. Que nous sommes près des vedettes claquemurées dans leurs villas de rêve, isolées sur leurs jet-skis encadrés de leur service de protection, ou députant des sosies pour mieux camoufler leur présence ailleurs.