Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 11:40

Légitimité du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie  institué en mai 1993 après une résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies, qui n’a aucun rôle d’ordre judiciaire, mais est chargé de la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationale. ? (Il faudrait d’ailleurs se demander si la mission première dudit conseil n’était pas d’abord de sauver la Yougoslavie au lieu de laisser faire son dépècement)

Légitimité d’un tribunal  installé à La Haye, dans le pays même qui a de notoriété publique été incapable d’arrêter, ou au moins de s’opposer au massacre perpétré par Mladic. (Manfred Gerstenfeld : Le massacre de Srebrenica, pourquoi la Hollande a failli a sa mission) ?

Légitimité des juges d’un tribunal dont la présidence est assurée par un jamaïcain et la vice-présidence par un coréen, dont la probité ne peut masquer leur éloignement d’un conflit complexe ancré dans une histoire longue et tumultueuse ?

Sous couvert de juger des crimes commis en Bosnie, il s’agit, suivant une longue tradition historique de la justice des vainqueurs s’exerçant sur les vaincus. Triste banalité qui s’appuie sur deux soucis, l’un légitime, qui est de se méfier des sanctions qui pourraient être infligés aux criminels par un tribunal serbe, l’autre parfaitement politique qui est de camoufler ses propres errements en contrôlant la procédure et en évitant tout dérapage sur les complicités passives des vainqueurs. Cette procédure se trouve de plus entachée par le recours à la force du chantage : vous, Serbie, pays vaincu, livrez nous vos criminels, faute de quoi vous n’aurez pas le droit d’entrer dans la Communauté européenne et de bénéficier des mannes des subventions au développement.

Que certains s’esbaudissent devant une telle justice internationale fait frémir : comment juger au nom de principes suprêmes en les maltraitant avec complaisance.

Partager cet article
Repost0
30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 10:45

L’aventure libyenne est  un abrégé de la politique extérieure de la France.

Lancée sur un coup de tête, entre Nicolas Sarkozy et Bernard Henri-Levy, sans approbation explicite du ministre des affaires étrangères Alain Juppé, sans consultation de représentants du parlement.

Lancée sans analyse de la situation : cent jours après la rébellion en est exactement au même point, sans progression sur le terrain, sans organisation sérieuse.

Lancée pour des motifs qui ne sont pas évidents : pourquoi faut-il protéger les populations de Benghazi, et oublier celles déjà révoltées du Yémen, de Bahrein ? Pourquoi faut-il oublier les massacres répétés perpétrés par le régime syrien ?

Le rêve d’une action humanitaire, teintée d’une avidité économique certaine (le pétrole lybien), et d’un opportunisme électoral évident (la stature internationale du chef lancé dans une guerre juste), s’est heurté rapidement aux principes de réalité :

-          Un appui des autres nations arabes donné du bout des lèvres ; heureusement qu’il reste encore le Qatar pour apporter un soutien militaire à la coalition et éviter de donner l’image désastreuse d’une lutte entre l’Occident et le monde arabe ; mais cette contribution reste bien symbolique et peut flancher du jour au lendemain.

-          Une coalition franco-anglaise dont on s’est aperçu qu’elle était incapable de mener une action d’envergure sans l’appui de l’OTAN ; au lieu d’être une démonstration de la force de nos armées elle en pointe l’impuissance.

-          Une action militaire qui est vouée à l’échec tant qu’elle restera une action de pure attaque aérienne ; l’anéantissement des chars et des avions de l’armée régulière libyenne n’a pas empêché celle-ci de trouver la parade en lançant ses véhicules légers tout terrain dans des rezzous permanents ; la disproportion des moyens exorbitants mis en œuvre pour maintenant toucher de temps à autre un de ces véhicules légers tourne à la farce.  

L’aventure entre dans une impasse si Khadafi n’est pas assassiné par un de ses sbires.

L’impulsivité, l’absence d’écoute, le manque de prévision vont conduire, et ce serait normal, sauf coup de chance, à l’enlisement.

Partager cet article
Repost0
16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 09:36

Image dégradante des Etats-Unis qui met quelqu’un en garde à vue pendant trente heures sur plainte d’une femme de ménage entrée par erreur  dans une chambre. Image d’une justice de desperados où le présumé innocent sort entravé, débraillé, mal rasé, au bout d’un interminable interrogatoire pour être offert comme objectif aux cameras du monde entier. Image de justiciers assoiffés de publicité (le corps judiciaire est élu) qui déploient une armada de policiers pour aller fouiller la chambre du présumé suspect, qui sous-entendent qu’il a quasiment pris la fuite (sur un vol qu'il avait réservé à l’avance, en téléphonant, sur son trajet,à son hôtel pour qu’on lui fasse porter un téléphone qu’il y avait oublié).

Incroyable nouvelle d’apprendre que le directeur général du FMI ne bénéficie pas de l’immunité diplomatique. Cela signifie que son patron actuel (comme le futur) est soumis à n’importe quelle pression du soit disant pays d’accueil, ce qui pour un personnage censé prendre des décisions (ou du moins de les faire approuver par son conseil d’administration) de nature mondiale est proprement insupportable. Cet épisode burlesque va immédiatement poser pour l’ensemble des pays membres du FMI la question soit du déménagement vers des cieux plus accueillant soit une protection minimale des membres de la direction de cet organisme pour qu’ils ne se retrouvent pas soumis au premier chantage venu.

Stupéfaction des autorités françaises qui, je l’imagine, doivent être partagées entre le désir légitime de protéger un ressortissant de notre pays contre des abus de procédure, et la crainte d’aggraver le cas du probable inculpé par des déclarations intempestives. Stupéfaction de ses amis, prêts à se lancer dans la bataille présidentielle, qui se retrouvent avec un héros entraîné dans un drame grand guignolesque, avec si l’enquête progresse des arguties dégradantes dont l’Amérique a le secret (souvenons-nous des attaques contre Clinton).

Je me sens triste de voir quelqu’un que je n’estimais pas particulièrement, mais dont je respectais les capacités immédiatement jeté aux chiens sur une plainte peu crédible, des déclarations hâtives d’un corps judiciaire affamé de gloire, et une absence de sureté diplomatique d’une organisation internationale d’un aussi grand prestige.

Partager cet article
Repost0
3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 18:20

Ben Laden avait déclaré la guerre à tous les tièdes du monde musulman (du moins ceux qu’il avait catégorisé comme tels) et à tous les infidèles (plus particulièrement les occidentaux). Les Etats-Unis frappés dans leur chair, humiliés dans ce qui était un symbole de leur pays, n’ont pu que mener une guerre contre celui qui voulait les détruire : elle ne fut ni préventive, ni humanitaire, ni un acte de vengeance, mais la seule réaction possible d’un état responsable devant ses citoyens, ceux du monde libre et ceux des états arabes.

Une guerre n’est pas un procès. L’instruction (si ce mot peut être utilisé pour signifier que les menacés ont bien compris ce qu’il en était) a été faite par le constat des atrocités commises et la responsabilité assumée par Al Qaida et son chef.  

Les commandos qui ont mené l’opération ne sont pas des forces de police, ils sont des soldats dont la mission est e neutraliser ou d’éliminer les ennemis qui les combattent. Par définition l’état qui les envoie estime qu’ils sont en légitime défense et que leur devoir est de gagner une bataille. Si la bataille se solde par des morts, ce n’est évidemment pas un crime, ce n’est certainement pas un assassinat comme le mot a parfois été utilisé par certaines bouches.

Ben Laden a été condamné par le peuple américain le jour ou il l’a attaqué pour des motifs compréhensibles que par son organisation. Justice est faite en exécution de ce mandat confié aux présidents successifs des Etats-Unis.

Partager cet article
Repost0
30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 17:00

Pourquoi bouder son plaisir à regarder le mariage de William et de Kate ?  Un évènement organisé par les bons soins de la Firme (comme se caractèrise, paraît-il, elle-même la famille royale des Windsor) : sans aucun doute ; une explosion de consumérisme des produits dérivés fabriqués en Chine : malheureusement ; une aubaine pour la santé économique de la Grande-Bretagne : pourquoi pas.

Et puis après, rien de tout cela n’est que véniel à côté du fort sentiment d’identité britannique (et même au-delà des frontières du Commonwealth) qui se manifeste dans une atmosphère bon enfant, dans une simple explosion de joie, de bonne humeur, de liesse populaire, qui se compare heureusement aux vociférations des stades lors des grandes rencontres sportives, aux hurlements des concerts géants des vedettes de la chanson.

Cette douce participation au bonheur supposé (et pourquoi pas réél, à quoi bon suspecter à priori l’expression de leurs sentiments) des futurs roi et reine de Grande-Bretagne est comme un souffle de fraicheur après les comptes-rendus torrides que les reporters des journaux à sensation nous ont balancé depuis des années.

Un hommage, pendant ce moment de bonheur familial de sa progéniture, qui est offert à une reine, naguère vilipendée, mais qui sut avec ténacité toujours appliquer son fameux slogan : « never explain, never complain ». Devise dont pourrait s’inspirer bien des chefs d’état en poste à travers nos démocraties et qu’ils trahissent à tout bout de champ, croyant qu’expliquer c’est convaincre, supposant que gémir c’est attendrir. Elle a su donner une leçon, qui, visiblement suscite l’admiration de son peuple.

 

Pourquoi bouder cette symbolique qui au travers d’une communion  travers des siècles d’histoire a fait un peuple autour d’une constitution inégalée à ce jour.

Partager cet article
Repost0
1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 16:38

Laurent Fabius le rappelait hier sur Antenne2 : que faisons-nous en Afghanistan ?

La question prend une importance capitale lorsque la rue arabe s’insurge contre des régimes autoritaires et corrompus en Tunisie,  en Egypte, en Lybie et que cette révolte est portée par un désir soudain de liberté et de démocratie et que le rôle des mouvements islamistes dans leur déclenchement a été insignifiant. Beaucoup d’observateurs ont été surpris de l’absence des références de naguère à l’Islam dans les manifestations qui ont enflammé le monde arabe de l’Atlantique à l’Océan Indien ; ces peuples que l’on pensait hostiles à tout ce que représentait l’Occident, s’assemblaient et se rebellaient tout d’un coup au nom de valeurs qui nous sont chères. Mais l’instabilité actuelle qui règne en Tunisie, en Lybie, en Egypte, la puissance des organisations religieuses ou des partis qui leur sont affiliés  n’interdit pas d’imaginer parmi les scénarios un retour de flamme de l’intégrisme musulman.

Notre participation à la guerre en Afghanistan d’incompréhensible devient nuisible.

Nous étions là-bas comme supplétifs des Etats-Unis ; pour gagner quelle reconnaissance, pour négocier quel avantage nul ne l’a entraperçu.

Nous sommes là-bas comme alliés d’un pouvoir corrompu sous influence de narcotrafiquants notoires ; la position n’était guère originale lorsque nos autres amis étaient Khadafi, Ben Ali ou Moubarak ; elle privilégiait l’idée qu’il valait mieux traiter avec qui l’on connaissait plutôt qu’avec des inconnus que l’on ne saurait maîtriser.

La raison majeure de notre intervention était notre croisade contre le terrorisme, incarné par les talibans qui essaient de détrôner le président afghan et sa camarilla. Le problème jusqu’à présent était que cette assimilation conduisait une grande partie du peuple afghan (ou plutôt la quasi totalité des tribus patchounes)  à s’inféoder à Al Qaida ; notre participation à une guerre civile intertribale faisait de fait basculer dans le camp des terroristes tous les opposants (et ils sont nombreux) au régime actuel de Kaboul.

Et enfin, venait la touche stratégique de géopolitique : si l’Afghanistan se délite, le domino suivant pourrait être le Pakistan, autrement plus dangereux du fait de sa maîtrise de l’arme nucléaire. Là encore, nous avons toujours privilégié une alliance avec un pays militarisé, au gouvernement manipulé par ses services secrets, au lieu de regarder avec l’autre puissance régionale qu’est l’Inde.

Cette intervention difficilement défendable, devient maintenant incongrue face à l’évolution du monde arabe : il n’est pas possible de proclamer (à juste titre) la non-intervention pour soutenir la cause des révoltés, en Lybie en particulier, voire ailleurs dans les semaines et mois à venir, et d’assumer la répression contre les populations afghanes rebelles. Il est incohérent de se réjouir de la chute des régimes des ploutocrates (kleptocrates ?) tunisiens, lybiens, égyptiens, et de s’afficher aux côtés de bandits sans scrupules au pouvoir en Afghanistan. 

La real politik commande que nous laissions les Afghans libres de choisir leur régime.

Partager cet article
Repost0
26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 12:17

Qu’il soit nécessaire de redonner une voix à la diplomatie française ne fait de doute pour quasiment personne. Que cette voix puisse être incarnée par un homme d’expérience comme Alain Juppé ne peut que suscite l’approbation. Mais le problème n’est pas seulement un choix de personnes. Face aux bouleversements successifs que subit le monde personne ne comprend quelle est la position de la France sur les grands sujets :

-          Attitude face au terrorisme qui oscille dans l’incohérence : engagement en Afghanistan, abstention au Caucase, attentisme au Sahel ;

-          Attitude face aux pays émergents : incapacité à définir une ligne cohérente de relations avec la Chine entre mercantilisme et droit de l’homisme ;

-          Attitude en Méditerranée : échecs d’une politique ambitieuse dont on tarde à tirer les conclusions pour la réorienter et la relancer ;

-          Attitude face à la nécessité d’une défense européenne : un jour entrée dans l’organisation militaire de l’Otan, un jour partage de coûts avec la Grande Bretagne, un jour unités communes avec l’Allemagne ;

-          Attitude face aux défis économiques mondiaux : politique soumise à des lobbies environnementaux (protocole de Kyoto, conférences de Copenhague ou de Cancun), absence cruelle de compétences économiques pour tenter de faire progresser des propositions innovantes ;

La voix cassée d’Alliot-Marie n’a au fond que traduit officiellement le manque de doctrine de nos gouvernants. Lorsque l’échec a été patent, il ne faut pas seulement couper le sifflet à la moins audible, mais remanier en profondeur un cabinet élyséen qui est à la manœuvre depuis des années. L’arrivée d’un homme de poids au Quai est l’occasion rêvée pour faire revenir dans les clous des conseillers qui n’ont pas su faire leur boulot.

Partager cet article
Repost0
24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 11:55

Les réactions indignées de Messieurs Guaino, Thréard, Copé,  à la tribune d’un groupe de diplomates dans le Monde sont à côté de la plaque. 

-          Le rôle privilégié du président de la République dans la conduite de la politique étrangère n’est pas remis en cause, est par contre stigmatisée la dépossession du Quai d’Orsay au profit d’une cellule diplomatique de l’Elysée partagée entre deux personnalités aux opinions antagonistes, Messieurs Levitte et Guaino.

-          La critique des résultats présents de notre action à l’étranger n’est pas un signe supplémentaire de déprime nationale. Le désastre est patent sur toute la ligne, et de vouloir le nier parce qu’il est sobrement exprimé n’est pas une réponse. Une tribune, par nécessité synthétique, a pour objectif de sortir du déni, non pas de proposer des pistes.

-          La violence des termes utilisés, impulsivité, amateurisme, incohérence, obsession médiatique n’est pas la signature de quelques ambitieux, ou de quelques aigris, mais la profonde désillusion d’un grand corps, méprisé, bafoué, qui exprime sa colère.

Au lieu de clamer leur indignation, n’auraient-ils pas mieux fait de réfléchir sur la frustration traduite.

-          Personnalisation abusive des relations entre chefs d’état qui renforce les pouvoirs des éminences grises et courtisans qui manoeuvrent à l’Elysée au détriment des ambassadeurs en poste, des directeurs, du ministre des affaires étrangères ; Personnalisation qui nécessairement se retrouve soumise aux feux des médias ; Personnalisation qui accroît le caractère impulsif et amateur d’une diplomatie qui par essence est une discipline de long-terme.

-          Privilège de l’immédiat, au détriment de l’action en profondeur : un jour il faut obéïr aux sommations d’une association des droits de l’homme, le suivant il faut sauver des compatriotes égarés dans je ne sais quelle aventure, le troisième il faut marquer d’un mot symbolique, d’un geste fort notre attachement à la dernière lubie imposée par les médias français. Tout ceci n’est pas de la politique, mais de l’agitation.

-          Multiplication de diplomates improvisés qui virevoltent pour apporter des messages personnels du président : et c’est Mr Balkany en Afrique, Mr Raffarin en Chine, Mr Wauquiez (ministre chargé des affaires européennes) en Tunisie, Mr Ollier en Lybie, etc… etc… Là est le véritable scandale de cette gestion : la préférence accordée aux « amis du président » sur les professionnels. Erreurs de choix de ministres paravents :  de Kouchner à Alliot-Marie, Charybde ou Scylla.

A la réflexion, la seule critique que l’on puisse réellement faire à cette tribune est sa mesure.

Partager cet article
Repost0
17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 11:17

Le duel Guaino-Duhamel ce matin sur RTL est éclairant. Duhamel est dans la posture : il pense que les mots proférés ont une importance essentielle, il ne sent pas qu’au milieu du tumulte les mots ne comptent pas, il ne comprend pas que le temps du verbe précède l’action, et que les injonctions au milieu des combats ou des révolutions ne sont que des cris sans autre importance que la motivation locale ; il passe rapidement sur la seule action du gouvernement français d’avoir refusé l’asile politique au dirigeant en fuite ; cette action-là pose problème, non seulement elle est honteuse par rapport aux relations amicales entretenues jusqu’à quelques jours auparavant, mais elle laisse bien entendu perplexe tous les autres gouvernants des pays que l’on inonde de nos protestations d’amitié ; une action du déshonneur et d’inefficacité. 

Guaino a fort justement rappelé :

-          un principe la France reconnaît les états, non les gouvernements

-          une évidence, quelle action pouvait entreprendre la France lorsque les émeutes s’amplifiaient sans être immédiatement et à juste titre être taxée d’ingérence

-          un rappel sur le mauvais accueil fait par beaucoup de commentateurs au projet d’Union pour la Méditerranée qui proposait quand même, avec tous ses défauts, une politique de développement concerté.

Ces deux voix mettent en valeur deux positions fondamentales : l’une qui verse dans le sentiment, avec la croyance que l’expression du remords a valeur de rachat de fautes ou de compromissions passées, avec la conviction que le bien (incarné par nos valeurs occidentales) a vocation a être répandu chez les autres peuples et que leur révolte traduit cette dévotion à nos grands principes, avec la certitude que l’insurrection ne peut exprimer que l’appétence pour la démocratie et la liberté. L’autre qui sanctifie l’indépendance des peuples, leur laisse le soin de gérer leurs états d’âme, leurs choix de régime, de religion, et pense que l’ambition de nos gouvernants doit s’abstenir de vouloir interférer avec les problèmes intérieurs des autres pays et doit se limiter à des actions multilatérales qui tentent d’apporter la paix et la prospérité au travers de coopérations mutuellement recherchées.

Partager cet article
Repost0
15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 11:52

« Ben Ali le grotesque successeur du grand Bourghiba » s’exclame Laurent Joffrin dans Libération. Ce jugement étonne car Ben Ali n’a fait que chausser les bottes de son prédécesseur,  dans ses actions pour limiter l’influence de l’Islamisme dans la société tunisienne, sa volonté de développer une économie entrepreneuriale, sa vision d’une société plus éduquée, mais aussi dans sa pratique du pouvoir marquée par le parti unique, l’omniprésence de la police, la toute puissance d’une camarilla corrompue.  Où est la différence ? Les fautes de l’un sont estompées par le passé, absoutes par son combat contre le colonialisme français tandis que celles de l’autre sont l’occasion facile de se déchaîner contre celui qui vient de tomber.

Mais l’éditorialiste enflammé, non seulement se rue à la curée sur le dictateur déchu, mais veut mettre en accusation ceux qui l’on soutenu au nom d’une realpolitik qu’il taxe d’imbécile. L’arrogance du néocolonialiste est patente chez Joffrin : il faudrait mettre son nez dans toutes les affaires intérieures des autres pays, donner des conseils, ou plutôt envoyer des incitations, voire même prononcer des ukazes. Car de manière étrange, ce que nous pensons en Occident est considéré comme le modèle impératif que doivent mettre en place les autres régimes et il n’est pas question d’y déroger. La volonté des autres peuples est devinée au travers du prisme de nos opinions, et il importe d’établir vis-à-vis des pays qui n’ont pas encore atteint notre niveau d’éveil politique de mettre en place une sorte de protectorat appuyé sur la charte des Droits de l’Homme, les troupes de l’ONU, et des Tribunaux Internationaux chargés de juger ceux qui ne se sont pas conformés à nos directives.

Cette caricature de la pensée droit de l’homisme, charriée dans la plupart des éditoriaux, fait fi, de la réalité qui est que la décolonisation est achevée depuis belle lurette, que l’influence de notre Occident est déclinante face aux pays émergents, que nos postulats sur la démocratie et les droits de l’homme, aussi respectables qu’ils soient, ne sont qu’une modalité de pensée qui n’est pas nécessairement acceptée par d’autres cultures.

Mais de tout cela, les Joffrin et consorts n’ont cure. Le seul geste déshonorant de la France, ne pas accorder un lieu d’asile au président déchu en fuite, n’est même pas stigmatisé.

Partager cet article
Repost0