5 octobre 2010
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Pauvre Jérôme Kerviel, heureux Daniel Bouton. L’un doit essayer de regagner (une fois qu’il n’expiera plus sa peine) les quatre milliards que l’absurde précipitation de la direction de la Société générale a fait perdre en quelques jours, l’autre peut profiter tranquillement de ses retraites cumulées de fonctionnaire, et ancien salarié de la banque.
Je ne crois pas que Jérôme Kerviel conteste avoir abusé frauduleusement les systèmes de contrôle de la banque . Qu’il soit puni ne choque personne. Qu’il soit condamné à rembourser cette somme astronomique fait perdre à sa sanction tout caractère de réalité. La disproportion est ennemie de la justice ; une telle peine n’est exemplaire ni pour le condamné (qui est de fait condamné à perpétuité sans autre espoir qu’une amnistie), ni pour ceux qui entendent le jugement (comment appréhender un tel chiffre au niveau d’un individu).
Je suis intrigué de constater que la responsabilité de la banque ne soit engagée ni sur la stratégie suivie, ni sur la gestion de personnel pratiquée, ni sur les systèmes de contrôles en place. Stratégie d’aventurier sur les marchés financiers, à l’imitation de beaucoup d’autres banques ; mais la faute des autres n’excuse pas la sienne. Gestion de personnel probablement axée sur les seuls résultats, au mépris des règles élémentaires de cloisonnement des opérations (l’employé du back office propulsé au front office), des pratiques usuelles de mise au vert régulière des traders (Kerviel ne prenait quasiment pas de vacances), et système de contrôle dont il est loisible de dire qu’il a failli.
Un jugement qui laisse pantois : le fraudeur trinque au-delà de toute limite, la négligence coupable est absoute.
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10 avril 2010
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16:09
Les assassins courent toujours. Après avoir autorisé le massacre de plus de cinquante personnes, la bande de coupables reste introuvable. Il faut dire que bien que leurs noms soient présents dans les esprits, aucune recherche n’a été lancée pour les identifier et les retrouver. Loin de s’être volatilisés, ils se sont réfugiés dans des citadelles parfaitement connues : administrations centrales et territoriales, mairies, conseils départementaux et régionaux. Pas d’enquête diligentée pour identifier les coupables, pas de garde à vue pour faire pression sur les présumés coupables, pas d’interpellation dans leurs refuges, pas d’humiliantes menottes. Rien. Le silence pesant qui règne dans les cimetières. Le branle-bas de combat pour maltraiter et traquer ceux qui ont eu la veine d’échapper aux inconséquences des criminels.
La tempête Xinthia n’en finit pas de surprendre. Que des zozos aient autorisé la construction de maisons dans des endroits connus comme inondables depuis plus d’un millénaire n’est pas un sujet. Le principe d’évidence est oublié. Le principe de mise en danger de la vie d’autrui est bafoué. Seul surnage le vasouillard principe de précaution . Alibi technocratique pour détourner l’attention.
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9 mars 2010
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10:35
Après avoir enterré les noyés de la tempête Xinthia, c’est la tempête elle-même qui est enterrée. Les insuffisances des administrations centrales (DRIRE, DREAL, DDE) qui préparent les grands plans de prévention des risques, oubliées. Les manques des administrations territoriales qui préparent les PLU, les instructions de permis de construire, passés à la trappe. La complicité active des élus locaux (conseillers municipaux, conseillers généraux, conseillers régionaux) qui dans un même élan ont favorisé le mitage criminel à l’origine de cette catastrophe, ignorée.
« Pas responsables, pas coupables », c’est le cri général (à la seule exception d’un maire aux paroles touchantes). Impunité revendiquée, mais non prévue dans les textes. Après le scandale de la mort de ces gens noyés par surprise dans leur sommeil, vient encore plus grand le scandale de l’irresponsabilité des politiques régionaux. Ils s’autorisent uniquement un peu de pitié, un peu de charité, et des remontrances à ceux qui n’étaient pas en charge.
Je trouve cela révoltant. Je ne comprends pas que tous ces élus veuillent se représenter à l’occasion des élections régionales. Ils doivent retirer leurs listes, les Royal, Bussereau, et autres compétiteurs. Ils ont tous participé à ce crime ; soit en autorisant des constructions, soit en les facilitant, soit en laissant, soit au minimum en ne disant rien. Il n'est pas démocratique de donner son vote à des malfaisants.
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5 mars 2010
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09:09
Extraordinaire : plus de 50 morts après la tempête Xinthia, (plus que lors de l’explosion d’AZF à Toulouse), mais pas d’aveu de responsabilité de qui que ce soit. Et pourtant : autoriser la construction dans des zones inondables, connues comme telles depuis la nuit des temps, ne pas entretenir des digues protégeant ces zones, sont bien des décisions de quelqu’un, ou une absence d’action de quelqu’un. Il ne s’agit pas de clouer au pilori qui que ce soit ; ces fautes ont été le fruit de l’incurie de beaucoup ; il serait injuste d’épingler l’un plutôt que l’autre. Mais le minimum absolu est de sanctionner les politiques qui ont été élus dans ces deux régions des Pays de La Loire et de Poitou-Charente. Pourquoi laisser des gens aussi indifférents au sort de leurs électeurs continuer une mission pour laquelle ils se sont révélés insuffisants. Il faut faire la grève des urnes dans les deux départements . Le devoir civique n’est pas de reconduire des gens inaptes. Il est de les rejeter en bloc. Seule une abstention massive (totale) pourra leur faire comprendre qu'il faut dégager et vite.
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20 novembre 2009
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14:31
Premier jugement exemplaire sur la catastrophe AZF.
Le tribunal a sanctionné une enquête sortie de l'ornière dès le début , sous l'influence d'un gourvernement acharné, dix jours après le onze septembre, à nier toute possibilité d'acte terroriste; les enquêteurs se sont orientés sur la piste accidentelle et ont donc négligé de recueillir, quand il en était encore temps, les éléments pouvant éclaircir d'autres hypothèses (attentat ou malveillance).
Le tribunal n'a pas considéré qu'il fallait absolument un coupable lorsque subsiste le doute.
Le seul point désolant est la complaisance avec laquelle les médias relaient les propos de ceux qui n'admettent pas l'application de ces deux principes. Propos haineux qui sont habituels et qui relèvent du lynchage (il faut un coupable), du mépris de l'industrie et de ses salariés (c'est un encouragement à la diminution de la sécurité dans les usines), de la complaisance dans la lutte contre les odieuses multinationales (le méchant TOTAL), de la théorie du complot ("ils" se sont tous ligués contre le gentil manant).
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22 octobre 2009
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09:56
Le délit d'intention se confirme. Que Dominique de Villepin se soit intéressé à une affaire ou pouvaient être compromis de hautes personnalités c'était de son devoir. Et si le Président le lui avait demandé, peu importe que ce ne soit pas exactement de la compétence de son département ministériel. Qu'il ait laissé tomber le dossier lorsqu'il s'est apperçu qu'il était monté par des zozos, et qu'il n'en ait rien dit, ce n'est pas un délit. Qu'il ait pensé que celà pouvait nuire à Nicolas Sarkozy, ce n'est qu'une pensée, une idée, ce n'est même pas une intention. Extraordinaire que le ressentiment présidentiel élargisse, par la voix du procureur, l'accusation à un témoin.
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