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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 14:00

Pourquoi tous les correspondants de presse sont photographiés, enregistrés depuis la zone rebelle d'Homs, et non depuis Damas ? Une seule vérité mérite l'attention? Le romantisme (et donc l'attention de l'auditeur occidental) est du côté des insurgés ?

Comment sont approvisionnés en armes et munitions l'Armée syrienne de libération ?  Par des pillages des casernes, par des importations financées par la diaspora syrienne, nous rétorquent les porte-parole de la dissidence. Peut--être vrai, peut-être court. En tous cas nous n'en saurons rien car cela n'intéresse pas les journalistes.

Les adversaires des rebelles sont listés pour mieux les stigmatiser; un grand mot que celui d'adversaires, tout au plus des méfiants, car personne ne soutient le régime d'Assad (au moins officiellement). Et dans le fourgon des ennemis de la démocratie (car c'est implicitement ce que sont ceux qui ne soutiennent pas explicitement les rebelles d'Homs) on retrouve pêle-mêle : les chiites iraniens, les terroristes du Hezbollah, Poutine et son complexe militaro-industriel, les anonymes et d'autant plus inquiétants dirigeants chinois, et enfin le Front National et sa bande de négationniste en tous genres. Les supporters des autres sont limités à quelques démocraties ou trop impuissantes ou trop prudentes; leurs seuls vrais amis sont les peuples, les amis de la liberté. Tant de diabolisation lise perplexe.

Evidemment les blessés et les morts ne tombent que d'un côté, et ils sont plutôt des femmes et des enfants. On se demande bien à quoi sert cette armée de libération si elle est incapable d'abattre même un seul sniper. Mais on se demande aussi comment il se fait qu'avec des chars, des obusiers, l'armée d'Assad piétine depuis des mois dans les banlieues d'Homs. RIen ne nous est dit sur une question aussi triviale; le déluge des mot et des images se concentre sur les images héroïques des reporters qui risquent leurs vies pour témoigner.

 

Ce ne sont que des questions auxquelles un individu lointain du champ des opérations ne peut répondre. Mais ce sont des questions que les journalistes ne veulent pas travailler. Il s n'entendent pas nous laisser faire une opinion, ils nous délivrent leur vérité d'amateurs de scènes violentes, de blanc et de noir, et d'énigmes sans réponses.

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 11:05

Les Grecs ne veulent pas payer d'impôts pour plein de bonne raisons :

- l'église orthodoxe parce qu'elle prétend avoir besoin de ses ressources pour faire la charité,

- commerçants et clients qui évitent de payer la TVA puisque c'est plus de profits pour les uns (économie au noir) et moins de dépenses pour les autres,

- les armateurs parce qu'ils ont placé leur fortune hors des frontières,

- tous les propriétaires fonciers parce qu'ils refusent l'établissement d'un cadastre,

Les Grecs ne veulent pas trancher dans leurs défenses :

- leur armée est toujours aussi disproportionnée par rapport à la taille de leur pays, avec des missions incompréhensibles : veulent ils annexer Chypre, se défendre contre une attaque turque sur trois ilots de la mer Egée ?

- leur fonction publique est toujours aussi pléthorique, incompétente, inefficace malgré des plans de réduction d'effectifs, toujours votés,  jamais appliqués,

Les Grecs prétendent toujours vouloir appartenir à l'Europe, en promettant et votant n'importe quoi :

- pour continuer de toucher des subventions,

- pour que certains abandonnent leur dettes, afin qu'ils puissent continuer d'emprunter à d'autres.

 

Au nom de quel principe l'Europe continue-t-elle d'aider de pareils jean-foutres, si ce n'est par peur, d'une contagion de la méfiance des marchés financiers, d'une fragilisation de nos établissements financiers si les banques grecques s'écroulent, de la propagation de l'idée que la sortie de l'euro est pensable pour d'autres pays. La peur est mauvaise conseillère dans les trois cas :

- les marchés financiers ne sont pas tétanisés par une faillite de la Grèce probablement inéluctable, mais par l'incapacité des gouvernants européens à trancher dans le vif,

- nos établissements financiers peuvent supporter la perte de leurs actifs grecs, et la Banque Centrale Européenne a déjà mis en pace un outil de maintien illimité de leur liquidité,

- la sortie de l'euro en catastrophe n'est une tentation pour personne; la réforme complète de l'euro est un impératif.

 

Alors à quoi bon tergiverser et charger la barque de pays déjà surendetté pour sauver un pays qui ne veut rien.

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 16:47

Suffisance d'élus qui se croient investis du pouvoir de nous dicter ce qu'il faut penser et de criminaliser , non pas l'injure, mais le fait même de penser autrement. Ils aggravent leur cas en feignant de considérer que ce pourrait être gênant pour les historiens, mais que leur texte ne les atteint pas  en réalité puisqu'ils sont spécialistes et sauront exprimer avec retenue le fruit de leurs recherches. Il faut donc considérer qu'exprimer sa pensée n'est loisible que dans des limites permises par la loi et que seuls des experts seront aptes à tutoyer les frontières de l'admissible. Inutile d'insister, tout ceci est contraire à une liberté fondamentale d'une démocratie : la liberté individuelle d'expression. La seule limite admissible est qu'elle n'injurie pas, ou ne calomnie pas un autre individu. De telles limites ne souffrent pas d'extensions proposées par un état, orchestrées par des communautés. En clair, proférer un mensonge ne peut être assimilé à une faute pénale.

 

Suffisance partagée entre la droite et la gauche ! A quoi sert-il d'avoir plusieurs partis censés représenter des courants d'opinions différents s'ils s'engouffrent, avec un même zèle, dans la même impasse. L'unanimisme de la représentation nationale rend inquiétant le vote de toutes les lois mémorielles : il signifie bien que toutes les opinions d'esprits très divers qui se sont exprimées depuis des années dans nombre de journaux ne reçoivent aucune écoute. Le parlement est sourd aux voix venant de tous bords, et préfère se rallier aux exigences de telle ou telle communauté. En clair il préfère privilégier un petit nombre au détriment d'un sentiment national.

 

L'hypocrisie de ce vote est qu'il camoufle quelques populistes visées électorales derrière de grands mots à la signification imprécise : la République (bananière ? autoritaire ? impériale ?), la France comme guide des Lumières dans le monde (ce ne serait pas un peu de l'arrogance, voire même de l'impérialisme de la pensée ?), les exigences européennes (aurions nous perdu notre souveraineté dans l'exercice de la démocratie ?).  L'hypocrisie de ce vote est patente dans le choix des leçons données : pas de mention du massacre de Vendéens (ordonné par la Convention), du massacre de Sétif (ordonné par des autorités françaises), et aussi des massacres perpétrés par les Hutus (l'Afrique c'est trop loin ?), les Khmers Rouges (L'Asie c'est encore plus loin), et encore la dékoulikation (la Russie c'est trop sensible), le Grand Bond en Avant (la Chine c'est susceptible).

 

Qui proposera l'abrogation de toutes les lois mémorielles et l'inscription dans la constitution d'un petit texte qui dise clairement que le mensonge, la bêtise, l'inculture, l'ignorance, l'approximation, ne pourront jamais être considérés comme des fautes pénales. 

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 11:13

Le couple franco-allemand : lubie d'européiste qui a contre lui les leçons de l'histoire. Le général de Gaulle en avait fait les frais lorsqu'il a tenté un rapprochement stratégique entre la France et l'Allemagne dont le traité de l'Elysée signé en 1963 n'était que le moteur de démarrage ; l' adjonction d'un préambule par le parlement allemand, la mauvaise volonté du chancelier Erhard a rendu l'idée inopérante : "je suis resté vierge" avait conclu le Général. Mitterrand en avait fait les frais lorsqu'il s'est rallié du bout des lèvres à l'irrépressible réunification des deux parties de l'Allemagne, et a payé au prix fort pour l'économie française le prix de la remise à niveau de l'économie en lambeaux de l'Allemagne de l'Est. Le traité de Maastricht  fut un marché de dupes dont nous payons aujourd'hui les inconséquences : les pays qui l'ont appliqué ont cru se mettre à l'abri des secousses monétaires tout en bridant les velléités d'attirance vers l'Est de l'Allemagne  : ils ont aujourd'hui devant eux une Allemagne arrogante, imposant ses volontés et une crise qui les submerge.

 

Pour qu'il y ait un couple, il faut deux volontés pour surmonter les difficultés, les accrocs, les tentations d'éloignement. Cette volté est inexistante à Berlin : depuis 2007 l'égoïsme allemand prédomine, en refusant la moindre évolution des missions de la BCE, en refusant de payer pour les autres alors que les autres ont payé pour eux  pendant la réunification, en s'érigeant comme des parangons de vertu alors que le vice fondamental de l'Euroland s'étale en plein jour : une zone mark où l'Allemagne peut engranger des excédents économiques afin de financer ses déficits avec les pays émergents et ses fournisseurs d'énergie.

 

L'amitié franco-allemande est un leurre sur la compatibilité des politiques étrangères (qui pourrait imaginer la valeur d'une armée commune incapable d'intervenir sur un quelconque théâtre ?); un abus de langage sur le rapprochement des modèles sociaux (quel point commun entre ce pays vieillissant, qui regarde les enfants avec méfiance et le tonus démographique de notre pays ?), une absurdité sur la communauté de destin (comment rapprocher un pays au fort tropisme vers l'est, et le notre à cheval entre sa vocation méditerranéenne et sa vocation atlantique ?).

 

Quand donc reviendrons-nous à un mode de relation équilibré qui n'oublie pas aux portes des conciliabules des pays qui nous tiennent autant à coeur que l'Italie ou l'Espagne, avec qui nous avons tissé des liens séculaires d'entente comme la Grande Bretagne.  Quand donc nos politiques laisseront-ils tomber ce mythe de couple franco-allemand pour revenir sur terre et discuter avec cette superpuissance européenne, non comme des serviteurs dévoués, mais comme le héraut de tous les autres européens  atteints par un profond désamour contre cette Germanie aux abois. 

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 10:41

Pourquoi faire une armée grecque (80 000 professionnels, 98 000 conscrits)  ? Pour dépenser 6 milliards d’euros ? Pour attaquer la Turquie et être immédiatement mise en déroute ? Pour préparer de nouvelles promotions de colonels grecs ?

Pourquoi faire un clergé orthodoxe rémunéré par l’Etat ? Pour administrer les 130 000 hectares de propriété de l’Eglise exonérés de taxes foncières ? Pour gérer toutes les fondations, et associations exonérées d’impôts sur les revenus ?

Pourquoi faire une fonction publique pléthorique, corrompue, inefficace ? Pour gérer les pots de vin qu’elle perçoit ? Pour ne pas percevoir les impôts qu’elle est chargée de collecter ? Pour manifester contre les plans de rigueur sur la place Syntagma ? Pour bloquer par des grèves le peu d’activité économique résiduel ?

Pourquoi faire une classe politique partagée depuis des lustres entre les clans Caramanlis et Papandréou ? Pour se partager des prébendes ? Pour faire la manche dans les organisations européennes et internationales ?

C’est de tout cela que les grecs doivent répondre. Entrés par effraction dans l’Europe sur le présupposé qu’ils étaient des héritiers d’une civilisation disparue depuis plus de deux millénaires, pas surveillés par une organisation bruxelloise dont on peut se demander à quoi elle sert, tricheurs dans les négociations qu’ils mènent depuis deux ans avec les autres pays de la zone euro, qu’espèrent-ils sinon une fois de plus faire chanter les allemands pour mieux prolonger l’indécence de l’existence de ce simulacre de régime.

La seule réponse n’est pas à une question que l’on ne connait pas lors d’un référendum hypothétique, mais le renversement  de ce régime, et l’organisation immédiate d’élections  pour une assemblée constituante.  Si le peuple grec n’est pas capable de cet effort que ses armateurs le rembarque et qu’ils aillent porter ailleurs leurs cadeaux empoisonnés.

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 15:29

Je suis allé voir hier au cinéma, le cochon de Gaza, une jolie fable au scénario improbable, décrivant les relations entre un pêcheur gazaoui qui a récupéré un cochon naufragé et une immigrée israélienne qui fait de l'élevage de porcs hors-sol. Un conte drolatique qui ridiculise les comportements hystériques induits par un interdit alimentaire sorti du fond des âges. Mais au-delà de la satire, pointe la critique des fanatiques du Hamas qui manipulent les crédules ou les faibles pour les embrigader de gré, voire de force, dans des actions terroristes; éclate le haut le coeur devant les attitudes arrogantes, sures d'elles-même de soldats et colons israéliens. Et derrière les extrèmistes grouille tout un petit peuple de commerçants, de  gamins, de pêcheurs arabes, d'appelés, d'agriculteurs, d'enfants israéliens qui vivent comme ils peuvent, haïssant l'autre plus par habitude et endoctrinement que par conviction.

Un éloge de la paix en filigrane qui fait contrepoint utile à la tribune récente du président du CRIF dans le Fiagro qui, lui, a malheureusement fait une critique implicite de possibles négociations. Au lieu de se pencher sur les peuples et leurs aspirations il pointe du doigt des assassins pour dénier aux autres palestiniens le droit à un état, Il oublie, au passage, les extrèmistes de son camp pour mieux stigmatiser ceux d'en face. Il se focalise sur le droit à Jérusalem d'Israël, omettant la légitimité des deux autres religions du Livre de revendiquer ce lieu pour leur culte. En quelque sorte il proclame d'avance l'inutilité des négociations entre parties raisonables puisqu'il ne peut y avoir d'entente entre les exaltés des deux parties.

Le cochon de Gaza exprime plus d'humanité et d'espoir.

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 11:49

Déjà montent les dithyrambes vers Nicolas Sarkozy pour avoir gagné la guerre contre la Lybie . Mais une guerre est chose trop sérieuse pour être le fait d’un homme ; nous ne vivons pas dans une légende épique dans laquelle sont racontés avec complaisance les exploits du héros ; une guerre est le fait d’un peuple (qui n’a pas été consulté, qui n’a manifesté aucun intérêt), mandatant son représentant pour protéger sa sécurité (qui était moins mise en danger récemment par Khadafi, qu’elle ne le fut il y a quelques années) ; nous ne vivons pas dans un empire orgueilleux de faire prévaloir ses intérêts par la force dans les pays aux alentours (quels intérêts d’ailleurs ?  des contrats pétroliers ?). La guerre de Nicolas Sarkozy est motivée officiellement par la volonté de propager une idéologie sympathique (celle des droits de l’homme et de la démocratie), profondément enracinée dans nos pays mais dont il n’a jamais été démontré qu’elle suscitait l’intérêt des masses libyennes.  Vieux péché de l’Occident de vouloir couvrir ses actions du manteau d’une idéologie de bonté : ce fut l’Empire Romain qui conquit tout l’espace méditerranéen pour protéger la paix, car il était interdit par la religion et la tradition romaine de faire des guerres d’aggression ; ce fut l’épisode des Croisades, pendant lesquelles la charité du Christ servit de prétexte à la suracitivité de jeunes avides de gloire ; et encore la conquête des Amériques où la chasse aux métaux précieux fut couverte du voile de la conversion des autochtones. Et, naguère l’épopée coloniale voulant porter les lumières et notre technicité à l’ensemble de la planète.

A vouloir lancer une guerre idéologique, si je comprends tactiquement gagnée, au nom de nos valeurs, de nos déclarations, de nos coutumes, nous avons certes anéanti un dictateur, mais dans quelle stratégie : l’abrogation de toutes les dictatures sur la terre, l’imposition de la démocratie à l’occidentale dans un pays arabe, la liberté de parole mais aussi de croyance, de mode de vie dans un pays musulman ? A poser ces questions, on se rend compte que la stratégie n’est pas au rendez-vous, et qu’il ne sera jamais question, qu’il n’a jamais été question de « libérer » les peuples musulmans de Libye. La victoire va sans doute se transformer en un simple putsch réusssi grâce à la main de l’étranger ; nous ne sommes ni en Tunisie avec un long passé d’acclimatation avec nos moeurs et qui peut évoluer vers une convergence avec nos systèmes politiques, ni en Egypte qui peut se targuer d’avoir quelques ilôts de population accessibles à nos idées. Nous sommes entrés dans un pays tribal, comme en Afghanistan, encore plus qu’en Irak, et la victoire d’un clan sur un autre ne peut être un but de guerre.

Après les rêves, provisoirement aboutis, inévitablement va venir le temps des déceptions : reprise en main de la situation par les pays arabes au travers de la Ligue Arabe, reprise des contacts par les mouvements islamiques déjà annoncée par le message amical des dirigeants iraniens au rebelles lybiens. Après la gloire née de la résurrection de l’OTAN, va venir l’analyse de l’impuissance européenne qui s’est retrouvée dépendante de l’organisation américaine pour mener cette petite action militaire, qui a constaté l’exiguité de ses forces tant en moyens de communication et d’appui qu’en quantité de munitions. Il est apparu clairement au monde que La France et la Grande-Bretagne n’étaient pas capables de mener une action d’envergure sans l’appui implicite des Etats-Unis (la leçon avait été donnée jadis lors de ‘expédition de Suez, et depuis la situation de ces deux puissances s’est encore détériorée). Après les cris et les rires d’une diplomatie humanitaire aux objectifs court-terme (jugeons la tribu Khadafi) va venir les pleurs et les grincements de dents de l’impuissance long-terme à transformer un pays de rentier maintenu dans l’obscurantisme.

La mondialisation de la diplomatie, appliquée par notre gouvernement (il faut intervenir partout où nous le pouvons, après avoir reçu une approbation onusienne ou américaine) porte les germes de désastres futurs faute de moyens, faute d’objectifs explicites, et pour se fier uniquement à l’intuition : cefut, jadis, la triste histoire de Napoléon III et de ses actions en faveur de l’unité de Italie, et de la libération du Mexique, une litanie d’erreurs commises au nom des bonnes intentions et des bons sentiments.

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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 12:17

Renaud Girard pose d’excellentes questions dans un article du Figaro :

Ne s'est-on pas un peu précipité en reconnaissant le CNT comme seule institution représentant le peuple libyen ?

La réponse sous-entendue est qu’il n’y avait pas lieu de reconnaître comme représentatif une poignée de leaders issus de tribus de la Cyrénaïque, qui ne pouvaient parler qu’au nom d’une petite fraction de la Lybie.

 Était-ce bien raisonnable, pour la France, de livrer des armes à des rebelles qu'elle connaissait mal, combattants indisciplinés aux loyautés changeantes ?

La conclusion est que c’était une faute de vouloir attiser une guerre civile en armant des gens inconnus dont la seule motivation est de vouloir flinguer les autres tribus.

Savait-on vraiment où l'on mettait les pieds ?

Bien entendu non. Il fallut attendre des analyses éclairantes d’observateurs pour comprendre que le problème n’était pas uniquement une affaire de démocratisation, de liberté d’expression, mais aussi (et surtout ?) d’équilibre entre diverses factions, dont entre autres celles issue de l’ancienne confrérie des Sénoussis.

Les leçons des désastres afghan et irakien n'auraient-elles pas dû être tirées ?

Les situations, les contextes sont extrèmement différents. Mais quand même dans chacun des cas , on a voulu appliquer des notions d’états occidentaux (centralisés, acquis à la notion d’égalité des droits) à des pays qui ont été construits sur des bases radicalement différentes qui se rapprochent beaucoup plus de nos états d’ancien régime qui s’analysent plus comme des coalitions d’intérêts maintenus ensemble par une idéologie (la royauté de droit divin, la théocratie, la tyrannie). En Afghanistan, en Irak l’intrusion des étrangers a provoqué la destruction de l’état en favorisant un ou plusieurs clans au détriment d’autres, et d’une mission de destruction d’une idéologie malfaisante les occidentaux se sont trouvés entraînés dans une course poursuite pour calmer une guerre civile née de la création d’un vide.

 

Les leçons de ces échecs répétés sont diverses : en Lybie, de toute évidence, la précipitation (en intervenant, en reconnaissant le CNT, en larguant des armes) a été mauvaise conseillère puisque les résultats ne sont pas au rendez-vous. Les limites de ce jeu sont atteintes, et la seule tâche de Juppé et de Longuet est maintenant de trouver la porte de sortie honorable qui est de sortir en ayant négocié un certain affaiblissement du pouvoir des Khadafi et leurs alliés.

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 11:19

Les interventions des parlementaires n’ont pas brillé par leur force d’analyse. Qui a parlé du contexte tribal, pourtant essentiel dans l’échec des offensives des rebelles de Benghazi sur la Tripolitaine ? Qui a parlé de la césure entre la Lybie égyptienne et la Lybie tunisienne, vieille fracture qui date de l’empire romain ? Qui a parlé des réserves pétrolières, hormis une timide allusion d’un député communiste à des intérêts mercantiles ? Qui a parlé du contrat initial passé entre Khadafi et le peuple lybien : à ma tribu le pouvoir, aux autres la participation à la manne pétrolière ; contrat rompu par l’accaparement des richesses par la clique autour du guide de la Révolution?

 

Les interventions des parlementaires ont effleuré les motivations de l’engagement de la France dans ce conflit : qui peut croire que les révoltés de Benghazi justifiaient plus d’activisme que les massacrés du Yémen, de Bahrein, de la Syrie ? Les raisons invoquées sont navrantes :

-          l’ONU a voté une résolution ! Comportement moutonnier que ne prévoit pas notre constitution : ce n’est pas à New-York que doit se décider une politique étrangère, elle est obligée de s’y conformer, elle n’a certainement pas à y trouver sa source d’inspiration.

-          Nous devons protéger les peuples dans le respect de la légalité s’exclame Yves Lachaud ! L’immensité de l’objectif le rend inopérant ; à quoi sert d’afficher une telle ambition qui n’est même pas à la hauteur de la première puissance militaire mondiale.

-          Notre premier objectif passe par la chute de Khadafi explique candidement Axel Poniatowski ! Illégalité totale : ce n’est pas prévu par la résolution de l’ONU. Tant qu’à faire dans la déclaration farce, il aurait pu ajouter que l’élimination physique de la famille Khadafi était souhaitable.

 

Quant à la sortie de ce pétrin, tout le monde est d’accord pour laisser se débrouiller comme ils peuvent les deux ministres concernés, Alain Juppé et Gérard Longuet avec une seule consigne : trouvez une porte de sortie même si elle est un peu étroite. Mais même cet avis n’a été que sous-entendu, murmuré. Et la leçon de l’aventurisme sarkozien n’a pas été tirée : comment la décision a été prise, qui s’est inquiété des moyens à mettre en place, quels scénarios ont été envisagés. A quoi sert un débat parlementaire sinon à mettre en valeur l’insondable médiocrité en matière de politique étrangère des partis représentés à l’Assemblée Nationale.

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 17:55

Otto de Habsbourg s’est effacé. Je crois qu’il fut une personnalité exceptionnelle qui n’a pas pu assumer un destin à sa mesure en étant une sorte de migrant ne sachant plus où était sa patrie. L’Empire de son grand-père s’est effondré pour s’être laissé entraîner par une clique militariste subjuguée par la puissance du premier Reich allemand. Son père a tenté de sauver  du désastre ce qui était l’essence de cet ensemble : une mosaïque de peuples, de cultures, de religions, une réussite de diplomatie étalée sur plusieurs siècles, une intuition d’Etats-Unis d’Europe centrale ; ses efforts de paix séparée ont été annihilés par les fringales territoriales italiennes, les théories fumeuses de Wilson sur les nationalités et surtout lahaine des français qui n’ont pas compris qu’il pourrait être le rempart contre un germanisme triomphant ; Charles de Habsbourg fut chassé comme un malpropre et son empire démantelé.

Otto de Habsbourg était l’incarnation de cet effort désespéré de toute cette Europe centrale de ne pas succomber aux sirènes allemandes : trop jeune pour être présent dans la lutte contre l’hitlérisme, trop marqué par ses origines pour pouvoir résister à l’invasion bolchevique, trop désabusé par les mesquineries des gouvernements autrichiens ou hongrois pour tenter de proposer des solutions. Un destin raté. Des pays qui auraient eu besoin de lui et n’ont pas su le trouver. Et après la chute du mur on en est encore à deviser sur la puissance économique de l’Allemagne, sa main-mise sur ces pays sans passé politique, sur le caractère raisonnable de cet état de fait.

Mais l’Europe centrale n’a pas de vocation particulière à être le jardin de derrière de l’Allemagne. C’est une espace ouvert sur la Méditerranée, sur la mer Noire, structuré géographiquement par le Danube, qui certes nait et coule en Bavière, qui certes est relié par un canal moderne au Rhin, mais qui est surtout l’artère qui peut irriguer tous ces pays jusqu’à son débouché naturel vers l’espace méditerranéen.  La diversité des langues est un obstacle au rassemblement ; mais s’il fallait une lingua franca parions plutôt sur l’anglais. La diversité des cultures est étonnante, mais elle n’a guère de points communs avec l’esprit rhénan ou prussien. La diversité des religions fut jadis un gros obstacle, l’est-il encore aujourd’hui ?

Je crains qu’Otto de Habsbourg n’ait ressenti beaucoup de découragement à constater l’immense aveuglement de la France et des pays de l’Europe méditerranéenne face à cet espace à reconstruire.

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