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26 septembre 2025 5 26 /09 /septembre /2025 12:20

Très souvent on n’inhume plus, on grille au four; petite cérémonie brévissime devant l’âtre et hop le défunt est en cendres, prêt à être balancé un peu n’importe où : à la mer, dans les allées de son jardin, dans une petite urne en céramique, cachée au mieux, dans une tombe, sinon prête à être exposée sur un dessus de cheminée.

Je lisais dans « la maison vide » de Mauvignier sa description du cortège qui, en 1906,  menait le défunt au cimetière : un curé en grande tenue funéraire, deux enfants de choeurs, deux bedeaux en rouge entourant le char drapé de noir portant le cercueil, et puis toute la famille en deuil, les voisins suivant le cortège. Du cérémonial, de la tenue, une affectation de chagrin qui ne pouvait être entièrement fausse. Maintenant tout cérémonial a été jeté aux orties, le clergé a déserté les cimetières, la famille est réduite à un petit cercle (enterrement dans l’intimité), le mort est englouti dans un caveau avec une prétention de discrétion, une affectation de simplicité, la peur de gêner les survivants, la honte d’avoir à constater un délit de fuite de ce monde de progrès, la honte d’un combat perdu face à la maladie et à la vieillesse (manque de résilience du vaincu face à la mort ?), l’indécence d’un chagrin qu’il ne convient plus d’afficher lorsque la vie est une fête. Il reste encore une cérémonie dans des lieux de culte; pour combien de temps ? Plus de de drapage en noir des façades, plus de tenue de deuil, sauf pour les plus proches et pour la durée de la cérémonie uniquement.

Ce n’est pas la peur de la mort c’est son déni. L’abandon du chagrin au profit de l’hideuse expression « faire son deuil ».

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