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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 13:41

Il a raison et il a tort. Bernard Guetta dans son analyse, vendredi dernier  de la situation en Côte d’Ivoire tente de retrouver les raisons qui amènent ce pays, une fois encore, sur le bord de la guerre civile. Il remonte, il y a plus d’un demi-siècle, pour dénoncer le double méfait des puissances coloniales que seraient le pillage de ces pays et l’ exacerbation des rivalités ethniques .

Jugement trop hâtif, trop généralisant et donc faux. Dans le cas de la France, Jacques Marseille, en son temps, avait démontré que notre pays en Afrique avait plus investi que tiré de dividendes ; et c’est vrai de la plupart des relations entre colonisateurs et colonisés dans la plupart des pays africains, à l’exception peut-être de l’Afrique du Sud et du Congo Belge. Le problème de l’exploitation coloniale s’est surtout posé en Asie (Indonésie, Indochine). L’utilisation des rivalités ethniques a surement  été un levier utilisé par les administrateurs coloniaux : mais elles étaient bien plus puissantes que la simple volonté de quelques occidentaux ; et leur exacerbation doit beaucoup plus aux choix religieux des populations entre islam et christianisme ; choix commandé par une très vieille opposition entre les nomadisants du Sahel , musulmans, et les peuples qu’ils opprimaient réfugiés dans des sanctuaires (forêt, massifs montagneux), chrétiens.

Il est dommage de réécrire l’histoire, en gommant toute sa richesse, toute sa complexité , afin de satisfaire un simple prurit d’anticolonialisme. Le problème n’aurait guère d’importance si, Monsieur Guetta, en s’appuyant sur des analyses tronquées, absolvaient les dirigeants actuels de toute les erreurs de cinquante ans de gestion plus ou moins calamiteuse. Les sujets majeurs des pays africains sont bien la fuite des cerveaux hors de leur pays, la non-adéquation de la démocratie au gouvernement de ces pays neufs.

Pourquoi ne pas le dire plus fort ? Pourquoi ne pas dénoncer le rôle de l'ONU et sa fringale d'élections libres ? Quel sens a une majorité dans des pays aux oppositions internes trop fortes ?

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 10:10

Votre article (L'automne de lAlliance atlantique par D. Moïsi dans Les Echos du 4/10/2010) soulève le problème de ces pays (ou entités politiques) qui refusent d’assumer un rôle à la hauteur de leur puissance. Les Etats-Unis continuent sur leur erre de superpuissance, mais en sachant que leurs moyens s’amenuisent. La Chine semble être encore en période d’adolescence, et n’a pas encore complètement assumé sa stature nouvelle. Et l’Europe ? Un trou noir qui absorbe tout et n’émet plus rien : pas de politique au Moyen-Orient, pas de politique vis-à-vis de l’Inde,  pas de négociation sur les parités euro/dollar/ yuan, une doctrine timide sur la prolifération nucléaire.

Les américains ont vieilli prématurément  . La chute de leur meilleur ennemi  (l’URSS) les a laissés sans objectifs : la lutte contre le terrorisme international  ne justifie pas leurs outrances en Irak et en Afghanistan. Leur désindustrialisation  est soudain apparue comme un signe alarmant et qu’il était urgent de ne pas tout miser sur quelques nouvelles technologies pour affronter les pays émergents dans la compétition internationale. Leur monnaie est une arme dangereuse : son éventuel discrédit peut entraîner une réappréciation complète du rôle mondial des Etats-Unis.  Confusément on devine que le pays tout à la fois est conscient de ses faiblesses, et encore fort pour réagir au-delà de ses moyens réels.

Les chinois sont comme un de ces élèves surdoués qui laissent éperdus d’admiration devant tant de dons, tant de fulgurances ; mais aussi dont on devine la fragilité, s’il ne réussit pas à surmonter des défis gigantesques que sont les incohérences de niveau de vie, la menace du déclin démographique, les erreurs d’aiguillage dans les investissements. Trop douée, la Chine réussira-t-elle à bien jouer tous ses atouts? Et, vous avez raison, pour l’instant, elle refuse de s’impliquer avec sérieux sur les grandes menaces mondiales (la prolifération nucléaire en particulier), et se déconsidère sur des conflits mineurs, ou des amitiés qui ne sont plus de son âge.

L’Europe devrait être l’honnête courtier entre ces deux sphères. Parce qu ’elle est aux prises avec des problèmes identiques à ceux des Etats-Unis, comme la menace de la désindustrialisation, la surconsommation, elle pourrait y apporter ses propres idées de solution. Parcequ’elle n’est pas une entité impérialiste, n’ a plus depuis longtemps une quelconque idée d’une mission  de redresseuse de torts, et est devenue une assoiffée de paix ; toutes notions qui sont profondément ancrées et affirmées par la Chine.

Le général de Gaulle avait eu l’intuition de ce rôle. Que n’est-il suivi par des personnalités qui seraient aptes à  mener un dialogue triangulaire entre les trois superpuissances économiques du monde. Mais tout le monde comprend que ce n’est pas l’organisation européenne d’aujourd’hui, empêtrée dans son fatras juridico-fonctionnaire qui peut se lance dans une telle aventure diplomatique.

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 15:00

La dérive institutionnelle de l’Union s’incarne dans la résolution votée par le parlement européen le 9 septembre dernier.  Un parlement, quel qu’il soit,  est là pour voter des lois. Celui-là cède à la mode qui fait une obligation de faire des leçons de morale.

La résolution est édifiante, elle mérite d’être lue pour analyser l’ordre moral ambiant qui tend à se substituer à  la réflexion et à l’action.

Le premier alinéa indique que « l’Union est … fondée sur des valeurs et principes qui visent à y préserver et à y encourager l’existence d’une société ouverte et inclusive… ». Au nom de quoi cette assemblée belgo-luxembourgo-strasbourgeoise s’arroge-t-elle l’autorité de définir des règles quasi constitutionnelles ? A -t-elle un mandat des peuples ? Non, son mandat est limité à la coproduction législative sous l’égide du conseil des ministres.  Si elle entend se référer à des textes  de nature constitutionnelles (traités de Maastricht, Amsterdam, Lisbonne), ont-ils été votés, comme l’impose toute démocratie élémentaire, par les peuples ? Non. Déjà sur la forme, je ne vois pas au nom de quelle légitimité des principes non soumis à approbation par l’ensemble des populations européennes peuvent être pris en compte.

Venons en au fond : que signifie une société ouverte et inclusive. L’expression est tellement vague,  tellement fourre-tout, que la prendre comme principe fondateur est au mieux hasardeux. En analysant, quand bien même, le sens de ces adjectifs « ouvert » et « inclusive » j’y trouve surtout l’éternel discours sur la montée inéluctable de la mondialisation, de l’irréversibilité de la création d’un village mondial : il faut être ouvert à toutes les influences et les accepter ; la même logique qui prône le libre-échangisme économique s’étend au libre-échangisme culturel ; la même pente fatale qui nous fait oublier nos produits pour ceux fabriqués ailleurs, s’installe pour faire croire que les « marchandises culturelles » étrangères  sont à la fois séduisantes et incontournables.  Ce ne sont que des opinions. Contestables. Contestées. Je ne comprends pas que ces idées de quelques élus soient imposées comme principes. C’est une trahison de cette assemblée européenne de ses devoirs, de ses missions.

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 11:58

Ils parlent tous du retrait de leurs troupes d’Afghanistan. Obama  a fixé la date pour 2012. Cameron s’interroge publiquement , comme Zapatero. Quelle entreprise bizarre où l’objectif fixé n’est pas de gagner une guerre (qui n’ d’ailleurs pas dit son nom comme toute opération dont on ne saisit pas bien le sens), ni de constater que le maintien de l’ordre est assuré (hypocrite objet officiel des missions). Non le but est de prouver, face à l’opinion publique,  que l’on a fait des efforts raisonnables pour tenter de juguler le terrorisme des talibans et que si ces derniers ne se décident pas à comprendre où est le bien et où est le mal, alors les coalisés, avec une infinie tristesse,  les laisseront méditer dans leur jus sur la grandeur des démocraties face au fanatisme de l’islamisme intégriste.

Un seul (ou quasiment), ne parle pas du retrait de ses troupes d’Afghanistan : Sarkozy. Deux possibilités : ou l’OTAN ne l’a pas encore informé de sa stratégie , ou il compte poursuivre en solitaire ce glorieux combat. Les trompettes ridicules lors de l’enterrement de deux nos soldats  ne sont que des bruits de cymbales.  L’hommage au devoir et au courage n’implique pas de dire des âneries : « la France restera en Afghanistan aussi longtemps que nécessaire ». Qu’est-ce que cette décision, qui n’est pas en ligne avec celle de nos alliés ? Que pense le gouvernement souverain ( ?) de l’Afghanistan de cet engagement sans but, ni durée ? Nécessaire à quoi : l’anéantissement des Patchouns ? L’éradication de l’Islam intégriste ? En somme beaucoup d’à peu près à la minute où il était opportun, en simple respect pour ces deux morts, de dire le pourquoi et les moyens de cette opération.

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 17:55

Avez-vous regardé la composition du comité sur l’élimination des discriminations raciales de l’ONU ? Dix-huit pays sont représentés, dont l’Algérie (connue pour sa tolérance envers les chrétiens), la Chine (célébrée pour son amitié pour les peuples ouighours et tibétains), la Russie  (si douce pour les tchétchènes), la Roumanie (pays d’accueil de nos Roms qui n’arrivent pas à y rester), le Niger (où encore quelques milliers d’esclaves peuvent faire profiter de leur force des maîtres attentionnés) ; et il y a aussi le Togo, le Pakistan, le Guatemala, le Burkina-Faso etc… Que cette cohorte n’ait pas trouvé d’autre sujet d’intérêt  que de se préoccuper, de s’inquiéter, de conseiller la politique française à propos des « gens du voyage », est intriguant. Qu’ils dénoncent une recrudescence du racisme dans notre pays est scandaleux (et je pense faux).  Que les Kouchner et autres Lelouch se soient bornés à stigmatiser les caricatures et les amalgames de ce rapport émanant de l’ONU prouve uniquement  qu’ils n’ont pas le sens de ce que doit être la diplomatie de notre pays : si une réponse valait, elle était le silence (méprisant bien entendu), et l’interdiction aux experts faisant partie de ce comité théodule de mettre les pieds en France. Mais avaler des couleuvres est croient-ils une caractéristique des diplomates. Rien n’est plus faux. Il serait plus intéressant de savoir pourquoi des représentants de ces pays ont eu l'idée de venir nous humilier.

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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 11:44

L’indépendance du Kosovo  est une aberration : un pays enclavé, sans autonomie économique possible, qui  n’a pour vocation que d’être absorbé par son voisin albanais. 

Qu’un tribunal, émanation de l’ONU, ne voie pas d’illégalité à la proclamation d’indépendance de ce confetti est proprement hallucinant.  La Serbie est née d’une violation du droit international le plus élémentaire qu’a été la dissolution par les Etats-Unis, appuyés par les Européens (les Allemands en pointe) de la république fédérale de Yougoslavie. Ce forfait accompli (car mettre fin à une guerre civile n’impliquait pas de faire disparaître un état), les alliés se sont acharnés sur le vaincu (la Serbie) pour appuyer tous les mouvements irrédentistes. Comme justice ce n’est que la loi du vainqueur.

Où sont les attendus qui peuvent justifier qu’un pays n’a plus le droit d’exister ? Même en Afghanistan, personne n’a imaginé de créer un  Patchounistan, un   Daristan . Même après l’écrasement de l’Allemagne en 1945, et la révélation de ses crimes, il n’ a pas été procédé  (quoique certains y aient pensé) à la suppression de ce pays ; et de fait il s’est reconstitué.

Où sont les attendus qui peuvent justifier que certaines ethnies aient le droit de se déclarer indépendantes et pas d’autres ? Quels sont les critères ? Pourquoi pas la Catalogne, la Flandre, la Lombardie qui ont des arguments autrement sérieux,  enracinés dans l’histoire ,  justifiables économiquement, identifiables par une langue. Les critères sont ceux du plus fort.

 

Tout ceci indique que les plus forts imposent leur loi.  Mais pourquoi donc ?

Les Etats-Unis sont à la manœuvre.  Ils agissent sous le double héritage qu’avait analysé Kissinger , de la diplomatie wilsonienne (les Etats-Unis propagateurs d’un idéalisme de liberté et de vertu, adversaires de tout impérialisme), et des réalités des responsabilités d’une super-puissance (les Etas-Unis, gendarmes du Monde). L’idée ancestrale qu’ils ont appliquée avec obstination de libérer les peuples qu’ils estiment colonisés, de répandre, depuis Wilson, dans les Balkans  l’autonomie de toutes les nations, a été mise en œuvre avec le bras armé de l’OTAN pour faire éclater la Yougoslavie, puis la Serbie. Mais aussi, en tant que dépositaires suprêmes de la sécurité du monde (qui, in fine est celle des Etats-Unis) ils pratiquent une « realpolitik »  qui consiste à tenter de ménager de grands équilibres entre différents pôles de puissance ; et là se trouve en jeu trois blocs que sont la Russie, l’Europe et le monde turc ; entre les trois le cœur des Etats-Unis ne balance guère : la Turquie est le bloc à favoriser parce qu’elle est plus faible que les deux autres, parce qu’elle peut représenter un pont avec le monde du Moyen-Orient ; la Russie représente peut-être un danger à terme et ne doit pas être ménagée en tant que support de la Serbie ; quant à l’Europe, tout le jeu est de maintenir sa subordination au sein de l’Otan, et le théâtre des Balkans est un des domaines où cette subordination humiliante  peut se manifester.

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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 11:00

Deux ministres prestigieux (Juppé et Védrine) se sont élevés contre la disparition de l’outil diplomatique français . Une académicienne de talent (Carrère d’Encausse) vient de s’émouvoir  du naufrage des lycées français à l’étranger.  Ces voix ne s’élèvent pas par hasard. La part du pauvre faite à notre action internationale n’est que le reflet de notre ignorance du grand village mondial ; l’état français croit à tort que tout se règle par des conversations entre grands de ce monde, badigeonnées de tapes dans le ventre, et de pseudo-amitiés ; dans la complexité du monde actuel, c’est un véritable déni des réalités ; croire que l’on peut régler notre action internationale avec un avion confortable pour transporter notre président aux quatre coins du monde, et une cellule diplomatique de quelques conseillers cachée dans le palais de l’Elysée est une régression d’une ampleur inadmissible.  Le monde est complexe, les acteurs sont nombreux, les problèmes sont inassimilables par un seul homme. Il est parfaitement illusoire de croire que l’on va régler tous les problèmes multilatéraux à coup de G8, G20, visites officielles. La diplomatie est affaire de proximité, de permanence, d’effort soutenu dans la durée. Tout le contraire de méthodes à l’esbrouffe, jamais explicitées, jamais soutenues par une stratégie.

Mais la revue de nos politiques diplomatiques n’est pas au cœur des préoccupations. Si l’on consulte le site du ministère, il est facile de constater que le dernier rapport d’activité est signé Douste-Blazy et concerne l’année 2005 ! Le dernier rapport de l’IGAE (l’inspection interne du ministère) est daté février 2008 et concerne l’année 2007 ! Quant aux éléments  donné par le ministre pour la préparation de son budget 2010, ils frisent l’indigence : pas de tableaux chiffrés, des comparaison d’une année sur l’autre qu’il faut glaner au hasard, et pire que tout pas de revue objective des actions engagées en terme de résultats.

Alors la critique devient difficile. Mais elle devrait pouvoir être faite. Il est même scandaleux qu’elle ne le puisse. Il faut alors se résigner à émettre des opinions un peu au hasard. Mais certaines questions, sans que faute d’éléments on puisse y apporter des réponses claires , méritent d’être posées.

Quid de nos contributions à ces organisations internationales  qui s’élèvent à 393 millions d’€ dans le budget 2009 (8% du budget du ministère) ? Sont-elles vraiment justifiées ? Sommes-nous satisfaits de contribuer à hauteur de 6.6% au budget de l’ONU ? C’est peut-être beaucoup tant pour notre poids dans le monde (5.5% du PIB mondial), que pour le résultat des actions de ce « machin ». Quid de notre participation à l’OMS, organisation qui a révélé toute son inefficacité avec l’épisode de la pandémie de la grippe AH1N1 ? Quid de notre participation à la FAO, l’organisation qui s’est rendu célèbre en ne voyant pas arriver la menace de famine de 2008 ? Qui de l’UNESCO, organisme connu pour ses dépenses incontrôlées et ses objectifs fumeux ? Et l’on pourrait continuer la litanie en se posant des questions sur le rôle et l’utilité de l’OSCE, du Conseil de l’Europe, nés du temps de la guerre froide et dont on ne saisit plus la permanence.

L’organisation de notre réseau à l’étranger mériterait certainement une analyse. Un doux mélange entre tutelles qui finit par ôter à l’ambassadeur son rôle essentiel de coordonateur de toutes les actions. Une complexification dans l’action économique qui laisse perplexe l’acteur non initié : le réseau des conseillers commerciaux, les actions d’UBI France, les postes d’expansion économique.

La structure de nos traités internationaux mériterait certainement une analyse. Des textes trop nombreux, parfois dépassés, et surtout qui à force d’accumulation servent de frein plutôt que d’outils au service de notre rayonnement. Beaucoup mériteraient certainement d’être dénoncés, au moins renégociés.

Ah que j’aimerais une restauration d’un véritable ministère des affaires étrangères, qui ne reçoive du Président et du Premier Ministre que les impulsions stratégiques , et la confirmation du choix des hommes-clefs. Avec un ministre qui sache organiser le travail diplomatique dans le respect de la nécessaire latitude d’action des ambassadeurs en poste. Je crois que ce n’est qu’à ce prix que l’on pourra sortir de l’inexistence diplomatique qui nous submerge.

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 14:51

L’audition récente de l’amiral Guillaud, chef d'état major des armées françaises, devant le Sénat révèle bien des surprises, ou plutôt des confirmations de ce que l’on peut légitimement soupçonner sur les opérations où sont engagés 10 000 militaires français.

L’énumération des buts de guerre est surprenante au moins sur trois des cinq théatre théâtres qu'il cite (les deux autres sont des opérations de sécurisation de nos ressortissants en Côte d'Ivoire et au large de la Somalie) :

En Afghanistan , il nous précise qu’il s’agit :

-          de donner confiance aux Afghans en leurs institutions ;

-          de séparer les populations des insurgés ;

-          de faire comprendre aux insurgés que leur action est vaine,

-          et dattendre les décisions stratégiques du nouveau commandant en chef américain en Afghanistan !

Au Kosovo, il nous avoue qu’il faut se retirer mais qu’il attend les ordres de l’OTAN !

Au Liban, il nous indique qu’il a deux missions : une de contrôle de la zone, une de réserve d’intervention au profit de toute la FINUL … et qu’il attend les ordres de l’ONU !

 

Sur la nécessité de la FINUL, inutile d’épiloguer : depuis 1978, comme l’indique officiellement l’ONU, cette force « n’a pas été en mesure de remplir son mandat » ! Avec la possibilité de jouer uniquement un rôle d’observateur et  d’aide aux populations, sa crédibilité militaire est nulle ; son rôle diplomatique est voisin de zéro, étant un bras armé d’une organisation internationale qui n’ a su ni organiser un quelconque embryon de négociation entre Israël et ses voisin, ni protéger le Liban de l’existence de zones autonomes de facto.  Quelle est la politique de la France au Liban ? Le général ou ne sait pas, ou ne veut pas le dire. Singulière approche d’une information de la représentation nationale.

L’invasion du Kosovo par la KFOR , depuis 1999, afin selon les dires de l’OTAN d’y instaurer la paix et la stabilité, a été le dernier soubresaut d’une politique dans les Balkans marquée par les principes de l’interventionnisme humanitaire ; le résultat en a été l’éclatement du pays en de multiples petites républiques « ethniquement pures » ;  ce désastre mérite-t-il que la France s’y attarde ?

Enfin l’Afghanistan. L’intervention de loin la plus importante à ce jour. Là il ne s’agit plus d’une intervention de maintien de la paix, mais d’une véritable guerre, menée contre un ennemi, les talibans, soutiens et propagateurs d’un terrorisme international. Naturellement le mot de guerre n’apparait pas dans les propos du général ; l’armée déployée là-bas se retrouve, non pas officiellement avec un objectif clair d’écraser des ennemis identifiés, de réduire leurs chefs à l’impuissance, mais avec un programme digne d’une cellule d’appui psychologique.  Ce serait risible, s’il n’y avait pas tant de morts de part et d’autre.

Et même sur des objectifs aussi flous, les propos de l’amiral prêtent à discussion :

-          il avoue que la confiance des Afghans en leurs institution n’est pas au rendez-vous ; guère surprenant lorsque toutes les informations soulignent l’extraordinaire corruption qui règne au sommet de cet état fantoche ; mais la force de l’OTAN que je sache n’a jamais pris le taureau par les cornes, et a même plutôt laissé se développer la culture du pavot, source principale de tous les trafics ;

-          en se proposant de séparer les populations des insurgés il pointe le doigt sur la réalité qu’il s’agit d’une guerre civile ; certes les talibans sont une face « terrorisme international », mais ils ont aussi une face composante ethnique (Patchouns contre les autres), une composante religieuse (rigoristes contre laxistes),  et probablement une composante sociale (campagne et immigrés citadins des campagnes contres urbains) ; au nom de la lutte contre le terrorisme, faut-il vraiment faire la guerre au peuple patchoun ? Pourquoi ne tolère-t-on pas le rigorisme religieux en Afghanistan, alors qu’il en existe de même nature dans bien d’autres pays du Moyen-Orient ?

-          passons sur la langue de bois motivante qui transforme l’écrasement de l’ennemi en une  suggestion polie de bien vouloir déposer les armes !  Mépris de l’adversaire, de ses propres soldats ou des deux ?

Sans missions lisibles, esclaves d’ une stratégie décidée dans les lourdes instances de l’OTAN, ou de l’ONU, il vous aurait fallu dire que l’armée française est devenue une troupe mercenaire au service d’intérêts étrangers, et plus spécialement aux ordres des généraux américains.

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 15:49

L’entrée de la Turquie en Europe est un vieil objectif. Jadis sous la houlette des Ottomans il a été mis à mal dans le passé par Juan d’Autriche, puis Sobieski. Le plat nous est resservi aujourd'hui par une république turque dite laïque, il demeure indigérable.

La culture turque actuelle, malgré les efforts vigoureux d’Atatürk , reste largement imprégnée par l’Islam ; Islam toujours présent depuis la chute de l’empire ottoman, et qui devient plus vivace depuis quelques décennies.  Cette montée du sentiment religieux correspond sans doute à l’immigration des populations les plus pauvres d’Anatolie vers les grandes villes ; le déracinement s’accompagne de la volonté de ces immigrés de l’intérieur de ne pas perdre tous ces repères. Istanbul (la plus grande ville du continent européen) montre des signes de plus en plus évidents de la montée d’une affirmation identitaire musulmane.

Le monde turc, de plus ce n’est pas seulement la Turquie, c’est aussi ces  républiques turques qui constituent un ensemble à la personnalité naissante et qui se manifestent une empathie de plus en plus affirmée. Derrière la Turquie se profilent  le Turkménistan (5 millions d’habitants dont 90% de turkmènes et d’Ouzbeks turcophones),  l’Ouzbékistan (28 millions d’habitants dont 80% d’ouzbek turcophones), l’Azerbaïdjan (9 millions d’azéris  turcophones), le Kazakhstan (16 millions ont 8 millions de kazakh turcophones), le Kirghizistan (5 millions d’habitants dont 4 millions de turcophones). On arrive aux frontières de la Chine avec la république autonome du Xinjiang avec sa population à moitié turcophone dont les revendications communautaires inquiètent beaucoup Pékin.

Le monde turc est un ensemble qui a des affinités culturelles fortes, qui est en plein démarrage économique pour des raisons variées (carrefour stratégique, ressources pétrolières) dont on ne voit pas pour quelles raisons il serait assimilable soit à l’Europe occidentale, soit au monde arabo-musulman, soit au monde persan. Tout l’intérêt de l’Europe est, non pas d’introduire chez elle des étrangers (ce n’est pas un mot de haine, c’est un mot d’admiration pour une civilisation forte et dynamique), mais de nouer des liens de partenariat forts  avec l’ensemble des pays turcs. Ils n'ont pas à être intégrés à quoi que ce soit, ils ont à être eux-mêmes, un pont entre des cultures différentes, affirmées et vivaces.

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 16:01

Que faire de la Grèce ? On lui a prêté de l’argent dont on devine qu’il ne sera pas rendu de sitôt. Ce pays est coutumier du fait. Par deux fois déjà en à peu près un siècle il a fallu rééchelonner la dette grecque. Il faudrait en confier les rennes à quelqu’un de sérieux, qui le remettrait au boulot, assainirait sa fonction publique, collecterait les impôts auprès de tous les contribuables. Je ne suis pas sur que la Communauté Européenne soit à la hauteur (elle a déjà prouvé son incompétence en étant incapable de faire son boulot de comptable sur les finances de ce pays), je ne suis pas sur que le FMI soit idoine (il ne saurait prendre les mesures politiques indispensables pour accompagner l et surtout pérenniser le plan de rigueur envisagé).

Pourquoi ne pas fusionner la Grèce et la Turquie (et les deux Chypre tant qu’on y est)? Les turcs se débrouillent économiquement fort bien, ils ne sont désastreux au point de vue politique, ils se feraient un plaisir d’assumer la dette grecque. Cela soulagerait l’Europe d’un pays qui n’y a rien à y faire, cela mettrait fin au contentieux entre turcs et grecs, et l’on recréerait une entité forte au Proche-Orient (une sorte d’empire byzantin ou ottoman).  Si certains esprits considèrent l’idée de faire entrer la Turquie dans l’Europe, qu’ils considèrent d’abord à tire de test une entrée de la Grèce en Turquie.

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