22 octobre 2010
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Christophe Girard, adjoint au maire de Paris chargé de la culture, est directeur de la stratégie du groupe LVMH.
Le Musée Carnavalet est un musée de la ville de Paris.
Le Musée Carnavalet présente une exposition des objets Vuitton (une des marques phares du groupe LVMH).
Un syllogisme d’une rare transparence. Il n’est, bien entendu, pas question de confusion des genres (entre privé et public), de confusion des intérêts (entre la stratégie de LVMH et celle du Musée Carnavalet), dans cette incroyable relégation d’un musée prestigieux au rang de faire-valoir d’un malletier pour étrangers snobs. Qui a pu imaginer nous faire croire que ces bagages étaient des objets d’art, des objets de luxe, qui valaient de les étaler au milieu des richesses du patrimoine parisien ? Un stratège, j’imagine, pour tenter de trainer vers le haut des valises lourdes de mauvais goût. Un publicitaire pour tenter de nous convaincre de montrer partout ces toiles marquées de ce logo obsédant.
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9 octobre 2010
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18:53
Que Larry Clark pense que la photo pornographique est un art (peut-être mineur, en tous cas pour mineurs) est son droit le plus strict. Qu’il se prétende censuré parce que son exposition est interdite aux mineurs, ne peut convaincre qu’une infime minorité. Ou alors de vieux birbes comme le sénateur Pinte qui croit que la sexualité fait plus partie du monde des adolescents aujourd’hui qu’hier (aurait-il déjà perdu la mémoire ?). Ou encore de l’inoxydable Ségolène Royal qui assure que puisque les ados peuvent consommer de la pornographie sur internet, il n’y a pas de raison de les empêcher de s’en repaître dans une exposition (quelle logique superbe : une cochonnerie ici autorise une cochonnerie là !). J’allais oublier l’inénarrable référence de la presse française que croit encore incarner le Monde, qui non seulement publie en une des photos litigieuses mais s’en justifie en prétextant présenter « le corps du délit » ; la tartuferie est comique : on fait semblant de choquer la pudibonderie bourgeoise (disparue depuis belle lurette) en se donnant des airs de libertaires (j’outrepasse une censure qui n’a plus lieu d’être) et en présentant ce qu’il croit être un sujet de société, la pudeur, alors que ce n’est qu’une transgression de plus d’un photographe habitué de ces dérives.
Etonnant cette frénésie de certains de défendre la mesure élémentaire de bon sens prise par la Mairie de Paris. A croire qu’ils ont tellement peur d’être pris pour des rétrogrades, des réactionnaires, des pisse-froids, qu’ils en oublient cohérence et dignité.
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19 août 2010
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20:21
Mikhaïl Rudy nous a donné hier un concert que je veux garder en mémoire. Je l’avais écouté lorsqu’il avait remporté le concourt Thibaud-Long ; il était de ces lauréats dont on se souvient ; et pourtant je n’avais plus eu l’occasion de le réentendre. A Perros-Guirec, dans une salle ouverte sur le grand large, il m’a laissé entendre une interprétation des Tableaux d’une exposition de Moussorgski, vigoureuse, sonnante mais sans écraser son instrument. J’ai beaucoup apprécié également la théâtralité de sa marche funèbre de la sonate pour piano n°2 de Chopin, et un de ces bis de Prokofiev.
Quel plaisir que cette rencontre entre un lieu de rêve où depuis sa place on découvre la baie de Trestraou, les sept iles plantées dans la mer calme du soir, un pianiste d’exception qui joue ses notes, sans partition, car il sait ses partitions par cœur, en oubliant toute mièvrerie, et une grande musique classique que l’on aime retrouver.
Merci à ceux qui savnt susciter ces moments d'exception.
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1 juin 2010
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Un torrent d’éloges pour Louise Bourgeois. Quelques œuvres montrent un artiste de talent : la femme couteau de 1982, l’Arch of hysteria de 1993, voire ses araignées métalliques ; rien de très conceptuel dans celles-ci ; des formes et des matériaux qui parlent d’eux-mêmes ; un plaisir du regard qui peut les caresser ; compliments que l’artiste, j’imagine, rejetterait avec horreur ; du beau ? du plaisir ? pas de compréhension des souffrances de l’enfant qu’elle fût ? pas de message nécessaire longuement disserté dans son salon sur sa trajectoire, ses pulsions, ses frustrations ?
Pour moi, elle est surtout un artiste qui a gâché des qualités évidentes par ce goût si répandu chez les plasticiens des manifestations nombrilistes ; la complaisance peut conduire à la création, mais ce n’en est ni une condition nécessaire, ni une condition suffisante. Trop de dissertations sur son travail, trop de recherche sur l'expression de ses pulsions, trop d'anti-conformisme proclamé pour choquer (?) un public béat. Louise Bourgeois arrogante et inaccomplie sera l'exemple d'un destin à moitié raté.
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16 janvier 2010
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18:38
Christian Boltanski dit pour son exposition au Grand Palais vouloir aborder le hasard, la loi de Dieu, la mort.
Le hasard, accordons-le lui : c’est n’importe quoi. Une sorte de summum du hasard.
La loi de Dieu ? Il applique sa loi artistique, oubliant toute leçon du passé. Il doit se prendre pour Dieu.
La mort. Oui, certes, un assassinat. Un crime. Il veut tuer l’art et y réussit fort bien.
Cet assemblage colossal de chiffonnier , dans une veine « Arte Povera », est bien le symbole d’un bégaiement du plasticien qui ayant perdu ses instruments artisanaux (ou plutôt ne les ayant jamais eu) les recherche vainement dans les poubelles. Une démesure, dont on dirait qu’elle est la marque de tous les « plasticiens ». Il faut à tout prix remplir des espaces : dispersons l’attention faute de pouvoir la retenir. Et pour conclure le tout un discours prétentieux, qui parce qu’il inclut de beaux mots (Dieu, Hasard, Mort) , croit avoir fourni une clé à ce qui est incompréhensible.
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